La Havane

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La Havane

Message par Chamaco le Sam 3 Déc - 11:46

Je mets ici tout ce que je peux sauver d'un descriptif de vie avant 2016, en vrac, attendre que je classe tout ca, merci


La Havane

---Parmi les centaines de photos que j'ai prises dans l'île, en voici deux qui concernent un lieu artistique de la ville :




Le callejon de Hamel, rendez vous de musiciens et de peintres...


Bon, j'avance, dans le cadre de la question sur internet et liberté à Cuba voici la petite aventure qui m'est arrivée la dernière année de mon sejour en fixe sur Cuba:
à cette époque j'avais recueilli pas mal d'éléments sur la vie dans l'île et voulu les mettre en pages tout en les romançant un peu. J'avais travaillé sur mon ordi portable que j'avais amené dans mes bagages au tout debut, mais comme cet ordi me semblait arriver en fin de vie j'ai voulu m'acheter une imprimante pour preserver mes ecrits...
Acheter une imprimante quoi de plus naturel chez nous en Europe, oui mais à Cuba ça ne l'est pas et cela je ne le savais pas...J'ai commencé à faire le tour des boutiques et des grands magasins genre supermarchés pour les touristes (il n'y en a pas beaucoup), rien de rien, quelques portables à des prix exhorbitants et rien d'autre...En causant avec les vendeurs j'ai su qu'acheter une imprimante à Cuba était interdit. Que seul les administrations, les fabriques et ministeres pouvaient en être équipés, nous etions en 2009….

A l'époque j'avais ma jeep willys que conduisait un voisin de chez moi devenu un pote et que je payais l'equivalant de trois mois de salaire moyen d'un cubain pour me conduire (et ainsi eviter les pieges de la circulation et les ennuis en cas d'accident, je vous en parlerait si vous voulez)...Je lui ai demandé de mettre en route ce que d'aucuns appellent le telephone arabe ou bouche à oreille qui est une specialité cubaine pour me degotter une imprimante...
une dizaine de jours plus tard il m'annoncait la nouvelle : un des administrateurs d'un petit centre culturel de la calle obispo dans la vieille havane etait pret à m'en vendre une (l'imprimante fonctionnait mais devait être changée pour une plus recente et  cet administrateur voulait se faire un peu de sous dans le cadre de sa lucha...)80 euros l'imprimante (vieux modele, un tank) c'était ca ou rien...Je suis tétu c'etait ok…

On monte dans la jeep direction calle obispo, mais on ne pouvait se garer dans cette rue tres touristique, donc un peu plus loin sur une petite place face au Floridita...Et on contacte le gars, tout se passe bien, restait à charger la bête dans la voiture, mais c'etait pas discret et la vieille havane est sillonnée par les patrouilles de Police. Je n'etait pas conscient de commettre un delit, quoi que je le sentais limite, mais l'habitude française...L'auriez vous été...?Le temps que je règle le gars mon chauffeur se hâte vers la Place. Je le suis de loin...Arrivé sur la Place trois policiers entouraient mon gars et l'imprimante. Je n'avais pas percuté ce qu'il se passait...
Arrivé à leur hauteur j'ai demandé ce qu'il se passait :"Prohibido...!!!", pas le temps de s'expliquer on est embarqués à l'arriere d'une voiture de Police, l'arriere étant séparé de l'avant par une vitre en plexiglas..Et là j'ai cogité vite car je sentais qu'on etait mal barré. J'ai pris la decision de dire que l'imprimante etait mon bien et d'eviter de parler de mes ecrits (qui n'etaient pas tres favorables à Fidel et relataient la realité de ce que j'avais vu...) j'ai pu faire comprendre à Maykel que l'imprimante "es mi cosa" et qu'il ne dise rien de plus…

Direction le Castillo de la Real Fuerza  dans la vieille havane (que les touristes prennent pour un musée) :
Sur place j'ai eu droit à trois heures d'interrogatoire, ils voulaient savoir à qui appartenait l'imprimante et ce que je comptais en faire (au cas où je serai un vilain contre-revolutionnaire qui voulait imprimer des tracts)...J'ai maintenu que je l'avais ramenée de France et que je voulais m'en servir pour imprimer du courrier de mes enfants...Finalement nous avons été relachés, et je suis reparti avec l'imprimante...Quelques mois plus tard je devais apprendre que mon chauffeur etait un ancien flic de l'IGS cubaine..…


voilà, abordons les grandes lignes des reactions des cubains par rapport à l"histoire officielle, et parle t'on de la dissidence...
Pour être tout à fait honnête il faut que de facon succinte je vous dise comment je voyais Cuba avant d'y mettre les pieds et plus tard ce que j'en pense maintenant...
Je n'ai jamais été engagé politiquement, mes avant 1968 mes idées étaient plutôt à gauche, raz le bol du vieux Charles et d'une société qui se sclérosaient, la Révolution cubaine a été une bouffée d'air pur et un des emblèmes de Mai 68, je suivais à fond l'épopée des barbus dans les journaux et le peu dont on parlait dans les journaux, le Che était une de mes idoles et j'ai été bouleversé lors de sa mort...Comme tous les français j'ai su ce qu'on a bien voulu nous dire sur les conditions de sa mort…
J'étais contre le debarquement dans la baie des cochons, un peu anti-americain sur les bords..Mais pas d'accord avec Fidel dans l'affaire des fusées, et inquiet du risque de 3° guerre mondiale évitée par Kennedy…

Et puis la vie a suivi son cours, avec tout de même une interrogation sur la fuite des "balseros" pourquoi ces gars ont ils voulu quitter leur île...Dans les journaux on a commencé à parler de la misère des cubains à cause du blocus, de la lutte de Fidel contre l'homoséxualité, j'ai vu le film "fraise et chocolat", l'image du revolutionnaire s'etait un peu ternie. Mais je ne jugeait pas vu le manque d'infos...Je me souvenais des photos de Fidel recevant Sartre et Simone de Beauvoir à La Havane...
je n'etais pas anti castriste, juste géné pour m'en faire une juste opinion...
Voilà j'abrège, en 2006 je suis parti à la decouverte de Cuba sans à priori...Voilà le cadre...

