Alejo Carpentier

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Alejo Carpentier

Message par Bédoulène le Ven 9 Déc - 13:28

Alejo Carpentier y Valmont (1904-1980)


Alejo Carpentier y Valmont, né le 26 décembre 1904 à Lausanne1 et mort le 24 avril 1980 (à 75 ans) à Paris2, est un écrivain cubain, romancier, essayiste, musicologue, qui a profondément influencé la littérature latino-américaine durant son fameux boom.
Alejo Carpentier est le fils de Jorge Julián Carpentier, un architecte français et de Lina Valmont, un professeur de langues russe. Il a 12 ans quand sa famille s'installe à Paris. C'est là qu'il commence à étudier la musicologie. Quand il retourne s'installer à Cuba, Alejo Carpentier commence des études d'architecte, qu'il ne terminera pas. Il se consacre au journalisme, mais son engagement à gauche lui vaut un séjour en prison (1928), sous la présidence de Gerardo Machado, avant de l'obliger à s'exiler en France. Il y rencontre les surréalistes, dont André Breton, Paul Éluard, Louis Aragon, Jacques Prévert et Antonin Artaud. Durant ce séjour en France, il fait plusieurs voyages en Espagne où il développe une fascination pour le baroque.

De retour à Cuba en 1939, il poursuit une carrière de journaliste et de chroniqueur de radio. Il assiste à une cérémonie Vaudou et s'intéresse à la culture afro-cubaine. En 1943, il est marqué par un séjour à Haïti, durant lequel il visite la forteresse de la Citadelle La Ferriere et le Palais Sans Souci, bâtis par le roi noir d'Haïti Henri Christophe. En 1945 il s'installe à Caracas (Venezuela) où il vivra jusqu'en 1959. Après le triomphe de la révolution cubaine il revient à La Havane. En 1966 il devient conseiller à l'ambassade de Cuba en France où il résidera jusqu'à sa mort. Il compose plusieurs musiques de films pour la Cuba Sono Film, compagnie liée au Parti communiste de Cuba (Cf. La classe ouvrière, c'est pas du cinéma, Éditions Syllepse, 2013, p. 78).

Alejo Carpentier est célèbre pour son style baroque et sa théorie du real maravilloso. Ses œuvres les plus connues en France comprennent Le Siècle des Lumières (1962), La Guerre du Temps (1967), Concert baroque (1974). Son premier roman, Ecue-yamba-o! (1933), est d'inspiration afro-cubaine. Dans Le Royaume de ce monde (1949), son premier grand roman, il évoque le mouvement révolutionnaire haïtien. C'est aussi dans le prologue de ce roman qu'il décrit sa vision du real maravilloso ou « réel merveilleux », que les critiques identifieront au réalisme magique.


Son séjour au Venezuela de 1945 à 1959 lui inspire manifestement la description du pays sud-américain sans nom où se déroule l'essentiel de son roman Le Partage des Eaux (1953).

Son roman Le Recours de la méthode (El Recurso del Método), publié en 1974 est l'un des grands romans de la littérature latino américaine à tracer le portrait type du dictateur (en prenant ici pour modèle la figure de Machado). Il est précédé en cela par Miguel Ángel Asturias avec El Señor Presidente (1946), Augusto Roa Bastos : Yo el Supremo (1974) et suivi par Gabriel García Márquez : El Otoño del Patriarca (1975) et Mario Vargas Llosa : La Fiesta del chivo (2000). Il a été adapté au cinéma par Miguel Littín en 1978 sous le titre El recurso del método (sorti en France sous les noms de ¡Viva el presidente! et Le Recours de la méthode).

La fin de sa vie est marquée par une lutte contre le cancer, tandis qu'il termine son dernier roman
Il meurt à Paris le 24 avril 1980 à l'âge de 75 ans. Son corps est transféré à Cuba, où il est enterré dans le cimetière Colón de La Havane. Ses funérailles sont célébrées le 28 avril, en présence du président Fidel Castro.
 (source : wikipedia)

Oeuvres traduites en français :

Le Royaume de ce monde
Los pasos perdidos
Le Partage des eaux
Chasse à l'homme
Le Siècle des Lumières
Le Recours de la méthode
Concert baroque
La Harpe et l'Ombre
La Danse sacrale
La Musique à Cuba
Ekoué-Yamba-Ô
Guerre du temps et autre nouvelles







« La danse sacrale »

Tout au long de ce livre la musique (jazz, classique, Cubaine..) et la danse  nous accompagnent, avec  les rapides déboulés,  le lecteur suit les héros en Espagne durant la guerre civile ;  suivi d’un grand jeté qui le projette à Cuba où bientôt le révolutionnaire Fidel Castro prend le pouvoir, installant le Communisme sur l’Ile.

