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Yoko OGAWA

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Message par Allumette le Sam 3 Déc - 12:56

Yoko Ogawa
Née en 1962

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Yoko Ogawa est née le 30 mars 1962 à Okayama, dans la préfecture d'Okayama, est une écrivaine japonaise, auteur de nombreux romans - courts jusqu'en 1994 - ainsi que de nouvelles et d'essais. Elle est diplômée de l'université Waseda et elle vit à Ashiya, Hyōgo, avec son mari et son fils.
Elle a remporté le prestigieux Prix Akutagawa pour La Grossesse en 1991, et également les prix Tanizaki, prix Izumi, prix Yomiuri, et le prix Kaien pour son premier court roman, La Désagrégation du papillon.
Yoko Ogawa a une écriture est poétique, légère mais aussi souvent empreinte de nostalgie, de déception, voire de désespoir… c'est alors que le fantastique permet de transcender tout ceci.

Son univers romanesque est caractérisé par une obsession du classement, de la volonté de garder la trace des souvenirs ou du passé (L'Annulaire, 1994 ; Le Musée du silence, 2000, Cristallisation secrète, 1994), cette volonté conjuguée à l'analyse minutieuse de la narratrice (ou, moins fréquemment, du narrateur) de ses propres sentiments et motivations (qui viennent souvent de très loin) débouchant fréquemment sur des déviations et des perversions hors du commun, le tout écrit avec des mots simples qui accentuent la force du récit.

Elle est influencée par les écrivains japonais classiques comme Junichirō Tanizaki, mais également, grâce à son écrivain préféré Haruki Murakami, par des auteurs américains comme F. Scott Fitzgerald, Truman Capote et Raymond Carver. Pendant ses études en littératures anglaises/américaines à l'université de Tokyo, son professeur, Motoyuki Shibata (qui a fait la première traduction d'Ogawa en anglais) lui fait connaître Paul Auster, dont il est le traducteur en japonais, et dont le roman Moon Palace a eu une grande influence sur Ogawa.

Ses romans ont été traduits en français, allemand, italien, grec, espagnol, catalan, chinois, coréen et récemment en anglais (aux États-Unis). Le plus souvent traduit est son roman Hôtel Iris, moins implicite que ses autres œuvres et donc un peu différent, et qui traite de la relation sexuelle (de shibari, ou bondage japonais) entre une fille de 17 ans et un vieillard. Une adaptation cinématographique de sa nouvelle L'Annulaire est sortie en France en juin 2005, un film de Diane Bertrand avec Olga Kurylenko et Marc Barbé. Au Japon, La Formule préférée du professeur a été récompensé du Prix Yomiuri et y est également sorti en film (2005), en bande dessinée (2006) et en cd audio (2006).
(Source : Wikipédia)

Ouvrages traduits en français
Avec dates de parution en langue originale

Recueils de nouvelles
- Un thé qui ne refroidit pas, 1990
- Un Étrange journal, 1991
- Le réfectoire un soir et une piscine sous la pluie, 1991
- Jeune fille à l’ouvrage, 1996 ; Page 1
- Tristes revanches, 1998
- La Bénédiction inattendue, 2000
- Les Paupièresn 2001 ; Page 1
- La Mer, 2006
- Les Lectures des otages, 2011

Novellas
- Une parfaite chambre de malade, 1989
- La Désagrégation du papillon, 1989
- La Piscine, 1990
- La Grossesse, 1991
- Les Abeilles, 1991
- L'Annulaire, 1994 ; Page 1
- La Petite Pièce hexagonale, 1994

Romans
- Amours en marge, 1991
- Cristallisation secrète, 1994 ; Page 1
- Hôtel Iris, 1996
- Les Tendres Plaintes, 1996 ; Page 1
- Parfum de glace, 1998
- Le Musée du silence, 2000
- La Formule préférée du professeur, 2003 ; Page 1
- La Marche de Mina, 2006
- Le Petit Joueur d’échecs, 2009
- Manuscrit zéro, 2010
- Petits oiseaux, 2012
- Instantanés d'Ambre, 2015

MAJ de l'index le 01/10/2018
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Message par Allumette le Sam 3 Déc - 13:11

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Les tendres plaintes

J'ai découvert Yôkô Ogawa avec Les tendres plaintes, en septembre 2014. J'ai beaucoup apprécié l'ambiance de ce livre toute en poésie, musique suggérée, délicatesse... Durant une première partie du roman, Ruriko, partie brusquement de Tokyo s'installe dans un chalet familial. Au fil des pages, une tension amoureuse se fait ressentir, laquelle conduira à une nuit de tendresse entre Ruriko et Nitta, facteur de clavecins, habitant d'un chalet voisin. Quand Ruriko découvre, petit à petit, dans une deuxième partie, qu'elle n'est pas l'élue de Nitta, mais que c'est Kaoru, l'assistante de Nitta pour la réalisation des clavecins, elle se déstabilise et revient à Tokyo.
Finalement, Ruriko se rend compte qu'elle doit réagir que ce soit à Tokyo où son divorce doit aboutir ou alors dans le chalet familiale où elle ne fait que souffrir de ne pas avoir séduit cet homme, de ne pas avoir réussi à partager son monde, si ce n'est par la gravure calligraphiée au nom de Nitta sur la gorge d'un des clavecins.
Ruriko, se sentant seule, s'élance dans une carrière plus étoffée dans son domaine, la calligraphie mais gardera toujours en tête la mélodie des tendres plaintes...

Les clavecins étant à l'honneur dans ce livre, en voici un :
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Et, Les tendres plaintes, est effectivement une pièce de Rameau pour clavecin : https://www.youtube.com/watch?v=1v4b2zQizZQ
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Message par Allumette le Sam 3 Déc - 13:15

Lecture de juillet 2015 :

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L'annulaire


Encore un joli livre de Yoko Ogawa, poétique.
Par contre, à chaud, je suis restée sur ma faim car je n'ai pas compris, sur le coup, le sens (caché ?) du livre...