à suivre...(excusez moi pour les fautes j'ecris dans la foulée...)  



Il ne faut pas croire que parceque vous debarquez dans une ville où tout vous semble offert que pour autant on va se confier facilement à vous. Le cubain a plus à perdre que vous en vous livrant ses idées sur la politique de son pays. Les employés des hotels, les proprietaires de casas particulares vivent du système, bien des fois les propriétaires de casas particulares sont des indics de police d'ailleurs, ils vous en diront le minimum "comme pour vous faire plaisir", les discussions dans les bars avec les cubains sont souvent loin d'être désinteressées, bin oui c'est vous qui avez los dineros, peut on tenir pour fiables des prises de position en échange d'une cerveza...?
Quand vous arrivez comme touriste vous êtes comme sur des rails, un circuit tout tracé où on vous fait voir ce qu'on veut bien vous faire voir, vous êtes dans des zones protégées (le touriste est la vache à lait), dans ces zones des policiers sont là pour vous eviter d'avoir des ennuis, ailleurs dans la ville vous en verrez beaucoup moins....
A mon arrivée à cuba j'avais un voucher avec un balisage de l'île que j'avais programmé avec mon agence de voyages, une voiture de location et une liste d'hotels sur un circuit allant de Santiago à La Havane en passant par Trinidad, je suis resté deux jours à Santiago et je devais remonter vers Bayamo, j'ai quitté le circuit, je suis descendu vers Guantanamo puis Baraoa je me suis perdu dans le sud de l'île à la decouverte de superbes paysages, comme dans cet article sur un sujet bien trop vaste pour un simple forum.…

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Il y a une foultitude lieux, quelques exemples : la parc lenine à la sortie de La Havane, les cafés cubains où tu paie en pesos cubains, les lieux où se perpetuent les fêtes cubaines et où aucun européen ne met les pieds, il suffit de s'eloigner de la vieille havane et surtout de ne pas être habillé en touriste    pour te fondre dans la foule, il m'a fallu quelques mois pour me cubaniser (arreter de tomber en admiration devant un monument, quitter les habits de vacancier, et surtout parler cubain) au boutr d'un an je parlais et surtout comprenait l'espagnol, lorsque j'ai quitté cuba je parlais aussi bien qu'un cubain et les gens tombaient des nues quand je disais que je suis "Francès", mais je n'aimais toujours pas lire Granma....
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comme j'aime titiller le poisson je me rendais à la ville de pêcheurs de Cojimar pour lancer le bouchon, et à plusieurs reprises j'allais avec des amis cubains dans un camping cubain interdit aux etrangers (camping sans confort avec le minimum pour vivre) et là juste en bord de mer dans un calme suprême on passait une semaine à pêcher, à jouer aux cartes, à discuter de tout, on etait à mille lieux de la civilisation, mes potes faisaient de la pêche sous marine, comme je suis cardiaque je pêchais en bord de mer, quand on reprenait contact avec le monde on etait comme des extra-terrestres. C'etait le campismo Penas Blancas à Playa Jibacoa au sud de la havane
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Quelques pistes pour eviter des déconvenues à Cuba :
le cubain manque d'argent et il est tres fort pour essayer de s'en sortir, si on est un peu juste dans le budget vacances voici quelques conseils :
---Tout d'abord et tres important evitez d'être demandeurs, c'est la faille à eviter...
---Quand vous arrivez à l'aeroport evitez de vous precipiter sur le bureau de change : vous serez perdant sur les taux
--- A la sortie de l'aéroport des taxis legaux et illegaux vous attendent, choisissez un taxi legal et verifiez que le chauffeur met en route le compteur si il le fait pas demandez le lui gentillement...
--- Dans un restau demandez à voir la carte, evitez les rabatteurs
---ne demandez pas à un taxi ou à un bicytaxi de vous conseiller un bon restau ou une casa particuler car il vous y conduira et touchera sa commission par le restaurant ou le logeur et c'est vous qui la paierez sur votre note...
--- Refusez de changer des devises dans la rue avec des gars qui vous proposeront des taux interessants vous risquez l'arnaque...Changez toujours dans une banque ou une cadeca
---Cuba a deux monnaies apprenez à les connaître car c'est un risque d'arnaque (on risque de vous donner des pesos au lieu des CUC, un CUC vaut aux alentours de 25 pesos...
à suivre...

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---J'aimais bien ecouter, lorsque les personnes voulaient bien en parler sans que je provoque les discussions, les histoires des familles amies. Ces histoires diverses permettent de reconnaître les bouleversements provoqués par la Révolution cubaine...
--- La famille de Augusto (prenom changé) : le grand père de Augusto bien avant la Révolution était un architecte reconnu à La Havane qui avait participé au percement du tunnel sous le Port de la ville, il etait architecte mais aussi bâtisseur, dans le quartier de San Miguel il avait construit plusieurs villas style colonial dans ma rue. Il habitait avec sa famille deux villas et en louaient d'autres.

