Laure Marchand et Guillaume Perrier

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Laure Marchand et Guillaume Perrier

Message par Bédoulène le Dim 11 Déc - 16:29

Laure Marchand (1976) et Guillaume Perrier (?)




Laure Marchand est journaliste au Figaro et Guillaume Perrier dans le  Monde co-auteurs du livre :













La Turquie et le fantôme de l’Arménie

La préface est de Taner Akçam «  Si nous avions reconnu le génocide arménien,  nous eussions été contraints d’accepter que certaines de nos grandes figures nationales étaient des assassins et des voleurs, alors qu’elles nous avaient sortis du néant en fondant notre Etat. » Accepter « 1915 » revient à accepter que des chrétiens aient vécu sur ces terres, ce qui équivaut à proclamer notre inexistence. Parce que notre existence est fondée sur leur absence ou leur disparition. »

Ce livre est complémentaire à mes précédentes lectures, il a le mérite notamment d’aborder  le destin des épargnés de 1915 « les restes de l’épée » convertis à l’Islam  pour survivre  et dont les enfants ou petits-enfants  ont découvert  tardivement leur Arménité

Sont rappelés les massacres de 1937/38 dans la région de Dersim,  ordonnés par Mustafa Kemal Atatürk , les 40 jours de Musa Dagh .

Le génocide s’accomplit aussi sur la Pierre, les terres, les édifices religieux, les habitations, les commerces, les plantations,   toutes   propriétés des Arméniens de même d’ailleurs que celles des autres  chrétiens (Grecs, Assyriens) par leur destruction ou leur spoliation. Spoliations qui sont d’ailleurs à l’origine de l’ascension économique du gouvernement de la Turquie.

Les conflits internes de la Turquie (notamment avec le PKK et la résistance Arménienne) ;  les périodes de soubressauts politiques, le conflit entre l’Arménie et l’Azerbabjian qui à la chute de l’URSS  revendiquaient  l’ annexion de la province du  Haut-Karabach,  sont exposés dans les faits par les auteurs.

L’obsession négationiste de l’Etat Turc  est matérialisée par le  mémorial  d’ Igdir, bâti pour contrer et nier  « le jour du génocide du 24 avril 1915 ». Comme l’écrit Taner Akçam : » en Turquie, la négation du génocide est une industrie. C’est aussi une politique d’état de premier ordre.

Toutefois de plus en plus d’  intellectuels, de  journalistes Turcs s’élèvent contre l’attitude négationniste de leur gouvernement, pour preuve les milliers de citoyens Turcs qui accompagnèreent le corbillard de Hrant Dink, le journaliste assassiné et les manifestations de commémorations qui depuis 2010 se déroulent à Istambul.  De même la demande de pardon  circulant sur le net qui fut signée par 30 000 Turcs en réponse à laquelle des communautés Arméniennes de France et du Canada remercièrent par un texte publié dans le journal Libéraion : Merci aux Citoyens Turcs ».

Sont mentionnés  aussi les résistants Arméniens armés du Tikko et les « Don Quichotte » résistants  ;  les Justes Turcs ou Kurdes  qui sauvèrent des Chrétiens  furent punis de mort pour certains, de relégations et autres mais tous de l'oubli par le gouvernement.

Si les Citoyens Turcs connaissaient l’ existence de ces Justes ils auraient certainement moins de mal à assumer le passé de leurs grands-parents et Parents, mais ces faits sont cachés par leur  gouvernement car ils valideraient le génocide et  de son côté la diaspora Arménienne n’a pas d’intérêt à les reconnaître.


La Turquie voulant intégrer l’Union Européenne  se sert des vitrines que représentent les sites touristiques les plus visités, tels que  l’église de l’île d’Aghtamar (restaurée ) ou  le dernier village Arménien de Vakif  pour démontrer la tolérance du gouvernement.

Cependant tant que sa politique sera négationniste aucun rapprochement ne parait envisageable par l’Arménie et les Arméniens d’ Occident. La Turquie reproche d’ailleurs à la France sa reconnaissance du génocide.



Les auteurs ont recueillis les paroles des descendants  Arméniens du génocide, en Turquie comme en France par exemple où vit une importante communauté,  ainsi que celles des Turcs,  nommés dans le livre.

Ce fut une lecture intéressante comme d’ailleurs mes précédentes  sur ces pages d’histoire.

"message rapatrié"



mots-clés : #genocide

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