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Roger Caillois

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autobiographie - Roger Caillois  Empty Roger Caillois

Message par Tristram le Mer 16 Oct - 18:14

Roger Caillois
(1913 -1978)


autobiographie - Roger Caillois  Roger_10

Roger Caillois est un écrivain, sociologue et critique littéraire français.
Originaire de Reims, il entre rapidement en contact avec les membres de la revue Le Grand Jeu, soumettant ses premiers textes à Roger Gilbert-Lecomte et René Daumal.
Venu à Paris en 1929 pour y préparer le concours de l'École normale supérieure, il suit une classe d'hypokhâgne, puis de khâgne, au lycée Louis-le-Grand ; il est reçu à l'ENS de la rue d'Ulm en 1933 ; il y passe son agrégation de grammaire. Durant cette période, il entre en contact avec André Breton et prend part aux activités du groupe, se liant d'amitié avec notamment Salvador Dalí, Paul Éluard, Max Ernst.
Caillois rompt avec le surréalisme en 1935 en publiant sa lettre ouverte à André Breton, pour se rapprocher d'anciens surréalistes comme Tzara et Aragon autour de la revue Inquisitions ; cette revue entend mener une étude scientifique et rigoureuse des phénomènes humains, en se plaçant sous le signe d'un nouveau rationalisme inspiré par Gaston Bachelard, le « surrationalisme ». Caillois critique l'usage abusif de références pseudo-scientifiques chez les romantiques allemands et les poètes de son temps, ainsi que les excès de l'intuition et de la mysticité.

En disciple de Marcel Mauss, il est cofondateur du Collège de sociologie avec Georges Bataille et Michel Leiris. Caillois s'est d'abord fait connaître par un essai d'anthropologie et de sociologie intitulé L'Homme et le sacré dans lequel il développe une théorie de la fête. Dans Le Mythe et l'homme, il poursuit son analyse du mythe de la fête de façon plus systématique et propose une rationalisation, une analyse du système rationnel du mythe et de sa signification.
Durant la Seconde Guerre mondiale, invité à séjourner chez la femme de lettres, éditrice et mécène Victoria Ocampo, il rallie le comité français libre à Buenos Aires, dirige l'Institut français et lance la revue Les Lettres françaises, à laquelle il travaille aidé de son épouse, Yvette (dont il divorce peu de temps après leur retour d’Argentine, en 1945).

Il anime chez Gallimard la collection « La Croix du Sud », spécialisée dans la littérature sud-américaine (Neruda, Asturias), traduit et publie les nouvelles de Jorge Luis Borges qui, malgré des tensions entre eux, le reconnaîtra comme son « inventeur ».
Caillois est nommé haut fonctionnaire à l'Unesco dès 1948, où il occupe la direction de la division des lettres, puis du développement culturel. Il dirige la revue Diogène, indépendante mais subventionnée par l'UNESCO.
En 1957, il épouse en secondes noces la Slovaque Alena Vichrova, mère d'un garçon, Jan, qu'il élèvera.
En 1958, dans Les Jeux et les Hommes, il tente de construire une épistémologie sociologique visant à saisir la structure rationnelle des rêves et de l'imaginaire en général.
En 1971, il est élu à l'Académie française.
En 1988, une partie des 2000 minéraux de la collection de Roger Caillois a été transférée par dation au Muséum national d'histoire naturelle.

Œuvre :

