Des Choses à lire
Visiteur occasionnel, épisodique ou régulier pourquoi ne pas pousser la porte et nous rejoindre ou seulement nous laisser un mot ?

Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot


Mario Vargas Llosa

Page 2 sur 2 Précédent  1, 2

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Mario Vargas Llosa  - Page 2 Empty Re: Mario Vargas Llosa

Message par bix_229 le Lun 15 Mai - 23:35

J' aime aussi les auteurs latino-américains.
Mais point trop Vargas Llosa...
A vrai dire, ils sont sous estimés au profit des Anglo-saxons.
Notamment.
bix_229
bix_229

Messages : 10611
Date d'inscription : 06/12/2016
Localisation : Lauragais

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Mario Vargas Llosa  - Page 2 Empty Re: Mario Vargas Llosa

Message par Bédoulène le Mar 16 Mai - 8:03

c'est que les Chosiens et les ex avaient à plusieurs reprises évoqué la non adhésion à cette littérature.

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
Bédoulène
Bédoulène

Messages : 12828
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 74
Localisation : En Provence

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Mario Vargas Llosa  - Page 2 Empty Re: Mario Vargas Llosa

Message par Arturo le Mar 16 Mai - 10:52

Je ne saurais pas trop dire ce qui fait que je bloque en général avec les auteurs latinos. Question de rencontres littéraires, après c'est difficile de sortir des généralités, et je n'en ai pas lu non plus des tonnes mais après plusieurs essais chez les "grands noms" (Cortazar, Garcia-Marquez, Borges, Sepulveda, Neruda, Bolano, Vargas Llosa, Paz, Sabato ...), je n'ai jamais eu d'immense coup de coeur littéraire (un peu Bolano, à creuser), de claque, même si tous ont un bien entendu un intérêt. Ce n'est pas une question d'intérêt pour la région, car je suis plus intéressé par l'Amérique Latine que par l'Amérique du Nord, et pourtant nombreux sont les auteurs états-uniens à m'avoir marqué.
Arturo
Arturo

Messages : 3105
Date d'inscription : 09/12/2016
Age : 33
Localisation : Par-delà le bien et le mal

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Mario Vargas Llosa  - Page 2 Empty Re: Mario Vargas Llosa

Message par Bédoulène le Mar 16 Mai - 18:53

merci pour ta réponse Arturo, peut-être un jour le coup de coeur !

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
Bédoulène
Bédoulène

Messages : 12828
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 74
Localisation : En Provence

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Mario Vargas Llosa  - Page 2 Empty Re: Mario Vargas Llosa

Message par topocl le Sam 2 Sep - 14:29

Aux Cinq Rues, Lima

Mario Vargas Llosa  - Page 2 Images48

Nous sommes au Pérou, à a fin des années 90, sous la double dictature de  la mainmise généralisée du gouvernement, et des attaques terroristes et enlèvements du Sentier lumineux.
La revue à scandale Strip-tease révèle les photos compromettantes d'une orgie à laquelle a participé Quique, richissime entrepreneur protégé par la dictature. La réponse est immédiate et le directeur de la publication en fait sauvagement les frais. Le milliardaire et ses amis, une fois la "faute" effacée, ne se posent guère  de questions et jouissent sans scrupules de leurs fortunes et de leurs émoustillantes  épouses dans une luxure assez désuète. Mais Julietta,  de journaliste à scandale se transforme en journaliste d'investigation  et n'a pas dit son dernier mot.

C'est un Vargas Llosa facétieux qui n'a plus rien à prouver, et qui s'est fait plaisir dans ce roman ludique, badin et faussement frivole.  Les dialogues tiennent une bonne moitié du texte. La niaiserie des industriels fortunés n'a d'égale que la naïveté du dictateur. Les parties de jambes en l'air coquines, torrides dans l'esprit des partenaires, sont racontées (avec détails ) dans un enrobage fleur bleu et un ton de moquerie amusée (on s'appelle "ma blondinette" et "mon petit mari").