Avec la Revolution, l'etat a saisi tous les biens, il a regroupé la famille de Augusto dans une villa et attribué les autres à d'autres citoyens, fin de la propriété et ce malgré les actes notariés. Le grand père est décédé, un des fils de cet homme est devenu chirurgien, il a fait la guerre d'Angola comme médecin et est revenu galonné avec une voiture pour cadeau. Une des filles de cet homme ayant hérité de son goût pour l'architecture est devenue enseignante à l'école de Beaux Arts et travaille avec l'Historiador de La Havane pour la restauration de la ville, un de ses fils professeur d'informatique travaille avec elle. C'est une famille de lettrés où l'on parle plusieurs langues…

--- La famille de Magda (prénom changé) : Le père de Magda avant la Revolution etait ouvrier dans une ferme de Méléna del Sur dans la campagne, il fit la Revolution dans le massif de l'Escambray, où il devint Colonel et épousa une camarade de combat colonelle egalement, ils ont eu trois enfants élevés à la militaire (   ) et dans la gloire de Fidel. Après la Revolution le Colonel fut nommé responsable de la plus grande ferme laitière de la region (les enfants et petits enfants ne manquerent jamais de lait). Un de ses fils fit des etudes de medecin et pratiqua au Venezuela où il fit connaissance avec la société de consommation et les bons salaires au grand dam de son père. De retour a Cuba ce jeune quitta la medecine, acheta deux vieilles voitures américaines (des almendrones comme on dit) et devint taxi pour gagner mieux sa vie. Un autre des fils resté au pays fait des petits boulots de maconnerie...

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Salut, la musique est partout à Cuba, il existe des Maisons de la Musique (Casas de la Trova) où se produisent des chanteurs de Bolero (chanson romancée) à l'honneur dans les années 50 et 60. En bas de la page 5 de ce fil j'ai mis un extrait de l'Opera de la Calle (presentant un melange musical),dans les campagnes il existe un type musical où deux chanteurs engagent une sorte de challenge à base de questions - reponse (j'ai eu l'occasion d'entendre ce type de musique dans la campagne corse (le llame e responde). Un membre d'une famille amie est chanteur lyrique, je mettrai ici une video de lui...
Je n'ai pas entendu Buena Vista Social Club, mais je ne ratait pas une occasion d'ecouter des chanteurs de song, de salsa, de bolero, de danzon..etc..etc..A Santiago vous en rencontrez partout dans la ville, bien sur chez moi j'ai les CD de B.V.S.C...
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Dernière édition par Chamaco le Mar 6 Déc - 8:14, édité 3 fois
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Re: La Havane

Message par Nadine le Sam 3 Déc - 12:04

Pour info, Chamaco, le systeme etant le même, si tu copies colle même en simple visiteur, les images seront restituées car le systeme d'hebergement est le même. Tu n'as meem pas besoin d'entrer dans l'edition de tes messages pour cela (vérifié ce matin sur mes propres posts : tu vas sur ton commentaire, tu selectionnes, photos, citations etc comprises, et hop collé et ça marche. Quelques bugs comme ça sur les zones de citation, mais c est tout. Confortable....
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Re: La Havane

Message par Chamaco le Sam 3 Déc - 12:25

Oui Merci Nadine, ce que j'espère c'est qu'une fois l'élection terminée l'ensemble de mes posts ne disparaissent pas...Ce n'est pas le lieu ici d'en parler cependant.....
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Re: La Havane

Message par Mordicus le Sam 3 Déc - 14:19


(J'y connais rien en histoire et géographie de Cuba. Rien que l'histoire de l'imprimante : pas croyable ! Merci pour le partage.)

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Re: La Havane

Message par Chamaco le Sam 3 Déc - 15:29

En 1983 l’Organisation mondiale de la santé se décidait à ôter l’homosexualité de la liste des maladies mentales. C'est l'année où sortit "Fraise et Chocolat" à Cuba. Cette action de l'OMS contraint les regimes hostiles à l'homosexualité à faire preuve de plus de tolérance, ce fut le cas pour Cuba où le regime castriste fit preuve d'une cruelle politique homophobe dans les années 1960 - 1970. Ainsi "Fraise et Chocolat" put être diffusé dans l'île et obtint le succés cubain et mondial que nous connaissons...
Ce film raconte la rencontre de deux jeunes hommes : l'un David, étudiant pauvre, fils de paysans, ancré dans ses idées, dans la droite ligne du parti castriste est l'opposé de Diego intellectuel homosexuel, descendant d'une famille bourgeoise, épicurien lettré. Diego va permettre à David d'accéder à la littérature interdite dans son pays et l'amener à réaliser que l'homosexualité n'est pas la tare contre laquelle luttait le regime revolutionnaire. Cependant la dureté de la vie à Cuba va amener Diego à s'embarquer avec les "balseros" de Mariel, ce départ permettant un geste d'humanité de la part de David qui pour la première fois le serre dans ses bras. Le film est tout en finesse, il n'y a aucune scene de sexualité c'est un hymne a la tolerance tout en retenue.

