Sandor Marai

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Sandor Marai

Message par Bédoulène le Mar 20 Déc - 8:45

Sandor Marai
(1900-1989)



Sándor Márai, né Sándor Grosschmid de Mára (márai Grosschmid Sándor Károly Henrik en hongrois) le 11 avril 1900 à Kassa qui fait alors partie du Royaume de Hongrie dans l'Empire austro-hongrois (aujourd'hui Košice, en Slovaquie) et mort le 22 février 1989 à San Diego aux États-Unis, est un écrivain et journaliste hongrois. Sándor Márai naît dans une famille de la petite noblesse de Haute-Hongrie de quatre enfants dont il est l'aîné. Il est le fils du docteur Géza Grosschmid de Mára (1872-1934), notaire royal, président de la chambre des avocats de Kassa et ancien sénateur du Parti socialiste chrétien national hongrois. Sa mère est Margit Ratkovszky (1874-1964) et son frère est le réalisateur Géza Radványi. Son aïeul János Kristóf (1745-1798), haut fonctionnaire du Trésor né et installé dans le comitat de Máramaros en Transylvanie, y reçut de Léopold II la terre noble de Mára (1790).

Sándor Márai est attiré très tôt par l'écriture. Il publie en effet son premier recueil de poésies à l'âge de 18 ans et, tout en poursuivant des études d'art à l'université de Budapest, collabore régulièrement au quotidien Magyarország. Une contribution à un journal communiste lors de l'éphémère République des Conseils de Hongrie, régime dictatorial dirigé par Béla Kun (21 mars - 1er août 1919), incite ses parents à le presser de partir quelque temps à l'étranger, au renversement de ce régime par l'armée franco-roumaine du général Henri Berthelot. Ils craignent pour leur fils la « Terreur blanche », la répression organisée contre les communistes par les contre-révolutionnaires hongrois.

Sándor Márai part donc pour l'Allemagne afin d'entamer des études de journalisme à l'Université de Leipzig et des études de philosophie aux Universités de Francfort et de Berlin tout en écrivant des articles pour les journaux et les magazines. C'est à Berlin qu'il rencontre par hasard dans un café Ilona Matzner (Lola) qu'il avait connue à Kassa. Ils se marient quelques mois plus tard en 1923. Le jeune couple s'installe d'abord à Paris, où Sándor Márai travaille comme correspondant du Frankfurter Zeitung, le journal de la bourgeoisie libérale allemande, dont il est devenu l'une des prestigieuses signatures. Il envisage pendant un temps d'écrire en allemand, mais il choisit finalement sa langue maternelle, le hongrois.

Sándor Márai et sa jeune épouse décident de rentrer à Budapest en 1928 où le régime très conservateur de l'amiral Miklós Horthy, élu le 1er mars 1920 « Régent du royaume », maintient la démocratie parlementaire bien que le type de scrutin hongrois empêche toute alternance politique véritable. Les propriétaires terriens, dans une économie où l'agriculture est prépondérante, et l'aristocratie qui domine l'armée et la classe politique sont les principaux soutiens du régime.

source : Wikipédia

Œuvres traduites en français

Les Révoltés
La Conversation de Bolzano
Les Confessions d'un bourgeois
Les Braises
L’Héritage d'Esther
Divorce à Buda
Un chien de caractère
Mémoires de Hongrie
Paix à Ithaque !
Métamorphoses d'un mariage
Libération
Le Premier Amour
Le Miracle de San Gennaro
L'Étrangère
La Sœur
Les Étrangers
Les Mouettes
Ce que j’ai voulu taire
La nuit du bûcher

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Un chien de caractère


Ses Maîtres des bourgeois installés dans leur «discipline» l'accueillent et leur quotidien s'en trouve dérangé. Ils prêtent à leur chien être inférieur, non conforme d'ailleurs aux critères d'un bon chien, des raisonnements humains, lui parlent en espérant des réponses qui ne sont évidemment pas celles espérées.

Le Maître estimant que le chien n'accomplit pas le «contrat» qui les lie engage une confrontation avec l'animal, laquelle s'exprime par l'ignorance totale de la nature de l'animal. La situation dégénère et s'achève par un ultime affrontement.

Le livre se termine par une morale comme une fable !

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Re: Sandor Marai

Message par tom léo le Mar 20 Déc - 16:43



Ce que j'ai voulu taire

Originale:  Hallgatni Akartam (Hongrois, écrit entre 1949/50, perdu, retrouvé et paru finalement en 2013 à Budapest!)

