Lecture commune Malamud Bernard

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Le commis - Premier chapitre

Message par tom léo le Dim 15 Jan - 16:05

Après avoir lu le 1er chapitre :

Dès ces premiers paragraphes du premier chapitre on voit Morris Bober d'un coté dans une pauvreté qui va en s'agrandissant – surtout après l'installation d'une autre épicerie en face -, ET aussi une générosité innée : ne pas insister sur des dettes, ne pas compter sur le sou tout en devant compter les sous un par un ! Il me semble que dans certains caracteristique de Morris, Malamud balaie aussi certains images, voir préjugés !, qu'on a concernant « des Juifs ». C'est le contraire de l'avarice, une grande générosité, et justement pas l'opolence que certains lient avec ces exilés américains ?! Donc, certains descriptions du caractère de Morris qui sont assez positives : « il est toujours loyal, triche jamais (mais se fie au premier tricheur – donc prévision ede ce qui va se passer encore une fois???)

Morris a 60 ans ? Sa femme s'appelle Ida, ils ont deux enfants : Ephraïm et Hélène. Celle-ci est dans l'âge « mariable », et était lié avec Nat. Mais est-ce qu'il avait seulement joué avec elle ? Utilisant sa relative vulnérabilité ? Et, cela est intéressant, elle a un doute, elle de demande si jamais elle aurait cherché cette liaison avec quelqu'un de plus fortuné sécrètement pour « monter dans la societé » ? Signe aussi que ces deux mondes là auraient du mal à se retrouver : Comment s'aimer si les situations sont si différentes ?

Une réflexion de la fille Hélène quand elle donne sa paie au Père qu'il aimerait rendre partiellement par gêne : « Ce n'est pas toi qui prends, c'est moi qui donne. » Là, c'est presque un clin d'oeil à notre échange sur un autre fil sur « Le don », ce livre de Marcel Mauss. La grandeur dans le donner et le recevoir… Quelle importance de pouvoir donner quelque chose, pas juste être un « mendiant qui reçoit ! Quelle importance aussi de se laisser donner quelque chose !
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Re: Lecture commune Malamud Bernard

Message par bix_229 le Dim 15 Jan - 16:14

Je vais commencer la lecture de Les Locataires.
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Re: Lecture commune Malamud Bernard

Message par Bédoulène le Dim 15 Jan - 17:52

tom Léo, je suis d'accord avec ce que tu dis sur le "don" et sur la générosité de Morris.

A noter aussi le décalage entre le point de vue d'Helen et celui de ses parents ; il faut se marier entre Juifs.

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Re: Lecture commune Malamud Bernard

Message par tom léo le Lun 16 Jan - 7:13

Vers la fin du premier chapitre il y a donc cette attaque sur l'épicérie et la personne de Morris, et on se demande si
- soit un des attaquants connaît Morris
- ou si c'est une action commandé ? Et par qui ?

J'ai l'impression qu'il y a une concurrence dans ce quartier malsaine, des volontés de « chasser » notre Morris ?

(Ou si je me trompe avec ces hypothèses…)

Après avoir lu le deuxième chapitre :

Introduction d'un nouveau personnâge : Frank Alpine, de la côte ouest, selon ses dire, et à la recherche d'une meilleure situation. Même un autre cadre pour quelques pages : un bar. Clin d'oeil vers @animal et ce qu'il disait du film sur Saint François dans un autre fil : Celui-ci est incontestablement le Saint le plus universel et le plus aimé de l'église (catholique). Cet image de l'homélie aux oiseaux est ultraconnu, voir le Giotto d'Assise :



Donc, je me méfie un peu car Frank, de souche italienne, devrait presque impérativement connaître et cet image et Saint François. OU – j'y pense maintenant en écrivant – Frank étant un nom dérivé du nom de François, ces deux là sont les deux sous la houlette de Madame Pauvreté. Mais l'un l'a choisi, l'autre pas ? Belle piste?!

