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Henri Bosco

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Message par Nadine le Jeu 16 Mai - 20:55

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Message par Tristram le Dim 25 Aoû - 17:15

Le Jardin d'Hyacinthe

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Les Guériton, un couple de vieux paysans des Borisols, au-dessus du hameau des Amélières, est le dernier feu avant le plateau du pic de l’Escal, l’ermas où Arnaviel paît le troupeau de Frédéric Méjan de Mégremut, le narrateur. On y a vu aussi « les Nomades, les Bohémiens... » avec l’âne Culotte, qui laissent une enfant, Félicienne-Hyacinthe, aux Guériton par un soir de Noël.
Mais avant cela, la montée de Méjan aux Borisols donne lieu à une description bucolique d’un rare bonheur, « ce modeste enchantement » d’un paradis que l’eau qui disparaît peu à peu condamne à s’éteindre.
« Tant de fragilité donnait aux Borisols ce charme qui s’épand de tous les bonheurs menacés : on les aime d’autant plus qu’on les sent, nuit et jour, à la merci de la fortune. Des biens précaires tirent de l’instabilité cet aspect irréel qui nous dispose si facilement à y déceler le miracle. Notre étonnement qu’ils existent peu à peu nous porte à penser qu’ils sont nés et qu’ils tiennent bon par le fait d’un enchantement inexplicable. Nous en attendons des merveilles parce que, raisonnablement, suivant les lois de la nature, ils ne devraient pas subsister plus longtemps qu’un nuage. »
De belles pages encore sur le pâtre...
« Même quand il se tait, on voit bien qu’à ce moment-là il est naturel de se taire ; et que, si la parole est un moyen commode pour communiquer le bruit de sa pensée, le silence est indispensable à comprendre le sens profond qui l’accompagne. J’ai appris cela d’Arnaviel. »
… le foyer, le sens de la vie rustique, ici avec Sidonie, la servante de Méjan :
« Sans doute Sidonie avait-elle quelque pouvoir sur la nature du feu. A force de vivre à côté de sa propre vie matérielle, elle avait réussi à dégager des choses ce qu’elles retiennent de pur en dessous de leur forme sensible. Quelques gestes discrets, mille soins, une attention indiscernable y avaient été nécessaires. Ainsi, les petites réalités quotidiennes s’étaient-elles, l’une après l’autre, détachées de l’anonymat. Dès qu’on regardait un objet, il paraissait vous faire un signe. Sa position prenait un sens ; on en déchiffrait mal la signification, mais on le devinait orienté. Il l’était, comme tous les autres, sur cette âme attendue. Mais du moment qu’on ne sait jamais, sur cette terre, d’où surgissent les âmes (rien n’étant plus capricieux), cette orientation ne se fondait pas sur la rose-des-vents de ce bas monde ; elle obéissait à des lois secrètes. Personne ne les connaissait. Dans l’univers sentimental de Sidonie, il n’y avait ni nord, ni sud, car tout y était nord et sud, en attendant que s’y levât la forme ardemment désirée. A elle seule, évidemment, était réservé le privilège d’orienter, un jour, ce monde, sur le point merveilleux de l’horizon où elle apparaîtrait. »
C’est une longue attente mystérieuse, « l’imminence des merveilles », la promesse des « grandes espérances » qui parcourt tout le roman : plus énigmatique encore, Félicienne va venir vivre au mas Liguset, puis partir, disparaître, revenir. Le regard vide, l’enfant est étrange, simple, absente, « sans âme ».
« Rentrée dans l’insignifiance, tête vacante, corps léger, Félicienne n’était qu’un signe à peu près vain de sens, dessiné par hasard sur un bout de vie détaché de la vie raisonnable. »
Elle est irrémédiablement liée au vieux magicien qui apprivoise les bêtes : Monsieur Cyprien l’aurait enlevée pour l’enchanter, à défaut de Constantin Gloriot qu’il aimait, et lui transmettre ses pouvoirs, comme en atteste son journal (procédé peu plausible, mais Bosco a choisi de donner une apparence de témoignage véridique à son livre).
Une des rares phrases d’Hyacinthe, prononcées avant qu’elle ne tombe en léthargie :
« ‒ Le serpent était plein de fleurs, mais le jardin a mordu le renard et l’a tué... »

« ‒ C’est le jardin qui était plein de fleurs, et le serpent qui a mordu et tué le renard, n’est-ce pas, Félicienne ?... »
Aussi de belles séquences de rêve, de vision, d’hallucination fébrile, d’ensorcellement, de délire mystique.
Dernier volume de la trilogie après L'Âne Culotte et Hyacinthe, ce roman reprend donc les débuts d'Hyacinthe dans l’existence rustique du Luberon, et dénoue l’intrigue.
On retrouve tout l’univers de Bosco, la Provence, sa nature, ses mas et hameaux, ses personnages (et ils sont magnifiques, comme l’abbé Vergélian, ou Méjemirande, qui voyage/ s’envole) ; c’est la même Provence que celle de Giono, ni plus ni moins âpre ou humaine, mais d’une qualité différente par singularité des auteurs sur le même thème : le monde agreste et rural, qui consent à la présence de l’homme qui le respecte. « Le serpent et l’étoile », « un grand train d’étoiles filantes » renvoient au serpent d'étoiles. Des deux un regard paisiblement jouisseur baigne l’œuvre, mais peut-être Bosco est-il plus facilement inquiet dans son idéal de pureté ?

Mots-clés : #enfance #nature #reve #ruralité #spiritualité

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Message par Tristram le Mer 15 Jan - 22:36

Un Rameau de la nuit

Henri Bosco - Page 4 419yt711

Après le superbe éloge de la marche à la campagne au début, le narrateur aboutit à Géneval, petit village semi-abandonné, pour un séjour enchanteur. Puis c’est Marseille, le travail de traducteur érudit (occasion de citations antiques et opportunes sur l’être, l’autre) de ce narrateur, Frédéric Meyrel ‒ avec le port et la mer, ses amis, et cette étrange visite d’un vieux navire attendant d’être démantelé, qui tourne au drame.
Puis Meyrel réside, toujours presque seul, dans l’idyllique domaine arboré de Loselée, au « silence irréel » et dont les oiseaux ont disparu, contigu à la propriété close de Fontanelle, par ailleurs à proximité de Géneval…
Bosco entremêle les thèmes de l’attente inquiète, présences voilées et ombres (des morts), coïncidences, semi-apparitions, secret, humilité, aguets, et ceux du double et du possédé, sans vraiment les approfondir ou s’y conformer, et dans un style admirable.
« Elle, si lente à apparaître, à retirer ses mains, à répondre, à s’effacer. Je ne pouvais l’apercevoir qu’à travers ce rideau de perles, d’où elle était sortie comme une sorte de fantôme grave et émerveillé de me voir, assis, un lundi de juillet, sous la treille du vieux Café du Souvenir. Ce nom et ce rideau, cette lenteur, cet air d’absence, faisaient dans mon esprit, de Rose Manet, la forme mentale la plus émouvante, la plus sérieuse aussi du souvenir. Elle m’apparaissait comme le lieu d’une mémoire très fidèle et très improbable, où voyageaient de longs regrets, des intentions enveloppées, des arrière-pensées sensibles au désir, et des signes obscurs… »
Meyrel ressemblerait de plus en plus à un certain Bernard, qui serait décédé, « l’Ombre », et tel que si leur identité se confondait :
« Et cependant cette ressemblance étonnante, ou plutôt non, pas cette ressemblance, mais cette étrange et indéfinissable identité… […]
On est l’autre et on est le même. Profond mystère !… Encore si l’on était bien ce que l’on est : ou l’un ou l’autre. Mais la plupart du temps l’un se confond à l’autre, ou ne s’en détache que confusément ; et l’on ne sait plus qui l’on est. Cela vous donne une terrible envie de sortir de vous-même. On sort pour mieux se voir et, à l’occasion, pour se fuir, ce qui, entre nous, ne vous mène à rien… Je veux dire par là tout bonnement que l’on en meurt… »

« Je me disais que, pour être tel que j’étais, il fallait que, pour la première fois, j’eusse devant moi ce moi-même dont jusqu’à ce jour l’existence m’avait été cachée, si profondément qu’en le découvrant tout à coup je pensais rencontrer un autre. Cet autre n’était pas un autre : c’était moi… »

