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Francis Hallé

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Message par Tristram le Sam 18 Jan 2020 - 14:19

Francis Hallé
(Né en 1938)

Francis Hallé Franci10

Francis Hallé, né le 15 avril 1938 à Seine-Port (Seine-et-Marne), est un botaniste, biologiste et dendrologue français.
Né d’un père ingénieur agronome et d’une mère férue d’art, d’histoire et de poésie, Francis Hallé est le benjamin d’une famille de sept enfants. Son père agronome et sa mère qui « adorait les plantes » lui ont mis la passion de la botanique dans la tête.
Sous l’influence de son frère aîné, Nicolas, botaniste au Muséum d'histoire naturelle de Paris, il fait des études universitaires en biologie. Docteur en biologie, diplômé de la Sorbonne, et docteur en botanique, il est également diplômé de l’université d’Abidjan. Ancien professeur de botanique à l’université de Montpellier, il se spécialise en écologie des forêts tropicales humides, s’installant dans les régions tropicales pour en étudier les forêts primaires, d’abord, de 1960 à 1968, en Côte d'Ivoire où ses enfants sont nés, puis au Congo, au Zaïre et en Indonésie. À partir de 1964, il se spécialise dans l’étude de l’architecture des plantes vasculaires.
C'est un fervent défenseur des forêts primaires, c’est-à-dire les forêts jamais exploitées par l’homme, qui ne représentent plus aujourd’hui que 5 à 10 % des forêts terrestres mais constituent, selon lui, plus des trois quarts des réserves de biodiversité de la planète.
Il a impulsé la mise au point et dirigé les missions scientifiques de 1986 à 2003 du Radeau des cimes, un dispositif d’étude original de la canopée des forêts tropicales, permettant entre autres de multiplier par dix l’évaluation de la diversité biologique, c’est-à-dire du nombre d’espèces vivant sur Terre.
Il collabore avec Luc Jacquet et l'association Wild-Touch pour le film Il était une forêt (2013) sur les dernières grandes forêts du monde et les dangers qui les guettent.
Tout au long de ses pérégrinations, durant plus d'un demi siècle, Francis Hallé a pris soin de réaliser dans ses carnets une multitude de croquis des spécimens étudiés. C'est ainsi plus de 24 000 pages de croquis dessinés de sa main que le botaniste lègue à la postérité.

Publications :

• Un monde sans hiver - Les Tropiques : nature et sociétés, Le Seuil, 1993
• Éloge de la plante, pour une nouvelle biologie, Le Seuil, 1999
• Le Radeau des cimes, l'exploration des canopées forestières avec Dany Cleyet-Marrel et Gilles Ebersolt, (Lattès, 2000)
• Essai sur l'architecture et la dynamique de croissance des arbres tropicaux avec Oldeman, Masson, 2002
• Architecture des plantes, 2004
• Plaidoyer pour l'arbre, Actes Sud, 2005, prix « Homme et botanique »
• Aux origines des plantes, tomes 1 & 2, Fayard, 2008
• La Condition tropicale. Une histoire naturelle, économique et sociale des basses latitudes, Actes Sud, 2010
• La Vie des arbres, Bayard, 2011
• Du bon usage des arbres, Actes Sud, 2011
• Illustrations botaniques du dictionnaire Les Mots de la botanique, Actes Sud, 2011
• Un jardin après la pluie, Armand Colin, 2013
• Plaidoyer pour la forêt tropicale, Actes Sud, 2014
• 50 ans d'explorations et d'études scientifiques de la forêt tropicale, MUSEO Editions, 2016
• Atlas de botanique poétique, Arthaud, 2016
• 50 ans d'observations dans les Jardins botaniques du monde, MUSEO Editions, 2016
• 30 ans d'exploration des canopées forestières tropicales, MUSEO Editions, 2017

(D’après Wikipédia)

_________________
« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
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Message par Tristram le Sam 18 Jan 2020 - 14:27