Fraise et Chocolat a aussi été accepté par l'état castriste car ce n'est pas un brûlot virulent contre le regime comme l'a été le documentaire "Mauvaise conduite" de Nestor Almendros, Orlando Jimenez Lea



une interview du realisateur de "Fraise et Chocolat" un film cubain qu'il faut avoir vu pour comprendre les difficultés de vie de ces personnes à une époque pas si éloignée





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Re: La Havane

Message par Chamaco le Sam 3 Déc - 15:32

L'importance de l'eau à Cuba :
outre le fait que de nombreuses habitations dans toute l'île n'aient pas l'eau courante au robinet, mais tres souvent celle de citernes disposées sur les toits, l'eau a une tres grande importance dans ce pays de chaleur. Une des déesses les plus importantes du panthéon mystique cubain est Yemaya qui règne sur la mer et l'Amour :

on lui prête un culte tres fervent au bord des rios et dans les rochers en bord de mer avec offrandes et prières.
Sous nos latitudes (à part pour les paysans) la pluie est souvent considérée comme une gêneuse (et je suis volontairement tempérant, sous les chaleurs tropicales c'est souvent une délivrance, un moment de sursis bienvenu...L'eau est souhaitée, attendue et bénie. Quelquefois source de catastrophes comme dans les inondations ou les cyclones (que l'état traite comme une periode de guerre, donnant à l'armée les pouvoirs de lutter contre les effets de ces catastrophes...)
et pourtant :
"Digressions

Ici les mots ont plus de pulpe et leur jus s'écoule en sonorités suaves. Da lé, Da lé…Les syllabes claquent et roulent comme des torrents d'eau entre les pierres des chemins Da lé, Da lé…
Dans ce pays on ne parle pas, on chante ou on crie, on vibre au rythme des phrases, on roucoule, on caresse, on gronde…Rien ne peut être indiffèrent. Da lé, Da lé…
Dans les rues les rires et les cris des enfants se mêlent aux discussions animées sous les yeux des vieillards impassibles se balançant sur leurs rockings chairs…
Et cette soif qui vous prend, ruisselants de sueur, aveugles par la force du soleil, les dégradés de verts qui vous baignent, vous devenez comme ces canaris qui dans leur cage se frottent contre des morceaux de pastèque pour se rafraichir le corps..Vous dégustez l'eau fraiche de la douche comme un nouveau né son premier bain…
Et peu a peu, votre corps s´habitue a la chaleur, vous utilisez moins le ventilateur, vous buvez l´eau de la citerne comme tout le monde, les phrases autrefois mysterieuses prennent un sens, vous vous laissez bercer par le bruit des averses…
Da lé, Da lé…La musique des mots vous envahit de ses transes…".....
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Re: La Havane

Message par Chamaco le Sam 3 Déc - 15:33

A part les poètes cubains pour lesquels j'ai créé un fil ici, j'ai eu l'occasion de parler de Miguel Barnet, de Leonardo Padura (dont j'ai lu plusieurs livres), de Pedro Juan Guttierez, ce sont les principaux auteurs qui lorsque je les lit me replongent dans l'atmosphère de cette île que j'ai bien connu. Ce sont aussi des auteurs qui figurent sur ce forum frequenté par des lecteurs éclectiques et aficionados des bouquins que je salue avec respect car personnellement je suis un petit lecteur. J'ai bien sur comme tout un chacun lu les classiques et les modernes que l'on cotoie sur les bancs du lycée. Malheureusement Laughing Laughing j'ai poursuivi des etudes d'histoire et d'archeologie en fac et mes lectures se sont orientées vers les bouquins d'histoire (universitaire) et quelques biographies d'hommes célèbres. Cuba m'a permis de retrouver la litterature, une litterature "exotique" étendue au Bresil(j'ai bien aimé Rouge Bresil et "là où les tigres sont chez eux"....
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Re: La Havane

Message par Chamaco le Sam 3 Déc - 15:35

La fête des Quinze Ans.

La fête des quinze ans est une fête traditionnelle dans le monde latino-hispanique et surtout en Amérique du Sud et Centrale, elle remplace l’anniversaire des quinze ans. La fête représente le passage de l'enfance à la femme pour la jeune fille qui fête ses quinze ans . La cérémonie, de rite catholique, commence par une messe d'actions de grâce.
La messe est suivie d'une fête donnée au domicile ou dans une salle de réception par la famille de la jeune fille. Un certain nombre de danses doivent être dansées par la jeune fille avec son père ou son petit ami.
À Cuba, cette fête a pris une importance très particulière, des familles pauvres se privent afin de pouvoir célébrer cet événement. Pratiquée à l’origine dans les familles aisées pour présenter les jeunes filles en âge d’être mariées, elle s’est ensuite démocratisée, elle reste une institution dans de nombreuses familles, quelle que soit leur origine sociale.
Le rituel comprend généralement : la messe, le choix des garçons d’honneur, l’entrée masquée dans la salle de bal avec robe de mariée, le cérémonial du bouquet, celui du couronnement, la remise de la poupée, le gâteau, la symbolique des chaussures à talons hauts, la valse suivie parfois d’une pantomime.

ce que j'ai constaté c'est que cette pratique semble gommer les "crises d'adolescence" de ces jeunes filles car à 15 ans elles sont admises dans l'univers des femmes, c'est un rite d'apaisement et de reconnaissance. Cuba a comme cela des pratiques qui favorisent le "vivre ensemble" ainsi les personnes agées y sont respectées ( le terme viejo ou vieja est affectueux), les differences physiques entre minceur ou grosseur ne sont pas accentuées, des personnes obèses peuvent danser sans qu'il y ait de moqueries, seule petite pointe d'ironie amicale : comme on a l'habitude d'attribuer un surnom amical aux gens on dira Anna "la flaca" ou Marisa "la gorda" pour situer une personne, mais on sent bien que c'est affectueux, comme on peut designer quelqu'un comme etant Robertico "el chino" (Padura use de ces termes dans ses bouquins et il faut les prendre en ce sens).....


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Re: La Havane

Message par Chamaco le Sam 3 Déc - 15:50

Cuba: les maisons d'hôtes ouvertes aux touristes


L'État cubain a décidé d'ouvrir aux touristes ses centaines de maisons d'hôtes jusqu'à présent réservées aux fonctionnaires en voyage de travail ou en vacances, selon une résolution publiée mercredi au Journal officiel.

