Colm Toibin

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Colm Toibin

Message par topocl le Sam 10 Déc - 10:45

Colm Tóibín
(Né en 1955)



Colm Tóibín (en anglais : Tobin) est un romancier et un journaliste irlandais né le 30 mai 1955 à Enniscorthy, Comté de Wexford. En tant qu'écrivain, il a reçu plusieurs prix littéraires.

Diplômé de l’University College de Dublin en histoire et anglais, il partit et vécut à Barcelone, après la mort de Franco, une ville sur laquelle il a ensuite écrit Hommage à Barcelone (1990). Revenu en Irlande, il travailla comme journaliste et voyagea en Amérique du Sud, particulièrement en Argentine. Il vit une partie de l'année dans un village de Catalogne et parle couramment le catalan.

Il est l'auteur de nombreux ouvrages de fiction et d'essais, et contribue à des journaux et des revues. Il a obtenu le prix E. M. Forster, en 1995, de l'American Academy of Arts and Letters. Il est membre d'Aosdána, une organisation irlandaise de promotions des arts. Il vit en Irlande.

Publications en français

   Désormais notre exil [« The South »], 1993,
   Histoire de la nuit [« The story of the night »], 1997
   Bad Blood. Pérégrination le long de la frontière irlandaise [« Walking along the Border »],  1998,
   La Bruyère incendiée [« The heather blazing »], 1998,
   Le Bateau phare de Blackwater [« The Blackwater Lightship »], 2001,
   Le Maître [« The Master »], 2008,
   L'Épaisseur des âmes [« Mothers and sons »], 2008,
   Brooklyn,  2011,
   La Couleur des ombres,  2014,
   Le Testament de Marie, 2015,
   Nora Webster, 2016

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Re: Colm Toibin

Message par topocl le Sam 10 Déc - 10:46

Brooklyn



J’adore ces romans qui vous envoûtent à partir de trois fois rien. Car, si on fait le choix d’être primaire, comment peut on résumer ce livre ? L’histoire toute bête d’une jeune fille prise entre tradition et modernité, entre son pays de naissance et son pays d’adoption, entre deux amours naissants, et qui est obligée de faire un choix, choix qui lui est imposé plutôt que mûrement décidé.

A partir de cette histoire bien banale, Toibin nous fait vivre deux années de la vie d’Eylis, partie toute jeune fille de son Irlande natale pour Brooklyn (et déjà là ce n’est pas elle qui choisit). Comment, déterminée et fine observatrice, elle va vaincre ses réticences, son mal du pays, pour s’y faire une place, aimant travailler, mais aussi s’amuser, toujours avec une simplicité et une droiture, qui font d’elle non quelqu’un d’extraordinaire mais quelqu’un de profondément attachant.
Eylis mûrit sans le savoir, apprend à se gouverner et s’attache à Tony découvrant que le bonheur est facile. Son retour au pays remet ses nouvelles valeurs en question, car qui est –elle de ces deux facettes d’elle-même, qui ont en commun la recherche d’un amour simple et tranquille, mais n’aiment pas le même homme ?

Toibin nous raconte humblement des faits, s’attache à décrire des actes quotidiens, des émotions ordinaires étouffées par la gangue du devoir et des traditions. L’adaptation d’Eylis aux USA est difficile, certes, mais elle ne tombe dans aucun des pièges sordides que rencontrent souvent les émigrants, tout lui est finalement plutôt aisé en arrivant en Amérique. La vie lui est finalement plutôt douce .

Il est particulièrement touchant que Toibin ne juge pas, qu’il ne décide pas que sous prétexte que ces choix sont contraints il seront forcément mauvais. Je veux même croire, connaissant Eylis comme Toibin nous l’a décrite, qu’elle sera assez simple et sincère pour être heureuse. ; Elle gardera sans doute toute sa vie l’image d’un homme qu’elle a laissé de côté, mais rien ne veut dire que ce souvenir sera douloureux ou regretté.

C’est une grande force de ce livre tout en douceur et tendresse, qui nous décrit le passage à l’âge adulte d’une jeune fille bonne et courageuse, prise dans une histoire qui la dépasse un peu.


(commentaire rapatrié)


mots-clés : #immigration

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Re: Colm Toibin

Message par Avadoro le Sam 6 Mai - 22:25



Nora Webster

J'ai beaucoup d'estime pour l'oeuvre de Colm Toibin, et ce dernier roman poursuit la recherche d'une simplicité et d'une retenue dans l'évocation des méandres d'une vie. Nora Webster, après avoir fait face à la mort de son mari, doit retrouver un équilibre et reconstruire un quotidien dans l'Irlande de la fin des années 1960. La confrontation du regard des autres, dans les circonstances du deuil et d'un vide à combler, précipite une révolte silencieuse et l'affirmation d'une autonomie, d'une solitude lui permet peu à peu de se dégager d'un poids trop lourd à porter.

Nora accepte des concessions momentanées et souhaite, parfois maladroitement, consolider des liens affectifs et familiaux alors que le conflit nord-irlandais apparait comme une toile de fond étrangement inquiétante. Son épanouissement, notamment à travers la musique, est cependant le reflet d'une indépendance, d'une prise de distance par rapport à des contraintes matérielles qu'elle veut désormais ignorer. Entre un passé évanoui et un futur incertain, Nora parvient progressivement à apprécier la valeur du présent, avec ses difficultés, ses doutes et sa part de renoncement.


mots-clés : #mort #viequotidienne
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Re: Colm Toibin

Message par églantine le Mar 15 Aoû - 10:25

Brooklyn  



Eileis est une jeune fille parmi tant d'autres dans l'Irlande des années 50: entourée de sa soeur ainée et de sa vieille mère . Dans une attitude de soumission imprégnée de notions de devoirs liées à son éducation judéochrétienne , Eilis semble avancer dans la vie avec un certain détachement , sans réelle attente .
Par l'intermédiaire d'un prêtre installé aux USA , elle partira sur cette terre d'accueil et se frottera à une réalité inconnue à laquelle elle devra s'adapter : Evoluant jusqu'alors avec une obéissance aveugle aux règles morales , s'oubliant elle-même dans un effacement de l'ego , incapable presque de traduire ses émotions , Eilis s'éveillera à elle-même et aux autres .....
Immergée dans cette culture nouvelle dans laquelle elle devra faire sa place parmi tous ces exilés de Brooklynn , découvrant les premiers émois charnels , s'émancipant au fil du temps , de façon presque imperceptible pour devenir une jeune femme avec des désirs et des envies ....
Le décès brutal de sa soeur la ramènera "au pays " pour soutenir sa mère lors d'un séjour programmé pour une durée de un mois . Mais son fiancé lui imposera le mariage avant le départ ....
Le retour d'une nouvelle Eilis , pleine d'assurance , et avec une nouvelle "aura" liée à ces années passées dans le "nouveau monde" ne passera pas inaperçu dans la petite bourgade provinciale irlandaise...Une ébauche amoureuse naitra avec un ami de jeunesse , un poste d'avenir lui sera proposé ...
Et Eilis devra choisir , choisira ....pour la première fois de sa vie , délibérément ,enfin actrice de sa vie , et pleinement consciente des conséquences de ses actes ....
Brooklyn, ce serait une histoire presque bluette si on s'en tenait uniquement à cette narration : mais ce serait sans compter sur le talent de l'écrivain qui met en lumière la notion de choix ....toujours salvatrice lorsqu'elle est assumée et pleinement acceptée ...le choix pour grandir malgré la souffrance , la notion de liberté personnelle et de libération des jougs affectifs ....se réaliser , c'est aussi savoir faire des deuils , et accepter les manques et les absences pour embrasser 'sa destinée choisie" .
Une lecture surprenante parce que plus marquante qu'il n'y paraitrait de prime abord ....L'écriture s'oublie , et la force de ce personnage si particulier s'amplifiera au fil des pages , jusqu'au dénouement final .....
Un vrai coup de coeur !


Commentaire rapatrié




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Re: Colm Toibin

Message par bix_229 le Mar 15 Aoû - 15:49

J' ai beaucoup aimé Le Maitre.
Un livre mimétique sur henry James.
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Re: Colm Toibin

Message par bix_229 le Mar 15 Aoû - 16:04


LE MAITRE

Qui était vraiment Henry James ? L'écrivain, on le connaît, il suffit de le lire, mais l'homme...
Seul James aurait pu le dire...
Et encore... Pas sûr !

Le Maitre est donc un roman de Colm Toibin et je me demande pourquoi l'éditeur ne l'a pas mentionné, car ce n' est pas un détail.
Toibin a lu une quinzaine d'ouvrages sur James : biographies, études, correspondance et interrogé une vingtaine de personnes.
Il aurait pu écrire une biographie de plus, mais il ne le voulait pas et comme c'est un écrivain de talent, il a choisi d'écrire un roman dont le personnage principal serait Henry James.

"A un moment je me suis aperçu qu'un certain Henry James me trottait dans la tête et j' ai eu envie d'ajouter un peu de fiction à la vie de ce grand homme."

James était un être secret et Toibin, comme tous les lecteurs de James s'est senti frustré de ne pas le trouver dans on oeuvre.
Dans l' approche de Toibin il y a de l'empathie, une sorte d'imprégnation et même un certain mimétisme stylistique avec l'oeuvre de James qui relève de l'alchimie.
Bien entendu ce qu' écrit Toibin n'est pas la vérité de James, mais c'est un personnage romanesque vivant, complexe, crédible, et c'est déjà troublant.
Coibin n'a pas cherché à démystifier l'homme, même s'il nous le montre parfois égoïste, cruel et lâche.
Aux prises avec les contradictions de tout écrivain digne de ce nom, la renonciation à une véritable vie privée qui le sortirait de sa solitude.
Toibin ne s'est pas contenté de réinventer James, mais aussi sa famille, ses amis, sa maison du Sussex, Lamb House.
Sa famille, c'est surtout ses parents, son frère William, l'aîné qui lui fait de l'ombre, et sa remarquable soeur, Alice.
Il y a aussi les femmes de sa vie : sa mère, sa soeur Alice, Minny Temple, l'amie d' enfance morte prématurément.
Et puis la romancière Constance Fenimore Woolson qui se suicidera en Italie.
Toibin laisse entendre que James est culpabilisé par la mort de Minny Temple et surtout celle de Constance et qu'il se sent en partie responsable de ces morts.

Le meilleur des ces cinq années d'Henry James, c'est quand Toibin réinvente librement les personnages, éclaire des zones d' ombre. Suggère.
Moins quand il s'applique à nous expliquer les états d'âme de James écrivant le Tour d'écrou.

Et de toute façon, on conclue que James a maîtrisé son oeuvre et on est beaucoup moins sûr qu'il a réussi sa vie...

Si vous aimez James, vous ne serez pas déçu et vous découvrirez Toibin.

Récupéré


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Re: Colm Toibin

Message par églantine le Mar 15 Aoû - 17:04

Noté. Génial ! Merci Bix  , il va rejoindre très rapidement ma PAL . bounce

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Re: Colm Toibin

Message par Baleine le Mar 15 Aoû - 19:27

Je note aussi !
Je me demande comment se passe la traduction vers le français de ce mimétisme stylistique. Est-ce qu'on traduit Toibin qui imite le style de James en imitant les traducteurs du style de James?... ça doit être un peu casse-tête !
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Re: Colm Toibin

Message par bix_229 le Mar 15 Aoû - 19:59

Je crois qu' on peut s' immerger totalement dans une oeuvre.
Non seulement en la lisant, mais en essayant d' imaginer autour.
Et, si on a le talent de Toibin. nous le faire sentir avec des mots.
Et des silences.
Comme la musique.
Et, dans le cas de James, avec beaucoup de subtilité.
Mais, ça ne s' explique pas vraiment.
Il faut le lire pour le ressentir.
Ou pas.
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