Sa pauvreté de lui, Frank, n'est certainement pas feinte, sa situation de précarité. Et plus qu'une description d'ordre économique, Malamud décrit très bien des/les conséquences : « il avait l'attitude d'un homme vaincu, humilié ». Ayant déjà entamé une multitude de boulots, il avoue envers Morris : « je finis toujours par faire une bêtise quelconque qui m'empêche à réussir ». Il me semble que c'est très pertinent sur les dégats de la pauvreté sur l'homme...

J'apprends qu'Ephraïm, le fils aimé des Bober, est donc mort de maladie (oreillons???).

J'aime cette phrase, cette idée de Morris : « Dans la discussion … (il = Karp) avait toujours l'avantage mais devant le silence il était désarmé. »

Le fils Karp, Louis, semble bien aimer sa copine d'enfance, de jeunesse, Hélène, mais elle refuse d'en faire plus. Sa crainte de continuer comme une malediction (vers la pauvreté?!) des Bober.

Frank trouve un accueil divers chez les Bober, mais en ce qui concerne au moins Morris, l'empathie l'emporte toujours. Un homme bon et, généreux à sa façon.
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Re: Lecture commune Malamud Bernard

Message par Bédoulène le Lun 16 Jan - 10:21

Il évolue, il change Frank grâce à cette famille Bober et surtout à l'amour qu'il éprouve pour Helen, mais à son habitude il fait la chose qui gâche tout.

Comme il a continué à "prélever" dans la caisse voilà qu'à présent il décide de s'amender et de rendre progressivement.

Une épicerie nouvelle s'ouvre qui attire tous les clients, celle des Bober périclite malgré les efforts de Frank.

Après que son attitude envers Helen et rempli de remords et malgré que Morris, d'une part pour économiser, d'autre part pour sa fille, l'ai congédié Frank continue à se dévouer pour l'épicerie qui périclite de plus en plus. Morris victime d'une intoxication au gaz et d'une bronchite inquiétante est hospitalisé.

Frank fait des aveux à Morris et lui demande de l'autoriser à rester au magasin, pour seulement le gite et le couvert mais Morris refuse.

Il semble que le destin s'acharne contre Morris qui une fois partiellement rétabli cherche un travail mais à 60 ans c' est plus que difficile. Karp son voisin lui présente un éventuel acheteur mais Morris n'arrive pas à mentir sur la situation.

Tous sont malheureux, les Bober et Frank.

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Re: Lecture commune Malamud Bernard

Message par tom léo le Mar 17 Jan - 7:25

Après avoir lu le troisième chapitre :

Certaines descriptions des attitudes de Morris et Ida, je les nommerais « entre doute et confiance », personnalisées pour ainsi dire par ces deux personnages. Ce qui me paraît intéressant – cela ne peut pas être un pur hasard ?! - c'est qu'Ida est habitée selon les mots de l'auteur d'une sorte de préjugé : Frank est « un élément étranger », puis (p 82), « la présence de cet étranger continuait à lui inspirer une sourde inquiétude et elle avait hâte de le voir partir ». Est-ce que ce sont pas là déjà des formes de préjugés que, d'habitude (dans ce milieu juïf) on subit ? Est-ce que Malamud n'est pas partiellement ici capable de faire un aveu : Nous aussi, on est habité par des formes d'exclusion ? Par ailleurs les « goyim » (expression pour le Non-Juïf) est utilisée comme une forme de mise à distance. Bref, on (Ida) traite Frank comme sont traités souvent des Juïfs ?

Oui, Frank se sert dans la caisse. Et cette glissade coexiste en lui avec la volonté de se racheter. On apprend (moi au moins ? Est-ce que je n'ai pas vu cela avant?) qu'il faisait partie des deux attaquants de l'épicerie. Mais il avait eu plus de scrupules que le fils Ward, dont on vient d'apprendre avant que son père policier le cherche…

Je n'arrive pas pour l'instant de juger ou « condamner » Frank dans sa certaine ambiguïté, tiraillé entre laisser-aller et remords.
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Re: Lecture commune Malamud Bernard

Message par Bédoulène le Mar 17 Jan - 8:12

oui Tom Léo Malamud nous montre que les Juifs ont l'esprit d'appartenance, mais cette méfiance est une protection, rappelons nous que le père de Morris a du fuir de son pays de naissance. Et puis toutes les confessions religieuses n'ont-elles pas cette réserve sur celui qui n'appartient pas à la même ?

