David Vann

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David Vann

Message par topocl le Ven 23 Déc - 9:09

David Vann
Né en 1966



David Vann, né le 19 octobre 1966 sur l'île Adak en Alaska, est un écrivain américain. Il enseigne à l'université de San Francisco.

Œuvre traduite en français

Sukkwan Island, 2010 : Page 1
Désolations, 2011 : Page 1
Impurs,  2013,
Dernier jour sur terre, 2014 : Page 1
Goat Mountain, 2014
Aquarium, 2016

màj le 5/11/2017

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Re: David Vann

Message par topocl le Ven 23 Déc - 9:11

Dernier jour sur terre





«Je ne cherche pas une explication ou une cause, je vois une histoire, j'essaie de la projeter dans un modèle qui puisse avoir un sens.»

Le 14 février 2008, neuf ans après Columbine, Steve Kazmierczak descend 5 personnes sur un campus universitaire et en blesse huit avant de se suicider. Personne n'a rien vu venir, et il y avait tant, pourtant. David Vann s 'attache à retracer l'itinéraire de ce jeune homme. David Vann voit cette tragédie plus sous l’aspect du suicide que de la fusillade, et, sans éluder sa responsabilité, voit Steve comme la sixième victime (ou la première?) . Comme responsable, il ne privilégie ni sa mère qui le vautrait dans les films d'horreur, ni sa famille qui l'a rejeté, ni son passé mêlant psychose et délinquance, ni son passage à l'armée, ni le rôle du libre accès aux armes aux Etats-Unis, qui est un des thèmes-clés du livre.

«Nous n'avons encore rien mis en place pour empêcher quelqu'un de commettre un tel acte. C'est un droit américain.»

Cet œil compassionnel doit à l'histoire propre de David Vann. Comme Steve, son père a mis en scène son suicide, l'auteur avait alors treize ans. Comme Steve le petit David appartenait à une famille de chasseurs, où les fusils se transmettent de père en fils, sont offerts dès l'âge de sept ans, où le premier animal tué est un rite de passage qui donne au jeune garçon un sentiment de puissance et d’appartenance à un clan. Comme Steve, après la mort de son père, David Vann « jouait » à mettre en joue ses voisins avec de vraies armes.

«mais je me demandais si Steve ne pouvait pas être le point de départ d'une réflexion sur le fait que, parfois, le pire de nous-mêmes finit par l'emporter. Pourquoi n'avais-je pas blessé quelqu'un ? Comment avais-je échappé à cela, et pourquoi pas lui ?
   (…)
   et à travers lui, je pouvais comprendre enfin les moments les plus effrayants de mon existence, et ce que je trouve également de plus effrayant en Amérique.»

À la fois distant et affectivement impliqué, David Vann livre un récit attentif et précis. S'il critique les institutions qui refusent de légiférer, il ne juge ni ne disculpe aucun des acteurs de ce drame moderne . Il déroule l'histoire effrayante et désolante d'un jeune homme qui est un enfant de notre siècle.

(commentaire récupéré)


mots-clés : #criminalite

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Re: David Vann

Message par Hanta le Jeu 9 Fév - 14:45

Sukkwan island



Commentaire écrit dans le cadre d'une relecture. Toujours ébloui par la justesse des descriptions de David Vann, que cela soit en termes de paysages ou de sentiments. Il existe une palette de nuances, d'émotions si variées que nous sommes réellement plongés dans la complexité de l'être humain, de son ontologie, mais également de son existence au sein d'une nature mystérieuse.
Style parfois lapidaire, parfois plus construit, la simplicité des mots et de la syntaxe donne plus de force au propos et au récit.
j'ai été choqué et vulnérable au cours de cette lecture l'enfant en moi s'identifiant au fils, le père que je suis s'identifiant au père également. Il fut traduit un procès en crédibilité et en réalisme à l'encontre  de ce livre te de cet auteur. Ayant vécu par le passé des conflits et des relations tragiques avec un pathos au sens propre du terme je ne peux qu'être personnellement convaincu par cette histoire et par sa tenue, sa cohérence. Un livre qui me marqua et me marque toujours.


mots-clés : #famille #insularite
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Re: David Vann

