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Au cinéma

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Message par Quasimodo le Jeu 29 Aoû - 13:44

Une fille facile, de Rebecca Zlotowski.

Au cinéma - Page 19 Une_fi11

Naïma est une jeune fille de 16 ans, qui vit à Cannes. Sa mère y est femme de ménage dans un des palaces. Sa cousine Sofia, une jeune femme délurée, vient passer les vacances avec elle, et lui fait découvrir son mode de vie de "fille facile". Elles rencontrent un riche quadragénaire brésilien et son ami français.

Je suis allé voir Une fille facile avec des préjugés plutôt positifs, mais les prétentions de ce film esthétisant s'accordent mal à ses moyens : trop facile sensualité des corps, des décors et des musiques; des relations qui manquent d'ampleur et de finesse; un rythme non pas contemplatif mais languissant (et qui fait languir : j'ai souvent regardé ma montre). Il semblerait que l'entreprise de transformation de Zahia Dehar en une nouvelle Brigitte Bardot ait pleinement réussi : elle est à peu près aussi vaine que son aînée, et pas moins piètre comédienne.

J'avoue ne pas bien comprendre le personnage de Sophia : est-elle une femme pragmatique qui va chercher l'argent où il est, en butte à la violence physique et sociale, et qui à la fin subit le brusque retour d'un sentiment d'amour propre ou de honte vis à vis de l'humiliation, avant de reprendre sa vie à l'identique ? Regrette-t-elle de fournir un pareil modèle à sa cousine, lorsqu'elle se voit humiliée par deux fois, et refuse-t-elle finalement de l'engager dans cette voie ? Si ce n'est que ça, c'est un peu mince, et c'est mal joué; si je suis passé à côté, qu'on m'éclaire.

En revanche, j'ai plutôt aimé le jeu de Mina Farid. Le rapport d'admiration (pas seulement vis à vis de sa cousine) dans lequel elle se trouve est la seule chose qui m'ait réellement touché dans ce film. Et sa position fausse : introduite dans un monde auquel elle n'appartient pas, tout étonnée de s'y trouver, elle est hors jeu car elles ne s'y trouvent que pour une seule chose, de laquelle elle est exclue.

A noter : ses premières armes de courtisane auprès des riches, lorsqu'elle justifie habilement, jouant de paradoxes, le supposé anarchisme du milliardaire André. (Scène assez dégoûtante, et voulue telle.)

edit : on fait tout un plat des "accents rohmérien" de ce film : je ne comprends rien à ce rapprochement.

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Message par Bédoulène le Jeu 29 Aoû - 14:49

merci Quasimodo ! (j'attendrai que le film passe à la TV) peut-être plus rapidement que prévu ?

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Message par Arturo le Jeu 29 Aoû - 18:12

@Quasimodo a écrit: Il semblerait que l'entreprise de transformation de Zahia Dehar en une nouvelle Brigitte Bardot ait pleinement réussi : elle est à peu près aussi vaine que son aînée, et pas moins piètre comédienne.

Au cinéma - Page 19 3866672782
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Message par Bédoulène le Ven 6 Sep - 16:03

J'ai vu hier "le corrupteur" film de Michael Winner avec notamment Marlon Brando et
Stephanie Beacham.
J'ai bien sur de suite reconnu les personnages du "tour d'écrou" d'Henry James.
Mais je n'ai pas retrouvé dans le film le surnaturel, ni l'ambivalence des sentiments et de l'esprit. Seule la dimension du "Mal" grandit chez les enfants.
Le jeu de Marlon Brando est étrange.

En fait les évènements du passé sont dans le présent puisque la "nouvelle gouvernante" des enfants n'arrive qu'en fin de film.

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Message par Tristram le Ven 6 Sep - 16:24

Les livres à l'origine de films ne sont souvent qu'un prétexte pour traiter leur thème (ou une partie, ou partiellement). Les films peuvent être fidèles ou pas, de toute façon c'est autre chose, et il est même peut-être préférable que le cinéaste s'écarte du bouquin...
@Bédoulène a écrit:Le jeu de Marlon Brando est étrange.
Bon, ce n'est pas exceptionnel non plus chez lui...

