Beppe Fenoglio

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Beppe Fenoglio

Message par bix_229 le Mer 21 Déc - 18:19

Beppe Fenoglio (1922-1963)



Beppe Fenoglio, de son véritable nom Giuseppe Fenoglio, né le 1er mars 1922 à Alba, dans la province de Coni, au Piémont, et mort le 18 février 1963 à Turin, est un écrivain italien. Engagé en 1944 dans la Résistance italienne contre la République sociale italienne fasciste dans les Langhe, c'est cette expérience qu'il relate dans la plupart de ses écrits, marqués par le néoréalisme.

Beppe Fenoglio se révèle un enfant intelligent, bien que souffrant d'un léger bégaiement. Sur les conseils d'un enseignant, et en dépit des difficultés économiques rencontrées par la famille, il poursuit ses études. Élève modèle et lecteur vorace, il apprend l'anglais avec une grande facilité et s'essaie très tôt à quelques traductions, ce qui lui sera utile pendant la Seconde Guerre mondiale, alors qu'il jouera le rôle d'interprète. En 1940, il fréquente l'Université de Turin, mais cache ses opinions antifascistes et sa participation à la Résistance.

À la fin de la guerre, au grand regret de ses parents, il décide de se consacrer entièrement à la littérature. En mai 1947, grâce à son excellente connaissance de l'anglais, il est embauché en tant que correspondant à l'étranger pour un vin de la maison d'Albe. Le travail, peu exigeant, lui permet de contribuer aux dépenses de la famille et de se consacrer à l'écriture.

En 1949, son premier roman, Il trucco, est signé du pseudonyme Giovanni Federico Biamonti. L'œuvre reçoit un bon accueil critique. Beppe Fenoglio rencontre et devient l'ami d'Italo Calvino, d'Elio Vittorini et de Natalia Ginzburg. Encouragé par Vittorini, il se remet à l'écriture d'une nouvelle version de son premier roman qui ne paraîtra qu'en 1969 sous le titre La Paie du samedi . En 1952, il publie un recueil de douze nouvelles intitulé Les Vingt-trois Jours de la ville d'Albe qui revient sur des faits et des événements liés aux actions de la Résistance dans les collines de la région de Langhe, dont Albe est la ville principale. Cette thématique de la guerre et de la Résistance est également présente dans plusieurs de ses oeuvres. À partir du milieu des années 1950, Beppe Fenoglio se lance dans une intense activité de traducteur de grandes œuvres britanniques. En parallèle, il entreprend la composition d'un grand roman sur les années 1943-1945, Le Printemps du guerrier, paru en 1959.

En 1960, il épouse civilement Luciana Bombardi. Malgré les pressions familiales et sociales pour un rituel à l'église, Fenoglio insiste pour une cérémonie civile seulement, une décision qui provoque un scandale. Fenoglio se déclare en effet agnostique et tient à aller au bout de ses convictions. En représailles, le maire refuse d'officier le mariage et délègue à sa place le conseiller Giulio Cesare Pasquero. De plus, une manifestation hostile doit entraver la cérémonie nuptiale et est évitée de peu grâce à la mère de Fenoglio qui demande et obtient une intervention de l'évêque d'Alba, Mgr Carlo Stoppa. À l'occasion de la naissance de sa fille Margaret, le 9 janvier 1961, Fenoglio écrit les nouvelles L'Histoire de son grand-père et L'Enfant qui a volé un bouclier.

Au cours de l'hiver de 1959-1960, un examen médical révèle chez Beppe Fenoglio une grave infection des voies respiratoires et des complications causées par l'asthme bronchique qui tourmente l'écrivain depuis des années, en raison de ses mauvaises habitudes de fumeur excessif, surtout lors de ses séances intensives d'écriture. Atteint d'un cancer du poumon, il meurt dans la nuit du 18 février 1963.


Bibliographie de sea oeuvres traduces en français

Journal : 1954 suivi de Épigrammes
La Guerre sur les collines
Une Affaire personnelle
Les Vingt-trois Jours de la ville d'Albe
Le Mauvais Sort
Le Printemps du guerrier
La Paie du samedi
La Permission, et autres nouvelles
L'Embuscade
La Louve et le Partisan





Beppe Fenoglio, «le plus solitaire» des auteurs de sa génération, selon Italo Calvino est un écrivain paradoxal. Partisan et acteur de la Résistance contre le nazisme, Fenoglio a dérouté ses lecteurs par son sens critique. En tant qu'auteur régional, par contre, ses peintures de la province sont d' une beauté reconnue.

