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Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot


Jardins littéraires

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Message par Tristram le Dim 30 Avr - 21:26

Je n'ai pas trouvé de fil sur les jardins dans le labyrinthe chosien, bien que plusieurs d'entre nous soient certainement sensibles à ce thème ; ça aurait pu se situer entre peinture et architecture, avec les autres arts, comme la cuisine...
Je commence avec un extrait de Huysmans, dans L'oblat, une description typique de cet auteur, pas branché jardin anglais, mais plutôt sauvage, vénéneux. Le reste du texte est aussi intéressant, érudit et un peu désuet, mais ce jardinage "liturgique" et cloîtrier reste plus d'actualité quand même que l'hagiographie ou l'étude de la vie conventuelle. Comme souvent chez cet auteur, la symbolique est essentielle, et le jardin enclos n'est pas un hasard.
On y était loin de tout, dans ces allées à bréviaire, ainsi que les appelait Durtal, et elles paraissaient, en effet, tracées pour y méditer les vies des saints condensées dans les leçons de ces livres.   Leur charme consistait à n'avoir été ni nettoyées, ni peignées ; les clairières, les routes sous bois, contenaient les plantes les plus diverses, apportées là, ou par les oiseaux ou par le vent ; et, aux saisons différentes, Durtal y pratiquait des fouilles, découvrait de ces lunelles, nommées vulgairement monnaie du pape, dont les tiges balancent de vertes rondelles marquées de points de dominos, par l'arrêt des graines et qui deviennent des disques de parchemin argenté, en se séchant ; des basilics puant le graillon de cuisine, le roux, et aussi on ne sait quelle odeur affadie de mélisses et de sauges ; des bourraches rugueuses et velues avec des fleurs en étoile, d'un bleu de ciel polaire, exquis ; des bouillons-blancs se dressant avec leurs feuilles pâles et leurs fleurs d'un jaune délavé de soufre, en forme de pagodes de l'Inde, mais, toutes, déchiquetées, saupoudrées ainsi que d'une farine, par une chenille semblable à la croûte d'un bondon gras, une chenille qui sans arrêt les émiette et les ronge ; il y avait de tout dans ces coins abandonnés de nature ; des églantiers et des ronces ; des laiterons dont les tiges, pleines d'un jus de lait de chaux, infectent les doigts qui les touchent, et des pétasites, aux feuilles monumentales, aux formes décoratives, dont les fleurs étaient pareilles aux blaireaux violacés de chardons, des fleurs d'un crin tendre, trempées dans de la lie de vin, ignobles.
Je pense que cela serait une bonne "chose" que de collationner des images littéraires de jardins divers et variés ? Avec peut-être même des images, pour ceux qui ont encore des moyens photographiques ?

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Message par animal le Dim 30 Avr - 21:55

Un thème pas si courant ? Jardin spontanément je pense à L'Arrière saison d'Adalbert Stifter... Science du jardin ? Et surtout ambiance particulière.

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Message par Chamaco le Mar 2 Mai - 19:59

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Message par Tristram le Lun 22 Mai - 13:19

Voici un lien vers 2 articles accessibles sans abonnement sur Universalis : portion de paysage plus ou moins compassé et composé dans une intention esthétique et/ ou philosophique, nature ordonnée et policée, support de réflexion, projet du monde mis en scène, du verger et du potager nourriciers au parc public et à l'espace vert jusqu'à la réhabilitation actuelle du sauvage et aux jardins collectifs...

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Message par Bédoulène le Lun 22 Mai - 14:51

merci Tristram, je cherche parfois sur ce site.

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Message par Nadine le Lun 22 Mai - 17:03

Moi je pense immédiatement à Zola et La faute de l'Abbé Mouret. Je l'ai lu très jeune, et j'ai été très sensible au Paradou, le jardin où se noue la Faute :

Zola a écrit:Partie II, chapitre 4 :
Une mer de verdure, en face, à droite, à gauche, partout. Une mer roulant sa houle de feuilles jusqu’à l’horizon, sans l’obstacle d’une maison, d’un pan de muraille, d’une route poudreuse. Une mer déserte, vierge, sacrée, étalant sa douceur sauvage dans l’innocence de la solitude. Le soleil seul entrait là, se vautrait en nappe d’or sur les prés, enfilait les allées de la course échappée de ses rayons, laissait pendre à travers les arbres ses fins cheveux flambants, buvait aux sources d’une lèvre blonde qui trempait l’eau d’un frisson. Sous ce poudroiement de flammes, le grand jardin vivait avec une extravagance de bête heureuse, lâchée au bout du monde, loin de tout, libre de tout. C’était une débauche telle de feuillages une marée d’herbes si débordante, qu’il était comme dérobé d’un bout à l’autre, inondé, noyé. Rien que des pentes vertes, des tiges ayant des jaillissements de fontaine, des masses moutonnantes, des rideaux de forêts hermétiquement tirés, des manteaux de plantes grimpantes traînant à terre, des volées de rameaux gigantesques s’abattant de tous côtés.
À peine pouvait-on, à la longue, reconnaître sous cet envahissement formidable de la sève l’ancien dessin du Paradou. En face, dans une sorte de cirque immense, devait se trouver le parterre, avec ses bassins effondrés, ses rampes rompues, ses escaliers déjetés, ses statues renversées dont on apercevait les blancheurs au fond des gazons noirs. Plus loin, derrière la ligne bleue d’une nappe d’eau, s’étalait un fouillis d’arbres fruitiers ; plus loin encore, une haute futaie enfonçait ses dessous violâtres, rayés de lumière, une
forêt redevenue vierge, dont les cimes se mamelonnaient sans fin, tachées du vert- jaune, du vert pâle, du vert puissant de toutes les essences. À droite, la forêt escaladait des hauteurs, plantait des petits bois de pins, se mourait en broussailles maigres, tandis que des roches nues entassaient une rampe énorme, un écroulement de montagne barrant l’horizon ; des végétations ardentes y fendaient le sol, plantes monstrueuses immobiles dans la chaleur comme des reptiles assoupis; un filet d’argent, un éclaboussement qui ressemblait de loin à une poussière de perles, y indiquait une chute d’eau, la source de ces eaux calmes qui longeaient si indolemment le parterre. À gauche enfin, la rivière coulait au milieu d’une vaste prairie, où elle se séparait en quatre ruisseaux, dont on suivait les caprices sous les roseaux, entre les saules, derrière les grands arbres ; à perte de vue, des pièces d’herbage élargissaient la fraîcheur des terrains bas, un paysage lavé d’une buée bleuâtre, une éclaircie de jour se fondant peu à peu dans le bleu verdi du couchant. Le Paradou, le parterre, la forêt, les roches, les eaux, les prés, tenaient toute la largeur du ciel.
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Message par Tristram le Lun 22 Mai - 18:33

Merci de nouveau Nadine ! Je pensais justement que, comme moi, personne n'aurait le courage de recopier des évocations de jardin, généralement longues...
Comme dit Bachelard quelque part, les descriptions de paysages (ça vaut pour les jardins) en disent beaucoup sur la psychologie, comme dans ce bel extrait qui mêle sylve sauvage et ruines ! Autant pour le "naturalisme" de Zola...