CONTENU :
Ce livre, qui chronique les dix années entre l’Anschluss (mars 1938) et l'exil définitif de Marai (1948), constitue le dernier volet des « Confessions d'un bourgeois ». Il n a jamais été publié du vivant de Márai.

Pour répondre à la question centrale du livre, « Comment la Hongrie en est-elle arrivée là ? », c’est-à-dire à pactiser avec l'Allemagne nazie, puis à devenir un satellite de l Union soviétique, Marai se livre à une analyse approfondie de la société hongroise. Celle-ci est indissociable d'une perception pleine de finesse de la situation mondiale, fondée sur une réflexion étonnamment moderne, d’une lucidité presque visionnaire. Son point de vue est celui d’un bourgeois assumé, un humaniste aspirant à un ordre juste qui pourrait prendre la forme d’un socialisme modéré. Cette chronique de la décomposition d'un pays, d'une culture et d'un mode de vie est une lecture précieuse pour qui souhaite comprendre la Hongrie et l'Europe d'aujourd'hui.

REMARQUES :
A coté de quelques apparitions « personnelles » dans le récit, et contrairement peut-être à la forme de narration des premiers tomes -  plus proche d’un récit, d’un vécu ? - Marai donne avant tout une sorte de chronique et d’analyse de ces années cruciales. Le jour de l’Anschluss est le point de départ d’un tour d’horizon de la situation en Allemagne, en Autriche, mais aussi dans l’Europe, le monde, pour expliquer comment selon lui a pu arriver ce qui est arrivé, d’abord pratiquemment sans resistance extérieure.

Il y aura quelques autres dates clés et portraits poignants d’hommes politiques qui permettent de partir d’un point de départ. Il faut s’imaginer – et Marai en est conscient – comment en espace d’une dizaine d’années la societé hongroise a basculé d’un état bourgeois via une proximité avec le nazisme vers l’intégration forcée dans l’URSS et ses satellites. Tout un monde disparaît, une forme de penser, de vivre... Et au fond, le tout est déjà en germe quand l’Autriche passe dans la Deutsches Reich, en Mars 1938. Des conséquences prévisibles, une guerre inévitable à l’horizon – pour celui qui voyait clair.

Dans la deuxième partie l’auteur s’approche des conséquences du traité de Trianon qui démantelait la Hongrie de deux-tiers de son territoire et d’une partie de sa population. Terrain propice... Mais malgré des abus, on trouve aussi une accusation chez Marai de ne pas rendu ainsi une service à la Hongrie et la situation internationale.

Donc, il s’agit plutôt d’une forme d’analyse, mais d’une grande maîtrise qui donne l’impression au lecteur qu’il comprendra un peu mieux les interdépendances, les relations, les événements. Marai ne se contente pas de voir la Hongie comme pure victime innocente, mais met en avant les attitudes latentes d’antisémitismes et de fascisme. (Le lecteur se demande à quel point certaines de ces analyses ne se revèlent pas encore aujourd’hui comme étant très actuelles...)

Marai se déclare appartenant à cette bourgeoisie éclairée qui a peut-être peu en commun avec des associations plus tardives avec ce terme : une étroitesse, une lourdeur etc. Cette attitude de Marai a rien d’une préférence vers une droite nationale autodestructrice, voir fascisante. Mais on pressent une certaine nostalgie à une vie en voie de disparition. Dans cette veine je me sentais rappelé au « Monde d’hier » de Stefan Zweig...

Pour tous ceux qui s’intéressent à l’histoire de la Hongrie, mais aussi de l’Europe dans le contexte de la montée du fascisme, ce livre nous dit beaucoup de choses intéressantes. Peut-être on aperçoit ici et là quelques faits qui aident à comprendre une certaine passivité ? Aussi de l’auteur ?

Très informatif, très intéressant. Et dans une écriture d’une grande maîtrise.


mots-clés : #biographie #deuxiemeguerre #regimeautoritaire
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Re: Sandor Marai

Message par Bédoulène le Mar 20 Déc - 17:04

Tu peux me dire par ordre chronologique les 2 autres livres des Confessions d'un bourgeois ?

merci


P.S. J'ai lu braise qui m'a rappelé un excellent film avec Laurence Oliver et Michael Caine, Le Limier pour le face à face en huis clos.

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Re: Sandor Marai

Message par topocl le Mar 20 Déc - 17:40

La nuit du bûcher




   « Ils étaient d'accord : le livre représentait un énorme danger car, pour beaucoup de gens, il était susceptible de provoquer la terrifiante possibilité d'une réflexion indépendante. D'accord également quand le padre, soufflant et transpirant, déclara que le seul moyen de lutter efficacement contre le danger était d'incarcérer tous les suspects. D'accord aussi pour dire que la méthode souveraine dans le combat contre l'hérésie était de réduire à néant tous les livres, auteurs et lecteurs louches, parce qu'il n'y aurait pas d'ordre dans le monde tant que vivraient des hommes qui feraient l'expérience de penser par eux-mêmes. »  

.        

Au déclin du XVIème siècle, un jeune carme espagnol est envoyé à Rome en « stage d’observation » pour rapporter chez lui tous les enseignements qui permettront à la redoutable Sainte Inquisition d'être encore plus performante.

Au terme d'un séjour fait de dévotion  et d'admiration pour la grande charité qu'il prête au censeurs romains, celui-ci assiste à un ultime bûcher, celui de Giordano Bruno, prêtre apostat et intellectuel hérétique. Son obstination  à prêter la moindre allégeance à ses bourreaux l'amène à renoncer à l'Inquisition.

Non parce que celle-ci est un acte abjecte et inadmissible... Mais parce qu'elle est vouée à l'échec : si des hommes aussi fiers et courageux s'opposent à elle, notre carme estime que c'est en vain qu'elle exercera son pouvoir, les irréductibles ne seront jamais vaincus (ou sauvés, selon le point de vue).

Sandor Marai nous propose, sous forme d'une lettre de confession, un récit à l'écriture à la fois ample et compassée. L'Inquisition y est décrite dans tous les détails, fort peu réjouissants, par un homme qui lui est totalement dévoué,  dans une complaisance liée à son aveuglement, selon un procédé par moments un peu trop didactique. Ce n'est qu'à la page 206 (sur 254)  qu'il a brusquement son illumination, par un mécanisme qu'on s'explique mal, puisque jusque là le doute ne s'était pas le moins du monde immiscé en lui. Ce retournement brutal est certainement la faiblesse du livre. S'ensuivent alors l'exil en Suisse où il côtoie la société civile et les protestants, et une ouverture à l'autre sans pour autant qu'il renie sa foi. Il découvre une liberté, ainsi que le prix qu'elle peut coûter : celle d'autoriser le savoir, et l'écrit, au côté de la foi.

A travers l'Inquisition, Marai dénonce tous les régimes totalitaires, et postule que par la résistance et la persévérance, les opprimés détiennent une force et peuvent vaincre.

(commentaire récupéré)

mots-clés : #religion #violence

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Re: Sandor Marai

Message par bix_229 le Mar 20 Déc - 18:17



METAMORPHOSES D' UN MARIAGE

On l'a dit, Métamorphoses d'un mariage, c'est l'histoire de trois personnages racontée par eux-mêmes...
Au soir de leur vie, ils disent ce qu'ils ont vécu, appris, essayé d'entreprendre, de comprendre et de maitriser.
Peu de choses en vérité.
Chacun a souhaité de toutes ses forces posséder ce qu'il n'avait pas et qui lui manquait tellement.
Croyait-il.
Et quand il l'a enfin obtenu, il ne le désirait plus. Histoire connue.

Ils ont finalement conclu tous les trois que la vie était un malentendu tragique, une mauvaise plaisanterie, une sorte de jeu absurde et cruel dont ils ignoraient les règles, et qu'ils ont finalement perdu.
Forcément.
L'impossibilité d'aimer. D'être aimé. C'est peut-être cet échec-là qui leur coûte le plus. Mais il est tard. Le temps est passé et l'Histoire par là dessus.
Reste un gout de cendre.

Ce roman est un grand roman parmi ceux de l'Europe Centrale, de Musil, Broch, Canetti, Svevo...
Un seul reproche personnel au roman de Marai.
Dans la mesure où le premier récit seul m'a paru crédible, je pense en tant que lecteur que l'artifice de faire raconter leur vie aux trois personnages principaux est une erreur qui déséquilibre un peu le livre...

Mais c'est personnel.

(Message récupéré)



mots-clés : #psychologique
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Re: Sandor Marai

Message par tom léo le Mar 20 Déc - 22:43

@Bédoulène a écrit:tu peux me dire par ordre chronologique les 2 autres livres des "confessions d'un bourgeois" ?

Ah, j'avais copié une ancienne récension..., mais si mes souvenirs sont bons, ils devraient s'agir de ces deux livres:

Les Confessions d'un bourgeois
Mémoires de Hongrie
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Re: Sandor Marai

Message par Bédoulène le Mar 20 Déc - 23:02

merci Tom Léo ! je note

pour l'instant j' ai 6 livres en attente

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