« J’étais inexplicablement (mais sans aucun doute possible) moi et un autre, dont cependant rien ne m’était communicable. »

« "… Tout est en toi, tout vient de toi. Sans doute… Et même ce qui te possède ; car tu peux être possédé, et par toi-même, sans cependant te posséder. En toi, il y a l’autre…" »
On découvre aussi beaucoup d'autres personnages, suivis longuement ou pas, comme le duo caricatural des deux vieilles dames à la langue affûtée, Pellichat et Challemol… Au nocturne jardinier Mus, plus ou moins fou, semble répondre le solaire et dévoué Elzéar…
Mais la nuit reste le principal personnage :
« C’était une nuit de juillet, lourde et fauve, comme, depuis, jamais je n’en ai pénétré. Car il fallait y pénétrer de force. La matière de l’ombre en était palpable. Elle offrait à l’esprit et au corps une résistance morale, celle de l’élément originel où la nuit puise sa secrète substance. On n’y distinguait pas, de cette ombre substantielle, l’air immobile et pondérable. Le fluide en était difficilement élastique, mal divisible, dense. On ne marchait pas à travers la nuit ; on s’incorporait à son ombre. Le moindre pas vous faisait prendre corps dans les ténèbres. La chair devenait la chair même de la nuit ; l’esprit, l’esprit même de l’ombre.
C’est à travers cet esprit et ce corps, que l’on entrevoyait la confusion des bois, que l’on entendait les évolutions souterraines de la monstrueuse vie végétale, et le mouvement furtif d’une bête et une aile soudain frémissante là-haut, dans le noir feuillage. Tout passait à travers cette opacité de la nuit. Les parfums eux-mêmes des arbres en fermentation, des herbes exaltées, de l’humus tiède, y prenaient je ne sais quel goût de soufre qui en altérait la naturelle et nocturne douceur. Nulle clarté, pas même au ciel, où pesait une nappe épaisse de nuages qui séparait la terre des constellations. Mais partout la chaleur des feux couvait sous la croûte d’argile et les écorces craquelées des chênes. Du sol montaient des fumées magnétiques, émanations des foyers invisibles où se calcinaient les racines des arbres. La tête en était enivrée. On haletait. Le sang frémissait aux oreilles et, à chaque mouvement d’âme, répondait une pulsation de l’ombre environnante. Je vivais de la nuit ; la nuit vivait de moi. Je n’avançais plus ni ne reculais à travers ses ombres, mais j’y participais, d’une extrémité à l’autre des bois, et peut-être plus loin, jusqu’à la roche des collines d’où filtrait la plus noire substance de la nuit. Il ne me restait plus une pensée distincte, car toute la nuit occupait ma tête. Elle se pensait en moi elle-même, et de cette unique pensée je sentais seulement le poids qui créait une idée immobile et définitive des ténèbres au cœur même de mon être. »
Ce récit est épais, et très dense, Bosco y ayant mis beaucoup de choses, ce qui peut donner un ressenti de disparate dans la structure (la partie citadine et "maritime" notamment), malgré les récurrents et lents retours sur soi du narrateur, qui lui donnent sa cohésion. Parallèlement à la lucidité concrète de Meyrel (au moins revendiquée) et à la présence constante de l’église, le fonds de croyances païennes est omniprésent : forces telluriques, pouvoirs occultes, signes et présages, sortilèges, revenants, apprivoisement des bêtes sauvages. On trouve nombre de connexions interactives et liens subtils, de la poésie, de l’onirisme, et des images saisissantes, telle celle de Marie-Josépha de Jésus descendant dans l’abîme océanique, comme « un boulet de fer pendait à ses pieds morts »…
« L’engourdissement des pensées ne laissait subsister qu’une idée immobile au centre de l’être. Ce n’était pas encore une créature, un visage, le visage attendu, mais plutôt sa lueur originelle, et comme le signe magique où fatalement le désir allait appeler le désir et l’âme amoureuse contraindre l’amour à prendre la forme espérée. »
Belle observation naturaliste (après le plein soleil) :
« Pendant ce temps, le soir venait, les couleurs sortaient de la terre. »
Un solide bon sens rustique :
« Ce qu’on n’a pas on l’imagine, et ce qu’on a on l’embellit. »
Remarquables assonances :
« Sur la crête de la colline la lune se levait. Son croissant presque imperceptible frôlait délicatement l’arête calcaire. »
J’ai aussi été touché par la dimension sylvestre :
« Quand on aspire l’air un peu fortement, on retrouve tout d’abord l’odeur de la feuille fraîche, puis celle de l’écorce, puis celle de l’aubier, enfin on va à la racine. Tout l’arbre ainsi descend en vous. Si c’est un chêne entier qui entre lentement dans votre souffle, la sève se mélange au sang, la force sombre de la terre s’épanouit dans l’être… »
À ce propos, j’ai apprécié cette forme de confuse prescience, ou plutôt "pré-science", de la communication mycorhizienne (avec en plus un éventuel éclaircissement du titre) :
« Quiconque s’y engage appelle à soi la pointe de quelque branche magnétique. L’être se trouble. Il sent d’invisibles rameaux serrer sur lui toutes leurs feuilles. Une forêt se forme aux essences plus impalpables, plus pénétrantes. Ténébreuses, il s’y glisse des lueurs ; le sol y est fugitivement éclairé de leurs phosphorescences. Les plantes aux mouvements lents y ébauchent des reptiles éphémères qui naissent et se fondent entre une origine incertaine et un effacement indéfinissable. »
Il y a du mystère plus que du fantastique, et même du suspense. Il me semble qu’il n’y a pas de "message", de "plan", d’idée préconçue dans l’écriture de Bosco, mais un cheminement que l’écrivain découvre en même temps que le lecteur.
C’est sans doute mon texte préféré de Bosco à ce jour ; et c'est en revenant à cet auteur au travers de plusieurs livres qu’on mesure comme il est original, dans le sens aussi d’unique : je ne connais pas d’écrivain qui partage le même univers, même si ce récit présente des affinités avec ceux de Giono son contemporain et voisin (panthéisme, approche de la nature provençale), Henry James et son indécise subtilité dans le fantastique, voire Huysmans (le personnage de Meyrel, la forêt maléfique, la dénomination précise des plantes, etc.).

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Message par Aventin le Jeu 16 Jan - 15:43

Merci beaucoup Tristram, du coup je rapatrie un vieux commentaire, roman aussi touffu que Hyacinthe, à titre personnel la scène de l'Altaïr m'a hanté des années durant, c'est un livre marquant -enfin je ne parle que pour moi- auquel j'ai souvent repensé.


Un rameau de la nuit

Henri Bosco - Page 4 Elzzoa11
Paru en 1940, 230 pages environ, 8 parties.


En effet on retrouve pas mal d'éléments, récurrents ou obsessionnels, chez Bosco: le trouble-dédoublement de la personnalité, aucun des ouvrages précédents de Bosco qu'il m'a été donné de lire (mais il en reste pas mal !) ne va aussi loin dans ce domaine. Dans ce "Rameau de la nuit" nous assistons à un véritable combat spirituel (je ne pense pas que le terme soit trop fort). Pour schématiser, l'on part de la séparation du corps et de l'âme. Le postulat est qu'une âme, sous circonstances favorables, pourrait échoir -donc continuer sa vie terrestre, en somme - dans un corps propice.

On retrouve l'eau, lourde et grasse, morbide, dans le bassin à flot de l'Altaïr et dans les gouffres sans fonds qui engloutissent Marie-Josépha; mais l'eau-vie aussi, à travers les sources qui abondent, vraiment sans cesse, dans cette histoire, plus qu'un gros élément de décor. Et l'eau canalisée (miroir humain ?) du bassin de la terrasse de Loselée.

On retrouve la maladie, je n'ai pas souvenir d'un livre de Bosco, parmi ceux que j'ai lu (mais il m'en reste beaucoup à lire !) où la maladie ne s'invite pas; et elle n'est jamais nommée. Il s'agit, en général, de fièvres accompagnées de délire et de déprise avec le réel, l'entourage. La maladie, chez Bosco, a un rôle chamanique, de passage, de communication avec ce qui est caché, éventuellement presque spirite, avec l'au-delà révolu, trépassé. Ici, au final, elle est particulièrement présente, entre celle (juste suggérée, mais on la remet en perspective une fois le livre entièrement lu) de Marie-Josépha, celle de Frédéric Meyrel (le narrateur) après l'incident de l'Altaïr, l'agonie de l'abbé Burguel et surtout la maladie de Marcellin, l'enfant; lui est véritablement chamane lors de ses fièvres. Un mot sur celui-ci: encore un enfant malade et "voyant", ça ne vous rappelle rien, parmi les personnages de Bosco les plus connus ?  

On retrouve le mélange savamment dosé du songe, voire du rêve, et du réel, le tout parfois imbriqué si fermement dans le même passage que l'on ne les distingue qu'à grand peine.

On retrouve une (très brève, cette fois-ci) évocation de jardin édénique, inconnu ou oublié des êtres humains d'alors.

On retrouve les maisons, les demeures plutôt anciennes et "chargées", qui influent véritablement sur leurs hôtes ou leurs habitants permanents, jusqu'à les dominer parfois - non seulement Loselée et Fontanelle, mais je crois bien qu'il faut inclure l'église et le café du Souvenir.

On retrouve la campagne provençale, et ces superbes et souvent brefs traits descriptivo-narratifs très caractéristiques du style de Bosco, je ronronne à chaque fois...

En sus, on a les oiseaux, les arbres, et surtout la nuit: voir le titre !
Au jugé, j'affirme que plus de la moitié, tendant sur les trois-quarts du roman se déroule de nuit. Pas une nuit éclairée à la Broadway ou à la Las Vegas, non, une nuit dans laquelle on distingue entre peu et rien. Voir par exemple la scène précédant celle de l'Altaïr, ainsi que la scène de l'Altaïr proprement dite bien sûr, et surtout les nuits de Loselée, la pénombre à ce point soulignée qu'elle devient invraisemblable (ceux qui ont erré longuement de nuit hors sentiers dans un sous-bois peu connu sans aucune lumière me comprennent, le halo de lune cher à Bosco n'y pénètre guère plus loin que la cime des arbres !).

La nuit, c'est le royaume des ombres, le domaine des âmes. Le terrain propice au déroulé de toute cette histoire.
Alors je ne défendrais pas trop vivement Bosco, si quelque lecteur estime qu'il en fait peut-être des tonnes parfois sur la nuit, même si c'est extrêmement brillant sous sa plume, car je pense que la répétition, un procédé littéraire connu et efficace, a pour défaut principal qu'elle peut conduire un peu trop l'attention du lecteur et le détourner des autres éléments primordiaux, nombreux pourtant.

Le roman démarre par une plutôt joyeuse randonnée pédestre dans l'arrière-pays provençal.
Un village, perdu, oublié, pas vraiment riant toutefois, mourant d'exode rural (déjà presque passé de communauté vivante à communauté morte, c'est important), Géneval.
Une halte prolongée, de plusieurs jours, dans le Café du Souvenir, tenu par Rose Manet, qui élève son neveu, Marcellin.

Puis on passe à Marseille, le quartier du Vieux-Port, dans l'appartement du narrateur, un érudit ès-langues anciennes. Après que nous soit décrit son cercle d'amis, on arrive à la scène incroyable, sans nul doute une des plus prodigieuses de Bosco dans ce que j'ai lu (apparemment elle a fait le même effet à Flibustière et à Coline), de l'Altaïr, trois-mâts barque remisé dans un bassin à flot et se couchant un peu sur le flanc, en attendant une future mise en cale-sèche.

Le narrateur y frôle la mort, a une longue convalescence, aspire à se retirer à la campagne, fait la connaissance de Drot, qui tire quelques grosses ficelles pour le décider d'opter pour Loselée, qui s'avère être sur la commune de...Géneval !

Petit à petit, Frédéric Meyrel est conduit à prendre possession de l'âme de Bernard, homme qui apparaît plutôt pur et droit, oiseleur et même un peu plus: charmeur d'oiseaux sauvages. Bernard est défunt et demi-frère de Drot, il a perdu sa fiancée Marie-Josépha en mer au large des Maldives, voguant sur l'Altaïr.
Outre Drot, la nièce Clotilde de Queyrandes, propriétaire de Loselée, entend vérifier via Meyrel si Bernard en était amoureux...

Drot et Clotilde composent, désolé pour la réduction, le clan du "mal", mais aussi des forts, des dominants, je garde les guillemets, c'est en fait bien plus sophistiqué.
Le personnel de Loselée (Valérie, l'impeccable servante sourde) et Mus (le jardinier regardé comme fou), Rose, Marcellin, l'abbé Burguel et l'un des derniers entrants, un saint homme du nom d'Elzéar, compose(raie)nt le clan du "bien".
Les vielles dames de Grangeon (Madame Millichel & consorts) sont à peu près insituables, et leur présence dans le roman, si elle sert une scène presque délectable, s'arrête un peu là.
   

Ah, aussi: il faudrait parler de l'église désertée, qu'on peut voir comme une perte du centre du camp des anges "bons", si vous me permettez cette image, et toujours si celle du combat spirituel n'est ni trop forte, ni erronée: Quelques pages de haute volée à propos de cette église, de son occupant central et de ses rarissimes ouailles sont à découvrir, ainsi que l'appréciation détonante qu'en fait Elzéar.

A propos d'Elzéar: Son prénom, comme le fait qu'il fasse le bien tel un saint homme, qu'il soit infatigable et poursuive obstinément son but désintéressé, qu'il vive en marge dans une ruine, dont il ne se soucie pas de connaître les éventuels propriétaires, retapée par ses soins, qu'il vive en solitaire et de peu -presque de rien - me fait penser que Giono a pu s'en inspirer, et même pas qu'un peu, pour le personnage d'Elzéar Bouffier dans "L'homme qui plantait des arbres": je me demande si quelque "expert" (critique, commentateur, universitaire etc...) l'a relevé ?  

Sans oublier le mix paganiste habituel à Bosco, cette fois-ci sur les antiques sources consacrées de l'antiquité méditerranéenne...

Allons-y pour le tout petit bémol, promis il reste mineur à l'aune du roman entier:
La chute, le final, j'ai peu apprécié, comme si Bosco, à l'issue d'une telle construction, débarrassait aisément la table, éradiquait commodément ce curieux, patient et pesant échafaudage, peut-être l'a-t'il considéré comme étant trop pondéreux (?) justement.
On est loin, très loin de l'élégance des fins de Hyacinthe, de L'âne-Culotte, de L'enfant et la rivière, lesquelles, toutes portes ouvertes laissées, permettaient une continuation, des hypothèses, et laissaient espérer une suite.
On est loin du brio terminal de Malicroix.
On est loin de l'achèvement constructif du Mas Théotime, Antonin, etc...


Bast ! tant pis pour le final, il n'en reste pas moins que je continue à m'extasier: Quel roman, mais quel roman !!




dépoussiéré d'un message sur Parfum du 9 septembre 2014
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Message par Tristram le Jeu 16 Jan - 16:35

Merci Aventin, tu es plus clair que moi dans la présentation du "roman" (je n'ai pas vu ce mot en tête du livre...)
Tu précises aussi des points intéressants que je n'ai pas mentionnés _ la maladie-fièvre, l'épisode de l'Altaïr, l'eau de mer et l'eau de source, et aussi de rivière, etc., les constantes (références à d'autres œuvres) de Bosco (le "refuge" édénique, les mas, mais aussi l'âne-culotte qui fait une apparition, etc.) A ce propos, le Bien et le Mal sont encore plus indiscernables que tu le dis, je pense (c'est Clotilde qui emmène Meyrel  au "refuge").
Je ne parlerais pas de "répétition", les évocations, notamment de la nuit, ne sont pas redondantes ; on voit dans l'extrait que j'ai mis qu'il décline des pseudo-synonymes, mais ce n'est jamais repris à l'identique ailleurs.
La fin est effectivement "courte" ; je crois que Bosco voulait en finir (avec une fin christique à la Huysmans, mais restant ouverte sur un second volume qui n'existe pas à ma connaissance). Une fois encore, je ne vois pas de "construction" (et alors elle serait bancale), plutôt la méditation de l'auteur au gré de sa plume...

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Message par ArenSor le Jeu 16 Jan - 16:57

@Tristram a écrit: Il y a du mystère plus que du fantastique, et même du suspense. Il me semble qu’il n’y a pas de "message", de "plan", d’idée préconçue dans l’écriture de Bosco, mais un cheminement que l’écrivain découvre en même temps que le lecteur.

