Anne Serre

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Anne Serre

Message par Nadine le Sam 3 Déc - 11:08

Anne Serre
née en 1960 en France.



Originaire du Cantal, elle grandit à Fontainebleau puis Orléans où son père est professeur de Lettres Classiques. Le début de l’adolescence est marqué par la mort de sa mère : « Cela a été comme une bombe tombée sur la maison ». Ce fut, du même coup, la découverte de la littérature et les premiers écrits de jeunesse.

Elle fait ses études à Paris, où après une hypokhâgne et une khâgne au Lycée Fénelon, elle poursuit son cursus de Lettres modernes à la Sorbonne et rédige un mémoire de maîtrise sur les contes de fées de Madame d’Aulnoy. Elle s’intéresse à la littérature contemporaine, et, à vingt ans, publie ses premières nouvelles dans des revues littéraires. De 1984 à 1990 elle enseigne la langue française et travaille comme lectrice aux Éditions Grasset. De 1992 à 2000, elle dirige, sous un pseudonyme, la rubrique livres d’un grand journal féminin.

Jusqu’en 1991, Anne Serre publie exclusivement des nouvelles et des textes courts dans des revues littéraires. C’est d’ailleurs une nouvelle poursuivie puis déployée, « Les Gouvernantes » (Recueil no 17), qui sera à l’origine de son premier roman, au titre éponyme.

Bibliographie :

Romans
Les Gouvernantes, 1992
Eva Lone, 1993
Un Voyage en ballon, 1993
La Petite épée du cœur, 1995
Film, 1998
Au Secours, 1998
Le Cheval blanc d’Uffington, 2002
Le Narrateur, 2004
Le.Mat, 2005
Un Chapeau léopard, 2008
Les Débutants, 2011, (folio 5556)
Petite table, sois mise !, 2012
Dialogue d’été, 2014

Nouvelles et autres textes
« Le Regard », L'Alphée, no 3, 1980
« La Marche des vieillards », Obsidiane, no 10, 1980
« Les Conjurés de Belle », in Chroniques fantastiques, 1980.
« La Mort d’un père », L'Alphée, no 7, 1982
« L'Exode », Obsidiane, no 18, 1982
« Retour au pays natal », La Nouvelle Revue française, octobre 1988
« Un Voyage en ballon », La Nouvelle Revue française, janvier 1990
« Ceci n’est pas un rêve », La Revue des deux Mondes, février 1990
« Le Dernier jour de leur amour », La Nouvelle Revue française, décembre 1990
« Les Gouvernantes », Recueil, no 17, 1991
« Pourquoi vivez-vous à Madrid ? », La Nouvelle Revue française, octobre 1992
« Une grande jupe d’un certain rouge », L'Express, 3/9 septembre 1998
« Jean-Jacques Rousseau dans mes prés », L'Infini, hiver 1998
« Laissez-moi, je n’ai pas peur », Le Nouveau Recueil, mars/mai 1999
« Votre désir d’amour », L'Infini, printemps 2000
« Pavillon 61 », Le Nouveau Recueil, mars/mai 2001
« Une excitation », Histoires de lecture, CNL, Lire en fête, octobre 2002
« Fumer fait vivre », Libération, 13 septembre 2003
« Notes sur la guerre. Une lecture de L'Iliade », Le Nouveau Recueil, septembre 2003
« Curriculum vitæ », Brèves, no 78, 2006
« Voyage dans l'Europe de Montaigne », La Nouvelle Revue française, juin 2007
« Le nez de Simenon», Le Magazine littéraire, septembre 2009
« Les Deux Sœurs », In Le petit pan de mur jaune. 22 écrivains du côté du Louvre, collectif, Skira/Flammarion, 2010
« À la manière de Gertrude Stein », Le Magazine littéraire, no 493, 2010
"L'enfance de Bouvard et Pécuchet ", Le Magazine littéraire, no 496, 2010
« Une question terrible à l’heure du thé » (sur Theodore Francis Powys (en)), Marianne/Le Magazine littéraire, Hors-série juillet-août 2012
Carnets (extraits), Neuvième Secousse (revue en ligne), mars 2013
Carnets (extraits), Les Moments littéraires, no 31, 2014
La haine du narrateur,  Seizième Secousse (revue en ligne), 2015
« Qu'est-ce qu'une femme?», Emoticourt, éditions en ligne, janvier 2016.
Carnets (extraits), La Nouvelle Revue française, mars, 2016
« Comment j'écris mes livres», revue Etudes, mai 2016.


Dernière édition par Nadine le Dim 4 Déc - 14:48, édité 2 fois
avatar
Nadine

Messages : 1933
Date d'inscription : 02/12/2016

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Anne Serre

Message par Nadine le Sam 3 Déc - 11:10



Dialogue d'été

Emprunté absolument avec hasard, ce roman annonce en 4eme de couverture parler de l'écriture en marche.
Et c'est ça en effet.
Une femme ecrivain dialogue avec une proche, sur la création en marche, sur l'univers que convoque l'écriture.

Le ton "blanc" (ne me demandez pas pourquoi j'appelle ça blanc, c'est un côté ton-calme ) des dialogues est trompeur : jusqu'au bout du livre on apprend réellement du regard singulier, de l'orchestration fictive. On n'est pas , comme chez Duras (que j'aime beaucoup d'ailleurs) dans un sidéré d'un tableau, ici pas de sidération, les images sont réitérées, reprises, développées, mais le fil et le ton simples, directs, ne désincarnent pas les à côté du discours. On ne cristallise pas des images mentales, on est plutôt dans la prise d'exemple, et son déroulé.