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Message par Bédoulène le Ven 6 Sep - 16:27

oui mais là je n'ai pas apprécié !

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Message par Tristram le Ven 6 Sep - 16:36

Peut-être à cause du thème, vu le titre ? Je n'ai vu que la BA (trailer).

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Message par Bédoulène le Ven 6 Sep - 23:26

non, il a eu des rôles bien plus malfaisant ! Very Happy

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Message par ArenSor le Mer 11 Sep - 20:05

Roubaix, Une lumière
Arnaud Desplechin


Au cinéma - Page 19 Roubai10

Bien que je reconnaisse le grand talent d’Arnaud Desplechin et que je vois ses films avec plaisir, j’ai parfois une pointe d’agacement devant des maniérismes de premier de classe de la Femis. Ce n’est pas le cas cette fois-ci, l’intellectualisme se marquant sous forme de clin d’œil amusant, par exemple le jeune lieutenant de police lisant Pascal et Lévinas.
Desplechin creuse la personnalité de deux jeunes femmes quelques peu paumées et qui en arrivent à un crime sordide et celle d’un commissaire de police revenu de beaucoup d’aventures. Le film trouve un juste équilibre entre le réalisme et l’épure.
Maintenant il faut savoir qu’il s’agit au départ d’un fait réel déjà filmé dans un documentaire « Roubaix, commissariat central », que je n’ai pas vu, réalisé par Mosco Boucault, également auteur de l’excellent film « Corleone, le parrain des parrains », diffusé ces jours derniers à la télévision.
Il faudrait donc pouvoir comparer documentaire et fiction pour en dire plus….
L’interprétation est très bonne, en particulier Roschdy Zem et Sara Forestier.
A recommander.  Very Happy
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Message par ArenSor le Mer 11 Sep - 21:03

J’ai vu aussi Yves réalisé par Benoit Forgeard. L’idée de départ est intéressante : notre monde envahi d’objets connectés qui prennent le pouvoir, avec un clin d’œil au Hal de 2001. Il y a des gags très réussis avec la participation des objets ménagers au concours de l'Eurovision, mais un humour potache parfois un peu lourd et une construction de récit qui ne fonctionne pas. Finalement, j’ai été assez déçu. Au cinéma - Page 19 2441072346
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Message par animal le Ven 27 Sep - 18:09

Au cinéma - Page 19 Cqt_b110

Ceux qui travaillent

Le cadre supérieur qui s'est fait tout seul et rate une (grosse) marche. Démissionné il tourne en rond, fait semblant, s'accroche. Quelle est la place du travail dans sa vie par rapport à sa famille ? Comment le travail dans notre monde un peu barge qui fait venir tout tout de suite pour notre bon plaisir de consommation ? Quelle conscience pour chacun(e) ?

Il y a un peu tout ça derrière ce portrait incarné par Olivier Gourmet toujours en forme mais qui en porte peut-être un peu trop cette fois ? C'est pas mal comme film, et avec des moments bien fichus mais je crois que je regrette un peu la dispersion et le côté too much. Cadre sup à Genève pour se retrouver avec des enjeux humains évidents (ou pas d'ailleurs) était-ce nécessaire pour arriver à parler du travail aujourd'hui. Ou arriver à en parler par un bout qui ne serait pas misérabiliste (du côté des écrasés économiques) ? J'ai un sérieux doute et ça me donne l'impression que le film rate d'un poil sa cible et est un tantinet bancal.

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Message par topocl le Lun 7 Oct - 17:43

Ceux qui travaillent

Je vais être un peu moins indulgente qu'animal

A vrai dire plus le temps passe moins j’aime ce film. Il est donc temps que je pose mes impressions avant de tourner à la catastrophe.

J’ai cherché un sous-titre et je propose :
« Salaud un jour, salaud toujours »
« Seules les petites filles mignonnes sont pures et tendres »
« les ados qui exigent un i-phone dernier modèle comme un dû sont de gros connards. »
« Le capitalisme rend fou ».

Olivier Gourmet , annoncé « minéral », se prend de airs de Jean Gabin sur le retour, le charme en moins. L‘interprétation en général est assez moyenne et parfaitement cliché.

Cinématographiquement, c’est archi lourd et le coup « Olivier Gourmet dans le rétroviseur », à la troisième fois, ça me saoule (encore que moins que : Olivier Gourmet crache dans le lavabo en se lavant les dents). Il ne manquait plus que la grosse coïncidence improbable de la fin.

Et à vrai dire les problèmes de riche ça me casse les pieds et encore plus les problèmes de riche assassin aux mains propres.

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Message par Tristram le Lun 7 Oct - 19:11

Quelque soit le film lui-même, il a le mérite d'avoir suscité un commentaire dont je fais mes choux gras.
Encore qu'il faille penser à plus ou moins long terme à envisager une quête pour les riches qui ratent une marche (il y en a de plus en plus ?)

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Message par églantine le Lun 7 Oct - 20:29

Hum le côté too much et lourdingue c'est ce que j'ai retenu de ce que j'ai entendu ou lu vite fait à travers mes sources éparpillées .
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Message par animal le Lun 7 Oct - 21:14

Héhéhé, tu n'as pas succombé au ronronnement du luxueux véhicule ?

J'étais ptet de bon poil. Le truc marrant c'est que je suis infoutu de me rappeler le nom du film si je ne l'ai pas sous les yeux !

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Message par topocl le Mar 8 Oct - 7:39

Normal, car le problème n'est pas tant qu'il travaille, mais surtout qu'il loupe une sacrée marche.

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Message par ArenSor le Mar 8 Oct - 19:45

Vu "Jeanne" de Bruno Dumont
Magique drunken
Je ferai un commentaire sur le fil de l'auteur.
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Message par églantine le Mar 8 Oct - 20:44

Ah il a dû bien se lâcher encore Bruno Dumont . Cool
 Je t'envie Arensor . Au cinéma - Page 19 1304972969
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Message par Nadine le Sam 12 Oct - 20:30

@ArenSor a écrit:Roubaix, Une lumière
Arnaud Desplechin


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Bien que je reconnaisse le grand talent d’Arnaud Desplechin et que je vois ses films avec plaisir, j’ai parfois une pointe d’agacement devant des maniérismes de premier de classe de la Femis. Ce n’est pas le cas cette fois-ci, l’intellectualisme se marquant sous forme de clin d’œil amusant, par exemple le jeune lieutenant de police lisant Pascal et Lévinas.
Desplechin creuse la personnalité de deux jeunes femmes quelques peu paumées et qui en arrivent à un crime sordide et celle d’un commissaire de police revenu de beaucoup d’aventures. Le film trouve un juste équilibre entre le réalisme et l’épure.
Maintenant il faut savoir qu’il s’agit au départ d’un fait réel déjà filmé dans un documentaire « Roubaix, commissariat central », que je n’ai pas vu, réalisé par Mosco Boucault, également auteur de l’excellent film « Corleone, le parrain des parrains », diffusé ces jours derniers à la télévision.
Il faudrait donc pouvoir comparer documentaire et fiction pour en dire plus….
L’interprétation est très bonne, en particulier Roschdy Zem et Sara Forestier.
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Ah très bien , tu l'as vu. Moi aussi.
Alors j'ai un sentiment très ambivalent. J'ai bien aimé dans ma jeunesse les films de Desplechin autant qu'été agacée : j'aimais bien le côté intello, qui mettait en scène des gens de ma génération baignés d'une parole hors monde, presque, dans leur quotidienneté, des vies qui vivent dans les idées, genre. Les citadins universitaires.Mais j'étais un peu gênée aussi par ce côté intello revendiqué.

