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Gustav Meyrink

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Message par ArenSor le Mer 25 Sep - 18:47

Gustav Meyrink
(1868-1932)

Gustav Meyrink Gustav10

Gustav Meyrink est un écrivain autrichien (connu aussi sous le nom de Meier).
Il était le fils illégitime du baron et ministre Karl von Varnbüler et de l'actrice Maria Wilhelmina Adelheyd Meier. Meyrink vécut à Munich jusqu'à l'âge de 13 ans. Il y accomplit son école primaire. Il habita ensuite Hambourg pendant une courte période. En 1883, sa mère se rendit à Prague.
Meyrink a habité à Prague pendant vingt ans et l'a souvent dépeint dans ses œuvres. Prague n'apparaît pas comme décor, mais comme personnage, notamment dans les romans « Le Golem » et « La Nuit de Walpurgis ». À Prague se serait produit un événement qui aurait joué un rôle providentiel dans la vie de Meyrink. L'auteur l'a décrit dans une nouvelle autobiographique, « Le Pilote ».
En 1892, après avoir hésité à se suicider, il commença à étudier la littérature occulte. Il étudia la théosophie, la Kabbale, la sophiologie chrétienne et le mysticisme oriental, qu'il essaya de pratiquer. Jusqu'à sa mort Meyrink a pratiqué le yoga.
En 1889, avec le neveu du poète chrétien Morgenstern, Meyrink a fondé sa propre banque, appelée "Meier et Morgenstern". En 1902 Meyrink fut accusé de fraude dans la conduite de ses affaires bancaires. Il resta deux mois en prison, avant d'être disculpé et lavé de tout soupçon. Mais il choisit malgré tout d'arrêter sa carrière de banquier.
Ses expériences en prison sont décrites dans son roman le plus célèbre, « le Golem » (1915). Le roman fut un succès énorme, il fut souvent réédité, et fit l'objet de deux adaptations cinématographiques.
L'année suivante, il rédigea son troisième roman, « La Nuit de Walpurgis ». Les affaires de Meyrink s'améliorant, il acheta une villa à Starnberg, qu'il appela la Maison de la dernière lanterne d'après le nom de la maison du Golem. C'est là que lui et sa famille vécurent pendant les huit années à venir, au cours desquelles il écrivit deux autres romans : « Le Dominicain blanc » et sa dernière œuvre, centrée sur l'alchimiste John Dee, « L'Ange à la fenêtre d'Occident », en 1927.

Romans traduits en français :

Le Golem (Der Golem, 1915).
Le Visage vert (Das grüne Gesicht, 1916).
La Nuit de Walpurgis (Walpurgisnacht. Phantastischer Roman., 1917).
Le Dominicain blanc (Der weiße Dominikaner. Aus dem Tagebuch eines Unsichtbaren., 1921).
L'Ange à la fenêtre d'occident (Der Engel vom westlichen Fenster, 1927)
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Message par ArenSor le Mer 25 Sep - 18:57

Le Golem (1915)

Gustav Meyrink Golem_10

Plongée dans le vieux quartier juif de Josefov à Prague avant sa destruction à la fin du 19e siècle. Ici, les maisons de guingois se pressent le long de ruelles sordides comme des chicots pourris.

« Je m’approchais de la fenêtre : tel un cimetière fantomatique tremblant dans l’air, les rangées de pignons chantournés faisaient penser à des pierres tombales aux inscriptions effacées par les intempéries, dressées sur les sombres caveaux, les « lieux d’habitation » dans lesquels le tourbillon des vivants s’était creusé trous et passages. »

Dans le ghetto règne la crasse, les exhalaisons putrides :

«  L’accumulation incessante de ces pensées jamais renouvelées qui empoisonnent l’air  »

« Un rire – dans ces maisons, un rire joyeux ? Dans tout le ghetto, il n’y a personne qui puisse rire joyeusement. »

Y circule un étrange faune, êtres lobotomisés :

«D’un seul coup, je compris jusqu’au tréfonds de leur être ces créatures énigmatiques qui habitent autour de moi : elles traversent l’existence sans volonté, animées par un courant magnétique invisible – comme, il y a un moment, le bouquet de mariée flottant dans la rigole dégoûtante.  
Il me sembla que les maisons me regardaient avec des visages sournois, pleins d’une méchanceté sans nom – Les portes : des gueules noires larges ouvertes aux dents gâtées, des gosiers qui pouvaient à chaque instant pousser un hurlement si perçant et si chargé de haine que nous en serions effrayés jusqu’au plus profond de nous-mêmes. »

Personnages peu recommandables comme le sinistre brocanteur Aaron Wassertrum ou Rosina la rousse qui affole tous les mâles du quartier ; pauvres hères comme l’étudiant Charousek qui se consume de haine et de vengeance.
On rencontre aussi le trio de musicien, sculpteur et montreur de marionnettes. Ceux-ci se retrouvent régulièrement au salon Loisitschek pour des soirées « Aujourdvi Krand Goncert », cabaret fréquenté autant par la pègre que par la haute noblesse venue s’y encanailler. Les trois discutent alors avec leur ami
Maître Athanasius Pernath
Le héros du livre. Maître Pernath, a perdu mémoire de son enfance. Plus précisément, on a muré certaines portes de son cerveau pour lui permettre de vivre après de terribles crises de folie. Il exerce le métier de tailleur de pierres fines. C’est même une vraie pointure en ce qui concerne la réalisation de camées ou d’intailles. Accessoirement, il restaure aussi des objets anciens.
Et un jour un curieux personnage à l’allure mongole, aux yeux en amandes, vient lui confier à restaurer une lettrine du livre Ibour.
Et l’on parle des apparitions de cette créature, le Golem, qui revient hanter le ghetto tous les 33 ans. Individu façonné dans la glaise, le golem s’anime grâce à un papier couvert de formules magiques qu’on a placé dans sa bouche.
Mais maître Pernath est-il en train de rêver toute cette histoire ?
Tout le génie de Meyrink réside dans cette absence de frontière entre rêve et réalité ; deux mondes qui se mélangent comme fleuve à son embouchure et mer.
Ne serait-ce pas d’ailleurs un troisième état, celui d’une errance entre veille et sommeil ?

« Tous les hommes connaîtraient cette expérience s’ils possédaient la clef. Or la seule et unique clef, c’est que l’on prenne conscience dans le sommeil de la forme de son « Moi », de sa peau pourrait-on dire – que l’on trouve les interstices étroits par lesquels la conscience se glisse entre veille et sommeil profond. C’est pourquoi je vous ai dit tout à l’heure, « j’erre » et non pas « je rêve ». »

L’ouvrage fait référence d’un bout à l’autre à la Kabbale, bien sûr, mais aussi au Christianisme, aux mythes égyptiens etc.
Il faut donc lire « Le Golem »  renonçant à tout esprit critique, en s’abandonnant au charme de ce mélange d’ésotérisme, de théosophie et de mysticisme, à cette atmosphère d’étrangeté, de pure magie, de chute et de rédemption. Bref, avec des yeux d’enfant ! Comme on va au cirque voir un prestidigitateur  Very Happy

NB : "Le Golem" était un livre que Shanidar aimait beaucoup  Very Happy


Mots-clés : #fantastique
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Message par Bédoulène le Mer 25 Sep - 19:45

merci Arensor ! à surveiller si je rêve ou si je erre !

et un coup de pouce en plus pour la lecture ! Wink

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Message par bix_229 le Mer 25 Sep - 20:04

Merci Aren !
Tu as raison il faut essayer de se laisser porter par l'histoire et l'atmosphère.
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Message par Tristram le Mer 25 Sep - 22:05

Le Golem est un classique du genre ; Le Dominicain blanc est mineur.
« On raconte que le myosotis peut perdre à jamais sa couleur si la lueur blême et sulfureuse d’un éclair annonçant un orage de grêle tombe sur elle [… »
Gustav Meyrink, « Le Golem », VI, « Nuit »

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Message par Bédoulène le Jeu 26 Sep - 6:13

oh! ce serait bien dommage, j'aime les fleurs bleues ! Smile

Le golem est en prévision (aussi)

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Message par Tristram le Mer 2 Oct - 13:38

« Dans un petit village du Midi de la France, un homme de soixante-huit ans a épousé une femme qui n’a plus d’âge, parce qu’elle est morte. Ils avaient vécu vingt ans ensemble et voulaient se marier, mais elle était tombée malade et était décédée. Lors de la cérémonie de mariage, autorisée spécialement par le président de la République, l’homme apporta le chapeau de la morte. Dans Le Golem de Meyrink, le héros adopte les pensées de la personne dont il porte le chapeau. Que pensait le chapeau de la femme le jour de ses noces ? Il y avait des dizaines d’invités. Le chapeau les a-t-il reconnus ? Et qu’a-t-il dit à l’homme, lorsqu’ils se sont retrouvés tous les deux, seuls, dans leur maison ? »
Cees Nooteboom, « Mariage avec un chapeau » in « Lettres à Poséidon »

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