• 1938 : Le Mythe et l'Homme
• 1939 : L'Homme et le Sacré
• 1942 : Puissances du roman
• 1944 : La Communion des forts : études sociologiques (repris dans Instinct et Société, dans une version corrigée)
• 1945 : Les Impostures de la poésie
• 1946 : Le Rocher de Sisyphe
• 1946 : Vocabulaire esthétique
• 1948 : Babel, orgueil, confusion et ruine de la littérature
• 1950 : Description du marxisme
• 1951 : Quatre essais de sociologie contemporaine
• 1956 : L'Incertitude qui vient des rêves
• 1957 : Les Jeux et les Hommes
• 1958 : Art poétique. Commentaires. Préface aux poésies. L'Énigme et l'Image
• 1958 : Les Jeux et les Hommes : le masque et le vertige
• 1960 : Méduse et Cie
• 1961 : Ponce Pilate, récit
• 1962 : Esthétique généralisée
• 1963 : Bellone ou la pente de la guerre
• 1963 : Le Mimétisme animal
• 1964 : Instincts et société, essais de sociologie contemporaine
• 1965 : Au cœur du fantastique
• 1966 : Pierres
• 1970 : L'Écriture des pierres
• 1973 : La Dissymétrie
• 1973 : La Pieuvre : essai sur la logique de l'imaginaire
• 1974 : Approches de l'imaginaire
• 1974 : Un Mannequin sur le trottoir, illustré par Pierre Alechinsky, Paris, Y. Rivière
• 1974 : Randonnées, illustré par Zao Wou-ki, Paris, Y. Rivière
• 1975 : Pierres réfléchies, gravures de Raoul Ubac, Maeght, 1975, illustré par Christiane Vielle, Les Bibliophiles de France, 2004
• 1977 : Mise au net, traduction de poèmes d'Octavio Paz (Pasado en claro, 1975) ; avec la collab. de l'auteur et d'Yvette Cottier
• 1978 : Babel
• 1978 : Approches de la poésie : les impostures de la poésie, aventure de la poésie moderne, art poétique, reconnaissance à Saint-John Perse, résumé sur la poésie, ouverture
• 1978 : Le Champ des signes : récurrences dérobées, aperçu sur l'unité et la continuité du monde physique, intellectuel et imaginaire, ou premiers éléments d'une poétique généralisée
• 1978 : Le Fleuve Alphée, prix Marcel-Proust, prix européen de l'essai Charles Veillon
• 1978 : Trois leçons des ténèbres, illustré par Pierre Albuisson, Fata Morgana
• 1984 : La Lumière des songes, illustré en pleine page de Pierre Alechinsky, Fata Morgana
• 1991 : Les Démons de midi (tiré d'un mémoire d'études de 1936)
• 1995 : Petit guide du XVe arrondissement à l'usage des fantômes, éditions Fata Morgana, illustrations Gérard Titus-Carmel
• 1997 : Correspondance Victoria Ocampo-Roger Caillois, Stock, Paris
• 2007 : Images du labyrinthe
• 2009 : Jorge Luis Borges

(D’après Wikipédia)

_________________
« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
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Message par Tristram le Mer 16 Oct - 18:31