D'où l'inquiètude des Bober quand ils se rendent compte de l'attirance de leur fille Helen pour Frank.

L'attitude de l'un des agresseurs de Morris (lui donne un verre d'eau, tente de calmer l'autre) et l'apparition ensuite de ce vagabond (Frank) laissaient deviner qu'il était l'un des participants.

A la pauvreté sensible (tous les petits détails qui la démontrent) de la famille Bober Frank ajoute son dénuement, sa malchance aussi.


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Re: Lecture commune Malamud Bernard

Message par tom léo le Mar 17 Jan - 15:23

Peut-être il y a problème quand nous postons en étant en différentes parties du roman. Je ne suis pas encore si loin que toi, il me semble? Peut-être tu pourrais l'indiquer à l'occasion?

@Bédoulène a écrit:... Malamud nous montre que les Juifs ont l'esprit d'appartenance, mais cette méfiance est une protection, rappelons nous que le père de Morris a du fuir de son pays de naissance.

L'appartenance mène souvent vers une méfiance, ensemble avec des expériences historiques. Néanmoins: Morris réagit autrement, c'est Ida qui se méfie plus (au début). Protection, oui, peut-être. Mais certaines adjectives utilisés par l'auteur pour décrire l'attitude, sont dans une parallèle à des attitudes excluant envers des Juïfs (voir mes citations en haut). Bien sür on ne parle pas ici de la Shoah etc... Mais il ne me semble pas que Frank devrait susciter ces craintes là d'une menace!

@Bédoulène a écrit:Et puis toutes les confessions religieuses n'ont-elles pas cette réserve sur celui qui n'appartient  pas à la même ?


Est-ce que cette attitude est vraiment le propre des confessions? Ou de toutes classes, souches, races, "classification" humaine etc? On se plaît trop à parler des dangers de la réligion..., l'exclusion la plus dure du XXème siècle n'émanait pas des réligions, mais de dictatures l'excluant totalement... Il y a toujours danger d'intégriisme, mais pas seulement réligieux. Par contre je pense que les reserves sont nées souvent justement en ignorant le fond de sa propre réligion ou appartenance.

Sans vouloir reduire un Morris à sa confession juïve, elle est l'exemple qu'un "Juïf" (comme tous) peut vivre une grande générosité...
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Re: Lecture commune Malamud Bernard

Message par Bédoulène le Mar 17 Jan - 16:20

"Est-ce que cette attitude est vraiment le propre des confessions? Ou de toutes classes, souches, races, "classification" humaine etc? On se plaît trop à parler des dangers de la réligion..., l'exclusion la plus dure du XXème siècle n'émanait pas des réligions, mais de dictatures l'excluant totalement... Il y a toujours danger d'intégriisme, mais pas seulement réligieux. Par contre je pense que les reserves sont nées souvent justement en ignorant le fond de sa propre réligion ou appartenance. "

tu as tout à fait raison Tom Léo, mais si je parle de confessions religieuses c'est parce que c'est le cas ici entre un goy catholique et un Juif, vois les réactions quant à l'attirance d'Helen pour Frank. Ida dit qu'Helen ne peut et ne doit épouser qu'un Juif (et cette réaction est certainement la même dans l'autre camp)

et après la faute de Frank (mais tu n'en est peut-être pas là) elle le traite de chien.............chien non circoncis


ps : j'ai déjà fini le livre (je vais lire l'Homme de Kiev aussi) et je compte sur toi pour rendre justice à ce très bon livre car mon commentaire est bof !

mais je te suis !