Message par topocl le Jeu 9 Fév - 18:53

Oui, la question de la crédibilité s'était en effet posée. Et ton commentaire m'intéresse, car sans doute n'ai je pas vécu assez de choses traumatisantes pour accepter ce traumatisme-là.
Voilà ce que j'écrivais à l'époque:

Oui, rien n’est crédible dans ce livre. Mais finalement est ce là l’important ? Il y a des livres complètement impossibles auxquels j’ai pu adhérer sans problème, je dirais même qu’ils m’envoûtaient par cela même qu’on partait avec eux à la dérive.
Ce qui ne va pas c’est qu’il y a un malaise du personnage central (le père) qui n’ a vraiment rien pour lui, qui ne pense qu’à lui et n’ a rien à donner. Et il n’a pas asses d’épaisseur pour qu’on s’y attache comme à beaucoup d’autres paumés de la littérature
Ce qui m’a accrochée c’est le garçon de 13 ans qui pour sauver son père accepte de tout lâcher , est totalement abandonné et laissé à lui même, et ne peut que s’engouffrer dans son propre désespoir et y sombrer.

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Re: David Vann

Message par Hanta le Ven 10 Fév - 23:55

Désolations



Deuxième livre que je lis de cet auteur après Sukkwan Island et seconde fois où je prends un plaisir certain grâce à David Vann. En Alaska nous suivons les réflexions et les moments cruciaux d'une famille et de leurs conjoints. Inutile d'en dire plus il ne faut pas dévoiler l'évolution du récit.
Roman chorale en contraste avec Sukkwan Island qui était en quelque sorte un huis clos à ciel ouvert, nous assistons avec une certaine distance à des situations et des pensées complexes de personnages qui en viennent à devoir faire des choix décisifs. Toujours avec un style simple et efficace David Vann a réussi à me plonger dans cette histoire, à me décrire la complexité de la psychologie de chaque personnage qui ont tous une importance fondamentale. On les plaint, on les soutient, on les condamne et tout ceci spontanément sans vraiment parvenir à un jugement définitif ou à un avis arrêté. J'ai pensé aux Corrections de Franzen car il existe aussi ici une certaine approche sociologique qui est très intéressante. Une certaine critique de la classe aisée, une critique du rapport à la nature, une critique du rapport à l'argent également. Tout ceci ponctué par des descriptions agréables des paysages de l'Alaska. Une vraie réussite.


mots-clés : #nature #famille
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Re: David Vann

Message par Hanta le Ven 10 Fév - 23:57

@topocl a écrit:Oui, la question de la crédibilité s'était en effet posée. Et ton commentaire m'intéresse, car sans doute n'ai je pas vécu assez de choses traumatisantes pour accepter ce traumatisme-là.
Voilà ce que j'écrivais à l'époque:

Oui, rien n’est crédible dans ce livre. Mais finalement est ce là l’important ? Il y a des livres complètement impossibles auxquels j’ai pu adhérer sans problème, je dirais même qu’ils m’envoûtaient par cela même qu’on partait avec eux à la dérive.
Ce qui ne va pas c’est qu’il   y a un malaise du personnage central (le père) qui n’ a vraiment rien pour lui, qui ne pense qu’à lui et n’ a rien à donner. Et il n’a pas asses d’épaisseur pour qu’on s’y attache comme à beaucoup d’autres paumés de la littérature
Ce qui m’a accrochée c’est le garçon de 13 ans qui pour sauver son père accepte de tout lâcher , est totalement abandonné et laissé à lui même, et ne peut que s’engouffrer dans son propre désespoir et y sombrer.

Je ne pense pas qu'il y a une échelle des choses traumatisantes mais il est vrai que le rapport que j'ai eu avec mes parents, et le rapport particulier que je dois entretenir avec mon fils ont rendu cette lecture très "parlante". Une ressenti d'identification en somme. Par contre comme c'est très spécifique il est compréhensible que cela ne soit pas partagé ni "partageable" car ce n'est pas assez universel.

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Re: David Vann

Message par topocl le Sam 11 Fév - 8:29

@Hanta a écrit:Je ne pense pas qu'il y a une échelle des choses traumatisantes

Ben si, quand même, il y a des gens qui se coltinent des histoires plus lourdes que d'autres.

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Re: David Vann

Message par Hanta le Sam 11 Fév - 9:28

Je n'ai pas dit qu'il n'y en avait aucune je pense juste qu'il n'y en a pas qu'une seule et que par conséquent ce n'est pas comparatif.
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Re: David Vann

Message par tom léo le Mar 25 Juil - 22:48



Sukkwan Island


Original: Sukkwan Island: A Novella from Legend of a Suicide (Englisch/USA, 2008)

CONTENU:
Une île isolée dans le Sud de l’Alaska, seulement atteignable par bateau ou hydravion. Jim, divorcée à deux reprises, ayant eu des métiers différents y a acheté une cabane pour y passer une année avec son fils du premier mariage, Roy de treize ans, qu’il connaît à peine.  Mais il se révèle mal préparé sur un plan pratique, mais aussi psychique : il s’apitoie sur son sort, pleure dans la nuit, en présence de son fils, de plus en plus paniqué. Mais quoi faire ? Quelle issue ?


REMARQUES:
Une année paradisiaque sur une île en Alaska? Pas mal, diront les enthousiastes du « retour à la nature ». Mais ici, dès le début, le doute est permis : malgré leur quantité d’alimentation apporté, ils semblent des fois mal préparés. Et en plus le père se montre derrière sa façade de jour, plus fragile, voir suicidaire. Notre attention se porte presque vers lui, comme point de danger pour ce couple de père et fils. Roy, son fils, ressent un malaise face à ces pleurs, ces absences du père.

Ainsi une catastrophe semble inévitable et programmé. Une prévisibilité m’était même trop ostentatoire dans cette première partie. Mais quand le drame se produit, on doit d’abord se rasseoir et voir, si on a bien lu… Et je n’en dis pas plus.

Cela me semblait incrédible et mal avenu, mais seulement sur l’arrière-fond de la vie de l’auteur le livre et le roman gagne en valeur, pour ainsi dire. Pour David Vann ce livre est une variante possible de sa propre vie, il y a fait un travail sur lui-même. Est-ce que cela rend l’œuvre extraordinaire ? Je reste dubitatif.

Vann met le scénario dans une nature à la fois hostile, sauvage et attirante. Né en Alaska, il devrait savoir de quoi il parle.

Dans la veine de certains romans, on peut le lire comme une description de relation père-fils.
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Re: David Vann

Message par Arturo le Mer 26 Juil - 10:18

Je te rejoins sur tes impressions, Tom Léo.

Voilà ce que j'en disais deux ans auparavant :

Sukkwan Island :



J'avais souvent vu ce titre revenir sur le net, le thème m'intriguait... Et puis, je l'ai récupéré récemment... Comme il n'est pas très épais, je m'y suis collé.

Ca se lit bien, c'est fluide, ce n'est pas de la grande littérature, mais pour un roman contemporain j'ai trouvé ça pas trop mal. Tout du moins au début.
J'ai décroché après la première partie. En fait, je pense que s'il avait clos son histoire sur la première partie, cela aurait pu donner une bonne nouvelle, avec une chute originale. Peut-être pas la nouvelle du siècle, mais une bonne nouvelle.

Finalement, seul le personnage de Roy est intéressant, car Jim n'est vraiment pas crédible. Il n'y a aucune cohérence psychologique dans ce roman, et c'est trop tiré par les cheveux. On sent qu'il a voulu choquer. C'est dommage, car le début était prometteur, et il y avait matière à développer quelque chose d'intéressant, ou s'arrêter à une courte nouvelle. Le côté survie m'a plu, mais ce n'est pas un roman que je conseillerais.

La seconde partie n'a pas grand intérêt. Ce n'est même pas à cause du fait que ce soit invraisemblable, mais plutôt que tout a perdu son souffle, comme s'il n'avait pas su quoi faire de cette histoire.
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Re: David Vann

Message par Tristram le Mer 26 Juil - 15:10

A lire des commentaires si disparates voire discordants sur un même livre, et je ne parle pas seulement du ressenti personnel et de la suspension consentie de l'incrédulité, mais aussi d'appréciations contraires sur le style, je suis de plus en plus fasciné par l'importance du lecteur dans la "fabrication" du livre.
Cela renvoie à Umberto Eco (notamment dans L'oeuvre ouverte), qui montre la part active du lecteur comme interprète qui 'achève' l'oeuvre : celle-ci ne serait qu'une sorte de support plus ou moins bien adapté dans l'auberge espagnole de la littérature. Façons de dire, et façons de lire...
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