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    Thomas Wolfe

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    bix_229

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    Thomas Wolfe

    Message par bix_229 le Mar 20 Déc - 21:34

    Thomas Wolfe (1900-1938)


    Thomas Clayton Wolfe, né le 3 octobre 1900 à Asheville en Caroline du Nord et mort le 15 septembre 1938 à Baltimore dans le Maryland, est un écrivain américain.Auteur de quatre longs romans ainsi que de nombreuses nouvelles et pièces de théâtre, Wolfe est connu pour ses écrits d'inspiration autobiographique portés par une prose très riche et une volonté acharnée de découvrir et d'explorer l'essence de la vie américaine de son époque. L'écrivain américain William Faulkner l'a qualifié de meilleur talent de sa génération et a loué le désir qu'avait Wolfe de « faire rentrer la totalité de l'expérience humaine en littérature ». Son premier roman Look Homeward, Angel a établi sa notoriété en 1929 et a notamment fait scandale à Asheville, d'où Wolfe était originaire et où la majorité de l'action du roman prend place.
    source et plus : wikipedia.org

    Oeuvres traduites en français :

    La bibliographie de Thomas Wolfe est difficile à établir. Trois livres seulement ont été publiés de son vivant. Et les traductions françaises n'ont pas toutes suivi le texte original.
    Le mieux est peut-être de se fier à L'Age d'homme.

    - Le Temps et le fleuve
    - L' Ange exilé
    - La Toile et le roc
    - L' Histoire d' un roman. - Editions Sillage

    Et tant mieux pour ceux qui pourront lire l'oeuvre dans le texte original.

    _______________

    Thomas Wolfe ou le lyrisme éperdu.

    «Une pierre, une feuille, une porte introuvable ; une pierre, une feuille, une porte. Et tous les visages oubliés.
    Nus et solitaires nous sommes en exil. Dans l'obscurité des ses entrailles, nous n' avons pas connu le visage de notre mère ; de la prison de sa chair, nous sommes passés dans l'indicible, l'incommunicable prison de cette terre.
    Qui d'entre nous a connu son frère ? Qui donc n' est resté à jamais prisonnier de sa prison ? Lequel n' est à jamais un étranger, et seul ?
    Muets devant nos souvenirs, nous cherchons le grand langage oublié, le bout du chemin perdu qui mène au ciel, une pierre, une feuille, une porte introuvable. Où? Quand ?»

    Aux sources du fleuve. - Stock

    Thomas Wolfe aurait pu s'appeler Grand Corps Malade. Trop grand, il l'était pour tout. Tout le temps. Les lits dans les hôtels n'étaient pas à sa taille et la vie était trop mesquine et misérable pour ses appétits.
    L'écriture était son rêve, son cauchemar. Son cauchemar plus que son paradis. Sa digue, sa malédiction, toute sa vie. Il écrivait tout le temps, comme un fou. Des milliers de pages qu'il apportait à son éditeur, Max Perkins, qui, sympa et compréhensif, lui disait de rentrer chez lui et de réduire, réduire... Et de revenir.

    Si quelqu'un connut la tyrannie de l'écriture, c' est bien lui. Jamais il ne put ou ne sut la contrôler et elle le dévora. Il faut savoir que ce grand corps torturé contenait toute la solitude, l'angoisse et la douleur du monde.
    Il était écrivain, mais il n'a jamais pu/su choisir, freiner ou dominer sa boulimie d'écrire. Pas plus que sa folie de lire qui le posséda dès l'enfance.
    Toute sa vie il écrira Ashville, Caroline du Nord, la ville où il est né, sa maison, son père sa mère.

    Plus il écrit, plus il brasse de matière, de personnages, des masses de mots, de pages impubliables. La furie, oui, une sorte de folie furieuse achèvera de ronger ce cerveau inquiet et génial.
    Peut-être pensait-il à un livre uniques sans rives et sans frontières ni limites. Un peu comme Malcolm Lowry. La mort le limitera enfin et contre son gré, et l'emporta à 38 ans.

