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Paul-Jean Toulet

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Message par Quasimodo le Lun 16 Déc - 14:35

Paul-Jean Toulet
(1867-1920)

Paul-Jean Toulet Paul-j10

Biographie succincte a écrit:Né le 5 juin 1867 à Pau, Paul-Jean Toulet arrive à Paris en 1898. Il y rencontre Curnonsky, Léon Daudet et Debussy. Il fréquente le salon d'Anna de Noailles et fait de longs voyages en particulier en Extrême-Orient. Chef de file des poètes fantaisistes, il meurt à Guéthary le 6 septembre 1920
(site de Gallimard)

En spoiler la biographie plus détaillée de Wikipédia :
Spoiler:

Biographie a écrit:Paul-Jean Toulet perd sa mère à sa naissance. Tandis que son père regagne l'île Maurice, il est confié à un oncle de Bilhères, dans la vallée d'Ossau. Il séjourne trois ans à l'île Maurice (1885-1888) puis un an à Alger (1888-1889), où il publie ses premiers articles. Il arrive à Paris en 1898.
C'est là qu'il se forme véritablement, sous la tutelle de Willy, dont il est l'un des nombreux nègres, notamment pour Maugis en ménage. Colocataire du futur prince des gastronomes, Curnonsky, il fréquente les salons mondains et les boudoirs demi-mondains qu'il évoque dans Mon amie Nane. Il travaille beaucoup et se livre à divers excès, dont l'alcool et l'opium. Il collabore à de nombreuses revues, dont la Revue critique des idées et des livres de Jean Rivain et Eugène Marsan. De novembre 1902 à mai 1903, il effectue un voyage qui le mène jusqu'en Indochine.
Il quitte définitivement Paris en 1912 pour s'installer chez sa sœur, à Saint-Loubès, au château de la Rafette, où leur tante maternelle vit avec son mari Aristide Chaline, qui a racheté le château. Paul-Jean est un familier des lieux, qui auront l'honneur de plusieurs Contrerimes. Puis à Guéthary, où il se marie. Ses dernières années sont assombries par la maladie. Pendant ce temps, un groupe de jeunes poètes, dont Francis Carco et Tristan Derème, prenant son œuvre en modèle, s'appellent « poètes fantaisistes ».
Les fameuses Contrerimes parurent à partir de la fin des années 1900 dans des revues et dans le corps des romans de Toulet. Un premier projet de les réunir en volume fut retardé par la guerre de 1914-1918. Le livre ne parut finalement que quelques mois après la mort de l'auteur.

Dans le domaine théâtral, Paul-Jean Toulet composa avec des amis (Martin et Cotoni) un à-propos en vers, La Servante de Molière, dont nous n'avons pas le texte, mais qui fut représenté au Théâtre des Nouveautés d'Alger (alors que le poète y résidait), et qu'il s'amusa à éreinter lui-même dans Le Moniteur. Il fit également représenter une comédie en prose, Madame Josephe Prudhomme, dont il était l'unique auteur. Enfin, Le Souper interrompu fut joué pour la première fois le 27 mai 1944 au théâtre du Vieux-Colombier, au même programme qu'une autre création, Huis clos de Jean-Paul Sartre.
Paul-Jean Toulet avait eu, dès 1902, un projet avec Claude Debussy autour de Comme il vous plaira de William Shakespeare. Debussy était désireux d'y revenir en 1917, mais la maladie du compositeur n'en a pas permis la réalisation.
Georges Bernanos évoque son souvenir dans les premiers mots de son premier roman Sous le soleil de Satan (« Voici l'heure du soir, qu'aima P.J Toulet... »). Frédéric Beigbeder place deux œuvres de Paul-Jean Toulet (Mon amie Nane et Les Contrerimes) dans le "top 100" de ses livres préférés que constitue Premier bilan après l'Apocalypse.
Le groupe français Alcest a repris le texte de son poème Sur l'océan couleur de fer sur le titre homonyme paru sur l'album Écailles de Lune (2010).
(d'après Wikipédia)

Bibliographie

Monsieur du Paur, homme public (1898, édition revue en 1920)
Le Mariage de Don Quichotte (1902)
Les Tendres Ménages (1904)
Mon amie Nane (1905, édition augmentée en 1922)
Comme une Fantaisie (1918)
La Jeune Fille verte (1920)
Les Contes de Béhanzigue (1920, édition augmentée en 1921)
Les Contrerimes (1921)
Le Souper interrompu (théâtre, 1922)
Les Trois Impostures (1922)
Les Demoiselles La Mortagne (1923)
Notes d'art (1924)
Quatre contes (1925)
Notes de littérature (1926)
Le Carnet de Monsieur du Paur (1927)
Lettres à soi-même (1927, augmentée en 1950)
Un conte et des histoires (1927)
Journal et voyages (1934)
Vers inédits (1936)
Nostalgies (1949)




Je me suis permis d'ouvrir le fil Paul-Jean Toulet avec ce maigre commentaire rapatrié du fil Poésie, en espérant qu'il lui attire des lecteurs.