Bosco est l'un des écrivains français que je préfère drunken . Pourtant j'en oublie très souvent "l'intrigue". Il m'en reste le souvenir de quelques thèmes : la nature, la vie, la mort etc, une impression de mystère, le mot est juste, d'émerveillement, de pays reculé au bout des rêves, d'une beauté de style. Comme parenté, je citerais volontiers les romantiques allemands, peut-être aussi un peu Gracq dans certains textes.
"Le Rameau de la nuit" m'avait aussi beaucoup marqué. Il faudrait que je le relise à la lumière des commentaires d'Aventin Wink
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Message par Arturo le Jeu 16 Jan - 17:26

Tout pareil Arensor, j'ai l'impression qu'il ne m'en reste rien, si ce n'est des sensations positives.
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Message par Nadine le Jeu 16 Jan - 20:24

Vous me filez la chair de poule.
C'est quand même hallucinant, cette fertilité illimitée des images, cette imagination baroque. Il buvait ? c'est quoi sa dope ? Merci pour les extraits, tristam.

C'est marrant Arensor que tu parles du romantisme allemand et de Gracq. Gracq est précis et a un style très chiadé, proche du génie du Verbe, les romantiques allemands aussi ont du style mais surtout coloré par le lyrisme, il semble qu'en effet ya à voir avec ces deux versants. Je crois que c'est tout de même la claque des dernieres années , pour moi.
J en ai lu deux je crois, seulement.
L'enfant et la rivière en cm1. Je m'en souviens mal, stricto sensu, comme vous l'évoquiez, quant au corpus propre, narratif;
sinon de la transe, de sa couleur mythique, au coeur de la classe, de ça , totalement, inexplicablement.
 Peut être même que la vraie extase littéraire fut celle-ci la premiere.
Mas théotime, lu celui-làil y a des années une premiere fois, m'avait inspiré, fissa, de l'envoyer à une tante lettrée et mourante. Comme un élan à sauver l'âme au coeur de sa souffrance. C'est d'avoir eu son exemplaire, suite à sa mort, qui me fis le relire. A l'abri de ce site ,c'est cette seconde lecture qui m'a imposé le spectacle déployé de ses trames, puisqu'ici ça cause de ça.
Bref : Bosco
hallucinant.
ça me ferais hésiter de le lire encore, tant est pleine sa charge de Sens.
La dernière fois que je m'étais dis ce genre d'absurde constat c'était en lisant Woolf.

A suivre.
merci pour vos retours, je suis exhaltée de vous lire.
Et honore la madeleine de Proust, "le lieu sécure" soudain qui surgit là, de l'enfant que j'étais, de Bosco qui nous ouvre le millefeuille des perceptions. Du sentiment mystique.
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Message par Aventin le Ven 17 Jan - 19:17

@Tristram a écrit: "roman" (je n'ai pas vu ce mot en tête du livre...)
Tu as raison, un coup d'œil à wikipedia plus loin, on y parle d'"œuvres", sans autre spécification.
Allez, relectures 2020, une très obsessionnelle puisque ça ferait quelque chose comme la 6ème en 5 ans Cool , sans que je n'arrive à coucher un mot de commentaire sur le forum d'ailleurs, ça pourrait être Antonin:
On en est encore à l'époque des vœux, non ?

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Message par Nadine le Ven 17 Jan - 21:35

On te lira Aventin !
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Message par Silveradow le Dim 16 Fév - 16:21

Henri Bosco - Page 4 L_enfa10

Petit livre offert par Bix, en Folio Junior, et j'apprécie grandement ! Pourquoi dans nos livres "d'adultes" il n'y a plus d'illustrations ? Ou très peu ? Ou alors il n'y a qu'à moi à qui ça plait de voir de belles images en prime ?  Henri Bosco - Page 4 2042282828 J'ai donc particulièrement apprécié les illustrations de Georges Lemoine :

Henri Bosco - Page 4 9f69a-10

Je n'ai lu que les commentaires sur l'Enfant et la rivière pour ne pas me spoiler, et c'est le premier roman que je lis de Bosco, soyez indulgent avec moi, parce que vous avez tous l'air incroyablement fans, ça me met la pression !

J'ai beaucoup aimé ce livre, tout en douceur et poésie, en simplicité, en nature ! Il fait du bien, il est rassurant, on ne s'inquiète jamais (ou alors je n'ai pas de coeur ?) pour Pascalet, on sait qu'il ne lui arrivera rien dans cette nature, certes puissante, mais tellement accueillante quand on l'écoute ... J'aime l'idée du silence, de l'amitié simple entre les deux garçons, la présence de l'eau, des oiseaux, des poissons, des insectes, du Racal Wink

Tout respirait la joie : Barbagot, les flots aérés, la brise qui soufflait à la bonne fortune, le ciel rayé d'oiseaux et le grand poudroiement des terres riveraines, qui fumaient, attiédies déjà par le soleil, en pleine matinée, entre les eaux et les collines d'un bleu vif. J'en oubliais un peu mes peines et, enivré par l'air violent qui volait comme un fol sur la rivière, je m'abandonnais au plaisir de boire le vent.

Tout est beau et simple y compris les villageois (sans le côté péjoratif qui va souvent avec "simple") :

En ce temps là, dans nos villages, les gens avaient encore l'esprit simple et, quand ils prenaient du plaisir, ils le prenaient bien. Cette simplicité d'esprit leur permettait de comprendre tout de suite le sens profond des contes ; et, s'ils étaient ravis de leur naïveté, c'est qu'elle s'accordait à leur propre sagesse. Réduite à quelques pensées claires, cette sagesse peut nous sembler courte ; et cependant elle est le trésor épuré d'une antique expérience.

Je le relirai cet été au bord d'une rivière, histoire de le goûter encore plus, je trouve dommage de lire à l'intérieur ce petit livre ! J'ai hâte de lire le Mas Theotime  Smile

@tom léo et @Tristram, c'est rigolo puisque Bix m'a offert l'Enfant et la Rivière et qu'Animal m'a offert Aventures de HuckleBerry Finn, que je viens d'ailleurs de commencer Smile

@Arensor ! Quelle chance, jolie dédicace Smile
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Message par Tristram le Dim 16 Fév - 16:32

Tu sais Silveradow, Bosco est un de ces auteurs que je tenais à distance, parce que la nature, l'enfance, tout ça... et j'ai été conquis (il est vrai qu'il y a souvent aussi une présence obscure dans ses livres). Et j'ai maintenant l'impression qu'il y a littéralement dans ces auteurs une source qui répond à notre soif de simplicité/ naturel/ innocence/ naïveté _ "boire le vent" !

_________________
« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
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Message par Silveradow le Dim 16 Fév - 16:53

Je pense que c'est un besoin très humain, sans parler de littérature, être en phase avec la nature et se laisser aller ...
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Message par bix_229 le Dim 16 Fév - 17:52

Les autres romans de Bosco (et ses persnnages) sont plus complexes
parfois meme cruels.
Mais il y a souvent des plages ensoleillées consacrées à l'enfance et la difficulté
de la quitter.
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Message par Bédoulène le Dim 16 Fév - 18:38

beau commentaire Silveradow !

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"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

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Message par Silveradow le Dim 16 Fév - 20:37

oh tu es gentille Henri Bosco - Page 4 1183390247
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Message par Nadine le Dim 16 Fév - 21:14

Silver, bien sûr que je suis pour qu'il voyage !

Ce livre m'a beaucoup marquée parce qu'il emmagazine pas mal de sourdes révoltes de mon enfance. Et parce qu'il a un contenu complexe en terme émotionnel, ton commentaire le fait bien passer, merci à toi !
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Message par bix_229 le Dim 16 Fév - 22:58

Content que tu aies aimé L'Enfant et la rivière.
L'impression que tu es proche de l'enfance et d'une époque que tu n'as pas vécue. D'une nature où tu vis et qui en est la trace.
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Message par Silveradow le Dim 16 Fév - 23:57

@Nadine, tu parles de Kessel plutôt non ?

Merci encore Bix Henri Bosco - Page 4 1183390247
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Message par Nadine le Lun 17 Fév - 18:08

Silver, grâve : je me suis trompée de fil, je parlais du Lion de kessel. Bon c'est pas grâve ... ! Henri Bosco - Page 4 3064796832
je fonctionne à 50 pour cents ces temps ci !
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