J’ai des souvenirs particuliers de Francis Hallé (sans malheureusement l’avoir jamais rencontré). J’étais déjà en Guyane lors de l’aventure du radeau des cimes, assez sensationnelle pour être médiatisée, et j’en rêve toujours. J’étais là aussi lors de la mise en eau du barrage de Petit-Saut, qui a noyé des millions d’arbres (qui continuent de polluer), ce qu’a dénoncé Hallé en grand défenseur des végétaux et de la forêt primaire.
J’ai pu constater de visu la timidité des cimes, ce qui n’est pas toujours évident, les houppiers étant évidemment à trois dimensions.
Plaidoyer pour l’arbre a écrit:« Certains arbres de la même espèce, poussant côte à côte, déclenchent un mécanisme qui permet d’éviter que leurs cimes ne se touchent, laissant entre elles une “fente de timidité” d’environ 1 mètre de large. La canopée prend alors l’allure d’un puzzle. »
De même, la structure caractéristique des arbres selon les espèces est souvent difficile à observer quand on n’a pas l’œil éduqué : j’ai pu me persuader qu’un croquis peut être beaucoup plus représentatif qu’une photo en forêt tropicale (il y a beaucoup trop de parasitage par l'entourage de l’objet qu’on veut conceptualiser). Cela aide à discerner l'« architecture des plantes », dont Hallé est un des précurseurs : il a dénombré vingt-trois modèles architecturaux chez les arbres, structures constantes quelle que soit la variabilité due à l’environnement.
Éloge de la plante a écrit:« Je voudrais exprimer ma conviction que la connaissance de la forme – d’un objet, d’une plante, d’un animal – donne accès à beaucoup plus d’informations essentielles qu’une investigation analytique dans un domaine quantifiable quel qu’il soit. »
J’ai toujours eu soin de garder à l’esprit qu’une plante est vivante. Tout cela et d’autres choses, je l’ai retrouvé chez Hallé.
Ce dernier a mis en évidence, avec Darlyne Murawski, la variabilité génétique au sein d'un même arbre, étudié en Guyane grâce au radeau des cimes :
Éloge de la plante a écrit:« Le Saint-Martin Jaune contenait plusieurs génotypes sensiblement différents, qui n'étaient pas distribués au hasard dans la cime, mais caractérisaient plutôt des groupes de branches maîtresses. »
Il développe dans Éloge de la plante la règle de coloniarité de la plupart des arbres, qui ne sont donc pas des individus mais appartiennent à une colonie, comme les polypes d’un récif corallien : l’arbre peut se diviser, se multiplier par réitération de rejets, un peu à la manière d'une fractale.
Hallé est cependant un des rares défenseurs de l’hypothèse d’une influence lunaire sur les plantes :
Plaidoyer pour l’arbre a écrit:« Si l’objectif est de se procurer du bois aussi peu hydraté que possible parce qu’il est plus dur qu’un bois riche en eau, la bonne solution est de tenir compte à la fois du rythme lunaire et du rythme solaire. Sous Louis XIV, une ordonnance forestière fixait les meilleures dates d’abattage des arbres destinés à la construction des navires : en hiver et en Lune décroissante. »

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Message par Tristram le Sam 18 Jan 2020 - 14:38

Éloge de la plante, Pour une nouvelle biologie

Francis Hallé Eloge_10


En un mot, la biologie s’intéresse principalement à l’animal, négligeant à tort la plante. Plutôt que d’essayer de résumer ce livre qui, plus que vulgariser, ouvre de nouvelles perspectives, je préfère transcrire quelques passages qui m’ont particulièrement marqué.
Entre zoocentrisme (et bien sûr anthropocentrisme de cet organisme « bilatéral et bruyant ») et banalité des plantes immobiles, nous ne prêtons guère attention à ces dernières, méconnaissant parfois même qu’elles sont vivantes.
« Intérêt et curiosité seraient régis, au moins en partie, par une émotion qui culmine chez l’homme lors de la reconnaissance de sa propre espèce, et décroît si l’être vivant auquel il est confronté est différent de lui. »

« Observer un animal crée une tension, car nous savons à quel point cet instant est fugace ; observer une plante engendre la sérénité : c’est le temps lui-même qui apparaît. »
La plante, fixe, est surface, l’animal, mobile, est volume.
« …] une très grande surface par rapport à un modeste volume, c’est là une des caractéristiques essentielles des plantes, et l’une de leurs différences majeures par rapport aux animaux. »