Le fleuve Alphée

autobiographie - Roger Caillois  Le_fle11

Voici une sorte de testament de Caillois, des mémoires retraçant sa progression tant dans l’existence que dans ses études, et son interprétation du monde.
« L’archéologie de la mémoire est aussi inventive que l’autre et aussi anxieuse de continuité… La différence est qu’elle ajoute volontiers, chez les plus candides, au goût des origines celui d’une flatteuse prédestination. »
Enfance ‒ et, déjà, l’imaginaire :
« Arbres, insectes, odeurs, animaux, étoiles, jouets formaient un monde non pas exactement hermétique, mais complet et cependant ouvert. Il s’enrichit ma vie durant, si loin que j’aie voyagé, de nouveaux éléments qui s’ajoutaient aux plus anciens sans, comment dire ? sans accroître une totalité toujours aussi pleine. »
La guerre, familière, et les ruines où il joue
« …] : plutôt le cheminement normal et paisible de la nature, dont l’homme et ses monuments font partie.
Les traces qu’il en subsiste sont alors moins effacées que réconciliées. »
Puis la découverte tant attendue du monde des livres, immensité marine, vaste « parenthèse » de sa vie.
« À la fin, il me fallut relire l’épisode, c’est-à-dire que je commençais d’accorder à l’expression un intérêt qui ne tenait pas à la péripétie, que je connaissais déjà. C’est le moment où le démon de la littérature saisit un lecteur qui, jusque-là, n’était guidé que par l’attente du dénouement. »
Et l’écriture :
« La dette que chaque écrivain contracte envers sa langue maternelle est imprescriptible. Elle ne s’éteint qu’avec lui. Je suis assuré qu’en un tel domaine, s’endetter et s’acquitter de sa dette coïncident rigoureusement. Pour ma part, j’ai toujours traité ma langue avec un respect religieux. »
Aussi des voyages, des échappées hors de la « culture imprimée » :
« Ma vie durant, mes voyages dans des régions à peine peuplées (c’était mon oxygène) l’éclipsèrent périodiquement, il est vrai pour un temps bref, mais qui me marquait davantage que la monotonie des jours d’étude, puis de métier. Je me ménageais, chaque fois que le permettaient les missions dont j’étais chargé, une randonnée dans les contrées quasi désertiques sans monuments ni histoire, où la présence de l’homme demeure précaire et taciturne, quasi muette. La nature d’avant lui, en tout cas, peut encore aujourd’hui l’éliminer d’une chiquenaude. Il lui suffit d’ailleurs de profiter de la négligence de l’intrus. »
Après le mimétisme animal, Caillois évoque les objets qui l’ont obsédé de leur « magie analogue », « objets manufacturés, catalyseurs d’associations mentales », « objets-carrefours », « appât(s) à l’imagination », jusqu’aux cristaux et minéraux :
« Subsistent les pierres qui sont un monde à elles seules ; peut-être qui sont le monde, dont tout le reste, l’homme le premier, sommes excroissances sans durée. »
Caillois ne renie pas totalement son expérience surréaliste…
« Je continuais de décrire les pierres sans trop me soucier de leur contradiction. Cependant, plus je les décrivais et plus je me trouvais conduit à accroître de cette antinomie la portée et les conséquences. Je considérais une lave fluide, puis refroidie, une pâte enfermant panaches et festons, franges ourliennes et corolles dilatées, feuillages et figures de ballets, épaules en pente douce comme d’otaries ou hanches déclives comme de femmes foulbées ; faucilles, crocs ou dards de forficules, d’articulés ; draperies anticipant toute flore, tout paysage, l’immense répertoire des formes, des simulacres possibles ; falaises, alpages et bastions, villes en ruine, toute figure dont le nom déclenche une lointaine résonance, une évocation inhabituelle ou désuète, une atmosphère plutôt qu’un objet commun dont on n’ignore ni l’aspect ni l’usage et que l’on connaît par expérience ; ou bien des bêtes, des plantes, des personnages de pays exotiques ou d’époques révolues, des griffons, des gypaètes, des harpies, un funambule avec son balancier, des lansquenets aux bannières immenses, une faune de bestiaire fabuleux ou d’armoiries, un monde de fête, de mascarades, de livres illustrés, en un mot ce qui fait appel aux nostalgies du désir et de l’enfance plutôt qu’aux réticences ou aux scrupules de l’exactitude et du contrôle. Les géodes enveloppent sous leurs écorces maussades et râpeuses une pinacothèque infinie, où des styles reconnaissables selon les gîtes et les espèces répartissent par manières ou par sujets les innombrables tableaux. »
Accents pongiens ?
« …] je parle de minéraux insensibles. En un mot, je me sens approuvé dans la singulière entreprise de chercher dans l’exactitude une poésie inédite. »
Une vision souvent morbide de la végétation…
« Quand tous les arbres s’arbreront à partir de la même souche ; et quand toutes les herbes s’herberont à partir du même rhizome… »

« J’imagine parfois qu’en chaque végétal, s’ajoutant à sa sève particulière, circule un latex commun qui s’y trouve dissous. Élastique, extensible à l’infini, il unit les plantes en une effroyable conspiration. Il leur assure une fécondité indivisible qui compense leur fixité forcée. À l’opposé, les objets irrémédiablement seuls, stériles, et qui ne cèdent qu’à la rouille. »
… mais pas toujours :
« Plus tard, je fus frappé par une plante ornementale Maranta Makoyama, que je vis pour la première fois à Huisnes, chez Max Ernst et dont chaque feuille lancéolée affiche, dessiné sur son limbe, un rameau entier de feuilles plus petites, il va de soi, mais identiques, à la feuille support. La tige qui les porte n’est que la nervure axiale de la feuille réelle, de sorte que les feuilles figurées invitent à penser que chacune d’elles doit logiquement porter à son tour un rameau de feuilles que seules leurs dimensions, cette fois lilliputiennes, rendent indiscernables. »
autobiographie - Roger Caillois  Calath10
(Feuille de Calathea makoyana)

Caillois poursuivit avec ses recherches sur la dissymétrie la quête des lois qui unifient l’univers sensible comme imaginaire, résurgences d’une même eau, « réseau de duplications et d’interférences qui est ma façon accoutumée de considérer l’univers ».
« La permanence de la présence ou de l’apparition de la dissymétrie en tout milieu de grande stabilité ou de lente, mais incessante métamorphose m’avait convaincu de l’existence de pareilles syntaxes générales. »
Puis considérations critiques voire pessimistes sur l’homme dans sa bulle pensée à l’écart de la nature :
« J’étais près de tenir pour importunes la vie, la reproduction, la vaine multiplication des hommes et des œuvres. J’écrivis une phrase provocatrice, sinon blasphématoire, que je n’ai peut-être pas publiée, tant à moi-même elle paraissait sacrilège : "Je déteste les miroirs, la procréation et les romans, qui encombrent l’univers d’êtres redondants qui nous émeuvent en vain." »

« Les voies croisées de la chance et de la nécessité ont présidé, a-t-on estimé, à l’émergence de la vie, puis à son prodigieux destin : elles indiquent également que le miracle peut avoir lieu tout aussi bien en sens inverse. Une erreur, un mauvais aiguillage, risquent d’avoir de proche en proche des conséquences fatales pour la faveur de la vie, la contraindre à remonter à sa source accidentelle et la restituer à l’inertie impassible, immortelle, d’où un bonheur statistique la fit surgir. Rien n’empêche la loi des grands nombres de jouer dans l’un comme dans l’autre sens et voici qu’une téméraire manipulation génétique engendre une longue séquence d’effets cumulatifs, uniformément funestes ceux-ci. Toute gélatine frémissante, jadis heureuse bénéficiaire d’un concours égal d’options fortunées, inaugure soudain une carrière à rebours. »

« Il est des périodes où tout ce qui répète (ou complète) réussit, d’autres où seulement est applaudi et porte des fruits ce qui innove (ou désagrège). Jusqu’aux mythes des fins dernières exposent volontiers la succession de phases ascendantes et descendantes. Ils reflètent fidèlement l’entraînement de toutes choses dans un mouvement cosmique de progrès et de déclin. Plusieurs théologies ont prévu un crépuscule des dieux, d’autres des anéantissements périodiques du monde par des embrasements et des déluges alternatifs. »
Belle prose aux somptueuses métaphores, si évocatrices, inspirantes : Alphée le fleuve qui remonte, les pierres à l’échelle du temps, l’architecture souterraine…

Mots-clés : #autobiographie #essai

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Message par Bédoulène le Mer 16 Oct - 23:16

merci Tristram !

me semble avoir vu la plante en jardinerie !

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Message par Arturo le Dim 27 Oct - 16:52

Ponce Pilate :

autobiographie - Roger Caillois  Ponce_10

Ponce Pilate est un récit qui se déroule entre le moment où le protagoniste apprend que le Sanhédrin a condamné à mort le Christ, et le lendemain, où l'auteur imagine que le Procureur de Judée le libère, de sorte que le christianisme n'aura pas lieu.

Court récit d'une centaine de pages. J'ai été abusé par cette quatrième de couverture, qui laissait entrevoir une uchronie sur la base d'une décision de Pilate de libérer Jésus. Ceci n'interviendra qu'au final du texte.
Le récit est celui de la décision de Pilate, autour de ses tourments de Procurateur, devant le dilemme, que faire de celui qu'on nomme Roi des Juifs.
J'ai apprécie l'écriture dense et maîtrisée (j'ai envie de dire "comme on n'en fait plus) de Caillois. Je reste un peu sur ma faim tout de même avec ce récit/conte. J'essaierai autre chose.

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Message par Tristram le Dim 27 Oct - 16:58

Merci de ce retour, Arturo ! Ce Ponce Pilate me paraît à part dans l'oeuvre de Caillois...

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