Si Vargas Llosa s'appuie sur un arrière-fond de discours politique, il est surtout dans un film de série B avec ses multiples rebondissements plus ou moins prévisibles et ses personnages volontairement stéréotypés. Cette impression est confortée par l' ambitieux  chapitre XX, où les personnages s'entremêlent habilement en petites séquences entre-coupées dans une espèce de bande-annonce effrenée , tour de force littéraire de haut-vol parfaitement maîtrisé.

Au final , on pourrait croire que la morale est  que le pot de fer triomphe parfois du pot de terre. Je me demande si elle n'est pas plutôt que les vieux prix Nobel ont bien le droit de s'amuser, eux aussi, quitte à produire une œuvre piquante, mais mineure.


mots-clés : #humour #regimeautoritaire

_________________
Etre dans le vent, c'est l'histoire d'une feuille morte.
Flore Vasseur
topocl
topocl

Messages : 6480
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 59
Localisation : Roanne

https://topocleries.wordpress.com/
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Mario Vargas Llosa  - Page 2 Empty Re: Mario Vargas Llosa

Message par Tristram le Sam 17 Fév - 18:24

La ville et les chiens

Mario Vargas Llosa  - Page 2 La_vil10

La ville, c’est Lima, et les chiens, des cadets (élèves encadrés par l’armée) dans toute l’ignominie qu’on peut supposer en matière d’obscénité, de bizutage, d’indigences diverses. Alberto, « le Poète » (où l’on peut reconnaître une personnification autobiographique de Llosa, au moins jusqu’à un certain point), trouve sa place entre « Jaguar », le dur chef du « Cercle » et « l’Esclave », Arana, le bouc émissaire ; il louvoie entre les deux pôles, grappille un peu de monnaie en produisant de « petits romans » pornographiques. La première partie de ce roman de plus de 500 pages (divisé en deux parties sensiblement égales, avec un épilogue) décrit assez longuement l’univers violent de la jeunesse péruvienne dans la première partie du XXe ; elle réveille des souvenirs de service militaire, pour ceux qui ont expérimenté cette découverte des brimades, de la promiscuité, des confrontations sociales et racistes, ici entre serrano (pas le jambon ou le piment, mais Indien ou métis originaire de la Sierra, la cordillère des Andes) et citadin (généralement blanc), de la côte maritime. Dans la seconde partie, l’Esclave étant mort d’une balle de fusil au cours d’un exercice, l’intrigue se développe. Dans l’ombre portée par la dictature, Llosa expose le problème de la dénonciation, et la grande règle de l’armée (laver son linge sale en famille), dans une dialectique de la loyauté et de la vengeance. Seul, l’intègre lieutenant Gamboa s’attache à éclaircir l’affaire, suite à une accusation du Jaguar par le Poète (devenu proche de l’Esclave avant sa mort, non sans avoir pris sa place auprès de la jeune fille qu’il aimait).  

« ‒ Pardon mon capitaine, dit Gamboa. Aussi longtemps que je ne m’en rends pas compte, les cadets de ma compagnie peuvent faire tout ce qu’ils veulent, je suis d’accord avec vous. Mais maintenant je ne peux plus faire semblant de l’ignorer, je me sentirais complice. » (II, 4)

« Il serait plus facile de ressusciter le cadet Arana que de convaincre l’armée qu’elle a commis une erreur. […]
Vous m’entendez, rentrez au collège et faites en sorte qu’à l’avenir la mort du cadet Arana serve à quelque chose. » (épilogue)

Les chiens (cadets de première année), c’est aussi la chienne Malencouille, adoptée par le Boa (bien qu’il lui ait cassé une patte dans un moment de colère)...
Un ultime et inattendu entrecroisement de destins boucle le livre, nettement plus captivant dans sa seconde partie.

« Je [Jaguar] ne savais pas ce que c’était de vivre écrasé. » (épilogue)

La composition caractéristique du style de Llosa, fait d’allers-retours temporels, d’entrelacements simultanés de différents fils narratifs, de monologues ou conversations de chacun des personnages (autant de narrateurs), paraît moins innovante de nos jours, après avoir lu par exemple Faulkner (qui l'aurait inspiré).
Cette histoire rejoint l’universel, comme on dit, et renvoie par exemple à La punition, de Tahar Ben Jelloun, qui vient de paraître.
Ce premier roman, écrit à 23 ans à Paris, est peut-être finalement celui que je préfère de Llosa (dont je ne suis autrement pas trop "fan").


mots-clés : #discrimination #jeunesse #regimeautoritaire #social #violence

_________________
« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
Tristram
Tristram

Messages : 8437
Date d'inscription : 09/12/2016
Age : 63
Localisation : Guyane

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Mario Vargas Llosa  - Page 2 Empty Re: Mario Vargas Llosa

Message par Tristram le Lun 17 Sep - 2:53

La ville et les chiens (suite)

... Et on peut en rapprocher Les désarrois de l'élève Törleß, de Musil...
https://www.franceculture.fr/emissions/la-compagnie-des-auteurs/le-roman-de-lecole-34-albert-bensoussan-a-lecole-de-vargas-llosa
Egalement un premier roman, écrit à 25 ans pour Musil ; aussi une transposition du vécu de l'auteur dans l'internat militaire.
Albert Bensoussan, qui présente ce roman en traducteur et ami de Llosa, rapporte une expérience personnelle similaire du service militaire (solidarité innée, apprentissage de la société réelle sans exclure les [sé]vices, etc.), ce qui me résout à insérer ici un souvenir personnel que j'avais omis dans mon commentaire.
Un condisciple de classes dans l’infanterie de marine, un petit voyou du Havre expert en nunchaku, autrement pas méchant pour un sou, m’avait demandé d’écrire des poèmes pour la très jolie jeune fille que beau gosse il avait réussi à rencontrer dans notre ville de garnison. Je revois encore la belle brune souriant dans son léger ensemble de vichy vert ; mais l’écrivain public à la manque que je fus s'avéra incapable dans ce rôle de substitution : rameuter du Baudelaire en désespoir de cause se révéla parfaitement ridicule lorsque mon confrère de misère, dépité de ma défection, s’écria qu’elle était pourtant « belle comme un enjoliveur » ; épaté par cette image digne d'Apollinaire, je l'assurais que lui seul devait écrire à sa dulcinée...

_________________
« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
Tristram
Tristram

Messages : 8437
Date d'inscription : 09/12/2016
Age : 63
Localisation : Guyane

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Mario Vargas Llosa  - Page 2 Empty Re: Mario Vargas Llosa

Message par Bédoulène le Lun 17 Sep - 8:14

une lecture ramène à l'autre. merci Tristram !

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
Bédoulène
Bédoulène

Messages : 12828
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 74
Localisation : En Provence

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Mario Vargas Llosa  - Page 2 Empty Re: Mario Vargas Llosa

Message par topocl le Lun 17 Sep - 8:59

@Tristram a écrit:
Un condisciple de classes dans l’infanterie de marine, un petit voyou du Havre expert en nunchaku, autrement pas méchant pour un sou, m’avait demandé d’écrire des poèmes pour la très jolie jeune fille que beau gosse il avait réussi à rencontrer dans notre ville de garnison. Je revois encore la belle brune souriant dans son léger ensemble de vichy vert ; mais l’écrivain public à la manque que je fus s'avéra incapable dans ce rôle de substitution : rameuter du Baudelaire en désespoir de cause se révéla parfaitement ridicule lorsque mon confrère de misère, dépité de ma défection, s’écria qu’elle était pourtant « belle comme un enjoliveur » ; épaté par cette image digne d'Apollinaire, je l'assurais que lui seul devait écrire à sa dulcinée...

Il a bien eu raison de refuser: Cyrano de Bergerac, ça ne lui avait pas vraiment réussi.

_________________
Etre dans le vent, c'est l'histoire d'une feuille morte.
Flore Vasseur
topocl
topocl

Messages : 6480
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 59
Localisation : Roanne

https://topocleries.wordpress.com/
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Mario Vargas Llosa  - Page 2 Empty Re: Mario Vargas Llosa

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Page 2 sur 2 Précédent  1, 2

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

 Des Choses à lire :: Lectures par auteurs :: Écrivains d'Amérique Centrale, du Sud et des Caraïbes

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum