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Luca Di Fulvio

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Message par Aventin le Sam 10 Aoû - 6:04

Luca Di Fulvio

Esclavage - Luca Di Fulvio Lucadi10

Né le 13 mai 1957 à Rome (Italie).

Biographie:

Luca Di Fulvio est un homme de théâtre et un écrivain italien, vivant à Rome où il est né.
Auteur de roman policier, de fantastique et de littérature d'enfance et de jeunesse.

Avant de fonder sa propre compagnie de théâtre (Le Moveable Feast), il travaille avec Paola Bourbons, Sergio Graziani, Mario Marans, Andrzej Wajda. Il est également consultant éditorial de plusieurs maisons d'édition.

Source: wikipedia



Bibliographie:

Romans traduits en français :
- L'Empailleur (L'impagliatore, 2000)
- L'Échelle de Dionysos (La scala di Dioniso, 2006)
- Le Gang des rêves (La gang dei sogni, 2008)
- Les Enfants de Venise (La ragazza che toccava il cielo, 2013)
- Le Soleil des rebelles (Il bambino che trovò il sole di notte, 2015)

Source: wikipedia

Lechoixdeslibraires.com a écrit:
- Qui êtes-vous ?

- C'est la question à un million de dollars. Pour le savoir, demandez à mon analyste. J'ai cherché ma voie pendant de nombreuses années. À supposer que je l'aie trouvée, c'est plus par intuition que par intelligence, plus par hasard que par introspection. Et si je pense avoir trouvé un chemin, rien ne m'empêchera d'en trouver d'autres, à l'avenir. Ma vie s'est faite comme ça. Je suis d'abord entré à l'Académie des arts dramatiques ou j'ai rencontré mon mentor, un professeur de mise en scène, Andrea Camilleri, qui à l'époque n'avait pas encore écrit de romans. Je suis devenu acteur, j'ai créé ma propre compagnie de théâtre ainsi qu'un groupe de musique. Nous avons fait un court-métrage, Exit, qui a remporté le Grand prix du festival de San Sebastian, et a été nominé pour les Oscars. Je continuais à faire l'acteur et, un jour, un réalisateur m'a crié : «Arrêtez de changer constamment les textes que vous devez jouer ! Écrivez-en un mais ne ruinez pas le mien !». C'est ce que j'ai fait. J'ai écrit une adaptation théâtrale de Tonio Kröger, de Thomas Mann et je me suis aperçu que l'écriture me plaisait. Pendant dix ans, tous les éditeurs italiens ont refusé les romans que je leur proposais. «Vous n'êtes pas assez italien», m'écrivaient-ils. Je ne comprenais pas ce que cela signifiait. Ensuite, j'ai écrit un thriller qui a eu un certain succès. Fabio Conversi l'a lu et en est tombé amoureux. Il l'a fait lire à sa femme, Fanny Ardant, qui l'a gentiment signalé à Gallimard. Le livre est paru sous le titre L'Empailleur dans la Série Noire. Puis, j'ai écrit Le Gang des Rêves qui a eu un succès incroyable en Allemagne, où il a dépassé le million d'exemplaires.
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Message par Aventin le Sam 10 Aoû - 6:05

Le gang des rêves

Esclavage - Luca Di Fulvio Le_gan10

Titre original: La gang dei sogni. Paru en italien en 2008, roman, 920 pages environ.

