Jean-Philippe Jaworski

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Jean-Philippe Jaworski

Message par topocl le Dim 18 Déc - 15:12

Jean-Philippe Jaworski
Né en 1969




Jean-Philippe Jaworski, né en 1969, est un écrivain français de fantasy. Il est également l'auteur de plusieurs jeux de rôles.
Après des études de lettres, il est actuellement professeur agrégé de lettres modernes au Lycée Notre-Dame Saint-Sigisbert à Nancy.

En 1983, il découvre le jeu de rôles, et devient l'auteur de deux jeux de rôles amateurs : Tiers Âge, qui permet de jouer dans l'univers du Seigneur des anneaux de Tolkien, et Te deum pour un massacre, un jeu de rôle historique se déroulant en France pendant les guerres de religion. Te deum pour un massacre aboutit à une édition professionnelle en 2005.

Jean-Philippe Jaworski a publié en 2007 un premier recueil de nouvelles de fantasy salué par la critique, Janua Vera (paru chez Les Moutons électriques et réédité depuis en poche). En 2009, il publie un premier roman, Gagner la guerre, qui remporte le Prix Imaginales dans la catégorie « Roman francophone ». Ces deux livres se déroulent dans le Vieux Royaume, un univers de fantasy où la magie est assez peu présente, quoique puissante, et qui puise largement son inspiration dans le roman de cape et d'épée et le roman historique (Renaissance italienne).

En 2013 il publie Même pas mort, premier tome d'une trilogie intitulée Rois du monde se déroulant chez les Celtes, et notamment les Bituriges (prix Imaginales 2014).

wikipedia

Œuvres littéraires

Univers du Vieux Royaume
Janua Vera, Les Moutons électriques, 2007, recueil de nouvelles
Gagner la guerre, Les Moutons électriques, 2009, roman
Le Sentiment du fer, Hélios, 2015, recueil de nouvelles

Cycle Rois du Monde
Même pas mort, Les Moutons électriques, 2013
Chasse royale, Les Moutons électriques, 2015

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Re: Jean-Philippe Jaworski

Message par topocl le Dim 18 Déc - 15:15

Même pas mort
Tome 1 de la trilogie Rois du monde



Merveilleux et magnifique roman addictif qui ramène à toutes les lectures de l'enfance, les heures passées à écouter, lire et relire les Contes et Légendes des héros Grecs et Barbares, les frissons des forêts des contes de Perrault, épicés d'une malice délicieuse, pour le simple plaisir de l'histoire, des péripéties qui emportent, des sentiments nobles, du coeur qui bat d'angoisse sous-tendu par la sérénité de l'invincibilité des héros.

Nous sommes au sein des Royaumes celtes, entre deux temps, entre deux mondes, , au côtés de guerriers farouches, car oui, pour eux, la guerre est ce jeu joyeux, où l'on gagne ses cartes de noblesse, s'amuse comme des fous, ramène les têtes sanglantes des ennemis humiliés. Quand son père  Sacrovèse meurt au combat contre son beau-frère , Bellovèse , tout enfant, est condamné à l'exil. Il vit une enfance insouciante avec son frère , tous deux turbulents et décidés, courant d'aventure en aventure au sein des bois remplis de sortilèges, où ils rencontrent des êtres étranges , bienveillants ou malveillants, devins, spectres, esprits, animaux fantasmagoriques... Et les  voilà déjà , tous deux adolescents, partant au combat au côté des grands hommes, mi loustics, mi guerriers défendant leur honneur, bien décidés à conquérir le monde. Et ne voilà t'il pas que la mort refuse Bellovèse...

C'est en effet, un roman introductif, une mise en place. Je ne sais plus où j'ai lu que, par conséquent, il ne s'y passait pas grand chose, j'ai au contraire trouvé que cela n'arrêtait pas, la beauté et l'invention au fil des pages, l'émerveillement. Ces garçons sont deux numéros et n'ont de cesse de prouver leur noblesse sous leur naïveté impertinente. Tout cela se déroule dans des paysages sans cesse changeants dont la description laisse pantois, admirables de poésie, de vigueur et de douceur mêlées. On sent en soi la chaleur des rayons du soleil sur ses épaules, la froidure du gel jusqu'au plus profond de ses os, les courbatures  des longues chevauchées.

Et il faut parler de la langue, magique et noble, à la hauteur de ce récit homérique, coulante, joyeuse, captivante. Jean-Philippe Jaworski utilise toute une série de mots rares et anciens (peut-être mêlés d'habiles néologismes?), qui, habilement dosés pour ne pas troubler le récit, l'assoient pleinement dans une époque ancienne et noble, étrange, pour le plus grand plaisir de l'amateur de mots.

Voilà, c'est une fort belle expérience, jusqu’au moment où on se rend compte que le deuxième tome n’est pas encore sorti en poche, et le troisième en devenir. Frustration intense du lecteur:grrr: ...


   Cette angoisse, toutefois, est grisante, parce qu'elle est le destin qui m'est échu et parce que je ne peux m'empêcher d'espérer que l'horreur y est mâtinée de merveille ; sur ce récif perdu dans la tourmente, je sens contre lms flancs le corps de mes deux amis, leur chaleur douce à travers la laine mouillée, la force de ce compagnonnage qui m'a conduit jusque là, sur les dernières des îles des dernières des mers, au bout du bout du monde.



   Le barde, à peine visible dans le rougeoiement des braises, devenait alors un enchanteur qui convoquait autour de nous des festins, des armées, des monstres et des divinités. Quand il se taisait, la maison d'Attegia était pleine à craquer de musiques, de présences et de drames, et nous étions transportés par un sentiment plus grand que nous.


   « Au monde, rien ne va de droit fil. Avez-vous déjà suivi un chemin qui vous mène tout droit à destination ? Avez-vous déjà descendu une rivière qui va se jeter tout droit dans la mer ? Avez-vous déjà vu la lune ou le soleil traverser tout droit le firmament ? Même les étoiles dansent de lentes farandoles. L'existence n'est qu'un immense canevas de lacets, de virages, d'embranchements et de méandres. Tout est capricieux et infléchi, et la vie entière est un entrelacs d'arabesques. Seuls les lances les javelots vont droit… »


   Ce genre d'histoire, ça ne s'écoute pas les yeux ouverts ! C'est une parole vieille comme la terre, les arbres et la pierre. Alors fermez-moi ceses mirettes ! Toute votre âme doit passer dans vos oreilles !

(commentaire récupéré)
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Re: Jean-Philippe Jaworski

Message par topocl le Dim 18 Déc - 15:19

Gagner la guerre



Les bons romans ça m'ennuie toujours de les quitter, et là, j'en ai eu ma dose, j'ai pu m'en repaître, prendre mon temps, me réjouir de cet excès-même, j'ai suivi, enthousiasmée, éblouie, admirative !  Le baston, les morts, les dégâts divers , il y en a trop, beaucoup trop, c'est à se tordre de rire ! Jaworski y met un culot outrancier, que son talent transforme en un envoûtement inlâchable !



  C'est un des charmes de Ciudala : tous ces grands qui se détestent sont voisins de palier, et ils n'ont qu'à faire deux pas dans la rue pour saluer le sénateur qui a voté le bannissement de leur père ou le patricien dont ils ont empoisonné le fils aîné.


C'est Benvenuto Gesufal, maître-assassin gouailleur, racaille notoire , baroudeur irréfléchi et invincible qui raconte ses heures de gloire et ses déboires, en connivence directe avec le lecteur. Ce héros, qu'on suit génialement dans tout le premier chapitre ridiculement abattu par le mal de mer,  est un personnage parfaitement  amoral que Jaworski arrive à nous rendre éminemment sympathique, et dont on partage les victoires, l' emprisonnement, l' évasion rocambolesque, le long voyage vers l'exil , le retour dans un triomphe ambigu : ses heures de peines et ses galéjades, ses fanfaronnades et ses coups de force.

Il est au service de Leonide Ducatore, l'implacable Podestat de Ciudala, capitale de la République, maître sans pitié, intrigant sans scrupules . A travers eux, c'est toute la politique des vieux Royaumes, perpétuellement en guerre ,  qui est dévoilée, avec ses intrigues de palais, ses trahisons, ses combines foireuses, ses coups fourrés. Tout cela sur fond de sortilèges, croisant au passage quelques elfes et quelques nains, c'est un magnifique hommage à Tolkien, aux romans de cape et d'épée, aux récits mythiques d'une façon générale, rien que ça!

C'est une grandiose épopée, une leçon d'Histoire fictive dans  des mondes alternativement  étranges et familiers : on est  si proche de nos Etats malsains. Jaworski, y met comme toujours sa faconde hallucinante, mi-noble, mi-truculente, son humour malin, son sens du détail , ses  amples descriptions et...  on y  est : ces paysages magnifiques et  ces villes grouillantes, on s'y promène, ces bagarres au destin prévisible, on en suit le déroulement avec angoisse, ce palais en feu, on en ressent la brûlure...On se laisse emporter par ce récit fantasmagorique où la bravoure est le maître mot. Il y a là un souffle, une présence, une proximité à ce réel surnaturel : Jaworski est un conteur qui m'a emportée au pays des rêves.


   Je suis allergique aux enterrements. Ça peut sembler bizarre, compte rendu de mon fonds de commerce, mais c'est ainsi. J'ai mes raisons. Tuer et inhumer, c'est deux activités très différentes. Buter un quidam, pour un affranchi, c'est gratifiant. Ça demande un minimum de coeur au ventre, c'est un peu sale, c'est rapide, c'est payant : bref, c'est une réelle expérience humaine, directe et sans complications. Enterrer le même quidam, par contre, quelle corvée ! C'est codifié, grégaire, faux cul, interminable. Ça sublime les vicissitudes du banquet de mariage, en noir et sans le pince-fesse. La douleur sincère de quelques naïfs copule d'obscène manière avec les larmes obligées du plus grand nombre
.


   Ils se servent de moi, c'est vrai. Ils m'utilisent pour construire leur image, pour étaler leur fortune et leur prétention, pour accroître leur rayonnement et pour bâtir leur postérité. Mais je ne suis pas seulement un instrument pour eux. Je leur offre aussi autre chose : un refuge, une sublimation, un objet qui dépasse le support matériel et sa valeur marchande, une ouverture sur une perception différente du monde. De ces hommes de pouvoir et d'argent, je fais des contemplatifs. Grâce à l'art, je les rappelle à leur humanité, dans sa dimension la plus haute. Ils me payent mais je les rachète.

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Re: Jean-Philippe Jaworski

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