« …] au niveau, fondamental, de l’appropriation de l’énergie, la surface externe ‒ assimilatrice ‒ de la plante équivaut à la surface interne ‒ digestive ‒ de l’animal. »
Ce que je soupçonnais déjà pour la géologie, et qui me fascine :
« Elles semblent immobiles, mais c’est parce qu’elles vivent dans un temps différent du nôtre. »
Si on accélère l’observation des plantes, leur croissance (pratiquement leur seule mobilité) reste seule perceptible ‒ et les animaux « mobiles » sont effacés :
« …] les animaux ont pratiquement disparu ou ne sont plus perceptibles que sous la forme de brefs scintillements. Ce qui bouge, maintenant, ce sont les plantes, dans leur croissance végétative. On perçoit aisément la vigueur avec laquelle elles s’élancent vers la lumière de la canopée et on perçoit aussi la compétition qui les oppose les unes aux autres : on voit nettement les racines du figuier étrangleur se souder en réseau et se refermer lentement sur l’arbre support. Tandis que la croissance devient ainsi une vaste source de mouvements majestueux, les fleurs et les fruits évoluent trop vite pour être perçus autrement que sous la forme d’éclairs de couleur : la sexualité des plantes partage l’échelle de temps des animaux. »
Éblouissant :
« Au fond, plantes et animaux partagent une commune sensibilité à la lumière mais l’expriment selon des directions différentes : celle de la vision chez les uns et chez les autres celle de la photosynthèse (Bamola, communication personnelle). »
Vieille question de la sélection naturelle (au hasard) des mutations selon Darwin, et de l’hérédité des caractères acquis comme adaptation à l’environnement selon Lamarck :
« Ruelle : « Les plantes et les animaux ne sont que les véhicules mortels qui transportent les gènes, et leur comportement est déterminé par cette tâche unique. » Gouyon : « Les individus sont des artifices inventés par les gènes pour se reproduire. » Dawkins : « Pourquoi la vie ? Parce qu’elle assure la survie des gènes. »
Je récuse ces vues provocatrices, empruntés d’une sorte de téléologie à fondement divin, dont le dieu serait le gène ; je rejette l’idée que les êtres humains ne soient que les moyens de la progression victorieuse de leurs gènes et préfère la philosophie de Kant, pour qui les êtres humains sont des fins et non des moyens, pourvus d’une dignité et non pas d’un prix. Quoi qu’il en soit, ces vues extrémistes ne s’appliquent pas aux plantes : les gènes seraient mal avisés de confier leur intégrité à des organismes qui mettent tout en œuvre pour les faire varier ! »

« Ne pouvant se soustraire aux fluctuations de son environnement, la plante aurait en contrepartie la possibilité de faire appel aux deux mécanismes évolutifs ; elle pratiquerait et la sélection des plus aptes, et l’hérédité de l'acquis. »
Hallé souligne à propos que l’animal n’existe pas sans la plante, dont il a toujours besoin in fine pour s’alimenter, alors que la majorité des végétaux est capable de vivre en parfaite autonomie :
« Un regard éloigné nous montrerait qu’en réalité il s’agit, pour l’animal et l’être humain, sinon d'une défaite, du moins du handicap qu’implique une totale dépendance : la plante n’a pas besoin de nous qui avons besoin d’elle. »

« Les plus grands êtres vivants, et ceux qui vivent le plus longtemps, sont des plantes ; ces dernières sont aussi à l’origine de la plupart des chaînes alimentaires, elles structurent nos paysages, abritent les animaux, participent à la formation des sols et au contrôle local des climats, rafraîchissent l’air et sont capables, dans une certaine mesure, de le nettoyer de ses polluants. Grâce à la photosynthèse, la plante fournit à l’animal son énergie, sa nourriture et l’air qu’il respire.
Son succès biologique n’apparaît nulle part mieux que dans le domaine alimentaire : la plante ne dépend pas de l'animal, alors que ce dernier dépend d’elle pour sa survie quotidienne. L’homme, lui aussi, dépend totalement des plantes pour son alimentation : qu’il soit végétarien ou non, peu importe ; sans les plantes, je crois qu’il devrait se nourrir d’eau et de sel ! L’homme, un sommet évolutif autoproclamé… »
À se ramentevoir :
« Souvenons-nous qu’un seul grand arbre représente 160 hectares d’échanges hydriques avec son milieu, quasiment la surface de la principauté de Monaco. »
Derniers mots:
« Dans notre monde de frime, de fric, de pub, de bruit, de pollution et de brutalité, quel meilleur témoignage que celui des plantes, belles et utiles, discrètes et autonomes, silencieuses et d’une totale non-violence ? »

Mots-clés : #ecologie #nature #science

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Message par animal le Sam 18 Jan 2020 - 14:49

Il faut que j'y pense à celui là, ça me botte !

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Message par bix_229 le Sam 18 Jan 2020 - 15:08

Un homme qui aime et étudie les arbres depuis si longtemps ne peut pas
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Message par Tristram le Sam 18 Jan 2020 - 15:25

Ça fait rêver, quelqu'un qui comprend cette forêt où je n'entrevois que le millième de ce qu'il y a à saisir...
Il donne l'impression d'être un peu amer, déçu _ et ça je peux le comprendre.
J'espère que vous avez vu ou verrez Il était une forêt !

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Message par Bédoulène le Sam 18 Jan 2020 - 16:58

merci Tristram !

je regarderai le film !

et je suis d'accord avec

Plaidoyer pour l’arbre a écrit:
« Si l’objectif est de se procurer du bois aussi peu hydraté que possible parce qu’il est plus dur qu’un bois riche en eau, la bonne solution est de tenir compte à la fois du rythme lunaire et du rythme solaire. Sous Louis XIV, une ordonnance forestière fixait les meilleures dates d’abattage des arbres destinés à la construction des navires : en hiver et en Lune décroissante. »

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