Il faut replacer dans le contexte : à l'époque (années 90) se déroulait tout ce champ maturé des ères individualistes, une sorte d'apogée sereine des ethiques des 80',
mais côté filles/garçons fallait encore bien savoir courir derrière le corbillard et assurer le côté bravache, genre "ok, pas d'humanisme naïf, ok, pas de sentimentalisme, ok, pas , surtout pas, de vision pastorale du sens de la vie etc" Bon je blablate, au cas où ça vous parlerait, mais évitez de demander que je précise le sens de ces miscellanées, c'est un fourre-tout pour brosser le trait.

Et de revenir à Desplechin : je savais qu'il avait de la force, je l'avais bien senti, j'ai donc été super contente de lire qu'il se frottait au polar. Parce que
J'ai espéré qu'il ait eu envie de devenir populaire, et ait eu envie d'utiliser sa maitrise des concepts pour produire du Cinema.
Je me suis imaginée que des gens pas dutout interessés à débattres d'idées conceptuelles sorties du reel iraient voir ce film sans savoir le passé de la filmographie de Desplechin, et que ça : c'était super.

Et d'y aller presto :

J'ai dans cette optique adoré qu'il traite Daoud (Roschdy Zem HYPER charismatique) par la grâce du montage du rythme ou des valeurs de cadre comme autre chose qu'un flic beur, (mais c'est peut être l'acteur lui même qui est si bon qu'il dépasse les poncifs), adoré qu'il propose donc ce héros là, adoré le traitement discursif des scènes que celui-ci a dans le cadre de personnages de communauté d'origine nord africaine. J'ai trouvé que si j'étais un lambda du terroir à tendance xenophobe qui s'ignore j'en prendrais une bonne claque : de non-altérité, et ce genre d'engagement artistique POLITIQUE j'en rêve depuis des années.
Enfin un film qui fabrique une propagande positive qui marque, qui tire vers le haut l'universalisme, tel que Alice Zeniter dans l'Art de perdre" (un livre) a su faire, un truc qui fait dire à tout le monde prit dans le flux "oh dis donc on est trop les mêmes , sa race". Encore mieux : qui se fait se dire rien mais qui crèe un univers neuf de la pensée mentale inconsciente.
J'ai trouvé intéressant et culotté qu'il choisisse un flic, Louis (Antoine Reinartz), catholique pratiquant; gonflé parce que dur à imaginer; et intéressant parce qu'il le met en scène dans une hétérogénéité de codes (tantôt attachant , genre "un bleu" bisounours, qui veut la victoire du bien en mode "nouveau testament", tantôt irritant pour un spectateur sans doute surtout athé("je me prends la tête, père spirituel, comment aider ces gens ? je tiens un journal, vois) , tantôt enfin, dignement défroqué de sa quête spirituel (les scènes où il s'énerve , bah oui, comme tout le monde, et postillonne, on est tous dans le même bateau non ? Ouf "il est peut être catho mais il est normal") Oui gonflé, parce que bon, on n'a jamais relevé que Desplechin soit croyant, avant, et c'est intéressant qu'il mette en scène, pour ces mêmes raisons sus-évoquées, un personnage proposable comme "prototype " de ce type, politiquement oui, si ton voisin est pratiquant (musulman par exemple) c'est pas mal que tu te souviennes que tes grands parents avaient une pratique , au moins socialement, d'un culte. J'avoue que ça fait un peu "tu sais, la France est catholique mon frère" ce qui me fais un peu me gratter le cou, mais en même temps puisque tout le monde s'excite sur les religions ces temps ci, pourquoi pas essayer de ressaisir les heritages culturels, mouais. Bon enfin j'étais prudente mais ai trouvé ça, disais je , culotté et intéressant.)
Bref tres contente qu'un createur montre qu'il sait se servir de son pouvoir...creatif. Donc politique.

Mais j'ai été très déçue par la tombée rythmique des reconstitutions, notamment, où une sorte de complaisance à la Emile Zola a prit toute la place : tous ces gros plans larmoyants sur ses deux actrices criminelles. Zut, deux heures et quelques, mais enfin, yavait une bonne moitié à couper, mec . Et ça n'a aucun sens de dérouler toute cette séquence; ce n'est légalement même pas à ce stade d'une enquête que cela se fait, non ?
Le sentir si possédé par ces séquences, l'y voir si peu pertinent, si peu doué d'omniscience l'a fait redescendre presto de son possible piedestal de stratege de film POpulaire.
Si quelqu'un a cru aller voir un polar, il aura peut être aimé la moitié du film, mais après, qu'aura t il eu envie de faire de ces beaux personnages, apres avoir baillé si longtemps ? les jeter aux oubliettes. Il dira en sortant : "quel rasoir ce réa. un intello. Sûrement. "

Echec, arnaud. Echec. too bad.


@ArenSor a écrit:Vu "Jeanne" de Bruno Dumont
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cool il passe demain au ciné. J'essaie d'y aller.

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Message par Nadine le Sam 12 Oct - 20:52

Deux Moi
de Klapisch
Mignon. J'ai bien aimé. Il maitrise bien la peinture d'époque. De mes souvenirs et impression c'est très bien rendu, l'ambiance trentenaire dans la cité, coupé de son origine sociale afin de suivre la modernité.
Pourtant il n'a plus 30 ans ce réa. C'est bien.
Il a en plus toujours le truc pour gentiment donner envie de s'accrocher. Un beau divertissement populaire, et j'y vois pas trop de démagogie. J'ai pas pu, dans le passé, aller voir le moindre film de lui. Mes potes aimaient trop, j'avais l'impression que c'était du miroir générationnel. Mais je me dis qu'en fait il le fait bien, il va sûrement rester, nos petits enfants regarderont sûrement.

Portrait de la jeune fille en feu

de Sciamma

Bon Sciamma j'ai vu tous ses films, et j'hallucine comme elle et son équipe savent filmer la grâce. Celle qu'on aime voir quand on a 8/12 ans, vous savez, rappelez vous, quand vous jouiiez avec vos amis, à fond, et que tout explosait en mouvement et energie, que vos copains etaient epatants , quand on a soif pure et qu'on est 100pour cent vivant dans notre appareil sensoriel.

là je lis l'argument et je vois "histoire d'amour" Bon je savais qu'elle était, dans la vie, homosexuelle. Et que haenel a partagé sa vie, d'ailleurs.
J'ai retrouvé la beauté des cadres et lumières. Les dialogues qui résonnent bien. Mais dire que c'est un film sur une passion , ça me fais bizarre. Cette réalisatrice, qui montre si bien la beauté sensuelle, est décidément très pudique.
Je dirais plutôt que c'est un film sur l'hommage. rendu à quelqu amant(e): non, ça marche pour n'importe quel souvenir.un film sur les processus de mémoire ou d'hommage. Grâce à la durée tres maitrisée et très marquée, au calme et au rien, elle nous immerge longuement dans un espace temps relatif.
Et puis BING , deux trois courtes sequences magistrales où le jeu , l'image ou le sens sont reduits, précipités et BLAM. La VIE, la vie comme tu la verras sur ton lit de mort.

Un plan final super beau, su-per beau, sur la musique , dans un théâtre.
Et plein de petis trucs qui font du bien à mon oeil de fille, des scenes de quotidiens de filles.Ou des beaux dialogues. Des choses encourageantes pour des filles.Pour qu'elles se développent avec joie.
en fait, du coup, je dirais, un film pudique qui , sur la trame d'une romance, met en exergue les lames de fond mémorielles, les fidélités affectives, et le rayonnement d'être et de devenir, étroitement relié à son passé magnifique. Et ça c'est pour les filles ou les garçons.

L'exercice choisi par Sciamma, d'un film au cadre stable et aux actions relativement retenues sait doser les réactions émotionnelles. il faut vouloir bien qu'il ne se passe pas grand chose. Mais alors, quelle récompense, de voir comme tout prend corps. Je comprends le prix du scénario. C'est le prix de la construction, pas des actions.
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