Le roman débute à Aspromonte, Calabre, au début du XXème siècle.
Une petite fille (Cetta) grandit sous le regard de sa mère mais aussi celui, concupiscent, du patron de celle-ci, qui visiblement possède êtres, terres et choses et en dispose à son gré.
Cetta, devenue adolescente, se fait estropier par surprise par sa mère, afin de lui éviter les griffes du patron ou de l'entourage de celui-ci.
Ce sera sans succès et elle accouchera, "à presque quatorze ans", d'un garçon prénommé Natale, c'est-à-dire Noël.
Peu désireuse d'appartenir au patron comme l'une de ses terres, elle s'embarque à Naples pour l'Amérique avec son bébé. La traversée se passe en viols continus par le capitaine, contre un quignon de pain et un peu d'eau. Une fois débarqués à Ellis Island et sur recommandation du capitaine, la petite fille, flanquée de son bébé, va connaître des années durant la prostitution en maison close.
Son maquereau, Sal Tropea, sous des allures brutales est doté d'un cœur ainsi qu'on s'en aperçoit petit à petit au fil des pages, pour un premier élément un peu positif dans ce livre, ce qu'on n'osait plus espérer. Ce personnage de souteneur-gangster impuissant fait un petit peu songer à Sanctuaire, de Faulkner, est-ce là une référence que Di Fulvio est allé glaner ?
Une référence certaine est l'emprunt de Diamond Dogs, de David Bowie, revendiqué en-tête du reste, comme nom de gang (tiré de l'album et de l'excellent tube éponymes).

Natale Luminata devient Christmas Luminata, grandit dans le New-York du Lower East Side dans la pauvreté, la violence et hors système scolaire: il ne veut plus retourner à l'école depuis que des gamins lui ont tracé un P à la pointe du couteau sur la poitrine, qui lui laissera une cicatrice à vie, P signifiant Putain en rapport au métier exercé par sa mère.
Son bagout, une ou deux rencontres (Santo le copain docile et effacé, Pep le boucher à la chienne galeuse), et l'observation active de la rue, ses mœurs, ses codes et son spectacle lui tiennent lieu d'apprentissage de la vie.
Son destin commence à basculer le jour où il recueille, dans les immondices d'un terrain en chantier, une adolescente de son âge, presque moribonde, frappée, violée et amputée d'un doigt. Elle se trouve être Ruth Isaacson, petite-fille d'un millionnaire en vue...
mais je ne vais pas vous résumer les 700 pages restantes !

Comme je le disais sur le fil Nos lectures en Août 2019, Di Fulvio pratique un matraquage à la violence, au sordide et à l'abjection durant les premiers chapitres, sans doute pour aguicher le voyeur-lecteur, ça doit marcher sans doute (est-ce assez "grand public" ?), mais, franchement, à mon goût là il en fait trop: a-t-on besoin de ce pilonnage systématique alors qu'on vient à peine de quitter l'embarcadère pour une traversée de plus de 900 pages ?
Retors, il ajoute alors des retours chronologiques permanents afin de bien laisser la tête lourde  à l'heure de reposer le livre sur votre chevet, comme si le contenu ne suffisait pas (le lecteur n'auto-intitulera pas ce bouquin "Le gang des bonnes nuits et des beaux rêves").

Heureusement Di Fulvio rentre à temps dans une espèce de linéarité chronologique, et l'ouvrage se suit, au fil des pages comme si c'était au gré d'un courant non tumultueux. Homme de théâtre, Di Fulvio fait de chaque chapitre une entrée en scène: on suit le ou les personnages avant de passer à une autre scène, un autre lieu souvent, au chapitre suivant.

Reste à décerner beaucoup de points positifs, comme le style, alerte, vif, Luca Di Fulvio s'avère être une plume rompue au tournemain du savoir-camper, tout en restant percutante, sans encombrer.
De plus l'ensemble du roman est bien découpé/calibré, et c'est remarquable sur la très longue distance de cet ouvrage (exercice très casse-figure, tout le monde n'est pas Tolstoï !), et le final, parti de loin, amené sur 150 pages environ, assez travaillé et pas nécessairement prévisible, m'a ravi, m'arrache quelques applaudissements spontanés (encore la patte de l'homme de théâtre, peut-être ?).






Mots-clés : #conditionfeminine #criminalite #enfance #esclavage #immigration #prostitution #segregation #violence #xxesiecle
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Message par Bédoulène le Sam 10 Aoû - 7:51

merci Aventin, je le lirai il se trouve dans ma PAL, j'avais vu le sujet.

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