Originaire d' Albe et de la région des Langhe, dans le Piémont, Fenoglio réhabilite cette partie de l'Italie, peu connue. C'est là que se déroulera la résistance contre l'occupant. C'est l'occasion pour lui de montrer que cette résistance est composite, formée de femmes et d'hommes faillibles. Et que la violence peut se faire jour à tout moment et sous les formes les plus inattendues. Quel que soit le thème abordé, celui de la région ou celui de la guerre de libération, tension, violence et mort sont présents partout dans l'oeuvre de Fenoglio. Sa vision de la réalité est non conformiste et impitoyablent lucide. Elle fait de son oeuvre un reflet parmi les plus singuliers de la littérature italienne contemporaine.



Les Langhe, région du Piémont où se déroule l' oeuvre de Fenoglio.
Doc. "Les vingt-trois jours de la ville d' Albe". - G. Lebovici

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bix_229

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Re: Beppe Fenoglio

Message par bix_229 le Mer 21 Déc - 18:26



L'EMBUSCADE

L'objet de cette histoire est un épisode de la guerre civile qui opposa les partisans italiens aux fascistes au cours de l'été 1944.
Ces partisans sont des "badogliens", proches des  anglo-américains. Par opposition aux communistes.
Leur petit groupe cherche à s'emparer de la ville de Valla, dans les collines des Langhe (Piemont).
Dans une période d'attente pesante, se succèdent des temps morts et des moments paroxysmiques.

Avec Fenoglio, on est loin des clichés guerriers, de l'héroïsme. Les hommes sont tous des jeunes gens embarqués dans une guerre, particulièrement horrible puisque elle oppose des italiens à d'autres italiens. Même si les allemands sont occupés ailleurs.
La plupart des partisans ont eu des membres de leur famille exécutés par les fascistes. Et donc, leur mobile principal est d' abord la vengeance. Si l'auteur a participé à la résistance dans les rangs des badogliens, c'est par nécessité vitale, par opposition à toute dictature.
Pour ses personnages aussi bien que pour lui-même, il ne s'agit pas de voir triompher telle ou telle vision du monde.

Le regard que Fenoglio a sur eux est d'une impitoyable lucidité. Beaucoup sont courageux et exemplaires au combat. Mais quand ils sont faits prisonniers, ils sont prêts à tout pour survivre.
Perez, celui qui les commande n'exerce son pouvoir que parce qu'il est unanime. Parce qu'il essaie aussi de respecter des valeurs de dignité humaine et de respect. Dans un moment grave, l'un des partisans lui dit :

«Tu t' en sortiras, Perez. Si les gens propres comme toi ne s'en sortent pas, ça veut dire qu'il n'y aura pas de victoire. Qu' il n' y aura plus rien.»

Et il y a aussi Milton, qui a de hautes exigences personnelles. Sans être un franc-tireur, il dédaigne le commandement et les responsabilités, et ne s'impose que par un charisme naturel mais tout à fait exceptionnel.

Le roman progresse par flash back qui donnent du rythme au récit. Et si le livre est resté inachevé, il garde une structure solide, avec un commencement et une fin bien définis. Et la globalité de lecture du livre n'en  est pas vraiment affectée.
Le style de Fenoglio est précis, suggestif, tout à fait particulier et il impressionna tous ses contemporains.

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bix_229

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Re: Beppe Fenoglio

Message par animal le Mer 21 Déc - 21:55

je rapatrie moi aussi :



Le mauvais sort

Le récit de la jeunesse d'un valet de ferme. Un brave type attaché à sa famille et à sa terre. Les malheurs de sa famille, son dur labeur, les coups du sort, la succession des espoirs déçus et la déception des réussites modestes. C'est une triste vie à laquelle il s'accroche, c'est vrai qu'il y a la famille et la terre. Son père l'a vendu comme valet et la terre est ingrate. Pendant qu'il travaille comme un âne pour pas grand chose et rester affamé, son père vend le peu de bien qu'ils ont et son frère meurt de faim au séminaire...

Une bien triste histoire contée avec ce qui n'est pas de l'optimisme mais un attachement solide, concret, un rien d'humour et un acharnement confiant. Raconté très simplement une ombre d'humour et de mélancolie douce amère. Ça n'a pas l'air de grand chose, et ça se lit comme rien. ça a l'air d'un monde ancien alors que ça ne l'est pas tant, et il reste quelque chose de la lecture, de ce dénuement, une forme de satisfaction, de confiance. Ce n'est pas grand chose ce petit livre, mais j'espère lire autre chose un de ces jours.

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