Larry McMurtry

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Larry McMurtry

Message par topocl le Mer 7 Déc - 13:06

Larry McMurtry
Né en 1936


Larry McMurtry est né en 1936, au Texas. Il publie son premier roman à l’âge de 25 ans. Suivront plus de 20 romans, dont six ont été adaptés à l’écran – notamment La dernière séance réalisé par Peter Bogdanovich et Tendres passions de James L. Brooks. Auteur de nombreux scénarios, il a reçu un Oscar pour Brokeback Mountain. Son roman Lonesome Dove a obtenu le prix Pulitzer en 1986 avant d’être adapté pour la télévision. Larry McMurtry vit à Archer City, au Texas, où il a ouvert une des plus grandes librairies indépendantes des État-Unis.

Oeuvres en français

Série Duane Moore
La Dernière Séance,  1972 : Page 1
Texasville, 1989
Duane est dépressif,  2013
Duane est amoureux,  2015
 
Série Houston
La Vallée des chagrins,  1974 ; réédition sous le titre Et tous mes amis seront des inconnus, 2013
Tendres Passions,
Retour à Los Dolores, 1992
Étoile du soir (Tendres Passions, tome II), 1997

Série Harmony & Pepper
La Rose du désert, 1985

Série Gus McCrae & Woodrow Call
Lonesome Dove, 1990 : Page 1
La Marche du mort - Lonesome Dove : Les origines, 2016 : Page 1
Lune Comanche - Lonesome Dove : L' affrontement 1997 : Page 1

 
Autres romans
Pour Billy,  1990
La Ballade de Calamity Janes,  1992
Le Saloon des derniers mots doux, 2015

màj le 20/01/2018

_________________
Il y a plus de personnages dans la littérature que d'habitants en Chine
Héctor Abad
avatar
topocl

Messages : 3973
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 58
Localisation : Roanne

Voir le profil de l'utilisateur https://topocleries.wordpress.com/
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Larry McMurtry

Message par topocl le Mer 7 Déc - 13:07

Lonesome dove

Prix Pulitzer 1986



1200 pages à travers les Etats Unis, à suivre un troupeau de vaches semi-sauvages guidées par des cow-boys. Partis d’un bled paumé texan à la frontière mexicaine, écrasé de buissons, de poussière et d’ennui, pour le rêve fou des terres riches, inexplorées et espère-t’on hospitalières du Montana, et pourquoi pas d’une fortune à gagner. Ils traînent lourd dans leur sacoches, ces cow-boys, leur passé de rangers pendant la Guerre de Sécession à traquer les bandits et les indiens, leurs mères mortes prématurément, leurs paternités incertaines, leurs amours échouées, leurs amitiés indéfectibles… De fiers cavaliers, des héros émérites, oui, mais des hommes  blessés courant après des rêves. Et, parfois,  la mort au bord du chemin.

Rien ne manque et tout est un délice : traversées de rivières, tempêtes de pluies,  de sable ou de grêle, nuages  de sauterelles, un grizzli au passage (je suis devenue sensible  à ces petites bêtes), chants irlandais aux abord des feux de camp, femmes mortes en couche, voleurs de chevaux, indiens errants amicaux ou féroces, hasards et coïncidences enchaînés… tous les ingrédients du vrai roman populaire de qualité sont là , nous tenant en haleine.

Grand classique en matière de western, on dira.
Mais ce qui rend cette lecture aussi plaisante, je crois que ce sont justement ces 1200 pages. C’est quand même plutôt rare un roman de cette taille sans un passage où se glisse l’ennui. On suit les cow-boys pas à pas, on connaît leurs petites habitudes, leur quotidien le plus ordinaire, on entre dans leur intimité et on découvre les mystères qui les hantent. Les personnages sont assez prodigieusement creusés, pas seulement ceux des héros principaux, mais aussi ceux de tous les petits collatéraux, jusqu'aux plus obscurs de la bande. Et puis, ce qui est particulièrement rare dans un western, où les femmes font plutôt figure habituellement d’objets décoratifs, celles-ci ont ici un place propre, des personnalités battantes voire opiniâtres, attachantes , sans mièvrerie. Car il faut bien considérer que ce qui fait avancer le cow-boy quand il n’en peut plus, ce n'est pas son  cheval, c'est une femme, une femme bien en chair ou un rêve de femme qu’il a  au coin du cœur.…Enfin le mythe du cow-boy solitaire, de l’homme poursuivi par ses démons prend ici une densité tragique , et le dernier quart du livre gagne encore en intensité, il est d’une somptueuse et douloureuse beauté.

