Chamaco_VilaMatas

On sait que l’un des aspects les plus séduisants de la littérature est sa possibilité d’être une sorte de miroir qui avance ; un miroir qui, comme certaines horloges peut avancer.

Enrique Vila-Matas, Perdre des théories

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    Diane Meur

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    Diane Meur

    Message par topocl le Mar 20 Déc - 13:12

    Diane Meur
    Née en 1970



    Diane Meur, née à Uccle le 7 janvier 1970, est une femme de lettres belge d'expression française.

    Lors de ses études au lycée français de Bruxelles, Diane Meur débute l'allemand avant de faire deux années de classes préparatoires au lycée Henri-IV à Paris puis d'intégrer l'École normale supérieure, rue d'Ulm, en « lettres modernes » (Promotion L 90). Elle obtient une maîtrise de littérature comparée de l'Université Paris-IV ainsi qu'un DEA de sociohistoire de la littérature obtenu à l'EHESS. Après de nombreuses traductions d'ouvrages de philosophie et/ou de sciences, elle écrit son premier roman La Vie de Mardochée de Löwenfels, écrite par-lui-même, publié en 2002 aux éditions Sabine Wespieser en France.

    Elle est membre de l'Association des Traducteurs littéraires de France et secrétaire de la Société des Gens de lettres.

    Bibliographie :

    Romans

       La Vie de Mardochée de Löwenfels, écrite par lui-même,  2002
       Le Prisonnier de Sainte-Pélagie, 2003
       La Dame blanche de la Bièvre,  2004
       Raptus, Paris, 2004
       Les Vivants et les Ombres,  2007
       Les Villes de la plaine, 2011
       La Carte des Mendelssohn,  2015


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    Re: Diane Meur

    Message par topocl le Mar 20 Déc - 13:13

    Les villes de la plaine



    Diane Meur nous offre un petit récit mythologique situé dans les temps anciens au sein d'une civilisation imaginaire. Elle nous livre les clés de cette civilisation, après lesquelles courent quelques archéologues allemands bien des années plus tard. Deux villes peuplent la plaine, Sir, orgueilleuse, hautaine, perclue de lois et réglementations qui assurent une vie contrôlée et sans surprises, s'oppose à Hénab, dominée par le commerce et la jouissance, peuplée depuis les temps anciens par des individus qui ont fui Sir ou en ont été bannis.
    A Sir, les textes qui régissent la vie ont été écrits des siècles plus tôt par le mythique Anouher, auquel chacun voue un culte respectueux. Le scribe Asral recopie selon la tradition ces textes sacrés, qui constituent les fondations de cette civilisation. Mais voilà qu’arrive en ville Orjéneb. Enfui d'un de ces villages montagnards qui ignorent les règles, ignorent l’écriture, et essuient pour cela le mépris de tous. Mais cet étranger va apporter au scribe une façon nouvelle de voir les choses, et toute l'interprétation des textes va être remise en question d’où : complots divers, luttes d'influence… qui aboutissent à une guerre civile.

    Diane Meur nous offre un texte assez envoûtant écrit dans un style d'une richesse tranquille. Comme tout récit mythologique, celui-ci peut ceci peut être lu au premier degré : naissance, vie et mort d'une civilisation. Mais il questionne aussi sur la croyance, la loi, le pouvoir des mots, la recherche de la vérité, la richesse de la confrontation des idées, le sens de l'écriture, la connaissance comme outil de libération…
    Un roman attachant, d'une grande originalité, qui confirme que Diane Meur a plus d'une corde à son arc .

    (commentaire rapatrié)


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    Re: Diane Meur

    Message par topocl le Mar 20 Déc - 13:17

    La carte des Mendelssohn



    Diane Meur, sans trop savoir elle-même pourquoi, se met à s'intéresser à la famille Mendelssohn. Moses,  philosophe juif allemand du XVIIIe siècle qui prêche l'émancipation, Félix,  compositeur  prolifique plein de charme. Puis au passage Abraham, leur fils et père, « géant entre deux génies », passeur pas  si terne qu'on le croyait au départ, puis la fille de l'un, le frère de l'autre, le neveu, le lointain cousin… Jusqu'à une géante tache d'huile, joyeusement alimentée d'archives et de consultations compulsives sur Internet portant sur huit générations.

    Moses   Felix  

    Diane Meur s' instruit, nous instruit, de cette  famille féconde   à travers les siècles,  dont elle dénombre pas moins de 765 descendants. Au fil des événements  historiques ou conjugaux, des opportunités ou des convictions, on change de nom, de confession, de profession, les enfants meurent en bas âge, les amours sont heureuses ou contrariées. Les portraits  sont autant personnalités, féminines ou masculines, sur lesquels l'auteur compulse, retranscrit, mais aussi rêve ou imagine , tendre vis à vis de ses personnages, et pleine d'autodérision .

    Cette histoire menée en chef d'orchestre infaillible, entre biographie individuelle et déroulement historique, trouve tout son piquant par la choix de Diane Meur de se mettre en scène, écrivain à l’œuvre, avec ses enthousiasmes, ses hésitations, ses combats, ses recherches, ses rêves et délires, ses fuites d'eau… Le chapitre qui m'a le plus enthousiasmée est celui qui donne son titre à l'ouvrage, « la carte des Mendelssohn » où elle s'acharne, armée de son ordinateur, ses papiers, sa colle  et ses ciseaux, à réaliser obsessionnellement la généalogie complète du Mendelssohn, auquel elle souhaite donner, au delà d'une scrupuleuse exactitude, sa marque tout à la fois sociologique et affective (il faut dire que je m'y suis assez bien reconnue,  en cette femme « qui tien[t] tant à ce que rien ne s'efface, ne s'oublie, ne se perde, etc. », sa table de salle à manger envahie, le feutre qui finit par s'épuiser, l’œil vaguement critique des observateurs et des enfants)

         

     

    La carte des Mendelssohn est un roman historique réfléchi, qui se réclame en même temps de l'autofiction dans un mélange des genres charmeur, mêlant intime et universel, introspection et ouverture, sérieux et drôlerie.
    Si on regrette que Diane Meur ait dû se limiter, choisir les destins singuliers qu’elle approfondit pour en éliminer d'autres, on se doute que ces « laissés-pour-compte » alimenteront, directement ou indirectement, ses prochaines fictions, et l'on ne peut que s'en réjouir, ce qui atténue le regret de refermer le livre, qu'on aurait bien accompagné plus longtemps.

    (commentaire récupéré)


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