La mesure devrait permettre d'accroître sensiblement les capacités d'accueil des touristes, cubains et étrangers, et de tirer profit d'un parc immobilier public sous-utilisé.

«Les réservations peuvent se faire pour les particuliers comme pour les entreprises à travers des bureaux de réservation provinciaux ou auprès des établissements eux-mêmes», indique la résolution publiée au Journal officiel.

Connus par les Cubains comme «casas de visita», ces établissements peuvent aller de maisons particulières à de petits hôtels ou motels, souvent situés dans des zones balnéaires.
Une des premières mesures prises par le président cubain Raul Castro après avoir succédé au pouvoir à son frère Fidel en juillet 2006 avait été de remettre la gestion de ces biens immobiliers aux autorités municipales.

Le prix du logement sera déterminé par les autorités locales, ajoute la résolution.

source

(la photo est une vue de la havane, hotel ingleterra et telegrafo, ce ne sont pas des casas de visita)...

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Re: La Havane

Message par Chamaco le Sam 3 Déc - 15:53

deux des rares periodiques de l'île, une seule voix :


Vie pratique :

souvent dans ma banlieue de La Havane il m'est arrivé de remercier le destin qui m'a permis de connaître une époque où le mot confort n'avait pas les mêmes connotations que de nos jours. Ainsi au debut des années 50 lorsque ma famille se trouvait encore dans la banlieue de Bizerte en Tunisie j'ai connu des années où l'electricité n'arrivait pas à notre maison (on est loin là de l'idée que l'on peut se faire des colons...), on s'éclairait à l'aide de lampes à pétrole et le soir dans la grande cuisine qui servait de salle à manger les ombres se dessinaient sur les murs, il n'y avait pas de frigo (mon père avait fait un trou dans un rocher du jardin et on entreposait les boissons avec un bloc de glace livré par le glacier et sa carriole à cheval), pas de lave vaisselle ni de lave linge ( on faisait bouillir la lessiveuse), pas de baignoire, on nous lavait egalement dans la lessiveuse (mais sans la faire bouillir Laughing ), juste un vieux poste à galènes pour ecouter les infos et les feuilletons radio et les jeux…
Mes jouets étaient en bois et j'en avais peu, on n'imaginait même pas internet...Mon père et ma mère n'avaient pas de voiture mais des bicyclettes...etc..etc je vous passe les details, et on etait heureux…

Alors les fréquentes coupures d'electricité à Cuba, l'eau qui n'etait pas courante mais venait d'une citerne sur le toit, les autobus (gwagwas) bondés, les routes de banlieue défoncées (celles que l'on ne fait pas voir aux touristes), les salles de bain de certains cubains où l'on se lave à l'aide d'un seau et d'une ecuelle (il n'y en a pas dans les casas particulares destinées aux etrangers), les files d'attente au pain ou dans les commerces, tout cela ce n'etait pas un drame pour moi bien que cela handicape la vie des cubains...

Vie pratique (suite)

Tout cela pour dire, que à mon avis bien que la vie à Cuba n'est pas facile, elle pourrait être pire pour les pauvres gens. Des familles vivent bien dans cette île, soit elles sont dans le tourisme au contact des etrangers, soit elles ont de la famille à l'etranger qui leur envoie de l'argent, soit elles sont affiliées au parti et recoivent ainsi des aides. La revolution cubaine a été un bien pour l'île, au debut, les americains detiennent une grande responsabilité sur la tournure qu'ont pris les choix politiques de Fidel.

En refusant de reconnaître la révolution les gouvernants américains ont jeté Fidel dans les bras du communisme, au début la révolution n'etait pas communiste. En prenant l'option communiste Fidel a poussé le bouchon un peu trop loin avec l'histoire des fusées menacant les USA.. Ceci a amené le blocus et la méfiance des USA jusqu'à nos jours.
J'aurais cru qu'avec Obama le blocus serait levé. Les USA ont été têtus et Fidel aussi, Raul (qui est souvent moqué dans l'île) est plus intelligent et meilleur économiste, il est aidé en ceci par la Chine qui a su intégrer une politique economique au sein du communisme.

Mais il y a beaucoup à faire à Cuba : l'industrie est sur les genoux (de nombreuses usines sont en ruines, il y a toujours un gardien à la porte mais il n'y a plus de machines). Dernièrement j'ai eu des nouvelles fraîches : l'approvisionnement en légumes sur les marchés va beaucoup mieux, on trouve de nombreux produits là où il y a peu on ne vous proposait que quatre ou cinq variétés de légumes et autant de fruits, ceci parce que Raul a autorisé la libre exploitation des terres à de plus en plus de cubains...
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Re: La Havane

Message par Chamaco le Sam 3 Déc - 15:57

Langoustes, synonymes de risque de prison pour les cubains ;


les langoustes à Cuba sont destinées à l'exportation, c'est une des sources de revenu du pays (et là bizarrement y a plus de bloqueo intense reflexion ), donc exportation ou cuisines des hotels, restaurants pour touristes, casas particulares avec comida pour touristes....Les cubains contournent la loi comme toujours à Cuba mais c'est à leur risque et peril avec risque de prison à la clef...On vend des langoustes en cachette (j'en ai acheté à Trinidad à 1,50 euro la queue(cola)...Et j'en achetait à La Havane à un ami pêcheur qui flippait comme un dingue et qui a fait un stage prison d'ailleurs, la prison se chiffre en années, avec de fortes amendes et risque de saisie de la maison...

il en a été de même avec la viande de boeuf destinée aussi à l'exportation et au tourisme pendant la "periode speciale" alors que les cubains crevaient la dalle. Cela a changé depuis on peut en trouver dans les supermarchés à touristes et dans les commerces abordables aux cubains on trouve de la viande hachée de boeuf (picadillo de res). Je n'en savais rien au debut, je l'ai su lorsqu'un jour d'hiver (23°) j'ai fait un pot au feu pour des amis (ils ne connaissaient pas) et que j'ai vu un vieux cubain pleurer dans son assiette, mon amie m'a expliqué que cela faisait des années (avant la revolution qu'il n'avait pas mangé de viande de boeuf)...Cela comme beaucoup d'autres choses m'a mis les boules et je suis poli...Tuer une vache ou un boeuf c'est la prison, et là c'est pas une question de religion c'est une question de portefeuille
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Re: La Havane

Message par Chamaco le Sam 3 Déc - 15:59

Il y a beaucoup de choses que j'ai apprécié à Cuba parmis d'autres moins ou pas du tout. Ainsi l'existence de ce qui est appelé "la brigade des mosquitos" (la brigade des moustiques) constituée de personnes civiles rémunérées par l'Etat, vétues d'uniformes gris ces personnes dans toute l'île sont chargées de veiller à éradiquer les moustiques vecteurs de la dengue (ce genre de brigades n'existent malheureusement pas dans les Antilles françaises)...
voici une des rares photo sur le net de membres de cette brigade (je l'avais prise dans l'oriente cubain où du fait de la chaleur et du fort taux d'humidité les risques sont les plus grands)

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Re: La Havane

Message par Chamaco le Sam 3 Déc - 16:14

la débrouille (invento) est une specialité cubaine. Ils sont capables (eux mêmes ou en trouvant rapidement quelqu'un qui sait) de reparer n'importe quoi, de fabriquer des pièces (exemple : j'avais une grande terrasse qui couvrait toute la surface de la maison (la planta), et je rêvais d'y mettre un barbecue pour inviter des amis et faire des fêtes, mais les prix pour les rares bbq que l'on pouvait trouver avec de la chance étaient astronomiques, qu'à ce cela ne tienne, apres avoir parlé j'ai eu la surprise de voir debarquer un voisin qui s'est proposé d'en construire un pour un prix dérisoire, et en effet, à l'aide d'un grand bidon d'huile moteur (industriel) coupé en deux (partie basse et partie haute avec cheminée), posé sur un systeme de table à roulettes, je me suis retrouvé avec un super bbq original à la cubaine... Laughing

une autre fois on etait en panne sur une route de campagne, en pleine nuit, le gars qui me conduisait a mis les mains dans le cambouis, au bout d'un quart d'heure parès plusieurs essais il a diagnostiqué une panne avec le carburateur, on avait rien pour réparer, il a pris un petit morceau de papier, l'a plié et l'a glissé dans le carbu, la voiture est repartie. C'est lui que j'ai pris comme chauffeur car avec lui je ne resterai jamais en rade sur les routes defoncées de Cuba, et de plus sachant que si tu as un accident corporel à Cuba tu es assigné à résidence pendant plusieurs mois jusqu'au procès (c'est dejà arrivé, pas à moi mais à un expat'ami) et ce à tes frais, pas question que je prenne le risque (téméraire mais pas inconscient)... Very Happy
Maintenant ce sont les medecins cubains qui sont envoyés dans certains pays d'Afrique pour enseigner leur art et exporter la revolution car ils sont éduqués pour cela, dans tous les lycées, universités, hopitaux, il y a des salles réservées aux enseignements politiques....
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Re: La Havane

Message par Chamaco le Sam 3 Déc - 16:14

Le gros problème était : par quoi remplacer Fidel..? Par les Cubains de Miami et leurs amis Ricains cela aurait été une catastrophe et un retour en arrière, non la solution de Raul qu'il a choisi car il sentait bien que cela allait péter dans l'île c'etait un melange de Communisme et de liberalisation du négoce, avec des reformes qui dedouanent le regime tout en sachant que la barre etait mise tres haute (ainsi : autorisation pour les cubains d'aller dans les hotels (à 140 Dollars la nuit seuls les cubains de miami peuvent(il n'y a pas de petit hotel à Cuba)...Autorisation sous conditions de prendre l'avion (oui mais avec un salaire mensuel de 20 Dollars, je vois pas où on peut aller....).... Mais ce sont tout de même des reformes et les cubains ont au moins l'illusion de pouvoir vivre comme les peuples libres...
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Re: La Havane

Message par Chamaco le Sam 3 Déc - 16:19

sur la Santeria et ce que j'en sais (car google en parle si on cherche...). Quand je suis arrivé à Cuba je ne savais rien de rien de ce culte. C'est une religion et pas une secte(important de nuancer) Je n'en avais jamais entendu parler, j'avais lu des trucs sur le vaudou, mais les deux sont differents. Bien qu'ayant des interactions entre leurs differents dieux (le vaudou tient aussi des Yorubas comme la Santeria), ils sont en quelque sorte paralleles (à Cuba on ne pratique pas le vaudou autant que je sache), de plus le vaudou fait la part belle à la Magie Noire (le Mal), ce type de magie est plus restreinte dans la Santeria où le Bien est present dans la Magie Blanche dominante.Mais je m'égare....
Donc, neophyte total sur la Santeria, mon premier contact a été la surprise de decouvrir dans le Sud (oriente) de Cuba des hommes et des femmes vetus de blanc des pieds à la tête. Je me suis renseigné et j'ai su que c'etait des disciples d'Ogun ( des individus nouvellement initiés à la Santeria dont leur "santo" était Ogun, dans le Vaudou c'est Ogou et il privilegie le rouge) Ogun est le Dieu du feu et de la guerre il privilegie la couleur blanche...
Un nouveau disciple d'Ogun ne doit porter que du blanc pendant un an et doit satisfaire à une succession de rituels (par exemple eviter de prendre un coup sur la tête, ca m'a fait marrer mais bon c'est comme ca...)
---Petit à petit j'en ai appris plus sur la Santeria, sur ses dieux et deesses, sur le syncretisme avec la religion catholique, le pourquoi de ce syncretisme, les ceremonies de Santeros, Mon amie avait pour sainte Yemaya la déesse de la mer, j'ai assisté à un sacrifice en son honneur un jour dans les rochers du petit port de Cojimar (le lieu de pêche d'Hemingway). Et un jour un santero s'est proposé de m'initier en nommant mon Santo qui serait Obatala

