Carlos Liscano

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Carlos Liscano

Message par topocl le Dim 18 Déc - 16:50

Carlos Liscano
Né en 1949



Carlos Liscano est un écrivain uruguayen né en 1949 à Montevideo. Engagé dans le mouvement Tupamaros, il est arrêté le 14 mars 1972 et condamné peu après par le régime militaire à treize années de prison. C'est dans sa cellule du pénitencier de la Liberté qu'il commence à écrire. En 1985, une fois libéré, il s'exile en Suède et ne rentre en Uruguay qu'en 1996. Son œuvre est marquée par l'influence de Franz Kafka et de Louis-Ferdinand Céline.

Depuis 2010, il est le conservateur de la Bibliothèque nationale de l'Uruguay.

Œuvres traduites en français

   2005 - Le Rapporteur et autres récits
   2005 - La Route d'Ithaque
   2005 - Ma famille
   2006 - Le Fourgon des fous
   2007 - L'Impunité des bourreaux
   2007 - Souvenirs de la guerre récente
   2010 - L'Écrivain et l'autre
   2011 - Le Lecteur inconstant suivi de Vie du corbeau blanc

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Re: Carlos Liscano

Message par topocl le Dim 18 Déc - 16:52

Le lecteur inconstant suivi de Vie du corbeau blanc



En un volume, deux textes radicalement différents.

La nuit, Liscano écrit une espèce de journal, Le lecteur inconstant, qui parle de son rapport aux mots, à la langue, à l'écriture, au monde, raconte comment au cours de son séjour en prison il a « créé en lui l’écrivain », comment il s’est ainsi inventé Autre, s’est sauvé du chaos. Une réflexion splendide sur l’écriture, où j’aurais recopié en « citation » la moitié des pages si je m’étais écoutée.

Cette partie du livre s’adresse  à vous tous,  qui aimez les livres et lirez avec émotion, cette promenade dans le monde solitaire, courageux quoique fragile, lumineux quoique sombre de Carlos Liscano, cet amoureux-otage-chercheur des mots, ce poète au phrasé paisible, à l’intelligence émouvante, cet homme qui a su créer son propre champ de liberté, et, son innocence perdue, interrogatif, modeste, résolu, y cherche une pureté, en « seigneur du néant ».


   L'écriture est un ordre qui traite de l'ordre du monde. Il faut créer un monde parallèle, complet, total, qui inclue tout ce que contient le monde, mais en dehors du monde. Il doit donc aussi m’inclure, moi. Je suis parce que je m'écris.

Le jour, Liscano, qui, depuis des années, ne peut plus écrire de fiction, écrit Vie d’un corbeau blanc un corbeau (envolé de chez Tolstoï) qui s’approprie des histoires, inspirées de grands textes de la littérature (Moby Dick, Ulysse…) ,les re-raconte à sa façon, pour « comme moi, se prouver qu’il existe ». Cela donne un conte ludique et réfléchi, une parodie de roman d’aventure, un récit léger (mais pas que) sans queue ni tête. Cette partie qui bavarde pour le plaisir de bavarder, raconte pour le plaisir des mots et références, où Liscano veut monter u autre usage de l’écriture, qui est aussi un jeu, facile , fluide, joyeux, m’a moins intéressée et finalement lassée.

Quoi qu’il en soit, je garderai un souvenir ébloui de la première partie, que je recommande chaleureusement, l’autre, cela arrive, n’étant « pas pour moi».


mots-clés : #creationartistique

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Re: Carlos Liscano

Message par tom léo le Dim 18 Déc - 17:34



Le fourgon des fous


Présentation de l'éditeur, 4ème de couverture
Plus qu'un témoignage, une réflexion sur l'homme et son inextinguible appétit de vivre, sur la nécessité de comprendre l'inimaginable. Sans cris, sans fureur, un plaidoyer vibrant pour le droit à la dignité, un récit pudique et bouleversant.

Montevideo, 1972. Carlos Liscano est jeté en prison par le régime militaire à l'âge de vingt-trois ans. Il en sortira treize ans plus tard. Il aura connu la torture, les humiliations, la honte, les étranges relations qui lient victimes et bourreaux, l'absurdité d'un système qui veut lui faire avouer quelque chose qu'il ne sait pas. Mais il aura aussi connu la résistance envers et contre tout, l'amitié indéfectible qui se noue entre camarades d'infortune, l'urgence de l'ouverture au monde et, par-dessus tout, le pouvoir libérateur de l'écriture. Le 14 mai 1985, avec ses derniers compagnons, Carlos Liscano est embarqué dans un fourgon qui va le mener vers la liberté. Une liberté inquiétante, douloureuse, impossible...


Cela a pris presque trente ans pour Liscano de mettre en mots (ou de publier) une partie de son vécu. Sans voyeurisme, il se montre au lecteur comme cet homme d’un coté humilié, bafoué, mais au même moment gardant un sens de dignité, si difficile à tenir, si devant des yeux voyeurs on a été au bout de ses forces, dans une détresse extrême. Malgré cela il reste très prudent avec des jugements hâtifs sur ce bourreau en face, et sa propre innocence face à la violence.

C’est d’une grande force que Liscano commence son livre plutôt avec la description de gestes qui rendent une dignité : à soi-même, à l’autre, à ses parents morts pendant son incarcération. C’est dans la deuxième partie qu’il parle plus amplement de la torture…, d’abord même dans la troisième personne : le prisonnier, le détenu…etc.  Ce qu’il décrit du rapport du torturé avec son propre corps (qu’il appelle « l’animal ») est très poignant.

Son langage est jamais faussement criant, mais sobre, simple. J’ai beaucoup aimé (en opposition à tellement d’auteurs latino-américains) ce style simple, réaliste, droit, sans « magies ». Ce n’est pas un « beau » livre, mais un récit qu’on pourrait mettre à coté de ceux d’un Primo Levi et d’autres. En fin de lecture je prenais congé d’un homme que je respecte profondément…


mots-clés : #biographie #regimeautoritaire
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Re: Carlos Liscano

Message par bix_229 le Dim 18 Déc - 18:35



Le Fourgon des fous


C'est un livre sur laquel je ne m'attarderai pas parce que la lecture est très éprouvante.
L'écriture est pourtant d'une sobriété totale. Précise et nette. Presque objective et fluide. Mais tranchante comme une lame de couteau. Six
On n'en sort pas indemne.

Les faits, on vous en a déjà parlé.
Outre la résistance jour après jour, heure après heure. Il y a cette extraordinaire amitié pour ceux qui ont connu le66me sort que Liscano.

Ce livre est une expérience et une libération par l'écriture, mais que l'auteur n'a pu exprimer que bien après sa libération.
Un livre sur la connaissance de soi et des limites extrêmes que l'homme torturé connaît à travers les souffrances physiques et morales.
Un livre extraordinaire aussi sur l' abime insondable que semble etre
Le bourreau qui n' est pourtant que l'envers de sa victime.

Ce livre est terrible et nécessaire.
Parce qu'humain au delà de tout.

Tout le monde se fait une idée de la torture.
Il est clair que quand on sait qu' on peut etre arrété, au moment de tomber, on y a déjà pensé.
mais personne ne pourra jamais se faire une idée des détails.
Les détails ont à voir avec une connaissance intime, relative au
corps, pas au corps humain en général, mais au corps de chaque
individu.
La torture ressemble à une maladie : elle ne fait pas souffrir tout
le monde de la meme façon, et seul celui qui l' a subie sait ce qu' on
ressent.

Message récupéré

Le livre entier devrait etre cité...
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