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    Flannery O'Connor

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    tom léo

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    Flannery O'Connor

    Message par tom léo le Jeu 8 Déc - 7:31

    Flannery O'Connor (1925- 1964)


    (Mary) Flannery O'Connor née le 25 mars 1925 à Savannah en Géorgie et décédée le 3 août 1964 à Milledgeville en Géorgie, est une femme de lettres, importante voix de la littérature américaine. Elle est l'auteur de deux romans, de trente deux nouvelles, ainsi que de nombreux textes courts (commentaires et récensions). On lui doit par ailleurs un important corps de lettres (L'Habitude d'Être) qui, mises bout à bout, finissent par constituer une véritable figure morale et littéraire. Son style, qualifié de Southern Gothic, est intimement lié à sa région, le sud des États-Unis, et à ses personnages grotesques. Les écrits d'O'Connor reflètent aussi sa foi catholique, dans l'examen de questions morales.

    Enfant unique, elle se décrit comme une enfant aux pieds tournés en-dedans avec un menton fuyant et un complexe du type « fiche-moi la paix ou je te mords. » A l’âge de six ans, elle fait sa première expérience avec le statut de célébrité. Les gens du Pathe News avaient filmé « Petite Mary O’Connor » avec sa poule savante et diffusèrent par la suite le film dans tout le pays. Elle raconta à ce sujet : « quand j’avais six ans, j’avais une poule qui marchait à reculons et qui s’était retrouvée dans le Pathé News. On pouvait aussi m’y voir avec la poule. J’avais juste été là pour l’assister, et ça, c’était le point culminant de ma vie. Depuis, tout le reste n’a été qu’une douche froide. » En 1937, un lupus érythémateux disséminé fut diagnostiqué chez son père. Il en mourut le 1er février 1941, ce qui laissa Flannery, alors âgée de 15 ans, complètement anéantie.

    O’Connor obtint une licence en sciences sociales. En 1946, elle fut enrôlée à l’Atelier des Écrivains d’Iowa (Iowa Writers' Workshop), une section prestigieuse de l’Université de l’Iowa, où elle s’était d’abord inscrite dans le but d’étudier le journalisme. Elle y trouva l’occasion de rencontrer plusieurs auteurs et critiques de renom qui y donnaient des cours et des conférences. Parmi ceux-ci figurait Andrew Lytle, rédacteur en chef de longue date du Sewanee Review, un journal littéraire de prestige. Plus tard, il publia cinq de ses histoires dans son journal, aussi bien que des analyses critiques sur son œuvre.

    En 1951, un médecin lui diagnostiqua un lupus érythémateux disséminé, la même maladie qui avait emporté son père. Elle retourna vivre dans sa ferme ancestrale, Andalusia, en Géorgie. Déjouant les pronostics des médecins, elle survécut encore quatorze ans. Elle s’adonna à l’élevage et à l’entretien d’une centaine de paons. Fascinée par les oiseaux de toutes sortes, elle éleva également des canards, des autruches, des émeus, des toucans, et tous les oiseaux exotiques qu’elle pouvait obtenir.

    Malgré une vie peu exposée, ses écrits révèlent une compréhension mystérieuse des subtilités du comportement humain. Catholique fervente vivant à l’intérieur du "Bible Belt", le sud américain protestant, elle collectionnait des livres de théologie catholique et donnait des conférences sur la foi et la littérature, parfois loin de chez elle malgré sa santé sur le déclin. Elle entretenait également une vaste correspondance avec des auteurs tels que Robert Lowell et Elizabeth Bishop. Elle ne s’est jamais mariée, s’appuyant sur ses correspondants et sur sa mère, Regina Cline O’Connor, en compensation.

    Elle mourut le 3 août 1964 au Baldwin County Hospital à l’âge de 39 ans des complications liées au lupus, et fut enterrée à Milledgeville au Memory Hill Cemetary.

    Œuvres traduites en français:

    La Sagesse dans le sang, roman
    Les Braves gens ne courent pas les rues, nouvelles
    Et ce sont les violents qui l'emportent, roman

    Publications posthumes
    Mon mal vient de plus loin, nouvelles
    Pourquoi ces nations en tumulte ?, (Why do the Heathen rage ?), nouvelles
    Le Mystère et les Mœurs
    Flannery O'Connor, Gallimard coll. « Biblos », 1975. Contient a priori toute l'œuvre romanesque de l'auteur, à savoir La Sagesse dans le sang, Les Braves gens ne courent pas les rues, Et ce sont les violents qui l'emportent, Mon mal vient de plus loin et Pourquoi ces nations en tumulte ?
    L'Habitude d'être, correspondance
    Œuvres complètes : Romans, nouvelles, essais, correspondances, Paris, Éditions Gallimard, coll. « Quarto », 2009 (ISBN 9782070124930)

    source : wikipedia.fr
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    tom léo

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    Re: Flannery O'Connor

    Message par tom léo le Jeu 8 Déc - 7:40

    La rencontre avec l'oeuvre de Flannery O'Connor était un choc, une découverte et une joie! Mes lectures en anglais date d'il y a longtemps, et pour l'instant je n'arriverais pas à poster avec justesse avec des commentaires sur les romans et les nouvelles. Néanmoins j'ai l'intention de relire l'oeuvre peu à peu, de vous donner l'occasion d'écrire vos propres impressions dans ce fil, et de rendre compte de lecture de deux, trois livres SUR Flannery que j'ai lu plus récemment, en faisant des notes (ce que je n'avais pas encore l'habitude de faire à la lecture des oeuvres).

