Juan Gabriel Vásquez

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Juan Gabriel Vásquez

Message par topocl le Ven 23 Déc - 16:05

Juan Gabriel Vásquez
Né en 1973




Juan Gabriel Vásquez, né en 1973 à Bogota, est un écrivain colombien.

Élevé dans une famille d'avocats anglophiles, il quitte sa Colombie natale son diplôme de droit en poche et part pour Paris où il entame des études de lettres à l’université de Paris III. Après avoir séjourné en Belgique, il s'installe à Barcelone et collabore à des suppléments littéraires. Journaliste reconnu, il travaille pour El Espectador et traduit également les œuvres de Victor Hugo et de E.M. Forster.

Loin de son pays, Juan Gabriel Vasquez trouve enfin la distance nécessaire qui lui permet d'écrire sur la Colombie, sujet principal de son œuvre et véritable obsession. Autour du tabou de la liste noire, 'Les Dénonciateurs', son premier roman, rapporte l'histoire d'un jeune journaliste qui découvre le passé de son pays et de son père durant la Seconde Guerre Mondiale. Le livre, réflexion sur le pouvoir de l'Histoire et de la littérature, est immédiatement acclamé par la critique internationale. En rédigeant son essai sur Joseph Conrad lui vient l'idée de son second roman, 'Histoire secrète du Costaguana', rencontre étonnante entre un Colombien et l'écrivain de renom. L'ouvrage reçoit le prix Qwerty du meilleur roman en langue espagnole et le prix Fundacion Libros et Letras de la meilleure œuvre de fiction, et projette définitivement Juan Gabriel Vasquez parmi les auteurs colombiens les plus importants des vingt-cinq dernières années.

Œuvres en français

Les Dénonciateurs, 2008
Histoire secrète du Costaguana, 2010
« Aéroport », in Les Bonnes Nouvelles de l'Amérique latine,  2010
Les Amants de la Toussaint, 2011
Le Bruit des choses qui tombent, 2012
Les Réputations, 2014

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Re: Juan Gabriel Vásquez

Message par topocl le Ven 23 Déc - 16:07

Les dénonciateurs



C'est un livre très intéressant et qui pose beaucoup de questions. Le narrateur est un jeune journaliste qui publie un livre sur le passé d'une grande amie de son père, juive allemande qui a émigré en Colombie avant la guerre. Son père, une autorité morale à Bogotá, publie sur le livre un article critique farouchement hostile, puis père et fils ne se parlent plus pendant trois ans. Un beau jour, le père, qui réchappe in extremis d'une opération cardiaque, reprend contact avec son fils.Il veut démarrer une nouvelle vie, connaît une jeune femme kinésithérapeute.

« On m'a accordé une chance, et cette fois je veux être comme si je n'avais jamais publié cette critique, comme si je n'avais pas commis cette lâcheté que je nous ai infligée ».

Mais il finit par mourir tragiquement dans un accident de voiture. C'est à la suite de cela que peu à peu le fils apprend par petits morceaux grâce à divers témoignages la vérité sur son père. Si celui-ci a été si hostile à son livre, c'est qu'il craignait que ne soient dévoilées des faits remontant à l'époque de la guerre, où il avait dénoncé des amis allemands et ainsi motivé la déportation puis le suicide de l'un d’eux.

« La vie que j'ai reçue en héritage - cette vie dans laquelle je ne suis plus le fils d'un orateur admirable, un professeur décoré, de l'homme qui souffre en silence avant de révéler publiquement sa souffrance, de la créature la plus méprisable de toutes : un être capable de trahir un ami et de vendre sa famille - a commencé un lundi, deux semaines après le Nouvel An (…) »

Vasquez raconte encore les réactions qui ont lieu chez lui et dans son entourage à la suite de la publication de cette histoire : il s'interroge sur le droit qu'il avait de révéler ce secret et sur les conséquences que cela implique.