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Re: Lecture commune Malamud Bernard

Message par tom léo le Mer 18 Jan - 14:54

Wow, Bédoulène : là tu as pris de l'avance ! Je suis juste à la

Fin du quatrième chapitre :

Nous apprenons de la bouche de Morris, dans ces entretiens réguliers qu'il a avec son commis, qu'à l'âge de devoir aller à l'armée du tsar (donc avant la révolution!) ; il a fui le pays, la Russie, sur le conseil de ses parents. (Par « L'homme de Kiev », l'autre roman de Malamud, nous savons bien qu'il était bien conscient de l'antisémitisme ambiant en Russie.)

Oui, Frank continue à profiter de la situation pour subtiliser de l'argent et faire une habitude de sa « filouteries ». Néanmoins ce penchant franc pour le « vol » et la subtilisation est constamment mis en question par lui-même. Il se promet de rembourser un jour, est habité par la  mauvaise conscience. C'est comme un balancoire.

Frank se demande quel est vraiment l'attitude de Morris, et tout court des Juïfs, face à la souffrance : la patience, l'endurance ou la resignation ? C'est très intéressant qu'une sorte de même action, comportement pourraient être interprêtée de façon différente. Et qui jugera finalement ? Qui regarde dans, derrière les motivations les plus profondes de l'être humain ?

Aussi, face au fait d'avoir abusé de la confiance de Morris, Frank ressent un urgent besoin d'avouer. On ne peut pas se dédouaner soi-même de ses « méfaits » : un moment donné on doit le dire, ouvertement. Néccessité d'être franc pour pouvoir vraiment regarder l'autre dans les yeux.

Drôle : « ...dit-il en portant la main à son chapeau et s'apercevant maladroitement qu'il n'en avit pas ».

Correction d'une première impression :

@tom léo a écrit:Donc, je me méfie un peu car Frank, de souche italienne, devrait presque impérativement connaître et cet image et Saint François.

En fait je m'aperçois maintenant que j'ai lu trop rapidemment : Frank connaît "évidemment" St François. Encore une fois on trouve ici Frank qui feuillette une magazine et trouve une réprésentation de Saint François. Donc, une vraie interpéllation par ce Saint. Il va raconter de son contact priviligié avec un prêtre...

Subtile suggestion de moteurs, motivations différentes chez Frank et Hélène ? J'aime ces deux lectures mentionnées de l'une et de l'autre :

Frank lit sur « Napoléon » - ambitieux !
Hélène le livre de Dostoïevski « L'idiot » ! (Sympathique!!!)
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Re: Lecture commune Malamud Bernard

Message par shanidar le Mer 18 Jan - 15:06

Je vous lis et je me permets d'intervenir pour avoir deux petites précisions ; tom léo tu dis que Frank doit avouer ses larcins à quelqu'un pour pouvoir être absous, la confession est-elle aussi un rite dans la religion juive (je ne sais pas s'il faut parler de rite d'ailleurs, pardon si je n'utilise pas le terme exact) ?

Et il est question de la souffrance des juifs... je me demande si ce thème d'une souffrance éternelle pour une communauté 'élue' n'est pas le fondement même du judaïsme, cette expérience du rejet perpétuel et de l'éternelle migration des êtres, de l'impossible retour dans l'attente d'un Messie ?
J'ai l'impression que les chrétiens sont moins dans l'affliction et plus dans la joie...

Je pense beaucoup à ma lecture de Wassermann sur cette thématique, il va falloir que je retrouve les extraits que j'avais gardé pour vous les soumettre (sur la destinée juive)...
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Re: Lecture commune Malamud Bernard

Message par bix_229 le Mer 18 Jan - 15:41

Je suis presque à la moitié des Locataires, mais étant seul à le lire je ferai un compte rendu global.

Sachez que c' est un livre étonnant.
Deux écrivains l' un blanc et juif, l' autre black et révolutionnaire sont aux prises dans un immeuble abandonné pour cause
de démolition.
Le noir est partisan d' une littérature choc et réaliste, alors que le blanc est le tenant de la forme, de la construction.
Et ils menacent de s' étriper pour neutraliser leurs excès respectifs.
Physique, métaphysique, social, Malamud poursuit son questionnement incessant. En observateur lucide mais indulgent pour
ses personnages...
Enfin pas toujours, si je pense a William D.