J'ai trouvé le contenu discursif honnête, accueillant, et exigeant. C'est un style introspectif, on pourrait donc avoir le sentiment d'un égotisme en oeuvre, mais en fait non, il me semble que vraiment elle n'est pas là dessus.
On cherche le perceptif, on le trouve à ses côtés.

En regardant, après quelques pages, sur le net, qui était l'auteur de ce livre, j'ai découvert qu'elle avait écrit un livre relativement controversé, un roman ayant pour objet une famille, aux rapports incestueux, apparemment traité sans prisme moral, d'où la polémique.Enfin, en fait pas tres polémique, je projette mon sentiment : les deux ou trois critiques survolées chantent la sensualité l'erotisme etc du livre, sa joie. Comme souvent lorsque des tabous entrent en littérature.

A lire ce livre-ci, (mais à la lumière des bribes apprises ci dessus) des fils de fond m'ont semblé pourtant ressortir, comme au passage, presque par inadvertance : La narratrice qui insiste sur son choix de ne pas avoir d'enfant, d'être en sorte de célibat, à l'occasion, en répondant à son interlocutrice qui la ramène à son propre archétype, hors ses personnages intérieurs, sur son retrait du champ du désir physique, sur des troubles, effleurés, dans son rapport à autrui. Sur l'éden, enfin, que constitue, en fait, son entrée en littérature.

J'ai visionné deux interviews d'elle, sur Dialogue d'été, et sur le livre précédent, elle est très claire sur ses objectifs quant au précédent, et récuse que ce soit un roman érotique.

Ce Dialogue d'été semble alors nous ouvrir la fabrique des histoires. Et sa palette de passeurs.

Pour moi c'était interpelant car j'ai justement lu il y a peu "La fabrique des pervers" de S. Chauveau.
J'ai du coup traversé la proposition d'écriture aussi comme un état des lieux de sa résilience.
A tord ou à raison. Car nous sommes dans des romans. Elle le souligne assez en interviews.

Toutes choses qui jettent, peut-être, un singulier éclairage sur son précédent roman, qui récuseraient, en fait, tout simplement,
l'idée que celui-ci, sur la bombance de chair intra-familiale, devrait être prit au pied de la lettre.

L'auteur expose d'ailleurs assez clairement l'existence d'une dialectique de l'être, dans son agir et hors lui.

Je me suis attachée à cette narratrice, j'ai aimé qu'elle explique,
je conseille, et la suivrai. je crois que j'ai surtout hâte de lire le prochain. pas forcément ce qu'elle aura écrit avant ce Dialogue d'été.

Anne Serre, Dialogue d'été page 106 a écrit :-Va pour la mère de famille. J'aimerais bien te voir dans ce rôle qui te ressemble si peu, me semble-t'il...
-J'ai cinq enfants, je suis pauvre, je vis dans un roman anglais du dix-neuvième siècle...

- Non, non, je voudrais une mère de famille contemporaine.
- J'ai trois enfants, je vis à Paris et je travaille, mes journées entre mon entreprise et ma vie de famille sont exclusivement consacrées aux questions pratiques. Il faut que j'organise et calcule en permanence, pour la maison, les repas, les vêtements des uns et des autres, les activités de chacun, les vacances, le week-end prochain, l'avenir. Non, en mère de famille contemporaine je ne peux rien faire d'autre, je ne peux pas passer mon temps à scruter des scènes imaginaires et à les décrire parce que je n'ai pas le temps d'imaginer quoi que ce soit. D'ailleurs je ne rêve quasiment pas. Le réveil sonne bruyamment à sept heures et coupe mes rêves, il faut aussi que je sois belle et jeune tout le temps, que j'ai une vie intéressante et riche, donc je vais voir les films, les expositions, les pièces de théâtre, et je lis parfois. Non, je n'ai pas le temps d'imaginer. On laisse tomber la mère de famille.

-Cele du dix-neuvième a plus de chance ?
- Elle est pauvre, les enfants se nourrissent d'un quignon de pain et de pommes, ils ne vont pas à l'école, elle fait la route, elle est à chaque instant en contact avec la vérité des êtres, se fiche d'être belle et jeune, elle cherche juste à survivre. Oui, elle, elle a de l'imagination. Pendant qu'elle marche elle s'interrooge sur l'expression de visage de tel homme, elle note de quelle manière on la reçoit pour lui offrir quelque chose. Elle n'a pas d'amours, pas d'amis, son coeur est libre comme un arbre. Elle ne pense pas à l'avenir, elle ne pense qu'au présent. Il faut juste ne pas mourir, ne pas défaillir, c'est tout. Elle ne voit aucune exposition, aucun film, et parfois elle lit le livre qui est là, dans la pièce, si on lui a laissé une pièce pour dormir. Comme elle ne lit qu'un livre, il fait son chemin en elle. Elle y repense tandis qu'elle mendie ou qu'elle est seule avec les enfants comme elle l'est le plus souvent. ce livre crèe des allées dans son esprit. Pour tenir le coup elle vit de temps en temps dans ces allées. Oui, elle, elle peut voir.

-C'est une vision assez romanesque de la pauvreté, non ?
-Je ne crois pas. les gens qui n'ont plus aucun loisir de tricher avec les autres voient en général assez clairement ce qui se passe autour d'eux. Ils ne vous parleront pas de leur imagination parce qu'elle leur semble un secret à garder, une dignité à préserver, mais ils sauront entrer dans celle des autres avec une liberté déconcertante."
avatar
Nadine

Messages : 1933
Date d'inscription : 02/12/2016

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

 Des Choses à lire :: Lectures par auteurs :: Écrivains européens francophones

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum