Sergio Atzeni

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Sergio Atzeni

Message par Bédoulène le Lun 12 Déc - 18:42

Sergio Atzeni (1952-1995)



Sergio Atzeni (né le 14 octobre 1952 à Capoterra en Sardaigne et mort le 6 septembre 1995 (à 42 ans) à Carloforte) est un écrivain, journaliste et traducteur italien.

Né à Capoterra, Sergio Atzeni vit à Cagliari dès sa première enfance. C'est là qu'il passe, hormis un court séjour à Orgosolo son enfance et sa jeunesse et qu'il fait ses études. Il s'inscrit à la faculté de philosophie mais la quittera avant d'avoir obtenu son diplôme.

Très jeune, dès 1966, il commence à se consacrer au journalisme et collabore bientôt avec les plus importants journaux sardes : Rinascita sarda, Il Lunedì della Sardegna, L'Unione Sarda, l'Unità, La Nuova Sardegna, ou encore Altair, revue qu'il a fondée et dirigée. Il travaille en même temps pour la radio. Il s'inscrit également au parti communiste italien, participant activement à la vie politique de la cité. Il ne parvient toutefois à trouver un emploi stable, à la société nationale italienne de production d'électricité ENEL, qu'en 1976. Travail qu'il abandonne au moment de ses débuts littéraires, quand il décide en 1987 de quitter l'île, un an après la parution de son premier roman.

Il s'installe durablement à Turin, qui sera jusqu'à sa mort son lieu de résidence, hormis durant un court intermède à Sant'Ilario d'Enza en Émilie de 1990 à 1993. Il travaille comme journaliste pour L'Europa et traducteur pour de nombreuses maisons d'éditions, notamment d'auteurs français. Ce sont des années particulièrement riches dans sa carrière d'écrivain, pendant lesquelles il écrit quelques-unes de ses œuvres les plus importantes, comme L'Apologo del giudice bandito, Il figlio di Bakunin, Passavamo sulla terra leggeri et Il quinto passo è l'addio.

Il trouve la mort tragiquement à Carloforte, le 6 septembre 1995, à l'âge de 42 ans, emporté par une vague, lors d'une tempête, sur les falaises de l'île de San Pietro.
(wikipedia)

Oeuvres traduites en français :

Le Fils de Bakounine
La Fable du juge bandit
Le Cinquième pas est l'adieu
Bellas mariposas
Il existe deux couleurs au monde, le vert est la seconde ; voyage en compagnie de Vincent
Récits avec bande-son
Nous passions sur la terre, légers







Le Fils de Bakounine

Qui est Bakounine ? C'est le surnom donné par la population de Guspini à Antonio Saba, le meilleur cordonnier de Sardaigne !

C'est sur les traces de son Fils Tullio Saba qu'une mère incite son fils à enquêter, est-il journaliste comme il se présente ?

La mémoire est-elle fidèle ? infidèle ? transforme-t-elle la réalité ? par besoin de l'enjoliver ou au contraire de la noircir ?
C'est au lecteur de décider, s'il le peut, s'il le veut après avoir suivi le jeune homme dans son enquête, après avoir entendu les témoins du passé.

En le suivant le lecteur découvre la vie des pauvres gens de Sardaigne  au moment du fascisme et après la guerre ; les figures qui s'imposent se sont celles des mineurs.
Tous ces hommes ont besoin de moments de bravoure dans cette dure vie, cela peut être un drapeau hissé sur le clocher à la barbe des fascistes qui ont interdit la fête du travail le 1er mai ou l'inscription du nom de Staline sur une poutre de  soutènement dans la galerie de la mine ou encore porter un béret français quand tous portaient un bonnet ou une chéchia.

Le langage est coloré, les divers personnages bien campés dans leur emploi, dans le temps.

J'ai trouvé dans ce petit livre beaucoup de plaisir de lecture, merci à Bix de me l'avoir conseillé !


quelques extraits :

"Certaines nuits il prétendait à ma chaleur, mais il était tellement soûl que je lui faisais un service à la main et il ne s'apercevait même pas de la différence."

"Au bout d'une quinzaine de jours tous ceux qui n'étaient satisfaits, qui auraient voulu un monde ou au moins un travail différent avaient tous un couvre-chef pareil au sien."

"Tu sais ce que je te dis ? Je donnerais tout ce que j'ai pour éprouver à nouveau l'émotion de ce jour, quand nous avons vu le soutènement terminé et cette inscription lumineuse tout en haut, VIVE STALINE."

"Il m'avait parlé de la Grande Guerre, il me semblait impossible que les hommes soient assez stupides pour refaire une telle connerie. Puis j'ai vu de mes yeux que c'était possible."

"Avec ces têtes brulées de communistes il faut être dur et sans pitié dans les actes, mais aussi astucieux, capable de jouer avec les salaires pour créer la division, et de jouer avec les mots pour exploiter leur ignorance."

"Croyez moi. Parole de carabinier. Et n'écoutez pas ceux qui disent que les carabiniers sont idiots. Les blagues sur les carabiniers, nous les inventons nous-mêmes, parce qu'on a le sens de l'humour."

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"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
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