En tout cas, je suis heureux d' avoir redécouvert cet auteur et de reconsidérer un auteur sous estimé ou un peu oublié.
Ce qui est le but de ma démarche donquichottesque !
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Re: Lecture commune Malamud Bernard

Message par Bédoulène le Mer 18 Jan - 21:22

j'ai trouvé qu'il y avait tout de même une critique de cette caractéristique des Juifs à conforter leur souffrance et leurs plaintes et j'avais aussi senti cette critique de façon plus sensible dans les livres de Oser Warszawski

Shanidar Frank n'est pas Juif, lui, mais ne dit-on pas faute avouée est à moitié pardonnée ?

Je ense que n'importe qui se sentirai en porte à faux dans sa situation, de plus devenir honnête lui permettrait de conquérir Helen, c'est ce qu'il pense.

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Re: Lecture commune Malamud Bernard

Message par Bédoulène le Mer 18 Jan - 21:22

je note le livre dont tu parles Bix merci

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Re: Lecture commune Malamud Bernard

Message par tom léo le Mer 18 Jan - 21:41

@shanidar a écrit:Je vous lis et je me permets d'intervenir pour avoir deux petites précisions ; tom léo tu dis que Frank doit avouer ses larcins à quelqu'un pour pouvoir être absous, la confession est-elle aussi un rite dans la religion juive (je ne sais pas s'il faut parler de rite d'ailleurs, pardon si je n'utilise pas le terme exact) ?

Pour les réponses je réjoinds Bédou. J'ajoute que la confession comme "sacrement" est peut-être chrétien, mais justement je ne me plais pas d'y voir une obligation malsaine, mais plutôt la possibilité d'une vraie libération. Oui, Frank est catholique. Il a du être marqué par ce sentiment de "faute, voir culpabilité". On a besoin, un moment donné, presque objectivement, de se décharger d'un poids, pour rebondir, de le "confesser".

La confession dans le rite juïve: je ne sais pas s'il y avait une formalité sacrementelle. Je ne suis pas non plus spécialiste. Mais ce qui est absolument sûr c'est la forte insistance du bonheur de l'homme qui "confesse ses péchés". Cela a rien d'abaissant. Je pense, pour répondre in extenso à ta question, par exemple au Psaume 51 (écriture juif de prière par excellence):

David a écrit:O Dieu! aie pitié de moi dans ta bonté; Selon ta grande miséricorde, efface mes transgressions;

2Lave-moi complètement de mon iniquité, Et purifie-moi de mon péché.

3Car je reconnais mes transgressions, Et mon péché est constamment devant moi.

4J'ai péché contre toi seul, Et j'ai fait ce qui est mal à tes yeux, En sorte que tu seras juste dans ta sentence, Sans reproche dans ton jugement.

5Voici, je suis né dans l'iniquité, Et ma mère m'a conçu dans le péché.

6Mais tu veux que la vérité soit au fond du coeur: Fais donc pénétrer la sagesse au dedans de moi!

7Purifie-moi avec l'hysope, et je serai pur; Lave-moi, et je serai plus blanc que la neige.

8Annonce-moi l'allégresse et la joie, Et les os que tu as brisés se réjouiront.

9Détourne ton regard de mes péchés, Efface toutes mes iniquités.

10O Dieu! crée en moi un coeur pur, Renouvelle en moi un esprit bien disposé.

11Ne me rejette pas loin de ta face, Ne me retire pas ton esprit saint.

12Rends-moi la joie de ton salut, Et qu'un esprit de bonne volonté me soutienne!

13J'enseignerai tes voies à ceux qui les transgressent, Et les pécheurs reviendront à toi.

14O Dieu, Dieu de mon salut! délivre-moi du sang versé, Et ma langue célébrera ta miséricorde.

15Seigneur! ouvre mes lèvres, Et ma bouche publiera ta louange.

16Si tu eusses voulu des sacrifices, je t'en aurais offert; Mais tu ne prends point plaisir aux holocaustes.

