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Joy Kogawa

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immigration - Joy Kogawa Empty Joy Kogawa

Message par Armor le Mar 1 Oct - 19:26

Joy Kogawa
Née en 1935

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Joy Nozomi Kogawa, née le 6 juin 1935 à Vancouver, est une poétesse, romancière et activiste canadienne. Ses parents, des Canadiens japonais de première génération (Issei), ont immigré au Canada avant sa naissance. Sa mère est enseignante de maternelle et son père est pasteur. Lorsqu’elle a six ans, ils ont partie des milliers de Canadiens japonais arrachés à leur foyer et internés à l’occasion de la Deuxième Guerre mondiale. Ils sont d’abord envoyés à Slocan, dans les terres intérieures de la Colombie-Britannique, puis à Coaldale, en Alberta.

Après des études à l'université de l'Alberta et au conservatoire royal de musique, Joy Kogawa occupe des emplois d’enseignante, de rédactrice attitrée pour le premier ministre, et de rédactrice indépendante. Elle devient écrivaine résidente à l’Université d’Ottawa en 1978.
Joy Kogawa entame sa carrière littéraire en tant que poète, mais elle est surtout connue pour son roman Obasan (1981). Œuvre à demi autobiographique, elle raconte les pertes et les souffrances vécues par les Canadiens japonais au cours de la Deuxième Guerre mondiale. Le roman devient une référence. Vers la fin des années 1980, il figure au programme dans des écoles et des universités partout au Canada. Le mot japonais « obasan » peut se traduire aussi par « femme », et plusieurs critiques ont loué le roman pour son fort accent féministe.

Obasan joue un rôle important dans le mouvement en faveur de la réparation, qui vise à obtenir des compensations et des indemnités pour les Canadiens japonais. En 1988, les victimes de l’internement obtiennent réparation, et des excuses sont présentées au Parlement. À l’occasion de cet événement, Ed Broadbent et Gerry Weiner lisent des passages du roman. La romancière poursuit l’histoire de Naomi en 1992 avec Itsuka, un récit révisé et publié sous le titre Emily Kato en 2005.

Joy Kogawa a été mariée à David Kogawa de 1957 à 1968. Ils ont deux enfants.
Joy Kogawa est faite membre de l’Ordre du Canada en 1986 et de l’Ordre de la Colombie-Britannique en 2006. Le gouvernement japonais la reçoit dans l’Ordre du Soleil levant en 2010 « pour sa contribution à la compréhension et à la conservation de l’histoire des Canadiens japonais ».
source : https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/joy-nozomi-kogawa

Ouvrage traduit en français :

- Obasan (Obasan, 1981)


Dernière édition par Armor le Mar 1 Oct - 20:07, édité 1 fois

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Message par Armor le Mar 1 Oct - 19:59

immigration - Joy Kogawa 97822510

Obasan

Le roman de Julie Otsuka, Quand l’empereur était un Dieu, avait mis en lumière l’attitude peu glorieuse des USA envers les ressortissants d’origine japonaise durant la seconde guerre mondiale. Avec Obasan, Joy Kogawa nous apprend que la situation au Canada fut tout aussi tragique.
Peu importe qu’ils aient conservé la nationalité japonaise, aient été naturalisés ou soient nés citoyens canadiens, tous furent logés à la même enseigne : interdits de séjour dans toute la Colombie britannique, spoliés de leurs biens, puis internés des camps sordides. Ceux qui, après guerre, décidèrent de rester au Canada malgré les incitations répétées à rentrer « chez  eux », au Japon (et tant pis s’ils n’y avaient jamais mis les pieds), durent attendre 1948 pour retrouver un semblant de vie normale. Mais pour la perte de leurs biens, entreprises, maisons et tout ce qu’elles contenaient, il ne fut pas question d’indemnisation...

Ce drame méconnu qu’elle a elle-même vécu, Joy Kogawa a choisi de l’évoquer à travers le personnage fictif de Naomi, une institutrice introvertie que la mort de son oncle confronte brutalement à ce passé douloureux. Pour Naomi, la guerre fut un cataclysme : son père, souffrant, fut séparé de sa famille ; sa mère, partie au Japon au chevet d’une parente peu avant Pearl Harbor, n’est jamais revenue. Naomi n’a jamais su pourquoi. Elle et son frère ont donc été élevés par un oncle et une tante, dans le silence et la résignation. Seuls pour affronter les épreuves, la douleur de la perte, et des milliers de questions sans réponse… La petite Naomi s’est peu à peu repliée sur elle-même, son enfermement intérieur faisant écho à sa situation physique. Enfant mutique, elle semble avoir traversé ces années de guerre dans un brouillard…

Obasan est un livre tout en délicatesse, en sobriété et en non-dits. Peut-être parfois trop. Car si l’auteur rend à merveille l'enfermement de l’enfant dans le déni, elle ne nous donne guère de clés pour la comprendre. Même face à la brutalité des révélations faites à l’âge adulte, Naomi semble rester passive, seulement trahie par ses rêves... Une mise à distance qui m’a empêchée d’apprécier pleinement cette lecture, malgré la beauté de certains passages. Pourtant c’est un livre que je recommanderais, un livre nécessaire pour ce qu’il nous apprend du traumatisme de toute une population broyée par le racisme décomplexé d’un état canadien alors enferré dans une logique absurde. Un état démocratique qui a sciemment privé des citoyens de leurs droits dans l’indifférence quasi générale. Et cela, il appartient aux générations suivantes de ne pas l'oublier...


Mots-clés : #deuxiemeguerre #discrimination #enfance #famille #immigration

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Message par Tristram le Mar 1 Oct - 23:51

Merci Armor pour cette trouvaille. Curieusement, ce sujet est effleuré dans le recueil Grosse faim de John Fante, que je viens de terminer. En fait tous ces mouvements de population mal accueillies, si critiques actuellement, reviennent bien souvent dans l'Histoire, et on ne constate guère de progrès à ce propos...

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Message par Bédoulène le Mer 2 Oct - 7:43

merci Armor !

Voilà qui permet de connaître un autre visage du Canada, mais nous savons déjà comment sont traités les minorités.

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Message par Jack-Hubert Bukowski le Jeu 3 Oct - 11:04

Si on parle de minorités en général, particulièrement les Autochtones et les Québecois-es, dont les Japonais, malheureusement, le Canada n'est pas dénué de racisme. Et on s'en étonne encore... Wink
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Message par Armor le Jeu 3 Oct - 13:30

Depuis quelques années, le Canada a quand même chez nous l'image d'un grand pays ouvert et démocratique. Du coup, ça étonne toujours d'apprendre que cette ouverture d'esprit n'était pas vraiment de mise il y a quelques décennies.

Je me souviens que j'avais été sciée quand j'avais appris que l'eugénisme avait eu court jusque dans les années 70, avec la stérilisation forcée de beaucoup de femmes, simplement parce qu'elles étaient issues des minorités. (Rom, autochtones, etc...)

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