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Message par Nadine le Lun 22 Mai - 20:29

Je ne l'ai pas sous le coude mais ai cherché sur le net, et heureusement il y avait par exemple cet extrait. J'ai "copié/collé"...
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Message par Tristram le Lun 22 Mai - 20:50

Merci quand même, sinon pour l'effort, d'alimenter cette collection qui sera bien curieuse si elle ressemble à ce que j'imagine...
Il ne me reste plus qu'à...
En attendant, j'ai retrouvé :

« En littérature, la description du paysage est toujours de la psychologie. »
Gaston Bachelard, « Fragment d’un journal de l’homme », in « Mélanges d'esthétique et de science de l'art offerts à Etienne Souriau », Nizet, Paris, 1952


Et aussi :

« Surgissent et tombent les dynasties, les vies humaines, les fibres des troncs ; ce qui persiste, c’est la forme idéale de l’édifice, peu importe si chaque morceau de son support matériel a été enlevé et changé d’innombrables fois, et si les plus récents sentent le bois à peine raboté. Ainsi le jardin continue d’être le jardin dessiné il y a cinq cents ans par un architecte-poète, même si chaque plante suit le cours des saisons, des pluies, du gel, du vent ; ainsi les vers d’un poème se transmettent au long du temps, tandis que le papier des pages sur lesquelles ils ont été au fur et à mesure transcrits tombent en poussière. […]
Ce que le temple de bois peut nous apprendre, c’est ceci : pour entrer dans la dimension du temps continu, unique, infini, la seule voie est celle qui passe à travers son contraire, la perpétuité du végétal, le temps fragmenté et plural de ce qui se succède, se dissémine, germe, se dessèche ou pourrit. »
Italo Calvino, « Le temple de bois », in « Collection de sable », II, « La forme du temps », « Japon »


Ou encore :

« L'été dans le jardin est porteur de toutes les métamorphoses de l'année : les branches hivernales avant l'apparition des fleurs au printemps, l'endroit où sont tombés les fruits à l'automne, la succession des fleurs. Le passage régulier des saisons, le vieillissement et la mort des amis, le délitement des murs de notre maison et le menaçant effritement de ma mémoire sont ce qu'ils sont mais sont aussi la confirmation (et la preuve) d'une constance en toutes choses. Le temps est circulaire, disent-ils : après la mort de quelqu'un, je parle à quelqu'un d'autre qui le connaissait ou souhaite savoir de lui quelque chose ; nous édifions le mur du jardin avec les pierres tombées de la grange ; ce dont je ne me souviens plus se trouve là, quelque part, sur l'une des pages soigneusement numérotées d'un de mes livres. Et moi, bien sûr, je disparaîtrai : le nouveau mur s'écroulera, lui aussi, les livres seront dispersés. Mais ce dont tout cela, moi compris, n'est qu'une partie infime demeurera immuable, sous les étoiles. Et comme dans le regard d'un sculpteur en train de tailler la pierre, le tout ne sera qu'embelli par notre absence. »
Alberto Manguel, « Journal d’un lecteur », août 2002

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Message par Tristram le Mer 24 Mai - 1:08

« Un jardin est aussi un savant fouillis de mots. Qui s'y promène sans savoir nommer ne goûte qu'une surface un peu floue. Semblable au monde d'avant la Création (au commencement était le Verbe). Ou à celui du myope privé de lunettes par la gifle d'une femme soudain prude. »
Érik Orsenna, « Deux étés »

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Message par animal le Sam 27 Mai - 0:43

Ca serait dans les Conquérants ça ?