« Dans mon livre, je m'étais dénudé, je m'étais exposé délibérément, j'avais refusé que les erreurs de mon père soient oubliées : dans une large mesure, j'avais assumé la responsabilité de ses erreurs. Car on hérite des fautes ; on hérite de la culpabilité ; on paye pour ce qu'ont fait nos ancêtres, tout le monde le sait. »
Ce livre réfléchit sur la culpabilité, sur le secret, sur la rédemption, sur le pardon. Toutes ces pistes sont très approfondies, d'une façon extrêmement complexe, extrêmement fine, chaque personnage adoptant son propre parcours pour affronter les aléas de la vie.

« C'est ce processus que je trouvais intéressant de mettre par écrit : les raisons pour lesquelles un homme qui s'est trompé dans sa jeunesse tente dans sa vieillesse de rattraper son erreur, et les conséquences que cette tentative peut avoir sur lui-même et sur ceux qui l'entourent : et surtout, par-dessus tout, les conséquences qu'elle a eues sur moi, son fils, la seule personne au monde susceptible d'hériter de ses fautes, mais aussi de sa rédemption. Et au fil de ce processus où je passais à l'écriture, je pensais que mon père cesserait d'être la fausse image qu'il avait lui-même affichée, qu'il réclamerait la place devant moi qu’occupent tous nos morts, en me laissant en héritage l'obligation de le découvrir, de l'interpréter, de chercher qui il avait été en réalité. Et à force d'y penser, le reste est venu avec la clarté d’un éclair. »

Bien que d'un style très agréable, ce livre n'est pas d'une lecture facile, il donne beaucoup à penser, il n'apporte pas de solution toute prête. Il nous apprend une part de l'histoire de la Colombie, et nous livre une grande leçon d'ouverture et de tolérance .



« Je ne suis pas sceptique de nature, mais je ne suis pas d'avantage ingénu, je sais très bien de quel tour de passe-passe la mémoire est capable quand ça l'arrange, et en même temps je sais que le passé n'est ni immobile ni figé, en dépit de l'illusion des documents : tant de photographies, de lettres et de films qui permettent d'envisager l'immuabilité de ce qui a été vu, écouté, plus. Non : rien de tout cela n'est définitif. Il suffit d’un fait insignifiant, d'un événement qui dans le grand paysage des événements nous semblerait inconsistant, pour que la lettre qui racontait des banalités détermine soudain nos vies, pour que l'homme innocent sur la photographie s'avère avoir toujours été notre pire ennemi.»

(commentaire récupéré)



mots-clés : #psychologique #famille


Dernière édition par topocl le Ven 23 Déc - 16:20, édité 1 fois

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Re: Juan Gabriel Vásquez

Message par topocl le Ven 23 Déc - 16:10

Les réputations



Arrivé à la soixantaine et à la consécration, Javier Mallarino, célèbre caricaturiste colombien autant haï qu' adulé, voit surgir une jeune femme qui le fait se retourner sur son passé, et s'interroger sur son propre rôle et sa responsabilité,  l'honnêteté de son engagement. Remonte à la surface cet à quoi bon qui l'a perpétuellement nargué tout au long de sa carrière .

Javier Mallarino est un homme droit dans ses bottes, sûr de lui et de sa mission, capable de construire ou détruire une réputation d'un trait de plume :

Les grands caricaturistes n'attendent d'applaudissements de personne, ils ne dessinent pas pour cela : ils dessinent pour déranger, incommoder, être insulté. On m'a insulté, menacé, on m'a déclaré persona non grata, on m'a interdit l'entrée de certains restaurants, on m'a excommunié. J'ai toujours réagi de la même manière, ma seule réponse aux plaintes et aux agressions a été la suivante : les caricatures peuvent forcer la réalité, pas l'inventer. Elles peuvent déformer, jamais mentir.

