Raphaël Stainville

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Raphaël Stainville

Message par Bédoulène le Sam 17 Déc - 16:26

Raphaël Stainville (Né en 1977)


Raphaël Stainville est né le 17 mai 1977 à Versailles en France. Il est journaliste au Figaro Magazine, ancien journaliste du Figaro Hors Série. Écrivain, il est l'auteur de J'irai prier sur ta tombe (François Xavier de Guibert, 2002), où il raconte son voyage de Paris à Jerusalem à pied. Il écrit après plusieurs années d'enquête le livre Pages de sang (Presses de la Renaissance, 2007) ; ce livre raconte le génocide arménien à travers les écrits d'un Français, le père Jean Rigal, missionnaire d'Arménie. Il a participé au livre Mission Le Pen : Le Garde du corps parle de Thierry Légier, garde du corps de Jean-Marie Le Pen.
(wikipedia)  

Bibliographie

Essais
2007 : Pages de sang,
2012 : Mission Le Pen, en collaboration avec Thierry Légier
2013 : Et la France se réveilla : Enquête sur la révolution des valeurs, en collaboration avec Vincent Trémolet de Villers

Récit de voyage
2002 : J'irai prier sur ta tombe

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Seule la lecture du livre qui suit m'a amenée à ce journaliste (LC sur l'ARMENIE)



Pages de Sang


Le journaliste narrateur hébergé chez « l’hôtel » des Sœurs  missionnaires Italiennes qui vivent leur foi dans l’église sis à Adana ville de Turquie alors qu’il fait un pèlerinage de Paris à Jérusalem, se flatte devant les sœurs de l’hospitalité des Turcs, de leur générosité, les monuments ………. bref tout ce qu’on peut trouver dans un catalogue de voyage.

L’une des sœurs, Antonia  l’interrompit : « Elle ressemble à cela la Turquie des touristes et des voyageurs ? «  Pas de relief et pas d’ombre dans ton beau tableau ? »

Antonia  demande à notre narrateur de lire un manuscrit. Le manuscrit est  anonyme, mais il découvrira qu’il est le témoignage d’un Père, qui a vécu dans la résidence des Jésuites Français, en 1909 et que c’est le récit terrifiant, incroyable des massacres des Arméniens principalement et des Chrétiens. Stainville  à la lecture des atrocités décide qu’il est  nécessaire, plus, impératif de faire connaître ce témoignage au Monde. Il commence donc dans sa cellule l’écriture du livre qu’il intitulera « pages de sang ».

Le témoignage du Père débute le 14 avril, Mercredi de Pâques à onze heures du matin où les premiers coups de fusil et de révolvers raisonnèrent, où les premiers Arméniens furent massacrés par les « bachi-bouzouks et l’armée régulière ». Les incendies suivirent. C’est en vain que les Pères demandèrent au « vali » d’intervenir,  car celui-ci se retranchait derrière l’affirmation que les Arméniens étaient des révoltés et qu’il devait arrêter la révolte, mais promettait que l’armée ferait son travail et les pompiers le leur.

Les massacres durèrent 15 jours, tous les quartiers Arméniens furent détruits, les habitations incendiées après pillage.  La résidence des Pères Jésuites et la Maison Béthanie des sœurs étaient le seul refuge, ces bâtiments accueillirent des milliers de victimes qui furent soignées,  réconfortées du mieux possible, avec courage les sœurs allèrent quêter dans la ville pour leur survie.

La fureur des assassins ne s’arrêta pas aux portes des édifices religieux, les Pères  durent quitter leur Maison,  c’est le Consul Anglais qui protégea la sortie des réfugiés qui furent  ensuite confiés à la Protestante Angleterre ,  à la Protestante Amérique et à la Protestante Allemagne.

C’est la honte au cœur que le Père directeur de la Maison des Jésuites eut l’obligation de partir car le Commandant du Victor-Hugo ne pouvait de son mouillage qu’il devait quitter, les protéger.

Le Consul Français n’est pas venu à Adana, la France semblait se désintéresser du massacre des Arméniens et des Chrétiens d’Orient.

De retour en France l’ auteur fit de nombreuses recherches pour découvrir l’identité du prêtre qui avait laissé ce manuscrit en témoignage. Après maints regroupements, il s’avéra qu’ il s’agissait du Père Rigal, Trappiste.

Six ans plus tard, l’auteur retourne à Adna pour récupérer le manuscrit, les sœurs Italiennes sont retourner dans leur pays, c’est un prêtre Polonais qui gère l’église et qui a malheureusement jeté à la poubelle le manuscrit car ne comprenant pas la langue française et ne voyait pas la nécessité de conserver le document.

Les Arméniens étaient à cette époque toujours  sous intimidation, menace, spoliation, surveillance, beaucoup ont émigrés mais quelques uns refusent de quitter le pays où ils sont nés où sont enterrés leur famille.

Ce livre porte témoignage du génocide des Arméniens, en 1909 (mais l’Histoire a prouvé qu’il s’était déroulé par épisodes : 1894/96, 1909 et 1915) ; l’auteur le conforte par les rencontres faites avec des survivants d’Adana ou de France, par la configuration restante des bâtiments religieux, des détails révélateurs comme la vierge noire que les flammes ont léché.

C’est avec douleur que l’auteur a écrit ce livre bouleversant, mais c’était  pour lui un impératif,  il s’est senti dépositaire d’une mission.



Extraits :

"Dans cette église s'étaient réfugiées cent quatre-vingts personnes environ, des femmes et des enfants surtout. Les Turcs ont défoncé la terrasse et versé à l'intérieur des bidons de pétrole enflammé. Pendant que cet exploit s'accomplissait, des hommes armés gardaient la porte pour empêcher ces malheureux de sortir. A l'intérieur, au-dessus du parquet, sur le mur blanc, en partie cachées par les décombres, se voient encore dessinées des ombres noires présentant des formes humaines crispées par la douleur. Ce sont des victimes dont les chairs ont été calcinées contre le mur et dont la graisse fondue a imprimé le décalque dans la chaux."

"Voilà donc la situation des Arméniens d'Adana : quinze mille hommes environ parqués dans les champs, des deux côtés de la station du chemin de fer, tristes loques d'un peuple florissant, riche, intelligent, mais qui se laissait trop imprudemment bercer de l'illusion chère à tout opprimé, l'illusion de la liberté enfin reconquise. Le voilà étendu, sanglant, décimé, mourant de faim, sur la terre dure, obligé de mendier auprès de l'Angleterre protestante ou de la protestante Allemagne, le morceau de pain qui l'empêche de mourir."



mots-clés : #genocide

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