    Lorsque je découvris  Au fil du temps, Aux sources du fleuve, De la mort au matin, je fus littéralement envoûté par cette prose torrentielle et lyrique. J'avais 18 ou 19 ans, et cette prose ne demandait qu'un lecteur fiévreux et imaginatif qui se laisserait porter au fil du temps. et de l'écriture.
    J'étais le lecteur qu'il fallait pour cette oeuvre-là, à ce moment de mon histoire. Et ce voyage obsessionnel ressemble à celui que je ferais plus tard en compagnie de Malcolm Lowry, un autre obsédé majeur.

    Je sais que Thomas Wolfe est plutôt oublié actuellement, même si un film vient de lui être consacré. Et le lecteur d'aujourd'hui a-t-il la force et l'envie de se jeter dans ce fleuve romanesque? Je me le demande. Mais ceux qui ont lu Proust pourraient y songer. J'ai tort de citer Proust. Wolfe et Proust n'ont en commun que la recherche du temps perdu et des années de souffrances, de fièvre et de mots.
    Sauf que la quête de Wolfe était vouée à l'échec et à la répétition. Mais le lecteur d'aujourd'hui lui doit une réhabilitation et une reconnaissance qu'il mérite amplement.

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    bix_229

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    Re: Thomas Wolfe

    Message par bix_229 le Jeu 22 Déc - 15:38



    L'ange exilé: une histoire de la vie ensevelie : Thomas Wolfe
    L'AGE D'HOMME, 2008 - 586 pages

    Quatrième de couverture :
    Roman du déchirement et de la nostalgie, de la solitude et du nombre, de la sensualité et de l'imagination, L'Ange exilé (Look homeward, Angel!) fut l'une des sensations de la vie littéraire américaine en 1929. A l'heure de la banqueroute nationale, il annonce la naissance d'un barde du nouveau monde. Il raconte la vie secrète du jeune Eugène Gant, en conflit permanent avec une famille tumultueuse, une bourgade étriquée, un univers changeant et problématique. Cette chronique d'apprentissage et d'initiation si apparemment autobiographique et parfois si vengeresse fit scandale dans le pays de l'auteur. Mais L'Ange exilé est autre chose qu'un règlement de comptes. C'est une tentative passionnée de restitution totale d'une réalité perdue; c'est une fantastique galerie de portraits vivants; c'est une exploration exhaustive des profondeurs "ensevelies" d'une conscience. C'est un hymne rhapsodique à la nature et aux saisons. C'est une quête angoissée du sens de l'existence. Roman des sources et roman-source, L'Ange exilé a la sombre densité de l'âme sudiste, la richesse inventive de la grande littérature. Estimé aux Etats-Unis, en Allemagne, en Scandinavie, dans les pays slaves, Wolfe n'est pas exactement un génie méconnu. Mais son passage a été trop fulgurant, sa symphonie trop inachevée. L'Ange exilé, classique américain, est comme l'entrée triomphale d'un monument original dont les contemporains du romancier ont admiré la grandeur et qui a impressionné la mémoire des plus grands écrivains de son pays et du XXe siècle. William Faulkner ne s'y est pas trompé lorsqu'il déclarait: "J'ai classé mes contemporains et moi-même non selon ce que nous avons accompli, mais selon la splendeur de notre échec, et j'ai classé Thomas Wolfe en tête, non en raison de ce qu'il a accompli, mais parce que c'est lui qui a osé le plus."

    Poussé en avant par le temps et des lectures nouvelles je n'ai pas relu Thomas Wolfe depuis très longtemps. Pourtant j'ai une dette envers lui. Un plaisir ressenti à  la dimension de sa démesure, de son lyrisme, et de son acharnement désespéré. Et le moins que je puisse faire est d' essayer de le faire connaitre.

      La date/heure actuelle est Sam 22 Juil - 12:54