Jean-Michel Guenassia

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Jean-Michel Guenassia

Message par Bédoulène le Ven 2 Déc - 23:02

Jean-Michel Guenassia
Né en 1950


Jean-Michel Guenassia est un écrivain français, né en 1950 à Alger.

Son roman Le Club des incorrigibles optimistes a obtenu le Prix Goncourt des lycéens en novembre 2009.

Bibliographie :

Romans
1986 : Pour cent millions
2009 : Le Club des incorrigibles optimistes
2012 : La Vie rêvée d'Ernesto G.
2015 : Trompe-la-mort
2016 : La Valse des arbres et du ciel

Théâtre
1988 : Le Rebelle







*"le Club des Incorrigibles Optimistes"

J'ai aimé l'écriture alerte qui fait que j'ai eu beaucoup de plaisir à suivre ce récit, une dose d'humour aussi. L'auteur a bien construit les histoires dans les différents évènements évoqués.
L'auteur dénonce succinctement à travers les propos et lettres des 2 amis qui sont engagés dans La guerre d'Algérie la barbarie des deux pays belligérants.

Les réfugiés des Pays de l'Est qui fréquentent le "Club" ont tous la même raison d'être optimistes : ils sont en vie !

A travers les révélations de ces Hommes l'auteur dénonce le traitement qui est réservé à ceux qui ont déplu, souvent sous des prétextes fallacieux, sous le régime de Staline, également en Russie, en Hongrie, Tchécoslovaquie, Pologne.
Certains avaient fuit le régime communiste comme Igor (médecin à Leningrad) Vladimir ou Imré ………
Certains réfugiés demeurent communistes, parmi eux Leonid (pilote et médaillé de guerre) qui avait quitté la Russie pour l’amour d’une Française
ou Grégorio qui lui a dû quitter la Grèce après la guerre civile
ou Pavel « Le communisme est une belle idée Michel. Le mot camarade a un sens. Ce sont les hommes qui sont mauvais »
Les idéaux étant en opposition des affrontements verbaux s’élevaient souvent entre eux mais ils restaient solidaires car ici en France ils étaient tous des étrangers, des déracinés. Beaucoup jouaient aux échecs et c’était aussi un lien .

la famille du jeune Michel Marini s'engage allègrement dans la période des "Trente Glorieuses".
L'adolescent est un lecteur compulsif, joue au baby-foot, écoute les disques de rock et aime la photographie. Initié par les Hommes du Club (les Femmes n'y sont pas bienvenue) il deviendra un bon joueur d'échecs. Il découvre l'amitié, l'amour et la trahison.
L’intérêt de Michel pour ce club lui est venu alors qu’il voient Sartre et Kessel jouaient ensemble aux échecs.
Michel sympathise avec tous ces Hommes, particulièrement avec Igor le créateur du Club, Leonid et le discret Sacha que tous détestaient ; ce qui intriguera longtemps l’adolescent.

L'auteur égratigne au passage les syndicalistes cégétistes , les communistes Français et Sartre.

Un bon moment de lecture


extraits

Je ne me suis jamais cogné à un poteau




mots-clés : #initiatique #politique


Dernière édition par Bédoulène le Dim 13 Aoû - 9:14, édité 2 fois
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Bédoulène

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Re: Jean-Michel Guenassia

Message par Nadine le Sam 3 Déc - 0:55

Ah ah, super le second extrait ! Merci !

ça a l'air enlevé et fin, oui !
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Nadine

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Re: Jean-Michel Guenassia

Message par topocl le Sam 3 Déc - 9:08

Je l'avais adoré Le club des incorrigibles optimistes. De l'excellent roman, fluide, bien construit, avec des personnages fouillés et attachants, de l'émotion, inséré dans l'histoire. un beau parcours initiatique.

Par contre j'avais été déçue par:

La vie rêvée Ernesto G.


Je préviens que je vais révéler une péripétie qui survient après la première moitié du livre, mais, comme Guenassia la révèle allègrement dans tous ces interviews, je m'y crois autorisée, et il  serait en outre difficile de rendre compte du livre en passant à côté. Je ne révèle cependant pas la toute fin.

Après avoir écrit Le club des incorrigibles optimistes, qui racontait l'exil parisien de quelques exilés de l'Europe de l'Est, Guenassia s’est donné avec ce nouvel opus deux  mission. Il souhaitait raconter la Tchécoslovaquie à travers un héros qui la voyait de l'intérieur, et il y a ajouté le projet (la fameuses péripétie) d’imaginer une explication pour les quatre mois que Che Guevara passa en Tchécoslovaquie en 1966, sans que personne ne sache jamais ni pourquoi ni comment.

Le premier objectif, c'est à travers Joseph Kaplan, un médecin juif pragois qui a la bonne idée de partir à Paris avant que les ennuis ne commencent à Prague. Il passe la guerre en Algérie, où il est contraint à un exil de 3 ans dans le désert pour échapper aux lois de Pétain et échappe au désastre. Il rentre à Prague avec l'amour de sa vie, Christine, enthousiastes face à ce nouveau régime qui va rendre tout le monde heureux… On assiste peu à peu à la totale mainmise sur les libertés, aux surveillances, aux arrestations, aux exils clandestins.

Bien évidemment, ce destin entre nazisme et communisme aurait dû me captiver, je dois dire que si je l'ai lu sans déplaisir cela ne m'a pas passionnée non plus, Joseph est un peu trop parfait, tellement magnanime qu’on a l'impression qu'il est à peine égratigné par tous ces drames auxquels il est mêlé. Guenassia a une façon de raconter ce qui se passe, en égrenant de petites propositions juxtaposées entre des virgules, qui met une distance, élimine l’ émotion. Pas de pathos dans  son style, alors qu'il y a du pathos dans l’histoire, la fin qui donne des réponses à toutes les questions, retrouve le destin de chaque personnage croisé, sans craindre ni les coïncidences ni les grosses ficelles est là pour le confirmer.

Quant à la fameuses péripétie, le séjour du Che, Guenassia se l’approprie totalement , il y a une histoire d'amour nunuche, qui est absolument non crédible sur toute la durée. Il a la prétention d'éclairer la personnalité du Che, de justifier ses combats ultérieurs et ses échecs. Ce n'est pas tant une insulte à Ernesto Guevara  qu’une insulte à l’ histoire. Certes Guenassia a mis en exergue cette phrase de Neruda « La vérité, c'est qu'il n'y a pas de vérité. ». Ne reculant pas dans le choix de mes références, je répondrai par cette phrase de Topocl : la vérité, c'est que n'importe quoi, c'est vraiment trop n'importe quoi".

Dommage.



(commentaire rapatrié)


mots-clés : #guerre #immigration #regimeautoritaire

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Re: Jean-Michel Guenassia

Message par Tristram le Dim 7 Mai - 10:47




Sur vos recommandations (encore merci à toutes et tous), je suis présentement plongé dans Le Club des Incorrigibles Optimistes. J'en suis à mi-parcours, et les intéressants aperçus cités par Bédoulène s'espacent, mais jusque-là je ne regrette pas le voyage.
Ce qui m'interpelle, en rebond de la conversation concernant le roman historique avec ArenSor sur le fil Manzoni, c'est le problème en partie analogue que soulève ce genre de roman, qui entr'autres dépeint une époque ; de plus, Kessel et Sartre y apparaissent nommément, et d'ailleurs le second pas vraiment sous un jour flatteur. Quelle valeur reconnaître à de telles mises en scène d'évènements historiques et personnages réels ? Il y a un "fond" de vérité, mais l'interprétation n'est-elle pas tendancieuse ? Bien sûr c'est un roman, mais en en sortant on risque de garder en tête une image qui devrait être sujette à caution. L'objectivité est décidément difficile, nos opinions (pseudo-scientifiquement sondées) sont manipulées par tant de biais : ce n'est pas le moindre mérite de la littérature, je crois, que de nous faire nous interroger sur la réalité des faits et autres informations en général... Incertitude et intranquillité forment décidément notre lot, salutaires mais inconfortables...

