Geneviève Desrosiers

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Geneviève Desrosiers

Message par Jack-Hubert Bukowski le Mer 7 Déc - 4:59

Geneviève Desrosiers
(1970-1996)




Je reprends mon périple. Finalement, Geneviève Desrosiers est la première poétesse québécoise que je cite.

Geneviève Desrosiers (1970-1996) est une poétesse québécoise qui a fulguré on ne sait trop d'où. Aujourd'hui même, nous la consacrons dans la confection de nos recueils de poésie. Cette même poésie aura beau se tenir dans des semblants de blocs de prose, la plume de Geneviève Desrosiers est sans pitié, avec tout juste ce qu'il faut de tendresse et de lumière pour survivre à travers les ténèbres de la vie. Fauchée rapidement à l'âge de 25 ans, elle a connu l'opportunité d'une correspondance avec l'ultime critique fait institution, Gilles Marcotte. Son passage au sein de la constellation québécoise fait en sorte que la poésie post-2010 s'écrit d'une manière on ne peut plus consacrée.

Nombreux seront nos ennemis est son seul recueil. Composé de quelques poèmes achevés d'une rare maestria et d'une suite d'écritures poétiques inachevées ponctuées de quelques correspondances avec le critique cité plus haut, le recueil est immaculé. Il s'est vendu comme des petits pains bien chauds et les fournées ne sont pas fait attendre par la suite. Geneviève Desrosiers aura connu la consécration à partir des années 2010. Là réside son legs qui aura fait bifurquer la littérature et la poésie québécoise dans une direction inattendue…

Oeuvre

Nombreux seront nos ennemis

mots-clés : #poésie #Québec


Dernière édition par Armor le Ven 11 Aoû - 0:57, édité 9 fois (Raison : test de mots clés)
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Jack-Hubert Bukowski

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Re: Geneviève Desrosiers

Message par Jack-Hubert Bukowski le Mer 7 Déc - 5:03



Nombreux seront nos ennemis (1999, première publication posthume) :

Emblématique du destin inachevé du Québec-Canada, la poésie de Geneviève Desrosiers s'est surtout rédigée entre 1994 et 1996. Elle fut publiée par ses proches et la maison d'édition L'Oie de Cravan qui ont exhumé les partitions en attente. À mon sens, les conditions dans lesquelles la poésie québécoise fut traitée ont longtemps fait en dépit d'un rayonnage institutionnel adéquat. En 1996, Gaston Miron mourait en même temps que Geneviève Desrosiers fut happée par la vie. Nous perdions alors l'ambassadeur de la poésie québécoise par excellence. Il faut toutefois dire que la poésie du pays avait alors fait son temps. Des poètes de la relève avaient eu le temps de s'illustrer de belle façon pendant que Gaston Miron les encourageait infailliblement. Nous pouvons notamment penser aux Michel Beaulieu de ce monde.

Revenons à nos moutons. Geneviève Desrosiers est aujourd'hui portée aux nues. Des critiques et des poètes aussi illustres que Mathieu Arsenault, Maxime Catellier et François Guerrette prennent part à la réhabilitation de l'oeuvre de Geneviève Desrosiers dans les cercles restreints de la pratique littéraire. Il est remarquable que des hommes prennent la parole pour défendre la cause d'une femme et s'effacer devant l'immensité de son oeuvre. Imaginez, son oeuvre était tout juste un embryon. Il est étonnant qu'elle puisse être d'aussi bonne qualité et avec des données brutes et tangibles en ce qui concerne les qualités formelles de sa poésie.

Pour ma part, j'ai pris connaissance de l'existence de Geneviève Desrosiers quelque part à la fin de l'année 2014, début 2015... À l'époque, je n'étais pas encore prêt à encaisser l'immense météorite de Nombreux seront nos ennemis. J'avais eu la chance de voir Nelly Arcan de son vivant, j'ai lu la poésie de Marie Uguay et je connaissais lointainement Josée Yvon. Plus près de nous, Vickie Gendreau est morte des suites d'un cancer il n'y a pas si longtemps... il y a une conscience du survivant qui entre en ligne de compte.

Il y a tellement d'extraits qui doivent être cités. Le recueil en entier est une citation à lui seul. Disons qu'il nous faut agglutiner ce qui donne de vitalité à une poésie qui ne se surprenait plus dans les horizons blafards qui précédaient la revitalisation de la poésie québécoise. François Guerrette et Zéa Beaulieu-April ont révéré et pratiqué un intertexte qui renvoie à la référence de Geneviève Desrosiers comme fondatrice de la poésie québécoise moderne post-2010.


mots-clés : #poésie
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Re: Geneviève Desrosiers

Message par Jack-Hubert Bukowski le Mer 7 Déc - 5:06

Geneviève Desrosiers, Nombreux seront nos ennemis, 2014 (c2011), Montréal : L'Oie de Cravan, p. 30. a écrit:«Fourrons la mort»

Plus rouge que la rouille.
Le bien-fondé est mort comme un pape qui
meurt;
En grande pompe.
Pompéi compris.
Dieu! Que faites-vous donc de tous ces morts?
Il y a mille et une façons de faire un gâteau.
Une seule de faire un enfant.
Fourrons-les de crème et fourrons.
Pour que la terre soit peuplée d'enfants qui
s'empiffrent de gâteaux à la crème.
Les guerres se sentiront mieux dans leur peau
et nous dans nos estomacs.
J'ai toujours adoré pleurer mes chiens morts.
Cela durait des jours, voire des années.
Je ne crache sur rien.
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Re: Geneviève Desrosiers

Message par Jack-Hubert Bukowski le Mer 7 Déc - 5:07

Ibid., p. 73. a écrit:Il y a cent milliards d'étoiles, beaucoup de
haine et un peu de poivre.
On peut leur faire dire n'importe quoi. J'en
remercie la mort. J'ai cassé mon lacet. C'est le
soir des poubelles. Il pleut dehors. Je t'aime. À
table. À demain. C'est la guerre. Debout, c'est
l'heure. Tu veux un café? Les prières respirent
le brûlé. Avez-vous froid? Un coussin pour
mon royaume. Ma chaise. Ma table. Ma ma.
C'est un jeu. Un jeu de mots. Un jeu de toi.
Un jeu de moi. Un jeu de nous. Un jeu de vous
me l'avez bien appris. Merci. Si vous dites que
ceci est un chapeau, je vous mords la langue.
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Re: Geneviève Desrosiers

Message par Jack-Hubert Bukowski le Mer 7 Déc - 5:09

Ibid., p. 84. a écrit:«Quand je te regarde, mes paupières en porte
de garage s'ouvrent sur un criss de beau char.
Tu me remplis comme une catastrophe bénie.
L'ondée arrive. La vivifiante, la mère fouet-
tarde, l'hyperréaliste, la tête de mille turcs bat-
tant retraite, la violente, la foudroyante, la
spectaculaire, la splendide, l'ivre, la lyre.
Je n'ai pas acheté de billet de loto.
Aujourd'hui, c'est sûr, mes balles bâillent...
Aujourd'hui j'ai beaucoup trop de choses à
faire pour en entamer ne serait ce qu'une
seule.»
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