Pour aller au plus simple, le Santo c'est comme l'ange gardien de la religion catholique, tout le monde en a un qui le protège. Pour le remercier les adeptes érigent de petits hotels chez eux avec une photo ou une statuette de leur Santo et souvent avec l'image du Saint de la religion catholique qui le represente, avec des fleurs, des bougies, et on leur fait un present, un cigare dont on envoie au prealable la fumée sur son image, un verre de rhum dont on asperge quelques gouttes. On le remercie ainsi de sa protection. Les blancs, les metis, les noirs sont adeptes de la Santeria de nos jours, avant c'etait surtout les noirs, on le sait c'est explicable par l'esclavage.
Pour decouvrir ton Santo, ton Santero (qui devient ton parrain, le mien etait blanc) te fais d'abord une "limpieza" (une purification), il y a un tres bel exemple de purification dans le film ("7 dias à la Habana" dans le sketche de Laurent Cantet), je n'en dirai pas plus là dessus pour vous inciter à aller le voir, c'est un tres bon film qui brosse divers aspects de la vie à Cuba...
juste qu'il faut se mefier des santeros arnaqueurs, mon santero ne fixait pas de prix pour la limpieza c'etait au bon vouloir, il pouvait se contenter d'une bouteille de Ron, donner une petite aide pouvait couvrir le prix du cigare qu'il utilisait, celui du rhum, du poulet ou des oeufs qui peuvent remplacer le poulet v (j'ai refusé qu'on egorge un poulet au dessus de ma tête, j'en ai été quitte pour aller eclater deux oeufs sur le pvé en plein carrefour à côté de chez lui, c'est pas tres discret mais aussi efficace parait il Laughing Laughing ).. Laughing
Je suis une personne globalement incredule, donc j'ai eu des reticences, mais c'est envoutant cette religion et cela est dans l'atmosphere des tropiques, je ne saurai le decrire...
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Re: La Havane

Message par Chamaco le Sam 3 Déc - 16:25


Vieilles voitures, à Cuba on appelle ce type de voitures :des "almendrones", mot venant de "almendra" = amande..Aussi dur qu'une amande dans la bouche, la carosserie est en effet tres solide malgré le temps et ne craint pas les chocs. La carosserie et souvent l'interieur (sieges en cuir, tableau de bord en bois precieux) sont d'époque avant la Revolucion, le moteur est souvent de Lada...les étrangers ne pouvaient les acheter à leur nom à l'epoque où j'y vivais, en avoir une en bon etat de marche c'etait un gagne-pain, la possibilité de faire le taxi (illégal) à 10 pesos moneda nacional la courte course (soit environ 40 centimes d'euro), normalement les etrangers ne pouvaient y monter car trop de risque pour le chauffeur, mais au bout d'un certain temps je faisais comme tout le monde j'y montais en parlant espagnol.

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Re: La Havane

Message par Chamaco le Sam 3 Déc - 16:26

Mon experience de la vie à Cuba m’a amené à réfléchir sur les raisons qui m’ont amené à y vivre, ce point je ne l’aborderai pas car il est trop personnel (je veux bien partager, mais je tiens à proteger mon pré-carré, on dirait aussi jardin secret), les modalités de ma vie à Cuba, et les raisons qui m’ont amené à quitter ce pays…
Donc, sur les modalités : en fait elles ne sont pas faciles pour une personne qui veut y vivre en permanence, j’aborde ici les questions par rapport à l’état et pas les relations avec le peuple cubain (des choses ont changé depuis mon depart, mais globalement la problematique est la même)..Tout d’abord : l’accueil des etrangers par l’état = Pour l’état cubain, un etranger ne sera jamais cubain. En France, un etranger a des possibilités de devenir français (bien qu’il y ait des difficultés, mais c’est possible…), là bas : que nenni…
Alors si comme moi on est tétu, apte à commettre des erreurs, et désireux d’aller au bout du possible quand une decision est prise, quelles sont les possibilités.. ?
---Plusieurs sortes d’etrangers à Cuba : les touristes, ils sont les bienvenus pour l’etat, à condition qu’ils aient de l’argent, ils paieront plein tarif et plus que les cubains dans les lieux publics dependants de l’état (musées, cinemas, spectacles, restaurants d’état pour etrangers, hotels Etc..etc..(la difference de tarifs est normale entre les cubains et les touristes, bien qu’au bout d’un certain temps on se dit qu’on est une vache à lait, mais bon, faut savoir ce que l’on veut, et puis on est sensé être capitaliste)A Cuba l’état va vous choyer et proteger au maximum, vous êtes source de devises…
--les etrangers qui y travaillent à la suite d’un contrat d’état à état :
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Re: La Havane

Message par Chamaco le Sam 3 Déc - 16:32

Le baryton Ulysses Aquino Guerra, Directeur de la compagnie "Opéra de la calle"


Ulysses est un artiste du chant lyrique célèbre au niveau internationnal puisqu’il a partagé la scène avec Montserrat Caballé, Placido Domingo, Victoria de los Angeles ou José Bross. Il est considéré comme un des plus importants lyriques de ces dix dernières années.
En 2006 il montait une troupe : « l’Opera de la calle », il trouva un lieu à La Havane pour se produire. Au lieu-dit « Le bois de La Havane » près du puente de hiero qui enjambe la rivière Almendares, Ulysses installa « le Cabildo », une salle de spectacle de qualité en plein air. L’endroit est splendide, en pleine nature luxuriante, il offrait un panel des racines de la culture musicale cubaine.
Servis par un personnel agréable, les clients pouvaient déguster des plats caraïbes à des prix abordables avant d’assister au spectacle. Mais voilà, l’Administration dame de vertu jalouse ne pouvait admettre ce succés, en Juillet 2012 brutalement, l’établissement était fermé, l’eau et l’électricité coupés, les clients évacués.
Motif invoqué : enrichissement personnel. Ulysses mettait pourtant dans l’affaire une bonne partie de l’argent de ses cachets de « cantante » à l’étranger. Ce que les Castro s’autorisent à eux-mêmes ils ne peuvent le concevoir pour d’autres. Ulysses refuse de quitter Cuba et lutte pour la liberté de la culture dans son pays.
L’état depuis est revenu pour partie sur son excés de zèle, le Cabildo reste fermé mais Ulysses Aquino est autorisé à produire l’Opéra de la calle à l’etranger, il devrait se produire à Paris, en Colombie, dans diverses villes européennes et des Etats Unis. L’affaire nourissait entre 130 à 200 personnes (chanteurs, musiciens,techniciens, serveurs, cuisiniers etc…), ils touchaient chacun l’équivalent de 4 fois le salaire moyen d’un cubain soit dans les 80 Euros par mois.
Moralité : à Cuba le négoce est « libéralisé » à condition de pouvoir tout juste en vivre et ne pas attirer l’attention des jaloux.



Les cubains sont des gens majoritairement simples, intelligents souvent, tres intelligents souvent, mais ils savent se rendre sympathiques, abordables, rendant service quelle que soit leur profession (à part bien sur les policiers et l'armée tenus à garder leurs distances avec les etrangers de peur de perdre leur boulot..), mais même avec une policière qui travaillait à l'immigration et que je devais voir à l'entrée et à la sortie de l'île tous les deux mois pour mon visa A2, j'etais arrivé à sympathiser avec elle (discretement pour ne pas lui nuire), je lui ramenais du parfum en cachette... chut Wink
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Re: La Havane

Message par Chamaco le Sam 3 Déc - 16:45

Au bout de quelques mois de vie dans la banlieue de La Havane j'ai exploré les environs et j'ai pu constater l'existence de sortes de bidons villes habités par des gens venant de l'Oriente (le sud de cuba, le plus pauvre), à Cuba on les appelle des dyepon ou yepons (phonetiquement), c'est un terme du langage de l'oriente que j'ai essayé de retranscrire, ces bidons ville sont niés par le pouvoir en place et il m'est arrivé lorsque j'en ai parlé que des personnes me traitent de menteur, pourtant ils existent et ils sont nombreux. Celui qui se trouvait à San Miguel à 300 metres de chez moi etait occupé par 3000 personnes selon mes voisins. Une fois par semaine j'allais acheter les oeufs de la famille chez une de ses habitante, j'y entrais et en sortais sans probleme car les gens avaient repéré ma presence...
La misère dont j'ai été témoin a conforté mon idée que le regime en place est un tissu de mensonges, et personnellement cela a remis en cause ma presence dans ce pays, car comment y vivre heureux en etant aveugle des souffrances de ses voisins...
J'avais lors de mes voyages à La Martinique monté une association pour aider les enfants du quartier en dotant l'école de stylos et de cahiers et en organisant des fêtes enfantines, voici quelques photos de l'une de ces fêtes :







je suis surement le seul étranger avant Karl Lagerfeld a avoir organisé une manifestation à Cuba depuis 1959.....et je n'en suis pas peu fier
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Re: La Havane

Message par Chamaco le Sam 3 Déc - 19:16

Hemingway n'a pas habité à Cojimar (petit port de pêche à côté de La Havane où j'allais souvent, louant une casa particular pour quelques jours en bord de mer(20 euros les 24 heures Very Happy )), à Cojimar il allait pêcher, il s'était fait des amis pêcheurs qui gardaient son bateau "la Pilar", à sa mort les pêcheurs de Cojimar se cotisèrent pour que soit édifié en bord de mer un buste de l'écrivain, ce buste y est encore dans une petite gloriette face au petit fortin espagnol gardant la côte, la Pilar, elle, a été transportée dans le jardin de la maison d'Hemingway "la Vigia" dans la banlieue de La Havane dans un quartier nommé San Francisco de Paula, à trois kilometres de la maison que j'avais achetée...

voici un diaporama de la maison hemingway que j'avais monté à Cuba :
la casa Hemingway

(il faut être patient, le defilement est un peu lent, en cherchant bien vous m'y verrez avec un copain Pablo

le livre dont il est fait état dans l'article est "le vieil homme et la mer", un hotel porte ce nom dans la marina hemingway, une marina où hemingway n'a jamais mis les pieds car elle n'existait pas à son epoque, maintenant cette marina est reservée aux riches amis de Fidel, elle est située non loin d'un de ses palais caché dans la vegetation et qu'il est impossible d'approcher, tout appareil photo y etant interdit...Dans la marina se trouve le seul bowling de l'île (à 5 euros la partie mouton  Laughing  Laughing  Laughing merci Fidel)...
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