L’aristocratie pompeuse avec ses compromissions à la dictature, voire la mafia nord-américaine,  son insolence,  son racisme est relatée avec des détails pointus qui rendent plus frappant le contraste avec  la situation du  peuple créole.
J’ai beaucoup aimé ce récit foisonnant de citations culturelles, de digressions historiques .

Les révolutions qu’elles soient   artistiques,  technologiques, sentimentales, morales….. m’ont intéressée, surtout celles conduites par le Peuple et qui ont jalonné le destin des personnages.

Ce récit entraîne le lecteur dans une danse éternelle, mais que la vie réinvente selon les contingences
J’ai eu beaucoup de plaisir aux passages dédiés à la cuisine, aux plantes (l’éloge au fromager notamment) comme ceux très critiques et intéressants  envers Paris, Caracas, New-York.

Ce qui m’a troublée ce sont les réflexions en contre-temps,  sur les homosexuels ;   le racisme mais qu’en fin de lecture le gouvernement nouveau éradique. L’amour enfin reconnu de Calixto (Noir) et Mirta (Blanche) en est le bel exemple.

Que des sujets que j’aime dans ce livre dont le fond m’a rappelé « Zones » d’Enard par les références abondantes et dont certaines d’ailleurs se croisent.

Révérence !  à l’auteur et aux centaines de Cubains qui ont perdu la vie pour leurs idées en Espagne et à Cuba

"message rapatrié"


mots-clés : #politique #regimeautoritaire


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Re: Alejo Carpentier

Message par Chamaco le Lun 12 Déc - 20:10



le "Partage des Eaux"

C'est le premier roman que je lis de cet auteur, une découverte, on peut trouver ses bouquins à Cuba, je les ai croisés en librairies mais je n'avais pas été tenté par l'achat, ce sont vos notes de lectures qui m'ont appâté tel un "gobi" comme on dit à Marseille.

j'en suis au début et il s'est passé une chose bizarre : les premières pages ne m'ayant pas accroché, ce deballage d'ennui risquant d'être communicatif, j'ai repris vos commentaires en me disant que peut être devrai-je me rendre directement aux passages concernant la forêt tropicale. Mais entretemps un passage m'a retenu, celui où le Conservateur lui fait entendre un disque d'oiseau, le questionne et où le héros explose de colère, et là j'ai ressenti de l'interet pour le récit de l'auteur, sa langue, ses phrases ont un rythme envoutant, ce rythme que je suppose vous avez dû ressentir pour en parler avec affection...
Donc, c'est dit, je continue...



Comment faire la synthèse d'un récit qui fourmille de centaines de pistes qui mènent chacune au rêve et à l'imagination..?
Je ne puis pour l'instant que jeter quelques impressions de lecture :
j'ai relevé des passages étranges dont celui des réverbères qu'il énumère un par un en les situant comme des ornements d'édifices religieux, civils ou administratifs dans une graduation initiatique.
Son rapport aux femmes égoïste et un rien macho :"aussi me repliai-je sur moi-même bien décidé à jouir seul de tout ce qu'on pourrait voir, oublieux de ma compagne, même si elle sommeillait sur mon épaule en poussant des soupirs pitoyables."
Les passages sur une révolution suggérèe plus que vécue. Cette suite d'évènements qui progressivement le mène vers la forêt comme un tronc d'arbre au fil d'une rivière. Sa rencontre à un arrêt d'autocar sur une route de montagne avec une femme assise sur une borne, en état d'inanition qui l'implore de ne pas la laisser mourir à nouveau.

"La veille de notre départ en effet _ je m'en souvenais bien maintenant _ elle avait invoqué le fameux "désir d'évasion" en donnant au grand mot "Aventure" toute sa résonance d'invitation au voyage, de fuite du quotidien, de rencontres fortuites, de vision d'Incroyables Florides du poète halluciné. Mais jusqu'à présent, pour elle qui restait étrangère aux émotions qui m'enchantaient si bien chaque jour, et qui me faisaient retrouver des sensations oubliées depuis mon enfance, le mot Aventure n'avait signifié que le séjour forcé à l'hôtel de la ville, le spectacle de panoramas d'une grandeur monotone, un voyage sans incidents, au cours duquel on traînait la fatigue de nuits passées sans lampe de chevet, coupées dans le premier sommeil par le chant des coqs."

--- Dans un autre ordre d'idées j'ai bien aimé ces passages : celui décrivant la "lancha" :
" Avec sa cargaison de taureaux mugissants, de poules encagées, de cochons en liberté sur le pont, qui couraient sous le hamac du capucin, s'empêtrant dans son chapelet de graines; avec le chant des cuisinières noires, le rire du Grec chercheur de diamants, la prostituée en deuil qui se douchait à la proue, le vacarme des musiciens qui faisaient danser les marins, notre bateau me faisait penser à La Nef des Fous de Bosch...."

et cette phrase :
"Il était plus intéressant pour un peuple de conserver le souvenir de La Chanson de Roland que d'avoir l'eau chaude à domicile."
il semble que ce soit une fin ouverte, à un moment le narrateur propose à Yannes de l'accompagner à leur retour de la ville pour mettre en place le gisement découvert par le Grec, mais un peu avant on ressent qu'il envisage de retourner à la "civilisation" pour continuer la musique, c'est l'incertitude...
---Ce livre est une ode à la nature, et je commence à comprendre ce qu'est le "real maravilloso" un peu certains passages décrivant le royaume des elfes dans le Seigneur des Anneaux (toutes proportions gardées et sans confusion)..
ce long passage de la messe dans la forêt vierge, la description de la ville fondée par l'Adelantado (l'avancé), et ce fabuleux retour aux origines de l'humanité, c'est une explosion de mots, un fleuve de poèsie, j'ai aimé ce livre..
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Re: Alejo Carpentier

Message par Bédoulène le Mar 13 Déc - 8:43



"Partage des Eaux"  

Toujours le plaisir de l'écriture poétique, lyrique de l'auteur, il semble (à la lecture de mes 2 livres) que la musique sous tous les sons soit indispensable à cette écriture.
Une petite révolution ou une guerre civile pour situer l'époque.
Quels plaisir que les descriptions de l'auteur qui s'accompagnent de références littéraires, musicales, scientifiques selon l'objet, voire la personne étudiée.

Une région, des rites, des populations dont je n'avais aucune connaissance et dont l'évocation m'a autant, surprise, enchantée mais aussi effrayée tant notre société est en est éloignée, tant notre état primitif s'est altéré.

La conclusion de cette expérience, de ce voyage dans la profonde forêt vierge : les Indiens n'ont nul besoin de notre religion (cf l'assassinat de l'ecclésiastique) de nos lois, il semble aussi, hélas,  que le sentiment de faire partie d'une "race supérieure" s'exprime parmi ces peuplades (cf les prisonniers repoussants que découvre le narrateur)

La population métissée vit simplement en accord avec la nature, adaptant ses besoins au rythme de la journée, des saisons, des lieux, respectant la Nature et les us et religions des autres populations.

Le narrateur, exerçait un métier (musicien) qui n'était pas un métier utile pour vivre dans le dur environnement  de la forêt vierge, et je pense qu'il ne pouvait aussi pas offrir à Rosario ce qu'elle attendait d'un Homme, il s'en rend compte à son retour.

Le retour à la Nature, du moins celle-ci, semble impossible quand on a dans nos valises mentales tant de notre société matérialiste. Il ne suffit pas que de s'émouvoir des oiseaux, des plantes, des pierres, du chant de l'eau, il faut savoir gérer les dangers et nos peurs.

Il faut un corps et une âme forte mais surtout sincère pour s'adapter à une telle Nature.

Je n'ai pas saisi la fin du récit : le musicien part avec Yannes à la ville, oui mais après ? le lecteur ne peut que supposer et de toute façon il me semble que seule la musique, s'il réalise la création envisagée, pourra le sauver de la solitude, du désarroi dans lequel il se trouve.

Encore une fois c'est avec un grand plaisir que j'ai suivi Carpentier, merci à tous ceux qui par leur commentaire m'ont donné l'envie de cette découverte.


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Re: Alejo Carpentier

Message par animal le Dim 26 Fév - 18:52



Le Partage des eaux.