17Les sacrifices qui sont agréables à Dieu, c'est un esprit brisé: O Dieu! tu ne dédaignes pas un coeur brisé et contrit.

18Répands par ta grâce tes bienfaits sur Sion, Bâtis les murs de Jérusalem!

19Alors tu agréeras des sacrifices de justice, Des holocaustes et des victimes tout entières; Alors on offrira des taureaux sur ton autel.
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Re: Lecture commune Malamud Bernard

Message par Bédoulène le Mer 18 Jan - 22:03

oui je pense qu'avouer une faute est un soulagement quelle que soit les conséquences qui en découlent

merci Tom Léo

Frank ajoute ses soucis à ceux de la famille Bober, il est lui aussi malchanceux mais on ne peux qu'admirer sa persévérance.


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Re: Lecture commune Malamud Bernard

Message par shanidar le Jeu 19 Jan - 11:09

Merci pour vos réponses .
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Re: Lecture commune Malamud Bernard

Message par Bédoulène le Jeu 19 Jan - 11:30

une bonne entrée dans "Lhomme de Kiev"

on voit dès les premières pages l'importance chez les Juifs de la paternité, Yakov critique la stérilité de sa femme laquelle l'a quitté d'ailleurs pour un autre (pas étonnant puisqu'elle était délaissée) et le langage de Zina quant à sa sexualité, ses menstruations est étonnant de franchise à cette époque, non ?

je ne savais pas qu'il existait des zones pour Juifs et qu'ils devaient posséder une carte de séjour.

l'antisémitisme est virulent.

Je trouve Yakov froid ce qui ne le rend pas très sympathique.

Shanidar ?

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L'homme de Kiev

Message par shanidar le Jeu 19 Jan - 11:42

Peut-être commencé en disant que L'homme de Kiev est un récit qui se passe en 1911 en Russie ukrainienne, dirigée par Nicolas II, une époque durant laquelle les juifs étaient persécutés (mais les pogroms remontent en Russie a bien plus longtemps). L'histoire de Yakov Bok est tirée d'une histoire vraie et basée sur l'idée d'un crime rituel réalisé par les juifs sur un enfant chrétien pour récupérer son sang et en faire du pain pour la Pâque. Cette histoire est pratiquement identique à celle de Gyula Krúdy L'Affaire Eszter Solymosi mais les choix narratifs sont différents.

Yakov Bok, à qui rien de bon n'est jamais arrivé, quitte son shtelt pauvre comme Job avec deux espoirs : gagner un peu d'argent par son travail et pouvoir s'instruire. J'ai été touchée qu'il jette ses objets religieux dans le Dniepr et garde précieusement un livre de Spinoza. Il le dira plus tard, il n'est pas religieux mais se considère comme un libre-penseur.
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Re: Lecture commune Malamud Bernard

Message par Bédoulène le Jeu 19 Jan - 20:35

oui tu as raison dans les premières pages c'est l'annonce du meurtre d'un enfant et des tracts accusant les Juifs, desuite nous sommes dans l'ambiance antisémite.

Ensuite retour sur le passsé de Yakov et la raison de sa venue à Kiev.

je ne vois pas le passage où il est dit qu'il choisit le livre de Spinoza, même si je sais qu'il le conserve après le passage de la Dniepr. Il n'est pas dit qu'il jette le sac contenant ses objets de prières

" Yakov réprima l'envie d'en faire autant. (se signer)Avec un plouf, le sac contenant ses objets de prières tomba dans le Dniepr où il coula comme du plomb."


Safran Foer a fait une belle préface, j'aime ce qu'il dit :

Soudain pester contre le monde comme il va ne me suffisait plus.

Plutôt que de délivrer une faible injonction, il pose au lecteur une question cruciale : comment peux-tu rester là à ne rien faire ?

Notre monde - aussi désespéré et détraqué soit-il - a besoin de romans existentiels, de romans qui nous apportent un bien plus précieux que l'espoir : un appel à l'action.

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"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
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Bédoulène

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Re: Lecture commune Malamud Bernard

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