Un grand western, un roman géant pour qui se laisse porter par des personnages contrastés dont le fougue cache les blessures, et les histoires jamais finies. De rebondissements en moments d’émotion, pas une page à laquelle on renoncerait. Tout est dit de l’ouest et des cow-boys, tout est dit de l’homme, ses rêves, son désarroi, ses joies et ses silences.

(commentaire rapatrié)


mots-clés : #voyage

_________________
Il y a plus de personnages dans la littérature que d'habitants en Chine
Héctor Abad
avatar
topocl

Messages : 3973
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 58
Localisation : Roanne

Voir le profil de l'utilisateur https://topocleries.wordpress.com/
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Larry McMurtry

Message par topocl le Sam 31 Déc - 10:32

La dernière séance
1966



A Thallia, bled paumé du désert texan, les adultes et les lycéens s’ennuient ferme… Ces derniers sont bien décidés à explorer activement toutes les sphères dont leurs parents et le pasteur leur ont dit de se méfier. Ils n’ont pas grand chose dans la tête, mais finalement, pas beaucoup moins que les adultes.

Après le billard, le foot et les virées en bagnole, les garçons veulent perdre leur pucelage avant de partir à l'université, et les filles veulent le préserver (enfin, le plus souvent). Ils ont leurs peines de cœur, aussi, et leurs petits calculs . Et ils croient encore que le mariage reste la consécration suprême.

Tout cela donne des situations qui tirent vers le cliché et des personnages plutôt stéréotypés, un peu comme dans les vieux westerns, mais sans le même charme… On lit quelques scènes assez sympathiques, noyées dans une mer de descriptions de pelotages et d’ébats plus ou moins aboutis, sur des banquettes de Chevrolet ou dans les lits  parentaux. Aux derniers chapitres, sourd une petite émotion,  car il faut bien passer le cap des gamineries, passer à autre chose, et cela les laisse tout nostalgiques et effrayés à la fois. L'enfance se termine en même temps que le vieux cinéma joue sa dernière séance.

Malgré cela, rien de bien neuf sous le soleil texan. Plutôt déçue, je suis.

(commentaire récupéré)


mots-clés : #initiatique

_________________
Il y a plus de personnages dans la littérature que d'habitants en Chine
Héctor Abad
avatar
topocl

Messages : 3973
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 58
Localisation : Roanne

Voir le profil de l'utilisateur https://topocleries.wordpress.com/
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Larry McMurtry

Message par topocl le Sam 31 Déc - 10:33

La marche du mort



Que ceux qui ont aimé Lonesome dove se le disent, ce préquel qui raconte les débuts de Gus McCrae et Woodrow Call, tout jeunes hommes engagés dans les Rangers , apporte bien le même plaisir que le livre initial.

Car oui, on retrouve les grands espaces, sous la forme du désert texan, battu par les tempêtes de sable ou de neige, fréquenté par les Indiens, les bisons, les grizzlis etc. Une bande hallucinée de Rangers partis fringants mais de plus en plus décatis , à la recherche d'aventures et de gloire, va y trouver le genre d'amitié qui durera toute une vie, au prix d'épreuves et de souffrances qu'ils n'auraient su imaginer. Cette folle déambulation à travers la nature hostile n'a pas été sans évoquer la horde du contrevent.