Je lis des poèmes de Paul-Jean Toulet, issus des Contrerimes et mieux encore peut-être : de Coples.
C'est absolument magnifique : la syntaxe, virtuose, n'exclut pas une certaine forme de sobriété; tous les poèmes sont d'un bel équilibre entre préciosité contenue et simplicité intemporelle, et tout en paraissant aériens sont parcourus de discrets rappels qui tissent une toile serrée entre les différents éléments sémantiques, formels et sensitifs.

Étourdissant :
Tout autour de la lampe à deux fois rallumée
Les papillons d'émail sont ivres de fumée.
Vampirique :
Vénus hait le soleil. À son couvert éclose,
Jadis à son cœur noir m'enivrait une rose.
Adresses en tous genre, l'une des principales caractéristiques de ce recueil, tantôt lyriques, tantôt débabusées, toujours mélancoliques :
Heure céruléenne, et vous, regards couverts :
Émeraude fondue, Aden, de tes soirs verts.
Salut, Côte-Rôtie, et toi, rouget trilibre,
Qui remplissez le ventre en laissant le cœur libre.
Sous le ciel noir, j'entends tomber les fruits, Faustine,
Temps n'est plus ni printemps de te chanter matine.
Réminiscence de Chénier (de Baudelaire ?)
Étranger, je sens bon. Cueille-moi sans remords :
Les violettes sont le sourire des morts.
Fantaisie sévillane (l'un des motifs récurrents) :
À l'Alcazar neuf ou don Jayme
Gratte un air maugrabin,
Carmen dansant dans son lubin :
Ce n'est pas ce que j'aime.

Mais, à Triana, la liqueur
D'une grappe où l'aurore
Laissa des pleurs si froids encore
Qu'ils m'ont glacé le cœur.
Le premier poème que j'ai lu de lui et qui m'a aussitôt gagné :
Avril dont l'odeur nous augure
Le renaissant plaisir,
Tu découvres de mon désir
La secrète figure.

Ah, verse le myrte à Myrtil
L'iris à Desdémone :
Pour moi d'une rose anémone
S'ouvre le noir pistil.


Dernière édition par Quasimodo le Lun 16 Déc - 15:16, édité 5 fois

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Message par Tristram le Lun 16 Déc - 14:48

Merci ! Voilà qui me ramentoit opportunément que Les contrerimes se sont malencontreusement assoupies dans une de mes LAL...

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Message par Bédoulène le Lun 16 Déc - 15:38

merci Quasimodo, je sens les parfums divers !

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Message par Quasimodo le Lun 16 Déc - 16:07

C'est justement ce qui me ravit dans ces poèmes : le bonheur de la forme lié à celui des rêveries exotiques, ainsi qu'à l'expression des sensualités (chastes ou troubles, vives ou flétries, comblées ou déçues). La rigueur et l'émotion vont de concert.

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Message par Arturo le Lun 16 Déc - 19:48

merci pour le fil, Quasi. J'ai lu l'ouvrage, mais ça commence à faire quelques années, j'avais apprécié. Content de voir ton enthousiasme.
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Message par Aventin le Mar 17 Déc - 8:31

Merci beaucoup pour ce fil, Quasimodo !

Paul-Jean Toulet (= Too Late, si l'on prononce le "T" final, à la béarnaise ?), a sa sobre élégance, [mais] déjà surannée à son époque.
Ces contrerimes en A-B-B-A et six pieds-huit pieds, six pieds-huit pieds ont ce dépouillement succulent, comme dans cet innocent et frais XXVIII:

Le sonneur se suspend, s’élance,
  Perd pied contre le mur,
Et monte : on dirait un fruit mûr
  Que la branche balance.

Une fille passe. Elle rit
  De tout son frais visage :
L’hiver de ce noir paysage
  A-t-il soudain fleuri ?

Je vois briller encor sa face,
  Quand elle prend le coin.
L’Angélus et sa jupe, au loin,
  L’un et l’autre, s’efface.

Le premier quatrain est techniquement remarquable de justesse picturale, et de découpe en vue de la scansion, avec quelques mots basiques et une brève ponctuation.
On note que les deux vers de six pieds ne sont pas interrompus par une marque ponctuée, et traduisent, tous les deux, des mouvements de lâcher-prise.
Tandis que la virgule entre se suspend et s'élance, tout comme les deux points entre monte et on dirait procèdent d'un toute autre rendu, d'ordre kinesthésique cette fois.

Admirable poème, d'une rare efficacité suggestive je trouve.


Paul-Jean Toulet 33-st-10
Aspect d'époque du château de La Rafette à Saint-Loubès (Gironde), où séjourna Paul-Jean Toulet aussitôt qu'il quitta définitivement Paris, en 1912.






Dégauchi d'un message sur Parfum du 18 juillet 2015.

Mots-clés : #poésie
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