Emile Zola

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Emile Zola

Message par Nadine le Ven 2 Déc 2016 - 22:31

Emile Zola 
1840-1902


Le Petit Robert des Noms propres :
Ecrivain français. Orphelin de bonne heure et élevé par une mère qui vivait dans la gêne, il abandonna tôt ses études, pratiqua différents métiers et devint journaliste.

Fervent romantique (Contes à Ninon, 1864)
et critique d'art moderniste (Edouard Manet, (1867)
il évolua vers le naturalisme avec Thérèse raquin (1867),
et, s'enthousiasmant pour les théories de Claude Bernard, ambitionna d'écrire le "roman expérimental".

Dés 1868, il dressa la généalogie des Rougon-macquart : de 1871 à 1893 il fit paraître les 20 volumes de cette Histoire naturelle et sociale dune famille sous le Second Empire.

C'est L'assommoir(1877) qui assura à Zola le véritable succès. 

Désormais chef de file des romanciers naturalistes, comme Maupassant et Huysmans (cf les soirées de Médan), il définit son esthétique dans Le roman expérimental (1880) et poursuit son oeuvre cyclique : Nana (1880) qui dénonce âprement les faiblesses des milieux bien pensants, et Germinal (1885), puissante évocation d'une grêve de mineurs, connurent un grand succès, succitant aussi des controverses.

Déjà les préoccupations sociales de Zola, lecteur de Fourier, de Proudhon et de Marx, apparaissaient dans Au bonheur des dames (1883).
Converti, à la suite de ses enquêtes sur le monde ouvrier, aux doctrines socialistes, Zola se consacra dés lors à des oeuvres de caractère humanitaire 
(Les quatre évangiles, 1899-1903, sont des hymnes au progrès humain; seuls trois furent achevés : Fécondité 1899, Travail 1901, Vérité (posthume 1903)) 
ou politique, prenant notamment parti pour la révision durant l'affaire Dreyfus par un retentissant pamphlet, J'accuse, publié dans l'Aurore (1898).

Sa mort fut peut-être dûe à une tentative criminelle. Une foule considérable assista à ses obsèques.

Naturaliste dans la mesure où il se réclame des méthodes scientifiques et veut faire du roman un compte-rendu expérimental où la psychologie est subordonnée à la physiologie (influence du positivisme Comtien) , Zola se soumet à une double démarche : à l'observation sur "les faits de nature" succède l'expérimentation du "mécanisme des faits".

Pourtant, en proclamant que l'art est "un coin de la création vu à travers un tempérament", Zola transcende sa doctrine simplificatrice par une imagination puissante et un souffle épique servis par ue prose lyrique et un vocabulaire foisonnant.
" le symbolisme et le penchant au mythe hausse son univers jusqu'au surnaturel" Thomas Mann

Bibliographie

Pour accéder à la bibliographie de cet écrivain prolifique, cliquer ici :
Œuvres critiques
Mes haines, causeries littéraires et artistiques, 1866
Mon Salon, Librairie centrale, 1866
Édouard Manet, étude biographique et critique, 1867
À propos de l'Assommoir, en collaboration avec Édouard Rod, 1879.
Le Roman expérimental, 1880
Nos auteurs dramatiques, 1881.
Les Romanciers naturalistes, 1881.
Le Naturalisme au théâtre, les théories et les exemples, 1881.
Documents littéraires, Charpentier, 1881.
Une campagne (1880-1881), Charpentier, 1882.
Nouvelle campagne (1896), 1897.
Humanité, vérité, justice. L'affaire Dreyfus. Lettre à la jeunesse, 1897.
Les Quatre Évangiles, 1899.
L'Affaire Dreyfus, la vérité en marche, 1901.
J'accuse (L'Aurore, 13 janvier 1898).

Romans et nouvelles
Contes à Ninon, 1864
La Confession de Claude, 1865
L'Attaque du Moulin, 1880.
Le Vœu d'une morte, 1866.
Les Mystères de Marseille, 1867.
Thérèse Raquin, 1867.
Madeleine Férat, Paris, 1868.
Nouveaux Contes à Ninon, 1874.
Nantas, 1878.
Les Soirées de Médan, 1880, en collaboration avec Maupassant, Huysmans, Léon Hennique
Jacques Damour, 1880.
Madame Sourdis, 1880.
Le Capitaine Burle, 1883, 340 p.
Naïs Micoulin (nouvelles), 1884.
La Mort d'Olivier Bécaille (nouvelle), 1884.

La série des Rougon-Macquart
La Fortune des Rougon, 1871.
La Curée, A. Lacroix, 1872.
Le Ventre de Paris, 1873.
La Conquête de Plassans, 1874.
La Faute de l'abbé Mouret, 1875.
Son Excellence Eugène Rougon, 1876.
L'Assommoir, 1878.
Une page d'amour, 1878.
Nana, Charpentier, 1880.
Pot-Bouille, 1882.
Au Bonheur des Dames, 1883.
La Joie de vivre, 1883.
Germinal, 1885.
L'Œuvre, 1886.
La Terre, 1887.
Le Rêve, 1888.
La Bête humaine, 1890.
L'Argent, 1891.
La Débâcle, 1892.
Le Docteur Pascal, 1893.

La série des Trois Villes
Lourdes, 1894.
Rome, 1896.
Paris, 1898.

La série des Quatre Évangiles
Fécondité, 1899.
Travail, 1901.
Vérité, 1903 (publication posthume).
Justice (resté à l'état de notes préparatoires).

Pièces de théâtre
Perrette, 1861.
Thérèse Raquin (drame en 4 actes), d'après le roman du même nom, 1873.
Les Héritiers Rabourdin (comédie en 3 actes), 1874.
Le Bouton de rose, 1878.
Renée (pièce en 5 actes), 1887.
Madeleine (1889), 1865.

Poèmes lyriques
Messidor, 1898.
L'Ouragan, 1901.
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Nadine

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Re: Emile Zola

Message par topocl le Sam 17 Déc 2016 - 11:12

La Curée.



Incisive description du milieu des nouveaux (très) riches sous le second empire,   La curée ne nous épargne aucune vilenie, aucune mesquinerie, aucune déroutante insouciance… Les personnages sont tous d'égoïstes matérialistes menés par le pouvoir, l'argent et la débauche, happés par les outrances d'une spéculation immobilière débridée. Rien ne les arrête pourvu que ces succédanés de puissance leur donnent une illusion de vie bien remplie. Dans la réussite comme dans l'échec, dans la splendeur comme dans la décrépitude, ils se remettent  en permanence enquête de cet épanouissement consumériste.

Zola s'en donne à cœur joie en descriptions de toilettes, de logements fastueux, de sociétés futiles, et l'on vogue, incertain, entre la fascination et le dégoût pour ses splendeurs absurdes.




mots-clés : #xixesiecle

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Re: Emile Zola

Message par Arturo le Mar 26 Sep 2017 - 14:56

La curée est celui qui m'a fait la plus forte impression jusqu'à présent, mais je n'en suis parvenu qu'au quart de ma lecture des Rougon-Macquart.
Pour l'instant je le trouve un peu inégal sur les volumes. Parfois inspiré, souvent lénifiant. Peut-être aussi son rythme d'écriture était-il trop soutenu.
Mais c'est une plume magnifique.
Et je prends beaucoup de plaisir à lire en ce moment La faute de l'Abbé Mouret.

La lecture des 20 tomes dans l'ordre chronologique fait office de défi. Surtout que j'ai terriblement envie de lire L'oeuvre, mais ce n'est pas pour de suite ...
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Re: Emile Zola

Message par Arturo le Mar 26 Sep 2017 - 17:09

Et on se croirait presque parfois dans le cycle Durtal de Huysmans ! Twisted Evil

un extrait un peu long, d'une belle envolée :

Spoiler:

Zola, La faute de l'abbé Mouret a écrit:— Eh bien, continua-t-il plus follement, faites que je redevienne enfant, Vierge bonne, Vierge puissante. Faites que j’aie cinq ans. Prenez mes sens, prenez ma virilité. Qu’un miracle emporte tout l’homme qui a grandi en moi. Vous régnez au ciel, rien ne vous est plus facile que de me foudroyer, que de sécher mes organes, de me laisser sans sexe, incapable du mal, si dépouillé de toute force, que je ne puisse même plus lever le petit doigt sans votre consentement. Je veux être candide, de cette candeur qui est la vôtre, que pas un frisson humain ne saurait troubler. Je ne veux plus sentir ni mes nerfs, ni mes muscles, ni le battement de mon cœur, ni le travail de mes désirs. Je veux être une chose, une pierre blanche à vos pieds, à laquelle vous ne laisserez qu’un parfum, une pierre qui ne bougera pas de l’endroit où vous l’aurez jetée, sans oreilles, sans yeux, satisfaite d’être sous votre talon, ne pouvant songer à des ordures avec les autres pierres du chemin. Oh ! alors quelle béatitude ! J’atteindrai sans effort, du premier coup, à la perfection que je rêve. Je me proclamerai enfin votre véritable prêtre. Je serai ce que mes études, mes prières, mes cinq années de lente initiation n’ont pu faire de moi. Oui, je nie la vie, je dis que la mort de l’espèce est préférable à l’abomination continue qui la propage. La faute souille tout. C’est une puanteur universelle gâtant l’amour, empoisonnant la chambre des époux, le berceau des nouveau-nés, et jusqu’aux fleurs pâmées sous le soleil, et jusqu’aux arbres laissant éclater leurs bourgeons. La terre baigne dans cette impureté dont les moindres gouttes jaillissent en végétations honteuses. Mais pour que je sois parfait, ô Reine des anges, Reine des vierges, écoutez mon cri, exaucez-le ! Faites que je sois un de ces anges qui n’ont que deux grandes ailes derrière les joues ; je n’aurai plus de tronc, plus de membres ; je volerai à vous, si vous m’appelez ; je ne serai plus qu’une bouche qui dira vos louanges, qu’une paire d’ailes sans tache qui bercera vos voyages dans les cieux. Oh ! la mort, la mort, Vierge vénérable, donnez-moi la mort de tout ! Je vous aimerai dans la mort de mon corps, dans la mort de ce qui vit et de ce qui se multiple. Je consommerai avec vous l’unique mariage dont veuille mon cœur. J’irai plus haut, toujours plus haut, jusqu’à ce que j’aie atteint le brasier où vous resplendissez. Là, c’est un grand astre, une immense rose blanche dont chaque feuille brûle comme une lune, un trône d’argent d’où vous rayonnez avec un tel embrasement d’innocence, que le paradis entier reste éclairé de la seule lueur de votre voile. Tout ce qu’il y a de blanc, les aurores, la neige des sommets inaccessibles, les lis à peine éclos, l’eau des sources ignorées, le lait des plantes respectées du soleil, les sourires des vierges, les âmes des enfants morts au berceau, pleuvent sur vos pieds blancs. Alors, je monterai à vos lèvres, ainsi qu’une flamme subtile ; j’entrerai en vous, par votre bouche entr’ouverte, et les noces s’accompliront, pendant que les archanges tressailleront de notre allégresse. Être vierge, s’aimer vierge, garder au milieu des baisers les plus doux sa blancheur vierge ! Avoir tout l’amour, couché sur des ailes de cygne, dans une nuée de pureté, aux bras d’une maîtresse de lumière dont les caresses sont des jouissances d’âme ! Perfection, rêve surhumain, désir dont mes os craquent, délices qui me mettent au ciel ! Ô Marie, Vase d’élection, châtrez-en moi l’humanité, faites-moi eunuque parmi les hommes, afin de me livrer sans peur le trésor de votre virginité !

Et l’abbé Mouret, claquant des dents, terrassé par la fièvre, s’évanouit sur le carreau.
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Re: Emile Zola

Message par Nadine le Sam 21 Oct 2017 - 9:56



La terre

Nana, La faute de l'Abbé Mouret, La curée m'avaient laissé une forte impression à l'adolescence, parce qu'aux images fortes ils associaient tout un tableau d'époque, j'ai ainsi avec Nana mieux compris la reconstruction du Paris d'Haussman etc

Aujourd'hui ouvrière agricole il me semblait parfait de renouer plus de 20 ans après avec ce volume.

En plus , j'avais eue l'occasion l'année dernière de lire La table aux crevés d'Aymé, rural à souhait, et La séparation des races de Ramuz, au point de me voir télescoper tout un réseau de lexiques communs dans mes rêves éveillés, sur mon tracteur.

Dire aussi qu'en plus, j'aime -aimer-Zola. J'aime l'aimer alors qu'on laisse entendre qu'il est daté, j'aime aimer alors qu'en son temps il avait ses détracteurs.
Mais je n'ai pas aimé La terre. Voilà. ça me fais mal Very Happy

Il ya bien la moitié du livre qui est bien tenue, mais j'ai trouvé avec amertume que sous sa volnté d'exhaustivité Zola malmenait la cohérence du récit, qu'il avait des complaisances et un pathos critiquables. Le summum du mauvais goût a été pour moi atteint par une scène d'accouchement couplée à une scène de vêlage, l'occasion pour l'auteur d'y aller à fond sur le vulgaire et la réification, non, vraiment, manque d'élégance, où sa fascination envers le sordide se fait jour d'une des manières les moins souhaitable en écriture : par la surenchère et une construction narrative appuyéé.
Too much (trop).
Bon, c'est pas grâve.

Le temps passe, le souvenir reste.
J'en lirai d'autres quand-même.
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Re: Emile Zola

Message par Bédoulène le Sam 21 Oct 2017 - 11:20

lu il y a si longtemps, une relecture s' imposerait (mais où trouver le temps ?) celui dont le titre me revient souvent c'est La faute de l'Abbé Mouret, Nana aussi.

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