Des Choses à lire
Visiteur occasionnel, épisodique ou régulier pourquoi ne pas pousser la porte et nous rejoindre ou seulement nous laisser un mot ?

Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot


Pierre Clastres

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

contemythe - Pierre Clastres Empty Pierre Clastres

Message par Tristram le Lun 14 Oct 2019 - 0:47

Pierre Clastres
1934 - 1977

contemythe - Pierre Clastres Pierre10

Anthropologue et ethnologue français, il est notamment connu pour sa monographie des indiens Guayaki du Paraguay, ses travaux d'anthropologie politique et son engagement libertaire, plus précisément par le recueil d'articles La Société contre l'État.
Étudiant, membre de l'Union des étudiants communistes, Pierre Clastres est influencé par l’organisation révolutionnaire Socialisme ou Barbarie.
Philosophe de formation, il s'est intéressé à l'anthropologie américaniste sous l'influence de Claude Lévi-Strauss et d'Alfred Métraux. Il place d'emblée son œuvre dans le sillage du Discours de la servitude volontaire d'Étienne de La Boétie, dont il se réclame.
Il passe une partie de l'année 1963 auprès des indiens Guayaki au Paraguay. En 1965, il est en mission chez les Guaranis, de nouveau au Paraguay. Il se rend à deux reprises chez les Chulupi en 1966 puis en 1968. Il effectue en 1970 un court séjour chez les Yanomami avec son collègue Jacques Lizot. Enfin, il séjourne brièvement en 1974 chez les Guarani du Brésil, année où il devient chercheur au CNRS.
Critique du structuralisme, en conflit direct avec Claude Lévi-Strauss, dont il dénonce notamment la vision de la guerre comme échec de l'échange, il quitte le laboratoire d’anthropologie sociale. En 1975, il devient directeur d'études à la cinquième section de l'École pratique des hautes études.
Il meurt en 1977 à 43 ans dans un accident de la route, laissant son œuvre inachevée et éparpillée.
Sa principale thèse est que les sociétés primitives ne sont pas des sociétés qui n'auraient pas encore découvert le pouvoir et l'État, mais au contraire des sociétés construites pour éviter que l'État n'apparaisse.

Ouvrages :

Échange et pouvoir : philosophie de la chefferie indienne, L'Homme, tome 2, n° 1, 1962 (article)
Chronique des Indiens Guayaki, Plon, 1972
La Société contre l'État. Recherches d’anthropologie politique, Minuit, 1974
Le Grand Parler. Mythes et chants sacrés des Indiens Guarani, Seuil, 1974
Préface à la traduction française d'Âge de Pierre, âge d'abondance de Marshall Sahlins, NRF Gallimard, 1976
La question du pouvoir dans les sociétés primitives, Interrogations, mars 1976 (article)
Archéologie de la violence. La guerre dans les sociétés primitives, L'Aube, 1977
Le retour des Lumières, Revue française de science politique, 27e année, n° 1, 1977 (article)
Les marxistes et leur anthropologie, Paris, Libre, n° 3, 1978 (article)
Recherches d'anthropologie politique, Seuil, 1980
Mythologie des Indiens Chulupi, Bibliothèque de l'École des hautes études, 1992
Liberté, malencontre, innommable dans « Étienne de La Boétie, Le Discours de la servitude volontaire ou le Contr'un », 2002

(D’après Wikipédia)

_________________
« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
Tristram
Tristram

Messages : 8469
Date d'inscription : 09/12/2016
Age : 63
Localisation : Guyane

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

contemythe - Pierre Clastres Empty Re: Pierre Clastres

Message par Tristram le Lun 14 Oct 2019 - 1:14

Chronique des Indiens Guayaki, Ce que savent les Aché, chasseurs nomades du Paraguay

contemythe - Pierre Clastres Chroni10

Le texte de Pierre Clastres paraît d’abord assez brouillon : observations en immersion chez les Guayaki (en 1963), présentation historique de ceux-ci découverts par le monde extérieur (mais sans suivre le cours chronologique), récit de sa venue chez eux s’entremêlent avec des réflexions sur notre civilisation, y compris sa thèse d’un pouvoir politique séparé de la violence, c'est-à-dire en occurrence où le chef parle mais n’ordonne pas (finalement pas si éloigné de notre société).
Les Guayaki sont des chasseurs-cueilleurs nomades qui auraient régressé et se seraient réfugiés dans la forêt (en perdant l’agriculture) sous la pression de l’expansion des Guarani plus nombreux (leurs langues sont apparentées) ; ce sont des « "gens de la forêt", des selvages ». Toute leur existence ressortit à la chasse ; le chasseur ne consomme pas le gibier qu’il flèche, mais le distribue dans une économie d’échanges courtois ; si l’arc est viril, le panier est féminin (passionnant épisode du cas d’un homosexuel). Ils sont assez souvent d’un teint clair et d’une pilosité inusités chez les Amérindiens, ce qui suscite quelques mythes non-amérindien. A propos, ils sont aussi cannibales, « mangeurs de graisse humaine » ‒ « endocannibales, en ce qu’ils font de leur estomac la sépulture ultime des compagnons », régime nourrissant, excellent au goût, même rapproché de l’amour.
« Parce que manger quelqu’un c’est, d’une certaine manière, faire l’amour avec lui. »
Certaines extrapolations interprétatives m’ont paru audacieuses, surtout après un séjour d’à peine 8 mois chez les Guayaki (groupe hélas éteint dans les années qui suivirent), et peut-être datées après les travaux Lévi-Strauss et Descola ‒ bien sûr mon incompétence ne peut avancer que des impressions, moi je suis seulement venu pour la ballade en forêt, grignoter quelques larves de palmier pinto, tâter du miel de l’abeille irö (dilué d’eau), chatouiller les femmes en kivay coutumier.
C’est donc l’habituelle opposition nature et culture, la violence devant rester en-dehors de la communauté qui s’applique à maintenir l’ordre, l’équilibre entre excès et manque.
« Là-même gît le secret, et le savoir qu’en ont les Indiens : l’excès, la démesure sans cesse tentent d’altérer le mouvement des choses, et la tâche des hommes, c’est d’œuvrer à empêcher cela, c’est de garantir la vie collective contre le désordre. »
Sinon, la grande affaire est de posséder des femmes, que ce soit par rapt guerrier ou liaison consentie qu’on se les procure. Ils pratiquent le meurtre d’enfant par vengeance-compensation d’un autre décès ; ils tuent aussi les vieillards qui ne peuvent plus marcher ‒ et, bien sûr, ils les mangent.
Revigorante, cette comparaison d'une autre société à la nôtre, avec peut-être plus de rapprochements à faire que de différences à pointer.

Mots-clés : #amérindiens #contemythe #essai #identite #minoriteethnique #mort #social #temoignage #traditions

_________________
« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
Tristram
Tristram

Messages : 8469
Date d'inscription : 09/12/2016
Age : 63
Localisation : Guyane

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

contemythe - Pierre Clastres Empty Re: Pierre Clastres

Message par Arturo le Lun 14 Oct 2019 - 12:59

Merci pour le fil et le commentaire.
Je n'ai lu que La société contre l'Etat, qui m'a fait forte impression, et me questionner toujours davantage sur les rapports à la notion de travail.
Arturo
Arturo

Messages : 3112
Date d'inscription : 09/12/2016
Age : 33
Localisation : Par-delà le bien et le mal

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

contemythe - Pierre Clastres Empty Re: Pierre Clastres

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

 Des Choses à lire :: Lectures par auteurs :: Documents et essais :: Sciences humaines

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum