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Marie Sizun

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Message par églantine le Sam 10 Déc - 16:48

Marie Sizun
Née en 1940

Marie Sizun  Avt_ma10

Marie Sizun est née en 1940. Elle grandit et fait ses études à Paris. Agrégée de lettres classiques en 1964, elle devient professeur de littérature en France avant de partir à l’étranger enseigner le français dans des Écoles européennes, d’abord en Allemagne, pendant dix-sept ans, puis en Belgique. Mère de trois enfants, elle est de retour à Paris en 2001.
Marie Sizun a écrit toute sa vie des petits textes courts, des nouvelles, mais c’est à l’âge de la retraite qu’elle décide de se consacrer pleinement à l’écriture. Amoureuse de la Bretagne, la romancière se choisit pour pseudonyme le nom d’un cap breton en souvenir d’heureuses vacances. A l’âge de 65 ans, Marie Sizun publie son premier roman, Le Père de la petite (Arléa, 2005). Dix huit-mois plus tard paraît La femme de l’Allemand (Arléa, 2007) où l’on retrouve, dans un style sobre et pudique, les mêmes interrogations autour de l’Histoire, la filiation et l’amour. Avant d’être un nom de plume Marie Sizun est aussi celui d’une peintre qui de temps en temps expose ses toiles lors de petites expositions estivales.

Bibliographie


Jeux croisés, 2008
Le Père de la petite,  2008
La femme de l’Allemand,  2007
Le Père de la petite,  2005
Éclats d'enfance 2009
Plage, 2011
Un léger déplacement,2012
Un jour par la forêt, 2013
La Maison-Guerre, 2015


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Message par églantine le Sam 10 Déc - 16:51

Enthousiasmée par la lecture de la "La femme de l'allemand"  , j'attendais avec impatience ma réservation de la bibliothèque Le père de la petite!

Marie Sizun  51k5wn10
Un roman court , sobre , dans un style épuré avec toujours ce même thème récurrent visiblement chez cette auteure : celui de la relation fusionnelle avec la mère en l'absence du père ( Sous l'occupation, le père prisonnier ).........c'est dans ce petit monde qui vit en vase clos , en dehors de la "vraie vie" presque ,que grandit "la petite" qui n'a jamais connu son père : les principes éducatifs rigides chers à cette époque semblent ne pas concerner cette maman un peu "bohème" "fantasque" "aérienne" .....Durant ces quatre premières années de vie, un seul évènement viendra entacher cette harmonie de douceur ,élevée dans une insouciance et une légèreté dans lesquelles se sont réfugiées la mère et la fille  : la naissance d'une petite soeur ....Mais lorsque la petite souhaite s'approprier l'évènement dans son affectif exalté , sa mère (et sa grand-mère très présente tout au long de l'histoire)lui fait croire qu'elle a été victime de son imagination et qu'elle doit oublier très vite cette affabulation ......Et leur petite vie dans ce cocon sécurisant continue jusqu'au jour où le père revient :  C'est un homme blessé , traumatisé par la guerre et en proie à des accès de violence démesurée dans le quotidien que "la petite" va devoir affronter ;méfiante tel un animal en danger face à cet inconnu qui non seulement lui "vole" sa mère mais entend remettre de l'ordre dans cette éducation anarchique (et avec des méthodes plutôt radicales !!!!), elle finira non seulement par accepter ce père mais par lui vouer un amour sans limite ...... Cherchant ses repères dans   cette vie à trois où l'amour fusionnel avec la mère ne peut plus exister , elle "trahit" inconsciemment le lourd secret de sa mère en racontant l'histoire de cette petite soeur : Naturellement le couple vole en éclat , la séparation inévitable éloigne le père et la fille ......"La petite" devenue grande continuera à conserver quelques liens à distance avec ce père absent .......... des coups de téléphone pour dire "rien " (un mot qui revient souvent dans ce passage .....) mais ce "rien "les relie malgré tout dans cet amour filial douloureux ..... C'est par un de ces coups de téléphone pour se dire ce "rien" si précieux pourtant qu'elle apprendra le décès de son père ; il faudra alors du temps à la jeune femme pour retrouver ce père autrement  et renaître à la vie.
J'ai aimé l'atmosphère d'intimité et de vase clos que je retrouve dans "le père de la petite" et qui m'avait déjà séduite dans 'la femme de l'allemand", cette vision 'à hauteur d'enfant' qui réveille en nous bien des émotions ......un grand moment de plaisir mais j'avoue avoir été plus emportée par "la femme de l'allemand" , l'écriture un peu moins épurée .......
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Message par topocl le Sam 10 Déc - 17:15

La femme de l'Allemand

Marie Sizun  Images82

La femme l'Allemand fait partie de ces petits livres extrêmement intenses qui décrivent de façon apparemment très simple toute une vie dans sa complexité.

De 2 à 18 ans, on assiste à la construction de Marion, écartelée entre l'amour et la haine pour une mère aimante, dérangeante, souffrante. Dans le même temps, on assiste à l'effondrement progressif de celle-ci, à la destruction de sa personnalité par une maladie insaisissable.

Tout est basé sur des non-dits, car jamais, nul n’a rien expliqué à Marion, ni de sa naissance à la fin de la guerre après une liaison avec un allemand aujourd'hui disparu, ni de la maladie de sa mère, et elle va se construire en captant ici et là des indices. Chacun se drape dans sa douleur et abandonne l'enfant comme s'il était invisible. Personne n'ose ou ne peut lui offrir la protection de la simple vérité, et elle va ainsi grandir dans l’incertitude, l'espoir toujours déçu. Elle ressent très cruellement cette mère à la fois adoratrice et rejetante,, dépendante et supérieure dont elle a longtemps aimé le fait qu'elle soit différente, jusqu'à ce que cette différence même devienne intolérable. Elle va essayer de se forger une ligne de conduite, errant entre l'amour, le rejet et la culpabilité, hésitant entre sa propre protection et la protection de sa mère si fragile mais si dangereuse.

Le style très saccadé, très direct soutient ce suspense haletant de cette histoire pour laquelle on sait dès le départ qu'il n'y aura pas de happy end. La description de la maladie de Fanny, par petites touches d'étrangeté quand elle va plutôt bien, par grandes crises incompréhensibles quand tout se décompense, est à la fois d'une grande précision, pleine de compassion, jamais dans l’impudeur. C'est un roman de tous les excès qui s'attache à de grandes nuances.

Vraiment un choc de lecture.



(commentaire rapatrié)
mots-clés : #famille #pathologie


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Message par topocl le Sam 10 Déc - 17:16

Plage

Marie Sizun  Images81

Une jeune femme arrive pour ses congés sur une plage bretonne. Elle aborde une semaine en solitaire avant d'être rejointe par son amant, un homme âgé, marié, père de famille. Cette perspective de bonheur à deux, enfin conquis sur la « partie adverse », l'emplit d'un bonheur serein et confiant. Chaque minute de cette attente la réjouit. Elle nous décrit son petit hôtel, les faits divers et travers des autres estivants, la plage et ses péripéties, le plaisir de lire ou ne rien faire dans la douceur solitaire de l'espérance. C'est très doucement que le doute s'installe, qu’on sent, à travers la fragilité du personnage, la rareté et la sécheresse des appels téléphoniques, qu’il ne viendra pas, qu'elle le sait et simule le contraire.

En somme, c'est un roman où il ne se passe pas grand-chose, où l'on n’apprend rien puisqu'on sait pratiquement depuis le début ce qui se va se passer. Qui passe par petites notations, d’un bonheur quotidien à un découragement progressif. Anne raconte au fil de ses réminiscences son histoire, le père adoré, la mère rejetante, l'épanouissant bonheur de cette histoire d'amour. On la suit à petits pas, entre exaltation et mélancolie. C'est doux et désabusé, une belle prouesse de style et d'écriture.


(commentaire rapatrié)


mots-clés : #intimiste

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Message par topocl le Mer 12 Sep - 20:45

La gouvernante suédoise

Marie Sizun  11567210

A travers des photos de famille, quelques témoignages tronqués et un journal intime censuré, Marie Sizun reconstitue une tranche de son histoire familiale, un secret moyennement gardé qui a fait peser son empreinte sur les générations suivantes. Cela, on le subodore à quelques allusions au fil de son récit, et elle le confirme dans l'épilogue. Au-delà de ce côté intime, le livre se présente comme le sempiternel roman de la petite bourgeoisie, entre la Suède et Meudon, le mari qui trompe la jeune épouse avec la gouvernante, la grossesse cachée et l'enfant en pension, le mystère, les faux secrets, les apparences sauvegardées. Ces gens se dressent un carcan de conventions et de conformisme, ils se refusent le courage de leurs émotions au prix d'une bienséance mortifère.

Marie Sizun fait le choix d'un récit distancié, d'un classicisme quasi glacial, à l'image de ces cœur congelés.Elle gomme l'émotion comme celle-ci se doit d'être gommée au profits du paraître dans la vie de ses protagonistes déchirés par leurs amours socialement inacceptables. Un temps, dans une ambiance un peu sulfureuse, on se  demande si la gouvernante va s'approprier son maître ou sa maîtresse, mais non, le récit retrouve vite cette banalité des amours ancillaires, cette loi du bon vouloir des hommes,  si souvent décrites dans les romans du XIXème siècle. Cet aspect lisse et retenu est assez frustrant, n'aurait-il pas mieux valu assumer le pathétique, faire couler les larmes plutôt que s'en tenir à la petitesse des sentiments bridés par les conventions bourgeoises, à la réserve de cette histoire sagement bien racontée?

Petite pensée pour Carl Larson

Marie Sizun  Carl_l10



mots-clés : #amitié #conditionfeminine #famille #solitude #xixesiecle

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Message par églantine le Mer 12 Sep - 20:52

Dommage .
J'attendais ton avis . Eh bien j'allège ma LAL .
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Message par topocl le Jeu 13 Sep - 8:02

Oui, c'est un peu décevant. la délicatesse s'est transformée en une certaine raider; je pense qu'elle est gênée de ce matériau qui a réellement existé et sur lequel elle est obligée de rebroder Elle a pris la décision de voir dans toutes ces relations de l'amour, mais en fait elle n'en sait rien ou pas grand chose. Peut-être n'y avait il là qu'un banal droit de cuissage (c'est moi qui le dis, pas elle) et donc elle ne peut pas non plus sombrer dans le sentimentalisme puisqu'elle n 'est pas sûre de son histoire.

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