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Ryad Girod

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Message par tom léo le Dim 16 Juin - 21:48

Ryad Girod
né en 1970


Ryad Girod  190616101330266220

Ryad Girod est né à Alger où il vit et enseigne les mathématiques au lycée français international. Il a enseigné aussi à Ryadh et à Paris. Son premier roman, Ravissements, est paru en 2010 chez José Corti. Il est publié en Algérie par les éditions Barzakh. Il est lauréat du grand prix Assia Djebar pour le roman francophone 2018.

Oeuvres :

Ravissements, 2007
La fin qui nous attend, 2012
Les yeux de Mansour, 2019
tom léo
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Message par tom léo le Dim 16 Juin - 21:58

Ryad Girod  190616101623406039

Ravissements

Originale : Français, 2007

CONTENU :
4ème de couverture, raccourci a écrit:Un jour, un homme, le narrateur, ne trouve plus ses mots. L’impitoyable sentiment de dépossession de soi-même le gagne. Perdre la parole, perdre les mots, quoi de plus tragique pour un être humain ? Avec ce court récit, Ryad Girod, dont c’est le premier livre, trouve d’emblée son style et son sujet en réussissant à nous emporter dans un pays à la fois concret et fantomatique à l’atmosphère inquiétante.

REMARQUES :
Le narrateur est marié, père de deux filles, vivant quelque part dans une ville portuaire à caractère méditerranéenne (au Maghreb ?). Il travaille comme vice-directeur dans le «Département National de Linguistique », donnant des cours de maîtrise de mots, de rhétorique, de la parole libre, mais aussi écrivant p.ex. des discours pour des hommes politiques. Il tenait justement une conférence quand il perd la langue, les mots, la maîtrise… S’ensuit une forme de mutisme, mais aussi le rappel, ou l’expérience d’autres « ravissements », dans le sens d’enlèvements de quelque chose, d’une routine, d’une capacité, voir même aussi de la perte de proches, au cours d’un attentat à la bombe.

Et justement, au même moment, je ne pourrais pas confirmer SEULEMENT une atmosphère fantomatique ou inquiétante : car ce « moins » de parole, de possessions renvoient mystèrieusement à une forme de dépossession qui ouvre pour autre chose, un autre « ravissement » existentiel, une forme d’élévation. Il rentre à la maison, autrement, faisant aussi des expériences  mystèrieuses, presque mystiques. Tout cela est esquissé, on en fait allusion, mais cela se préssent. Car il y a bien des fausses évidences et possessions dont on se rend compte d’un coup avec effarement. Cela rappelle la rencontre avec un moment crucial d’absurdité (voir philosophie de l’existentialisme) où la personne a la possibilité face à l’incompréhensible, ou l’absurde, de rentrer dans l’ordre, ou de changer, de se revolter, ou – dirais-je – d’entrer dans une autre compréhension de la réalité, de la vérité.

Et si cela appelle à vivre une soif inétanchable ? Et de devenir la parole au lieu de la parler ?

Il faut dire quand même un mot sur la langue, le style :
Parfois des phrases inhabituellement longues, peut-être pas complètement hâchées, mais néanmoins avec des tournures, intercalements inattendus. A deux, trois endroits, voulant saisir la complexité d’une pensée, d’une situation (et notre incapacité de la saisir?) l’auteur reprend encore et encore des bouts de sa phrase, les élargissant. Je ne pense pas d’avoir jamais rencontré un texte littéraire qui fait utilisation si fréquente du participe présent. Cela devient un peu une manie…

Donc, il y avait de la matière pour se fâcher un peu ou se lasser. Mais néanmoins : non, on devine qu’il y a presque une forme de dépouillement salvatrice. Approche rare (?) dans la littérature comme sujet ?! Donc, j’ai fini à aimer ! Et vous ?

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