Qui se présente sous la forme du journal d'avant et de voyage d'un homme, un musicien qui a enterré ses ambitions très personnelles vis à vis de la musique, ce que sa passion a d'essentiel derrière une vie terne et embrumée par l'alcool entre une femme peu présente et une amante et ses amis, intellectuels dans le temps, qui forment une brume molle autour de sa conscience. Des vacances se télescopent avec une proposition du conservatoire pour aller retrouver dans la forêt équatoriale des instruments primitifs d'aujourd'hui. Et c'est un départ et une fuite qui dépasse le bon temps de l'équipée avec Mouche qui lui devient insupportable vers un retour aux sources en avant dans une vie différente.

Enfin ce n'est pas aussi simple que cela. Avec sa construction classique et solide, l'auteur tresse dans son récit l'enchevêtrement des thèmes et des manières, des motifs. D'entrée on ne comprend pas tout, surtout quand on n'y connait rien en musique et à l'espagnol, il y a part de mystère ! Et ça tombe bien aussi. Peut-on ne pas s'identifier à cet ennui qui écrase notre bonhomme, peut-on ne pas se laisser prendre au cheminement condensé de cet homme qui redécouvre à travers le voyage le souvenir de son enfance et ses racines intimes, cet homme qui recherche une naissance de la musique pour enfin comprendre et exprimer son apparition, ou son apparition à sa conscience, cet homme qui va rencontrer une incarnation de la femme libérée à sa manière, qui donne l'impression de vivre un choix naturel, complètement. C'est extrêmement bien écrit et décrit, la puissance de captation du lecteur est merveilleuse, on a envie de se perdre dans cette dissolution ébahie et consciente, cette sensation de révélation.

Pourtant de multiples autres figures habitent le récit : chercheurs d'or, indiens, missionnaire, et les époques entre en collision comme naturelle avec toujours l'ombre d'un universel possible à la fois montagne et gouffre au pied de l'homme. Malgré cette tentation apaisante point de primitivisme heureux, des détails très concrets empêchent que ça ne prenne complètement. Tout ce mouvement, ce retour d'une culture sur elle même, de l'homme sur lui même à son échelle, d'un temps plus grand dans ses pensées, d'un homme vers une femme matrice dans ses désirs, d'une musique vers le besoin de musique (et la grande tentation humaniste qui va avec en parfait double de la face aiguisée de la culture), la recherche du besoin d'expression plus précis à travers ce besoin de l'origine et de l'authenticité de la musique, ne mène qu'à détacher l'autre vanité. Pas celle des intellectuels surréalistes ou non qui se contentent(-eraient ?) de répéter ce qui est dans l'air du temps pour croire se sauver d'un désarroi existentiel mais celle aussi de notre homme qui est juge et erreur. A lui aussi sa révélation, si importante, échappe. Son rêve comme celui du chercheur (d'or) se dissout et devient un ailleurs qu'il nous reste à imaginer (à l'image ou non de fray Pedro). Après l'envolée, quand se referme le livre on retrouve, changé(s), le plancher des hommes.

Le livre donne dans le solide à l'ancienne, un peu comme du Malraux (le choix de destins individuels et la présence de la mort , quelque chose de cette construction ?). Ce n'est pas la même tonalité bien que la culture soit présente. C'est plutôt à rechercher dans la mise en œuvre et en mouvement d'une réflexion et la capacité de mener un récit à plusieurs strates chacune d'importance pour le sens final. C'est aussi des moments incroyablement porteurs, dans cet échappement, ce dépaysement qu'on peut qualifier de merveilleux, de salvateur... Sans négliger bien sûr ce qu'une telle lecture peut nourrir dans son lecteur, dans l'expérience faite et les graines laissées dans les recoins de la pensée.

(Rapatriement).

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Re: Alejo Carpentier

Message par Tristram le Lun 27 Fév - 22:03

Je découvre ce fil, mais pas ce livre, au centre de mes questionnements et expérimentations d'expatrié amazonien...
« Penché sur la chaudière démoniaque, je me sens envahi par le vertige des abîmes ; je sais que si je me laissais fasciner par ce que je vois là, par ce monde prénatal, de ce qui existait quand il n’y avait pas d’yeux, je finirais par me précipiter, par m’enfoncer dans cette effroyable épaisseur de feuilles qui disparaîtront de la planète, un jour, sans avoir été nommées, sans avoir été recréées par le Mot, œuvre peut-être de dieux antérieurs aux nôtres, de dieux mis à l’épreuve, maladroits à créer, ignorés parce qu’ils ne furent jamais désignés, parce qu’ils ne prirent jamais forme dans la bouche des hommes… »
Alejo Carpentier, « Le partage des eaux »
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