« On ne pouvait pas imaginer que le communisme allait nous broyer [Tchécoslovaquie]. Le capitalisme, on en était sûr. »
Jean-Michel Guenassia, « Le Club des Incorrigibles Optimistes », Avril 1980

« Nos malheurs ont une seule cause : nos opinions sont sacrées. Ceux qui refusent de changer d’avis sont des imbéciles et ceux qui se laissent convaincre aussi. »
Jean-Michel Guenassia, « Le Club des Incorrigibles Optimistes », Octobre 1959 - décembre 1960, 25
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Re: Jean-Michel Guenassia

Message par Bédoulène le Dim 7 Mai - 17:09

tu as peut-être terminé le livre à cette heure Tristram ?

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Re: Jean-Michel Guenassia

Message par Tristram le Dim 7 Mai - 17:41

Nonon Bédoulène, régime de croisière, pas besoin de dictionnaire, ça ronronne en avançant tranquillement, et je savoure cette lecture agréable du bildungsroman _ car quelque part c'est bien un roman d’apprentissage ?
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Re: Jean-Michel Guenassia

Message par Tristram le Lun 8 Mai - 15:13

Terminé le voyage au long cours, sans trop de surprise _ y aura-t-il une suite, ce que laissent peut-être présager le jeune âge du personnage principal, et le fait qu'on reste sans nouvelles du frère disparu, et de de leur amie commune ?
Des choses qui interpellent, comme la dérive du communisme dans l'horreur lue comme de l'antisémitisme, par exemple. En vrac :

« L’époque était aux longs baisers. »
Jean-Michel Guenassia, « Le Club des Incorrigibles Optimistes », Janvier - décembre 1962, 9

« On récupère les lettres, les photos, les carnets, les calepins, les cahiers, les pièces d’identité et on brûle tout dans les chaudières du ministère. Il ne doit rester aucune trace de nos ennemis. On ne peut pas se contenter de les tuer. Leurs noms doivent être effacés. Personne ne se souviendra d’eux. Ils auront perdu et nous auront gagné. C’est la sanction absolue. On enlève leurs livres des bibliothèques. Leur pensée n’existe plus. Il ne faut pas oublier aussi d’éliminer les ouvrages des ennemis qui les ont combattus. Si Trotsky n’a pas existé, les antitrotskistes n’ont aucune raison de subsister. »
Jean-Michel Guenassia, « Le Club des Incorrigibles Optimistes », Leningrad 1952, 3

« Je t’ai choisi parce que tu es d’une génération qui a été épargnée par les horreurs que nous avons vécues. Nous n’avons su en éviter aucune. Nous les avons toutes commises. Rien ne pourra nous racheter. Tu sauras quoi faire pour conserver la mémoire de ceux qui méritent d’être sauvés de l’oubli. Il n’y a que la mémoire qui soit belle. Le reste, c’est de la poussière et du vent. »
Jean-Michel Guenassia, « Le Club des Incorrigibles Optimistes », Paris juillet 1964, 1
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Re: Jean-Michel Guenassia

Message par Bédoulène le Lun 8 Mai - 16:06

Il n'est pas mort le frère ?  


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Re: Jean-Michel Guenassia

Message par Tristram le Lun 8 Mai - 16:14

Aux dernières nouvelles, il a été exfiltré par le père, qui ne veut pas dire où. C'est le frère de l'amie qui est mort.
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Re: Jean-Michel Guenassia

Message par Bédoulène le Lun 8 Mai - 17:15

merci ma lecture date un peu et ma mémoire aussi !

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Re: Jean-Michel Guenassia

Message par Tristram le Lun 8 Mai - 17:22

C'est juste un coup de chance que je referme juste le livre...
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Re: Jean-Michel Guenassia

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