Chamaco_VilaMatas

On sait que l’un des aspects les plus séduisants de la littérature est sa possibilité d’être une sorte de miroir qui avance ; un miroir qui, comme certaines horloges peut avancer.

Enrique Vila-Matas, Perdre des théories

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    Marie Sizun

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    églantine

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    Marie Sizun

    Message par églantine le Sam 10 Déc 2016 - 16:48

    Marie Sizun
    Née en 1940



    Marie Sizun est née en 1940. Elle grandit et fait ses études à Paris. Agrégée de lettres classiques en 1964, elle devient professeur de littérature en France avant de partir à l’étranger enseigner le français dans des Écoles européennes, d’abord en Allemagne, pendant dix-sept ans, puis en Belgique. Mère de trois enfants, elle est de retour à Paris en 2001.
    Marie Sizun a écrit toute sa vie des petits textes courts, des nouvelles, mais c’est à l’âge de la retraite qu’elle décide de se consacrer pleinement à l’écriture. Amoureuse de la Bretagne, la romancière se choisit pour pseudonyme le nom d’un cap breton en souvenir d’heureuses vacances. A l’âge de 65 ans, Marie Sizun publie son premier roman, Le Père de la petite (Arléa, 2005). Dix huit-mois plus tard paraît La femme de l’Allemand (Arléa, 2007) où l’on retrouve, dans un style sobre et pudique, les mêmes interrogations autour de l’Histoire, la filiation et l’amour. Avant d’être un nom de plume Marie Sizun est aussi celui d’une peintre qui de temps en temps expose ses toiles lors de petites expositions estivales.

    Bibliographie


    Jeux croisés, 2008
    Le Père de la petite,  2008
    La femme de l’Allemand,  2007
    Le Père de la petite,  2005
    Éclats d'enfance 2009
    Plage, 2011
    Un léger déplacement,2012
    Un jour par la forêt, 2013
    La Maison-Guerre, 2015


    Dernière édition par églantine le Ven 16 Déc 2016 - 12:26, édité 2 fois
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    églantine

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    Re: Marie Sizun

    Message par églantine le Sam 10 Déc 2016 - 16:51

    Enthousiasmée par la lecture de la "La femme de l'allemand"  , j'attendais avec impatience ma réservation de la bibliothèque Le père de la petite!


    Un roman court , sobre , dans un style épuré avec toujours ce même thème récurrent visiblement chez cette auteure : celui de la relation fusionnelle avec la mère en l'absence du père ( Sous l'occupation, le père prisonnier ).........c'est dans ce petit monde qui vit en vase clos , en dehors de la "vraie vie" presque ,que grandit "la petite" qui n'a jamais connu son père : les principes éducatifs rigides chers à cette époque semblent ne pas concerner cette maman un peu "bohème" "fantasque" "aérienne" .....Durant ces quatre premières années de vie, un seul évènement viendra entacher cette harmonie de douceur ,élevée dans une insouciance et une légèreté dans lesquelles se sont réfugiées la mère et la fille  : la naissance d'une petite soeur ....Mais lorsque la petite souhaite s'approprier l'évènement dans son affectif exalté , sa mère (et sa grand-mère très présente tout au long de l'histoire)lui fait croire qu'elle a été victime de son imagination et qu'elle doit oublier très vite cette affabulation ......Et leur petite vie dans ce cocon sécurisant continue jusqu'au jour où le père revient :  C'est un homme blessé , traumatisé par la guerre et en proie à des accès de violence démesurée dans le quotidien que "la petite" va devoir affronter ;méfiante tel un animal en danger face à cet inconnu qui non seulement lui "vole" sa mère mais entend remettre de l'ordre dans cette éducation anarchique (et avec des méthodes plutôt radicales !!!!), elle finira non seulement par accepter ce père mais par lui vouer un amour sans limite ...... Cherchant ses repères dans   cette vie à trois où l'amour fusionnel avec la mère ne peut plus exister , elle "trahit" inconsciemment le lourd secret de sa mère en racontant l'histoire de cette petite soeur : Naturellement le couple vole en éclat , la séparation inévitable éloigne le père et la fille ......"La petite" devenue grande continuera à conserver quelques liens à distance avec ce père absent .......... des coups de téléphone pour dire "rien " (un mot qui revient souvent dans ce passage .....) mais ce "rien "les relie malgré tout dans cet amour filial douloureux ..... C'est par un de ces coups de téléphone pour se dire ce "rien" si précieux pourtant qu'elle apprendra le décès de son père ; il faudra alors du temps à la jeune femme pour retrouver ce père autrement  et renaître à la vie.
    J'ai aimé l'atmosphère d'intimité et de vase clos que je retrouve dans "le père de la petite" et qui m'avait déjà séduite dans 'la femme de l'allemand", cette vision 'à hauteur d'enfant' qui réveille en nous bien des émotions ......un grand moment de plaisir mais j'avoue avoir été plus emportée par "la femme de l'allemand" , l'écriture un peu moins épurée .......
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    topocl

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    Re: Marie Sizun

    Message par topocl le Sam 10 Déc 2016 - 17:15

    La femme de l'Allemand



    La femme l'Allemand fait partie de ces petits livres extrêmement intenses qui décrivent de façon apparemment très simple toute une vie dans sa complexité.

    De 2 à 18 ans, on assiste à la construction de Marion, écartelée entre l'amour et la haine pour une mère aimante, dérangeante, souffrante. Dans le même temps, on assiste à l'effondrement progressif de celle-ci, à la destruction de sa personnalité par une maladie insaisissable.

    Tout est basé sur des non-dits, car jamais, nul n’a rien expliqué à Marion, ni de sa naissance à la fin de la guerre après une liaison avec un allemand aujourd'hui disparu, ni de la maladie de sa mère, et elle va se construire en captant ici et là des indices. Chacun se drape dans sa douleur et abandonne l'enfant comme s'il était invisible. Personne n'ose ou ne peut lui offrir la protection de la simple vérité, et elle va ainsi grandir dans l’incertitude, l'espoir toujours déçu. Elle ressent très cruellement cette mère à la fois adoratrice et rejetante,, dépendante et supérieure dont elle a longtemps aimé le fait qu'elle soit différente, jusqu'à ce que cette différence même devienne intolérable. Elle va essayer de se forger une ligne de conduite, errant entre l'amour, le rejet et la culpabilité, hésitant entre sa propre protection et la protection de sa mère si fragile mais si dangereuse.

    Le style très saccadé, très direct soutient ce suspense haletant de cette histoire pour laquelle on sait dès le départ qu'il n'y aura pas de happy end. La description de la maladie de Fanny, par petites touches d'étrangeté quand elle va plutôt bien, par grandes crises incompréhensibles quand tout se décompense, est à la fois d'une grande précision, pleine de compassion, jamais dans l’impudeur. C'est un roman de tous les excès qui s'attache à de grandes nuances.

    Vraiment un choc de lecture.



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    Dernière édition par topocl le Jeu 15 Déc 2016 - 11:25, édité 1 fois


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    Re: Marie Sizun

    Message par topocl le Sam 10 Déc 2016 - 17:16

    Plage



    Une jeune femme arrive pour ses congés sur une plage bretonne. Elle aborde une semaine en solitaire avant d'être rejointe par son amant, un homme âgé, marié, père de famille. Cette perspective de bonheur à deux, enfin conquis sur la « partie adverse », l'emplit d'un bonheur serein et confiant. Chaque minute de cette attente la réjouit. Elle nous décrit son petit hôtel, les faits divers et travers des autres estivants, la plage et ses péripéties, le plaisir de lire ou ne rien faire dans la douceur solitaire de l'espérance. C'est très doucement que le doute s'installe, qu’on sent, à travers la fragilité du personnage, la rareté et la sécheresse des appels téléphoniques, qu’il ne viendra pas, qu'elle le sait et simule le contraire.

    En somme, c'est un roman où il ne se passe pas grand-chose, où l'on n’apprend rien puisqu'on sait pratiquement depuis le début ce qui se va se passer. Qui passe par petites notations, d’un bonheur quotidien à un découragement progressif. Anne raconte au fil de ses réminiscences son histoire, le père adoré, la mère rejetante, l'épanouissant bonheur de cette histoire d'amour. On la suit à petits pas, entre exaltation et mélancolie. C'est doux et désabusé, une belle prouesse de style et d'écriture.


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