    J'espère que ce fil se nourrira peu à peu...
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    tom léo

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    Cécilia Dutter - Flannery O'Connor. Dieu et les gallinacés

    Message par tom léo le Sam 10 Déc - 7:33



    Cécilia Dutter – Flannery O'Connor. Dieu et les gallinacés

    Originale : Français, 2016

    Une biographie lirréraire

    REMARQUES :
    C'est lors d'une émission à la radio que je suis tombé sur un entretien avec l'auteur dece livre. Et ce qu'elle en disait me parlait comme étant assez juste et proche de mes ressentis sur l'oeuvre et les motivations d'O'Connor. Donc : on achète !

    Malheureusement l'entrée se présente autrement : l'auteur s'explique (trop) longuement aux lecteurs  ses motivations, ses incitations etc. Mais à part de ce que je pourrais critiquer (voir en bas), le travail présente pas mal de bonnes présentations de l'oeuvre et de la vie de Flannery. En fait, l'auteur lie toujours la vie de Flannery dans le Sud (Georgie) des Etats-Unis, sa maladie, sa foi catholique surtout, AVEC l'oeuvre littéraire. Elle trouve des parallèles où nous voyons souvent seulement du phantastique ou du grotesque. Elle s'attarde sur beaucoup de ses deux romans et de ses nouvelles, sa correspondance pour en dire quelque hose, parfois les iterpèter et pour expliquer comment vie et œuvre se fructifient mutuellement.

    Je pourrais relever ce qui m'a frappé (spécialement) dans cette lecture :
    - issue des deux cotés de familles irlandaises et catholiques, la foi et les rites, même un peu à l'ancienne, animent depuis toujours Flannery. Elle mettra jamais en question cela. Fille unique (elle connaitra une certaine solitude), elle visitera des écoles catholiques, mais déjà ayant très tôt cette vue perspicace, ce regard ironique sur la bigoterie et toutes formes de phariséisme.

    - ce regard sans complaisance s'exprime aussi par ses dons de caricaturiste qu'elle vivait fortement jusqu'à publier des croquis dans des journaux estudiantines. Caricature voudrait dire aussi qu'elle arrive à rire des autres et, surtout, aussi de soi-même. Elle met en lumière les faiblesses, les « handicaps » des uns et des autres – mais en ayant conscience qu'elle-même, elle en fait partie. Le grotesque est omniprésent dans ses romans et nouvelles. Et comme ses anti-héros de roman, elle aura besoin de salut, de « redemption ». Ce même goût pour le grotesque, pour des gens « fous » font qu'elle sera souvent mal-comprise, aussi bien considérée au début comme « pas publiable », mais aussi critiquée par des âmes bien-pensantes d'écrire des choses peu édifiantes.

    - besoin de salut… : la foi est omniprésente dans l'oeuvre de Flannery. Et c'est mal comprendre son réalisme et son sens du grotesque que de conclure qu'elle nourrit une critique fondamentale envers l'essence de la foi (catholique en ce qui la concerne) dans ce Sud ultraréligieux. Elle dépeint les travers de la hypocrisie et de la vanité humaine etc pour mieux mettre à jour vers où « devrait » tendre une attitude de foi. Pour elle, il y a « irréalisme d'une religion sans Dieu, absurdité d'un monde sans transcendance».

    - sa maladie montre les premiers signes dès 1949 : le Lupus, hérité de son père qui en était mort en 1941. Un certain immobilisme, la néccessité du repos la forcent vers une solitude qu'elle a du mal à accepter d'abord. Puis, elle en fera un allié : c'est ainsi que des choses puissent mûrir en nous. Ecrire prend du temps : elle essaie de se mettre à table chaque jour, mais des périodes durant il se passe rien. C'est laborieux parfois.

    - son œuvre devrait – selon Flannery – répondre à deux exigences : le sens du mystère et celui des manières. Cela veut dire : un ancrage dans une autre réalité, mais au même moment un hyperréalisme, un enracinement dans le Sud profond avec ses gens un peu spéciaux, les Noirs, les petits propietaires blancs, racistes, des légions de faux prophètes, l'obscurantisme ambiant, l'hypocrisie, des préjugés…

    Voilà ce qui m'a spécialement marqué. Je n'arrive pas à dire si ce livre exige de connaître déjà (une bonne partie de l'oeuvre de Flannery et de trouver quelques clés de lectures ici, ou si il est possible de prendre ce livre comme entrée en matière ?

    Cet essai présente certainement l'avantage d'être d'une longeur encore agréable au lieu de pavés trop élaborés où on se perd dans les détails (c'est ainsi que j'ai ressenti la biographie de Gooch en anglais sur O'Connor). Les relations entre vie et œuvre semblent ici si claires ! Je suis heureux de voir qu'on tait pas la motivation profonde de Flannery dans la foi.

    Je n'aime pas que d'une manière trop voyante et criante on met dans le titre « Dieu et les gallinacés » au même niveau. C'est quoi ça ? Il est absolument vrai que les poules, paons et autres gallinacés étaient une passion pour elle. Mais de là à… ?! Aussi est-il néccessaire de s'habituer à une page de couverture avec une caricature, un croquis de Flannery, même si on sait qu'elle a vraiment caricaturer les gens et soi-même.

    Dans la préface/introduction et quelques autres passages du texte, Dutter parle un peu (trop) d'elle-même. C'est compréhensible pour justifier son approche personnelle. Aussi cela montre que l'oeuvre d'O'Connor ne laisse pas indifférente, mais interpelle le lecteur.

    La fin me semble un peu trop abrupte ? Est-ce que l'auteur ne trouvait pas une forme de conclusion ou est-ce qu'au contraire, elle est à louer pour sa sobrieté ici ?

    Intéressant !

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    Re: Flannery O'Connor

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