Chamaco_VilaMatas

On sait que l’un des aspects les plus séduisants de la littérature est sa possibilité d’être une sorte de miroir qui avance ; un miroir qui, comme certaines horloges peut avancer.

Enrique Vila-Matas, Perdre des théories

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    Carole Martinez

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    topocl

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    Carole Martinez

    Message par topocl le Mer 7 Déc - 11:25

    Carole Martinez
    (Née en 1966)



    Carole Martinez, née le 10 novembre 1966 à Créhange, est une romancière française.

    Elle est un temps tentée par le théâtre et monte sa troupe à l'âge de 20 ans.

    Elle est professeur de français.

    Son premier roman, Le Cœur cousu, sorti discrètement en février 2007, reçoit par la suite de nombreux prix2,3. Son second roman, Du domaine des Murmures, est nommé pour le prix Goncourt (le prix est décerné à L'Art français de la guerre d'Alexis Jenni avec cinq voix, Carole Martinez en recueillant trois4) ; il obtient finalement le prix Goncourt des lycéens.

    Publications

    Jeunesse
       Le Cri du livre,  1998. Réédité avec le titre L’Œil du témoin, 2011

    Romans
    Le Cœur cousu, 2007 - Prix Renaudot des lycéens 2007
    Du domaine des Murmures, 2011 - Prix Goncourt des lycéens 20115
    La terre qui penche, 2015


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    Re: Carole Martinez

    Message par topocl le Mer 7 Déc - 11:27

    Du domaine des Murmures


    Le monde en mon temps était poreux, pénétrable au merveilleux. Vous avez coupé les voies, réduit les fables à rien, niant ce qui vous échappait, oubliant la force du récit. Vous avez étouffé la magie, le spirituel et la contemplation dans le vacarme de vos villes, et rares sont ceux qui, prenant le temps de tendre l'oreille, peuvent encore entendre le murmure des temps anciens ou le bruit du vent dans les branches. Mais n’imaginez pas que ce massacre des contes a chassé la peur ! Non, vous tremblez toujours sans même savoir pourquoi.

    Il faut aborder ce roman historique comme on écoute un conte merveilleux, avec sa part de rêve, de sorcellerie, de fantastique. Comme on écoute une chanson de geste. On y trouvera sa part de spiritualité et de magie, d'amour courtois et de brutalité virile. Les hommes sont des héros et d’humbles humains éplorés.

    Recluse dans sa chapelle, divinisée en Sainte magnifique, Esclarmonde observe le monde , dicte des ordres tenus pour la parole de Dieu. Le passage où , sur son ordre, son père part en  Croisade, mêlé à une horde famélique, qui sème tout au long de son chemin les cadavres comme ses illusions, par sa poésie désespérée, est d’une puissance évocatrice tout à fait magnifique.

    Récit exaltant au souffle romanesque assumé, Du domaine des Murmures, qui aurait pu s’appeler Expiation, est un réquisitoire contre la folie des hommes qui se cache derrière la folie de Dieu.


    (commentaire rapatrié)


    Dernière édition par topocl le Jeu 15 Déc - 7:48, édité 1 fois


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    Re: Carole Martinez

    Message par tom léo le Mer 7 Déc - 12:21



    Carole Martinez – Du domaine des Murmures

    Originale : Français, 2011

    CONTENU :
    1187, jour de son mariage, Esclarmonde (15 ans) refuse son consentement contre la volonté du père, le Seigneur de la domaine des Murmures, pour vivre dans les vœux et se consacrer à Dieu. Sur sa propre volonté elle sera emmurée dans un petit annexe de la chapelle. Seule ouverture vers le monde : une petite fenêtre.

    Mais au lieu de la solitude elle sera rapidemment point d'attraction pour beaucoup de monde dans leurs questions et leurs peines. Elle va influencer pas mal de décisions...

    REMARQUES :
    Structuré avec des chapitres de 3 à 10 pages, sans numérotation ni titre, la narratrice Esclarmonde (pourquoi et comment?) s'adresse au lecteur d'aujourd'hui. Ce livre a des élements d'un roman historique : XIIème siècle, le château des Murmures, quelque part pas loin de la petite rivière (existante) de la Loue dans le Jura/la Bourgogne. Le milieu est celui du moyen-âge, marqué par des chevaliers, le chant des troubadours, la croisade...

    Contre la volonté du père, Esclarmonde ne veut pas se marier, mais se consacrer à Dieu. Après ce refus du père il y aura un geste radical et, dans un certain sens, la jeune fille peut vivre sa décision. Peut-être on verra dans ce choix d'une femme plus qu'une négation du monde, mais le seul chemin (?) au Moyen-Âge de vivre comme femme une sorte d'autonomie, se faisant indépendant de la volonté des hommes, de nombreuses grossesses. Mais en plus, chez Esclarmonde il y a une vraie motivation réligieuse et intérieure, et à travers une grande partie du roman j'étais agréablement surpris pour ce traitement plutôt respectueux., même si raconté dans un vocabulaire un peu vieillot.

    Mais ce traitement du sujet fait aussi qu'il s'agit pas justement d'un pur roman historique, la tonalité est autre : le livre contient des éléments phantastiques qui parlent à beaucoup de lecteurs. Comme voulu par Martinez – elle l'exprime quelque part – la langue et l'atmosphère du roman flotte dans une région entre conte et roman, plein d'images, voire même sensuel, imaginatif. Dans ce noyau on ne trouve pas juste la phantasie, mais aussi ce qui est propre aux contes et fables : une certaine sagesse. Et nous avons besoin ce que Martinez exprime : nous avons besoin d'un monde qui est perméable au miracle, au conte, à la fable.

    Des éléments « mystiques » (la prière, l'attraction propre au choix de la femme), et le service exercé auprès des passants font d'elle une femme influente. Sorte de maternité autre ?!

    Mais puis je n'ai pas tout aimé, et ainsi je ne peux pas donné la note la plus haute.
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    topocl

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    Re: Carole Martinez

    Message par topocl le Ven 6 Jan - 14:18

    La terre qui penche



    C'est une chanson douce raconté par une fillette délurée et la vieille âme qu’elle est devenue , des siècles après sa mort. Douceur mêlée de cruauté, une histoire de princesse et de prince, d'amour courtois , de forêt profonde et de rivière ensorcelée. Mais c'est aussi une histoire cruelle de fillettes fouettées,  offertes à la soif et au sexe des hommes, interdites de lecture, de pensées et de liberté, fillettes impures qui ne sont "que des culs", guettées par le diable filou.

    On retrouve une fois de plus chez Carole Martinez, et avec grand plaisir,  cette dénonciation de la condition des femmes, contre laquelle sa jeune héroïne, Blanche, va se révolter. On est dans  un Moyen-Age traumatisé par la peste dévastatrice, empreint de superstition, assujetti par la religion et l'enfer, mais tous ces carcans n'empêchent pas (ou favorisent) l'explosion sans contrôle des plaisirs, des impulsions  et de la violence.  

    Emmenée au Château des Murmures par son père, arrogant et indifférent, pour un un mariage arrangé, elle va transformer celui-ci en folie amoureuse, apprendre à lire, se jouer de l'ogre des forêts, apprendre auprès des uns et des autres les secrets de sa naissance et de la vie : les hommes mauvais ne sont ils pas ceux qui ont le plus souffert?

    Sacrée gamine sans mère  qui chevauche un  percheron du nom de Bouc en compagnie de ses trois  loups-amis fantasmatiques, elle réveille d'un baiser son amoureux au bois dormant, se confronte aux sortilèges de la rivière alternativement aimante et meurtrière, espionne chacun, se retire au pays des rêves où la cuisinière concocte des plats délicieux qui vous font revivre les quatre saisons.

    A tes côtés, je m'émerveille,
    Blottie dans mon ombre qui partages ma couche,
    Tu dors, ô mon enfance,
    Et pour l'éternité, dans la tombe, je veille

    Cette histoire à deux voix, dialogue entre la vie et la mort, entre la jeunesse et la vieillesse, est pleine d'enseignements cachés, de morales implicites, mêlés à une poésie étincelante.
    On est en plein réalisme magique, c'est beau comme un retour d'enfance.



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    Re: Carole Martinez

    Message par Bédoulène le Ven 6 Jan - 14:33

    dans la tablette


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    Re: Carole Martinez

    Message par Nadine le Mer 22 Fév - 21:04

    Du domaine des murmures de Carole Martinez.

    J'ai bien aimé puisque j'avais hâte de reprendre le bouquin , le midi, à ma pause.
    (D'habitude je rampe juste sur un siege et reste hiératique hormis le visage, en mâchant mon repas. Là je me ployais vers la page, en chaussettes assise en tailleur, me tordant les doigts de pied de joie.)

    Pourtant , sur mes 4 séances de dévorage (le roman est assez court) deux m'ont ennuyées aussi. A la dernière j'ai carrément sauté des lignes.

    Bon. C'est un livre dépaysant, sensible à la féminité, chantant bien le moyen âge et ses prismes religieux. C'est un livre sur une "emmurée", une recluse volobtaire dans un espèce de semi-cachot.
    Cet aspect là, qui enclos sa part de fascination malsaine chez le lecteur, a aussi son petit lot de charme ("quelle horreur là là")

    Mais en fait dans le fond , j'ai été très gènée que la narration soit mal tenue. Les écrivains ont leur talent et leur point faible, parfois, je m'en rends compte en vous en rendant compte, il y a des raisons parfois simples au désamour. je n'ai pas aimé sa manière de ficeler la progression.
    mais c'était quand même sympa.
    (Je remarque que lu beaucoup plus tôt dans ma vie ça m'aurais davantage inspirée, malgré les petits défauts, je me suis laissée porter avec plaisir mais dans le fond quelle barbe tout ce malheur doux. certes ça parle de notre passé à nous femmes, mais au moyenâge il n'y avait certainement pas que des emmurées. j'aspirerais plutôt, à mon âge, à découvrir une fresque complète et impartiale, ou une étude sociologique. Sauf pour me lover le midi dans la joie d'une lecture facile et flonflon. Flonflon paillasse , là.
    Vous voyez en gros le one shot ?  Surprised  sans regret. C'est aussi ça aimer lire. )

    PS : L'auteure a aussi du talent, on rentre bien dans les évocations, elle a des orchestrations chouettes, seulement, à pas régulier on dirait qu'elle se souvient devoir parler des objets premiers du livre, presque baclés ducoup : l'enfant qui grandit, la peine de s'en séparer , par exemple, pas très bien amenés, puisque tous les 4 paragraphes, en exagérant beaucoup.)

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    Re: Carole Martinez

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