N'a t-il pas traité par le mépris les menaces de mort qui lui étaient adressées, n'a-t-il pas sacrifié son couple, et sa fille, pour poursuivre avec détermination son combat ?
Seulement :

les certitudes acquises à un moment donné du passé pouvaient avec le temps cesser d'être des certitudes : un événement survenait, un fait fortuit ou volontaire, et, brusquement, son évidence était invalidée, les choses avérées cessaient d'être vraies, les choses vues n'avaient jamais été vues et celles qui étaient survenues n'avaient jamais eu lieu .

Cette confrontation avec son passé vient changer la donne, le doute s'installe : ne s'est-il pas trop un peu trop facilement accommodé du pouvoir dénonciateur qu'il s'était arrogé ? Sa soi disant incorruptibilité  n'était-elle  pas en fait de l'arrogance, une simple façon de jouir abusivement d'un pouvoir abusivement capté ? Les concessions ne sont-elles pas aussi importantes que l'intransigeance ?

Dans ce récit d'une simplicité déconcertante, d'une remise en question de toute une vie sur 24 heures, on retrouve les questionnements que Vasquez avait déjà dans Les dénonciateurs : comment le temps et la mémoire jouent pour démasquer nos défaillances, laisser s'infiltrer la culpabilité  et le questionnement.

C'est  un livre passionnant, las face aux  certitudes, qui interroge l'humain, plein de dureté et de douceur mêlées. Juan Gabriel Vasquez  a une belle écriture, qui porte un personnage magnifique, un homme qui s'est cru gagnant contre tous. Au moment où tous s'inclinent enfin devant lui, il s'interroge.

(commentaire récupéré)



mots-clés : #psychologique

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Re: Juan Gabriel Vásquez

Message par topocl le Lun 26 Déc - 13:21

Le bruit des choses qui tombent.



Cela commence de façon extrêmement poétique, dans une belle langue et cela laisse présager le meilleur. Puis peu à peu mon intérêt s’est relâché et bien que ce livre cherche à parler d e choses très fortes (le secret, l’empreinte de l’histoire collective sur les vies intimes) je m’en suis peu à peu détachée, sans qu’il me déplaise vraiment pour autant.

Dans une salle de billard obscure de Bogota, Y, le narrateur, fait connaissance d’un homme à la fois dépenaillé et fascinant. Il apprend qu’il sort de 20 ans de prison, éprouve cependant une étrange confiance, imagine qu’il pourrai devenir son ami et alors qu’au bout de quelques semaines, Ricardo est descendu en pleine rue sous ses yeux , Y ramasse une balle perdue. S’ensuivent plusieurs années de dérive psychologique Ni l’amour de sa compagne Aura, ni la naissance d’une petite fille, qui déclenche pourtant un réel émerveillement chez lui ne suffisent à tirer Y d’un questionnement existentiel, d’une torpeur, d’une impuissance qui envahissent tout son champ psychique. Seule la recherche de la vérité sur Ricardo pourra peut-être l’aider et il découvre, ce dont il se doutait, que le passé caché de son « ami » s’apparente aux narcotrafiquants, aux violences, aux attentats, à l’insécurité qui ont laissé une trace indélébile sur sa jeunesse et celle d e tous les Colombiens de sa génération.

Très belle idée de roman, mais pour une certain déception au bout du compte, dans un récit assez factuel, dont l’émotion se retire peu à peu, où les surprises sont au final assez rares. On n’apprend pas grand chose (à part le fait que Escobar le plus grand narcotrafiquant du pays avait créé un zoo magique où les visiteurs se bousculaient, mais qui était interdit par leurs parents à de nombreux enfants du fait-même de son propriétaire, anecdote qui revient comem un fil rouge dan le livre). Malgré de belles scènes sur le bonheur révélé par la naissance d’un enfant, il m’a manqué soit un peu de poésie, soit un peu plus de punch. Je en me suis pas ennuyée, mais je n’ai pas été transportée.

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