Leonardo Sciascia

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Leonardo Sciascia

Message par bix_229 le Jeu 15 Déc - 18:09

Leonardo Sciascia (1921 - 1989)


Sciascia est né à Racalmuto, province d'Agrigente en Sicile, et comme la plupart des écrivains de cette région, il y est resté jusqu'à sa mort. Il commença à écrire des chroniques sur Regalpetra, le village où il enseignait en tant qu'instituteur. Et le livre, intitulé Les Paroisses de Regalpetra, lui donna d'emblée une place à part dans la littérature italienne. Une place qu'il ne cessa d'agrandir au fur et à mesure qu'il publiait une oeuvre ancrée dans la réalité sociale et politique de son pays.

Vivant dans un pays marqué par la corruption de la classe politique et de la Démocratie chrétienne, et par la gangrène de la mafia, il ne cessa de dénoncer les politiques, le clergé et la Maffia. Il pensait en effet que les artistes doivent refléter le courage, l'anti conformisme et éventuellement la résistance et la révolte dans leur vie comme dans leur oeuvre. Il était en cela influencé par le Siècle des Lumières et les écrivains français du 18e siècle qu'il connaissait et admirait. Et notamment Voltaire.

Bibliographie sélective en français :

- Les Paroisses de Regalpetra, 1956
- Les oncles de Sicile, 1959
- Le Jour de la chouette, 1961
- Le Conseil d' Egypte, 1963- Le Cliquet de la folie, 1970
- La Disparition de Majorana, 1975
- Candide ou un reve fait en Sicile, 1977
- Petites chroniques, 1985
- Oeil de chèvre, 1986
- Le Chevalier et la mort, 1988




Personnellement, je trouve que c'est un conteur et un chroniqueur hors pair et c'est dans le genre court qu'il me semble le meilleur.
C'est là que son style et ce qu'il écrit s'exprime le mieux.


Dernière édition par bix_229 le Jeu 15 Déc - 18:21, édité 1 fois
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Re: Leonardo Sciascia

Message par bix_229 le Jeu 15 Déc - 18:19

Je conseille de lire d' abord les premiers livres de Sciascia comme Les Oncles de Siciles ou Les paroisses de Regalpetre. Il y témoigne de la misère où est plongée la Sicile, à sa manière à lui, concise et ironique. Il y parle de l' église et de la Mafia, exploiteurs du pays et de leur rôle néfaste. Il étendra pas la suite ses connaissances à d' autres sujets comme la littérature ou la reconstitution historique de certains épisodes historiques comme l' Inquisition, ou plus proche de nous , le communisme. Toujours avec la même clarté et le même humour dans le style qui le caractérisent.

Bonnes lectures !

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Re: Leonardo Sciascia

Message par Bédoulène le Dim 1 Jan - 11:22



"1912 + 1"

Titre inspiré d'Annunzio qui comme beaucoup d'Italiens était superstitieux et n'avait pas voulu écrire 1913.

Une écriture qui m'a demandée de l'attention car foisonnante de références, littéraires, musicales, historiques.

L'auteur nous raconte un fait divers qui s'est déroulé en 1913, le meurtre d'un jeune bersagliere -ordonnance au domicile de son Capitaine - par la femme de celui-ci, Mme Oggioni née Tiepolo.
La jeune et belle femme dit l'avoir tué pour sauver son honneur. Y-a-t-il eu préméditation ? Etait-elle sa maîtresse ?

Le procès se déroulera dans une ambiance délétère, les «on-dit», les lettres anonymes pleuvront. La beauté de la jeune femme lui vaudra l'animosité des femmes tout particulièrement. Mais comme les gens du peuple le pensent, vu sa position, elle sera acquittée.
L'accusée sera défendue par un avocat socialiste.

L'auteur nous informe des actions de la justice, de la politique avec les élections qui se déroulent cette année là et la guerre de l'Italie en Lybie.
L'auteur nous donne les raisons de ses aversions ou enthousiasmes pour tel personnage, tel écrit, telle musique.

extraits







Dernière édition par Bédoulène le Dim 1 Jan - 11:28, édité 1 fois

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Re: Leonardo Sciascia

Message par Bédoulène le Dim 1 Jan - 11:26



Les Paroisses de Regalpetra

Où on en apprend beaucoup sur les rapports des habitants avec l'église et la mafia.
Où tout le monde a plus ou moins un passé "fasciste", où les ouvriers des mines, sauniers ou de la terre ne sont pas dupes de toutes les turpitudes dont ils font l'objet d'où qu'elles émanent (église, politique, mafia...).
La pauvreté a toujours la même couleur, la même odeur.

Et lui l'Instituteur que peut-il faire ? sous la coupe de l'inspecteur et de l'église. il constate, connait les souffrances, il reçoit parfois les confidences des élèves.
Le dernier chapitre consacré à la mort de l'Inquisiteur  était très intéressant.


(message récupéré)

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Re: Leonardo Sciascia

Message par bix_229 le Dim 1 Jan - 16:32



La Disparition de Majorana
Trad. de l’italien par Mario Fusco
Allia, 112 p.

Leonardo Sciascia publie La Disparition de Majorana en 1975, trois ans avant son livre sur Aldo Moro. Son intérêt pour le savant sicilien, mystérieusement disparu en 1938, à l’âge de 32 ans, n’a rien d’anodin. Il effectue son enquête à un moment de grands troubles politiques. La brève carrière d’Ettore Majorana se déroule en Allemagne et en Italie, au moment où des régimes totalitaires se mettent en place en Europe. Pour un de ses maîtres, Enrico Fermi, le jeune physicien est un génie à l’égal de Galilée ou de Newton. C’est aussi un être tourmenté qui a déjà annoncé des intentions de suicide. L’hypothèse est donc qu’il se soit jeté dans la mer. Mais jamais son corps n’a été retrouvé. A-t-il cherché refuge dans un couvent? Emigré en Amérique latine?
Intuition

«Les morts se retrouvent; seuls les vivants peuvent disparaître»: l’enquête de Sciascia porte sur les derniers jours de Majorana, le contexte familial – une puissante famille, un crime affreux, une erreur judiciaire – et social – le fascisme omniprésent, les intrigues universitaires, la négligence de la police. L’écrivain ne conclut pas, mais son hypothèse est la suivante: Majorana a eu l’intuition, encore impossible à prouver, des dangers des découvertes récentes de la physique et il a choisi de se dérober à leurs conséquences. Quelques années plus tard, Hiroshima et Nagasaki lui donneront raison.

Le thème central de ce petit livre dense et passionnant de bout en bout, c’est donc bien la responsabilité du savant et de l’intellectuel en général. La parution de ce texte en feuilleton dans La Stampa a provoqué une polémique qui figure en annexe, avec la réponse de Sciascia, le tout d’une actualité brûlante encore aujourd’hui.
source : Le Temps

Sciascia excelle à faire revivre des faits du passé. Anciens ou récents. A les conter avec style, un style à la fois sobre et précis. Evocateur. A  essayer de les éclairer, ou, à tout le moins, de leur rendre une dimension humaine.
Conseillé à tous ceux qui connaissent Sciascia ou à ceux qui l'ignoreraient encore.
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Re: Leonardo Sciascia

Message par bix_229 le Dim 1 Jan - 16:44



MORT DE L' INQUISITEUR


Trad. de l'italien par Mario Fusco
Collection Folio 2 € (n° 3631), Gallimard

Au début du XVIIe siècle, en Sicile, un prisonnier enchaîné assomme dans un couloir du palais l'Inquisiteur venu l'interroger. Il est jugé, torturé et brûlé vif. Peu à peu, se dégage le visage héroïque du meurtrier épris de liberté, et celui, odieux, de son puissant oppresseur : l'Église. Mêlant humour et érudition ironique, Leonardo Sciascia se livre à une enquête minutieuse à travers les textes et les témoignages de l'époque.

Gallimard

Encore un merveilleux petit texte de Sciascia qui met en valeur la résistance de l'homme à l'arbitraire du pouvoir et de la tyrannie. Ici, celle de l'Inquisition en Sicile. Un autre texte en guise d'introduction.
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Re: Leonardo Sciascia

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