Chamaco_VilaMatas

On sait que l’un des aspects les plus séduisants de la littérature est sa possibilité d’être une sorte de miroir qui avance ; un miroir qui, comme certaines horloges peut avancer.

Enrique Vila-Matas, Perdre des théories

Forum littérature et arts. Pour partager ses émotions littéraires, coups de cœurs en romans, poésie, essais mais aussi cinéma, peinture, musique, ...


    Judith Perrignon

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    Judith Perrignon

    Message par topocl le Jeu 8 Déc - 13:37

    Judith Perrignon
    (Née en 1967)



    Judith Perrignon, née en 1967, est une journaliste, écrivaine et essayiste française.

    Entrée en 1991 au journal Libération comme journaliste politique, elle fera un détour par la page « portrait » du journal, avant de le quitter en avril 2007. Depuis, elle collabore en tant que pigiste aux revues Marianne, M, le magazine du Monde et XXI et elle s'adonne à l'écriture de livres.

    Œuvres

       Mauvais génie, cosigné avec Marianne Denicourt, 2005
       C'était mon frère, 2006
       La Nuit du Fouquet's, cosigné avec Ariane Chemin, 2007
       Lettre à une mère et Les Secrets des mères, avec le professeur René Frydman, 2008
       L'Intranquille, autoportrait d'un fils, d'un peintre, d'un fou, cosigné avec Gérard Garouste, 2009
       Les Chagrins, 2010
       Les Yeux de Lira avec Eva Joly, 2011
       N'oubliez pas que je joue avec Sonia Rykiel, 2012
       Les Faibles et les Forts, 2013
       Et tu n'es pas revenu, avec Marceline Loridan-Ivens, 2015.
       Victor Hugo vient de mourir, L'Iconoclaste, 2015


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    Re: Judith Perrignon

    Message par topocl le Jeu 8 Déc - 13:38

    Les chagrins


    Cinq ans en prison, à 20 ans, pour un casse foireux avec son amoureux, alors que d'autres montent les barricades de mai.. Un amour-passion fou pour elle, une étape pour lui. Croit-il. En prison nait Angèle, et meurt la joie d'Helena, son enthousiasme, sa capacité d'amour. A la mort de celle-ci, la prison a été détruite, mais des pistes sont là, des lettres, des témoins, autant de traces  d' une vie perdue pour cause d' amour perdu, laissées à une petite fille mal aimée qui enfin pourra cerner cette mère étrange.

    Je ne sais ce qui est plus poignant de cette mère qui ne sait plus aimer ou de cette fillette délaissée, à l'heure où un vent de liberté souffle sur le destin des autres. Le temps a passé, Angèle se penche sur cette histoire avec autant de douceur que d'obstination, car comprendre peut-être pansera les plaies. Judith Perrignon raconte cette histoire de passions inexprimées, de blessures trainées, de mots non-dits, avec une économie de moyens qu'exprime  un style d'une belle sobriété.

    Roman d'amour et de désamour, roman d'une vie qui a mal tourné, est devenue grise et creuse parce qu'un jour Héléna a trop aimé, Les chagrins porte de belles émotions contenues. J'ai beaucoup aimé le regard de Judith Perrignon sur des êtres  que la vie n'a pas épargnés, et cette façon de donner la parole à divers points de vue, mais jamais à Héléna, qui garde sa part de mystère.

    (commentaire rapatrié)


    Dernière édition par topocl le Jeu 15 Déc - 8:33, édité 1 fois


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    Re: Judith Perrignon

    Message par topocl le Jeu 8 Déc - 13:41

    L’intranquille


    Gérard Garouste, peintre coté sur le marché international de l'art, plus ou moins considéré comme « officiel », raconte comment un homme se construit, ce déconstruit, puis se reconstruit perpétuellement, un homme, c'est-à-dire lui-même.
    Et tout y est. L'histoire familiale et ses secrets peu a peu découverts, le père autoritaire - plus qu'autoritaire : terrorisant, pour lequel il fallut à Garouste des années avant de comprendre qu'il l’aimait cependant,


    un mélange de force physique et de bêtise, un faible s'abritant derrière la colère

    la mère transparente à force d'être effacée, les années d'apprentissage tantôt douces et tantôt rudes, les rencontres de passage, anonymes ou célèbres, qui ouvrirent une piste, donnèrent un espoir, tracèrent un chemin.

    J'aurais pu sombrer, rester dans l'ignorance, laisser s’user ma vie sans même qu’elle ait commencé, mais je sentais grandir en moi l’urgence et j'avais tellement le sentiment d'être fragile que je n'avais plus rien à perdre.

    Ainsi se fait peu à peu le chemin de Garouste, homme aux racines torturées, jamais bien à sa place, et errant entre un art salvateur et une folie dévastatrice, perpétuellement porté par l'un et menacé par l'autre.

    Car la personne dont j'avais le plus peur n'était pas mon père, mais moi.

    Être dans la lune, c'est une soupape de sécurité quand les choses deviennent insupportables.

    Je peins, débarrassé de l'excitation du succès, je ne redoute que le prochain internement.

    Je suis fragile 24 heures sur 24.


    Un chemin où la émotion est une menace, la peinture un exutoire, la pensée un tuteur, pour un homme élevé dans un antisémitisme mortifère, qui adopte les rituels juifs de son épouse juive, étudie la Torah, en tire une pensée de dignité et de tolérance qui est son soutien quotidien.

    Le Talmud dit d'ailleurs qu'il ne faut pas lire la Bible seul, elle se discute, elle s'arrange pour être compliquée et faire douter les hommes.

    Qu'on ne me demande pas si je suis encore athée, c’est une question de catholiques qui oblige à se situer par rapport à la foi. Je me fous de l'existence de Dieu, appelons le x et raisonnons sur nous-mêmes. J'ai besoin d'une réflexion sur l'être et la connaissance, j'y vois comme une architecture de la pensée.


    Et parlons  de son épouse, Élisabeth, évoquée, suggérée, déesse protectrice du peintre maudit, toujours là, discrète mais solide, ancrage salvateur.

    Un livre concis et intelligent, sur un grand artiste qui interpelle, mais n'en est pas moins un homme, un homme qui pense et qui souffre. Un témoignage d’une humble lucidité pour un quêteur de vie que son talent a placé sous les projecteurs, et qui a refusé de se laisser éblouir par eux.

    (commentaire rapatrié)


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    Re: Judith Perrignon

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