A. Malraux a écrit:Le Japon n'a pas de philosophie. Il dit, comme le bouddhisme : pense à moi quand tu regardes un miroir. Depuis le Meiji, il a perdu son âme. Qu'il retrouve le cœur de l'enfance! Plus de moi ni d'autrui : l'amour. Le cœur de l'enfance est semblable au miroir et frais comme le néant. Il porte en lui l'âme du Japon, et nous les retrouverons ensemble.
Aussi peu convaincants devant les nouveaux gratte-ciel de Tokyo que ceux-ci devant le jardin zen du Ryonji.
Pour les spécialistes, c'est un des plus célèbres jardins du monde ; pour moi, c'était le plus surprenant. Du sable plat encadré par trois murs bas et le monastère. Apparemment éparses, les fameuses pierres noires , plus petites qu'un enfant. Un jardin est un lieu de plantes et d'arbres; seul Shalamar, aux Indes, suggère, par ses immenses trouées à travers les vergers, une ruine végétale. De l'autre côté du monastère, les cellules étaient précédées de mousse où l'eau ruisselait. Que signifiait ce jardin ? L'éternité, disait le supérieur du couvent auquel il appartient. Les pierres et le sable l'opposaient à la vie, à l'eau sur les mousses, devant les cellules de l'autre côté du couvent. Pourtant les traces parallèles des dents du râteau sur le sable suggéraient les vagues ; le sable même suggérait la mer. Ces pierres corrodées, disposées de tel façon qu'on ne pût les voir toutes à la fois, proposaient un temps géologique, plutôt que l'éternité.
Je devais rencontrer là, le père d'un très proche ami japonais, Takyo Matsui, tué en s'écrasant sur un navire américain, à la fin de la guerre, quoique fort peu japonais, sauf lorsqu'il parlait du Japon (...)

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Message par kashmir le Lun 24 Juin - 22:51

Tristram m'a prévenu en MP qu'il avait ouvert un fil similaire, il y a deux ans, aussi les messages postés ici par vous - merci d'avoir déjà donné plein d'idées !  Jardins littéraires 120807209  - vont être regroupés sous le fil dont le titre est Jardins littéraires.

A vous la suite !


Dernière édition par kashmir le Mar 25 Juin - 22:38, édité 3 fois
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Message par Bédoulène le Lun 24 Juin - 22:56

raconte !

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Message par kashmir le Lun 24 Juin - 22:59

Le premier dont je veux vous parler , je ne le possède pas depuis longtemps, mais l'avoir dans les mains suffit à me rendre joyeuse. Je pense l'utiliser au fil des mois, pour avancer la lecture, petit à petit et la déguster.

C'est le "Journal de mon jardin" de Vita Sackville-West.

Jardins littéraires Vita10

Interdite de littérature par son amante Virginia Woolf, Vita Sackville-West (1892-1962) prend en un éclair conscience des trésors qu'elle possède : un mari et un jardin. Son mari, le diplomate Harold Nicolson, conçoit l'architecture et dessine les plans de ce qui deviendra le somptueux jardin de Sissinghurst dans le Kent, que Vita, aristocrate anglaise exubérante, transgressant sans vegrogne les règles de l'art des jardins, transforme à quatre mains : elle fait surgir de terre une mosaïque de couleurs, une jungle asymétrique, une orgie dans l'aurore ou le soleil couchant, mais aussi...un extraordinaire jardin blanc. Attention, prévient-elle "j'aime la couleur, qui me met en joie, mais j'ai une prédilection pour le blanc. Les ombres d'un vert glacé que la blancheur peut prendre sous certains éclairages, au crépuscule ou au clair de lune, surtout au clair de lune, peut-être, font du jardin un rêve, une vision irréelle, et l'on sait cependant qu'il ne l'est pas le moins du monde puisque il a été planté exprès. " Ce journal, qui n'est pas sans évoquer, mais en plus féminin et en plus anglais, L'année du jardinier de Karel Čapek, est un superbe traité d'horticulture. Les conseils pratiques, organisés par saison, raviront tous les amoureux de jardins...et de littérature. Les jardins de Sissinghurst sont aujourd'hui les plus visités d'Angleterre. Les planches anatomiques des fleurs qui illustrent ce livre sont de Arthur Harry Church (1865-1937), célèbre botaniste britannique. Les aquarelles du jardin sont de Xavier Carteret. Traduit de l'anglais et préfacé par Patrick Reumaux.
Présentation de l'éditeur.


Il est venu à moi après l'ouvrage de Karel Capek et le complète tout à fait dans un tout autre style. Il décrit le jardin et ce qu'on y trouve ou ce que l'on doit y faire au fil des mois. Il y est question de choix de telle ou telle plante pour telle ou telle raison. On y apprend plein de choses à mettre en pratique d'ailleurs et c'est poétique en diable !
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Message par bix_229 le Lun 24 Juin - 23:35

Bonne idée, Kashmir ! Je te reconnais bien là
Et ça m'interese aussi.

Voilà déjà un exemple :

Jardins littéraires Genevo12
Maurice Genevoix

"Le jardin dans l'île, c'est celui où Fan, depuis toujours, passe ses jeudis et ses vacances. Un lieu merveilleux, où l'attend une grand-mère de conte de fées "ronde, vive, aux joues fraîches et rosées qui sentent bon l'eau de Bully". Les grandes personnes prétendent qu'elle est "faible" parce qu'elle accueille toute une troupe d'enfants turbulents et passionnés, leur abandonne le jardin et les y laisse "entre eux". Les grandes personnes disent aussi que le jardin est "petit". Alors que, au contraire, il est très grand, immense même. Une fois passé la rivière et le pont, on se retrouve dans l'île. Et quelle île, "touffue, bourdonnante, pleine de fruits succulents et de bêtes vivantes !"

Presses Pockett

Certains le jugeront peut etre un peu mièvre, mais pas moi.
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Message par animal le Mar 25 Juin - 5:51

Pourquoi irait-on supprimer des fils farfelus ? surtout que c'est important les jardins Jardins littéraires 1798711736

Dans L'arrière saison d'Adalbert Stifter il y a du jardin, aussi gros que le bouquin en plus. cat

Pas d'extrait sous la patte malheureusement.

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Message par bix_229 le Mar 25 Juin - 16:48

" La maison est encore là, Dieu soit loué, avec ses balcons et l'avancée de ses deux terrasses, la chère vieille maison de toujours, cuite au soleil et un peu lasse, dirait-on, sous le poids abusif de son flamboyant manteau de bougainvillées, mais séduisante et fière dans son parc à l'anglaise - ce même parc semi-tropical, qui paraissait si vaste et si mystérieux au regard du petit garçon râblé que j'étais, mais qui, maintenant, aux yeux un peu voilés du vieil homme que je suis devenu, semble avoir inexplicablement perdu et en étendue et en mystère."

Fulco di Verdura : Une enfance sicilienne

Jardins littéraires Verdur10

Encore un livre  bien fleuri et riche en souvenirs.


Fulco Santostefano della Cerda, duc de Verdura a connu une enfance dorée dans un cadre idyllique : la villa Niscemi près de Palerme.
En plus, l'auteur, qui avait l'ame romanesque, semble avoir privilégié les "jolis petits raccords" qui comblent les zones d'ombre du souvenir.
Et puis il nous décrit avec sensibilité son extravagante famille et toutes leurs extravagances personnelles et collectives.
Il y avait par exemple une ménagerie qui regroupait des animaux très exotiques. Mais lafamille n'est pas mal non plus !
Voilà, Fulco di Verdura promène le regard émerveillé -et chanceux-  d'un enfant du siècle : le 20e à ses débuts et nous décrit un monde privilégié et disparu.
Pas tellement différent d'ailleurs de celui du Guépard qu'il aurait peut etre inspiré.
Si tu ne l'as  pas lu, c'est un livre pour toi !
En tout cas, il a déjà donné beaucoup de plaisir.
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Message par Bédoulène le Mar 25 Juin - 17:08

ah oui ! superbe !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

je pense aussi à L'homme du verger de Amanda Coplin !

Jardins littéraires 41p47r10

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Message par topocl le Mar 25 Juin - 17:36

Et Chronique d'un jardin solidaire, d'Olivier Pinalie ?

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Message par Bédoulène le Mar 25 Juin - 19:34

ah oui c'était un jardin utile daprès ton commentaire et quelques renseignements que j'avais recherchés.

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