McMurtry, 20 ans après dans l'écriture, 20 ans plus tôt dans son récit, a conservé intacte sa capacité à créer des personnages, quelques copains bien vivants dévorés par la soif de vivre intensément. Les chefs sont des badernes incompétentes (et oui, ça existait déjà à l'époque) mais rien n'entame l'énergie des jeunes héros, qu'on finit par connaître comme s'ils étaient nos copains. Quelques figures féminines , toutes en nuances, apportent une touche subtile, mélange de force et d'humanité.

(commentaire récupéré)

_________________
Il y a plus de personnages dans la littérature que d'habitants en Chine
Héctor Abad
avatar
topocl

Messages : 3973
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 58
Localisation : Roanne

Voir le profil de l'utilisateur https://topocleries.wordpress.com/
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Larry McMurtry

Message par topocl le Sam 20 Jan - 14:27

Lune Comanche



Et il continue, Larry McMurtry, il nous offre une  suite au préquel, les quelques années avant et après la Guerre de Sécession.   Exterminés par les guerres et les maladies apportées par les blancs, la famine du fait du "génocide" des bisons, usés, peu à peu les Comanches, ces Indiens farouches qui se croyaient invincibles, abdiquent peu à peu,  acceptent la fausse amitié des Blancs, se regroupent dans des réserves où ils vont se mettre à la l'agriculture, refoulant les merveilles (et les horreurs ) de leur civilisation.

On est répartis pour 750 en compagnie de Gus et Call les jeunes rangers texans promus capitaine. Cavalcades, pistages, attaques, tortures, McMurtry ne lésine pas sur la marchandise. Mais la force de ce nouvel épisode, plus que le roman d'aventure (une fois de plus sans aucune zone d'ennui), c'est son aspect  choral, qui adopte autant le point de vu des deux héros, que celui de leurs chefs, de divers personnages secondaires, des bandits mexicains ou surtout des Comanches qu'ils combattent.

Que les choses soient mystérieuses ne les rendait pas moins valable. Le mystère des oies volant vers le Nord l'avait toujours habité ; elle volait peut-être jusqu'au bout du monde, aussi avait-il composé un chant pour elles, car il n'y avait pas plus grand mystère aux yeux de Famous Shoes que celui des oiseaux. Tous les animaux à sa connaissance laissaient des empreintes derrière eux, mais les oies qui déployaient leurs ailes et s'envolaient vers le Nord n'en laissaient aucune. Les oies devaient savoir où vivaient les dieux, pensait Famous Shoes, et du fait de cette connaissance, les dieux les avaient exemptés d'empreintes. Les dieux ne voudraient pas qu'on vienne les voir en suivant simplement une piste, mais leurs messagers, les grands oiseaux, étaient autorisé à leur rendre visite. C'était une chose merveilleuse à laquelle Famous Shoes ne se lassait jamais de penser.
A la fin de son chant, Famous Shoes vit que le jeune Blanc s'était endormi. Au cours de la journée, il n'avait pas été assez confiant, il s'était épuisé dans d'inutiles courses. Le chant qu'il venait de terminer avait peut-être eu un effet sur les rêves du jeune homme ; peut-être qu'en vieillissant, il apprendrait à faire confiance aux mystères plutôt qu'à les redouter. La plupart des Blancs ne pouvaient pas faire confiance aux choses autour d'eux tant qu'ils n'arrivaient pas à les expliquer ; mais les plus belles, comme le vol des oiseaux sans trace, demeurait à jamais inexplicables.

Mc Murtry s'attache une fois de plus à une intime connaissance de ses personnages, ces hommes forts, violents, fougueux, passionnés, qui ont leurs zones d'ombre: des peines cœur, des maladresses à vivre, des certitudes mêlées d' interrogations, des doutes...

On attend la suite annoncée par Gallmeister    !


mots-clés : #aventure #historique #romanchoral #xixesiecle

_________________
Il y a plus de personnages dans la littérature que d'habitants en Chine
Héctor Abad
avatar
topocl

Messages : 3973
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 58
Localisation : Roanne

Voir le profil de l'utilisateur https://topocleries.wordpress.com/
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Larry McMurtry

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

 Des Choses à lire :: Lectures par auteurs :: Écrivains des États-Unis d'Amérique

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum