Paul Claudel

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Paul Claudel

Message par Quasimodo le Sam 10 Déc - 21:33

Paul Claudel
(1868-1955)



Paul Claudel est le fils de Louis-Prosper Claudel et de Louise Athénaïse Cerveaux. Frère cadet de Louise Claudel et de la sculptrice Camille Claudel, il grandit à Villeneuve-sur-Fère. De 1882 à 1886 il vit à Paris avec sa mère et ses sœurs au 135bis, boulevard du Montparnasse, puis de 1886 à 1892 au 31, boulevard de Port-Royal. Il fait ses études au lycée Louis-le-Grand où il obtient son baccalauréat de philosophie en 1885 et s’inscrit à l’École libre des sciences politiques pour y préparer une licence de droit.

Il se convertit au catholicisme, religion de son enfance, en assistant en curieux aux vêpres à Notre-Dame de Paris le 25 décembre 1886, jour de Noël. «J’étais debout, près du deuxième pilier, à droite, du côté de la sacristie. Les enfants de la maîtrise étaient en train de chanter ce que je sus plus tard être le Magnificat. En un instant mon cœur fut touché et je crus». À la même époque, il découvre les Illuminations, le recueil de poèmes d'Arthur Rimbaud, dont la lecture sera pour lui déterminante. L'influence de celui qu'il appelait le «mystique à l'état sauvage» est manifeste, notamment, dans Tête d'or, une de ses premières pièces de théâtre.

Il est diplomate de 1893 à 1936. Claudel s'installe alors définitivement dans le château de Brangues en Isère, qu'il avait acquis en 1927 pour y passer ses étés. Le travail littéraire, mené jusqu'alors parallèlement à sa carrière diplomatique, occupe désormais la plus grande part de son existence. Attristé par les débuts de la guerre, et notamment l'invasion de la Pologne, au cours d'un mois de septembre 1939 qu'il juge par ailleurs «merveilleux», Claudel est initialement peu convaincu par le danger que représente l'Allemagne nazie. Il s'inquiète davantage de la puissante Russie qui représente selon lui une «infâme canaille communiste». En 1940, il est ulcéré par la défaite de la France, mais voit d'abord une délivrance dans les pleins pouvoirs conférés par les députés à Pétain. Toutefois, le spectacle de la collaboration avec l'Allemagne l'écœure bientôt. Dans le Figaro du 10 mai 1941, il publie encore des Paroles au Maréchal (désignées couramment comme l’Ode à Pétain) qui lui sont souvent reprochées. La péroraison en est : « France, écoute ce vieil homme sur toi qui se penche et qui te parle comme un père./ Fille de saint Louis, écoute-le ! et dis, en as-tu assez maintenant de la politique ?/ Écoute cette voix raisonnable sur toi qui propose et qui explique.» À partir d'août 1941, son Journal ne parle plus de Pétain qu'avec mépris.

Dans le Figaro du 23 décembre 1944, il publie Un poème au général de Gaulle qu'il avait récité au cours d'une matinée du Théâtre-Français consacrée aux « Poètes de la Résistance ». Avec Maurice Garçon, Charles de Chambrun, Marcel Pagnol, Jules Romains et Henri Mondor, il est l'une des six personnalités élues le 4 avril 1946 à l'Académie française lors de la deuxième élection groupée de cette année, visant à combler les très nombreuses places vacantes laissées par la période de l'Occupation. Il est reçu le 13 mars 1947 par François Mauriac au fauteuil de Louis Gillet. Il meurt le 23 février 1955 à Paris à l'âge de 86 ans.

Œuvre :

Cliquer pour consulter la bibliographie des oeuvres:


Théâtre :
L'Endormie (première version 1887); L'Endormie (deuxième version 1947)
Fragment d'un drame (1888)
Tête d'or (première version 1890); Tête d'or (deuxième version 1894)
La Jeune Fille Violaine (première version 1892); La Jeune Fille Violaine (deuxième version 1899)
La Ville (première version 1893); La Ville (deuxième version 1901)
L'Échange (première version 1894); L'Échange (deuxième version 1954)
Le Repos du septième jour (1901)
Partage de midi, drame (première version 1906)
L'Otage (1911)
L'Annonce faite à Marie (première version 1912); L'Annonce faite à Marie (deuxième version 1948)
Protée (première version 1913); Protée (deuxième version 1926)
L'Ours et la Lune (1917)
Le Pain dur (1918)
Les Choéphores d'Eschyle (1919)
Le Père humilié (1920)
Les Euménides d'Eschyle (1920)
Sous le Rempart d'Athènes (1927)
Le Soulier de satin (1929)
Le Livre de Christophe Colomb (1933)
Jeanne d'Arc au bûcher (1939)
La Sagesse ou la Parabole du destin (1939)
L'Histoire de Tobie et de Sara (1942)

Poésie :
1900, puis 1907 (2e éd.): Connaissance de l'Est
1905 : Poèmes de la Sexagésime
1907 : Processionnal pour saluer le siècle nouveau
1911 : Cinq grandes Odes
1911 : Le Chemin de la Croix
1911–1912 : La Cantate à trois voix50
1915 : Corona benignitatis anni dei
1919 : La Messe là-bas
1922 : Poèmes de guerre (1914-1916)
1925 : Feuilles de saints
1942 : Cent phrases pour éventails
1945 : Visages radieux
1945 : Dodoitzu, illustrations de Rihakou Harada.
1949 : Accompagnements

Essais :
1928 : Positions et propositions, tome I
1929 : L'Oiseau noir dans le soleil levant
1934 : Positions et propositions, tome II
1935 : Conversations dans le Loir-et-Cher
1936 : Figures et paraboles
1940 : Contacts et circonstances
1942 : Seigneur, apprenez-nous à prier
1946 : L'œil écoute
1949 : Emmaüs
1950 : Une voix sur Israël
1951 : L'Évangile d'Isaïe
1952 : Paul Claudel interroge l'Apocalypse
1954 : Paul Claudel interroge le Cantique des Cantiques
1955 : J'aime la Bible, Fayard
1956 : Conversation sur Jean Racine
1957 : Sous le signe du dragon
1958 : Qui ne souffre pas… Réflexions sur le problème social
1958 : Présence et prophétie
1959 : La Rose et le rosaire
1959 : Trois figures saintes pour le temps actuel

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Re: Paul Claudel

Message par ArenSor le Lun 2 Jan - 18:06

Petite anecdote sur Claudel faisant griller la crêpe Gide au feu Very Happy

« Il avait invité ce jeune homme à déjeuner. Au dessert on servit des crêpes flambées. Il en piqua une de sa fourchette, la tourna et la retourna sur la flamme et dit avec un gros ricanement de jubilation : « C’est ainsi que Gide brûlera pour l’éternité en Enfer ! »
Robert Mallet : Une mort ambiguë
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Re: Paul Claudel

Message par Quasimodo le Mer 4 Jan - 19:28

Et petit extrait du journal de Gide :

"Eté voir Paul Claudel hier chez sa sœur. Grande cordialité de son accueil. J'entre aussitôt dans la petite chambre qu'il occupe et que, du fond de l'alcôve, domine un crucifix.
Paul Claudel est plus massif, plus large que jamais; on le croirait vu dans un miroir déformant; pas de cou, pas de front; il a l'air d'un marteau-pilon."

Et encore :

"Il parle de peinture avec outrance et bêtise. Sa parole est un flux continu qu'aucune objection, qu'aucune interrogation même, n'arrête. Tout autre opinion que la sienne n'a pas de raison d'être et presque pas d'excuse à ses yeux."

Bon, bon ...

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