Finalement, voici comment j'interprète les événements. La jeune assistante ne cesse de nourrir le désir que M. Deshimaru l'aime. Mais, jour après jour, lui l'utilise... C'est lui qui décide quand ils se retrouvent de façon intime dans la salle de bains, c'est lui qui l'enferme dans l'absolue nécessité de garder les chaussures qu'il lui a offertes, c'est lui qui semble profiter d'autres jeunes filles séduisantes....Nous assistons impuissants à la tristesse d'une relation inéquitable de l'assistante amoureuse qui acceptera tout de son bourreau par amour, sans se rendre - vraiment - compte que le maître n'est que quelqu'un qui la prend quelque part pour une prostituée. La fin du livre nous incite à penser que l'assistante sera à jamais sous la coupe du maître, l'écartant à jamais d'une relation avec un homme qui l'aimerait, à l'image de son annulaire blessé, l'annulaire étant le symbole du partenaire.

Ce livre de Yoko Ogawa m'a plu mais beaucoup moins que La formule préférée du professeur et Les tendres plaintes...
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Message par Allumette le Sam 3 Déc - 13:26

La formule préférée du professeur

Yoko OGAWA Ogawa-10

C'est un de mes livres préférés. cheers
J'adore les mathématiques, alors je suis servie !
Toutes les bizarreries du cerveau me passionnent, alors, forcément, j'adore le professeur qui ne peut plus se souvenir que de 80 minutes d'affilées...

Tout en finesse, en délicatesse, et en poésie
Si vous aimez les mathématiques, foncez !!!

Ce livre m'a été offert par kenavo Embarassed
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Message par Mordicus le Sam 3 Déc - 14:10


Merci pour Yoko Ogawa ! Cela fait quelques années que je ne l'ai plus lue... Et tu m'as donné envie d'y revenir.
(Peut-être avec le professeur et les mathématiques. Ca me semble bien pour reprendre)
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Message par Ouliposuccion le Mar 7 Fév - 9:48

Jeune fille à l'ouvrage

Yoko OGAWA Tylyc121

Les lecteurs familiers de l’univers de Yôko Ogawa retrouveront dans ce recueil les thèmes qui lui sont chers : le monde très privé des enfants et des vieillards quand il s’agit entre eux de transmission et de confiance. Les vibrations des mélodies n’existant que par-delà le silence, l’hyperacousie quand s’avance alentour le bruit cristallin d’un poisson qui saute, l’effacement d’un temps que seul l’amoncellement d’objets semble pouvoir réanimer. L’attirance gourmande et dangereuse pour les aliments sucrés, la présence rassurante des animaux, et d'autres encore.


Première approche de Yôko Ogawa , c'est chose faite après avoir tourné autour depuis pas mal de temps à la sortie de son livre « Les tendres Plaintes ».
La plus grande admiratrice d'Haruki Murakami m'a bercé dans un univers que je reconnais bien , celui de l'onirisme japonais et du voyage initiatique tendre et mélodieux.
10 Nouvelles à l'esthétique harmonieuse , une écriture pure mêlée à la beauté des textes évoquant le souvenir , l'amour et la mort avec une savoureuse délicatesse.
Yôko Ogawa se saisit des instants de vie , du cycle des jours sous un même ciel qui construit chaque personnage dans un nouvel univers. Si sa narration est un soleil qui nous caresse l'esprit , elle n’enflamme pas les pages qui restent toujours tendres et gracieuses à lecture apaisante et enveloppante.
Une agréable rencontre que celle-ci , je suis tombée dedans comme on dit , et je vais donc m'autoriser à fouiller sa bibliographie sans retenue afin de m'abreuver de cette douceur désaltérante qui se dégage de cette magie qui opère.
Vous l'aurez bien compris , j'en redemande.

- Il y a beaucoup de choses que je ne comprends pas et je voudrais demander des explications à quelqu'un, mais au moment où je vais formuler mes questions, ça ne va jamais bien. Un peu comme si les mots tombaient en larmes dans mes poumons. Mon voisin le grand-père est gentil, il m'apprend toutes sortes de choses, mais rien que je veuille vraiment savoir.
- Finalement...a-t-elle dit après avoir réfléchi doucement. Il faut peut-être s'habituer aussi à cela ? Ce que l'on veut savoir le plus n'est pas forcément le plus important, voyez-vous

(Jeune fille à l'ouvrage)

Quand je passe seul le moment qui précède la tombée de la nuit, je réalise à nouveau que je suis arrivé dans un monde où il n'y a pas de temps. Le temps s'écoule haut dans le ciel, là où la main ne peut le saisir, et je suis blotti tout au fond de cet écoulement.

(Ce qui brûle au fond de la forêt)


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Message par bix_229 le Mar 7 Fév - 15:21



Yoko OGAWA Ogawa110

CRISTALLISATION SECRETE


Comment survivre dans un univers -une île- où tout disparaît. Non seulement les éléments du paysage, mais le paysage lui-même. Et les souvenirs de ce qui existait.
C'est précisément l'effacement des souvenirs qui rend possible la continuité de la vie, même réduite à rien.
Et puis, il y a la police secrète qui veille à ce que perdure ce phénomène. Les "chasseurs de souvenirs" traquent impitoyablement les citoyens. Ils fouillent les demeures et confisquent les objets personnels et parfois, souvent, leurs propriétaires.

La narratrice elle-même n'échappe pas à cette amnésie collective. Elle a vécu l'arrestation de sa mère, arrêtée par la police et qui n'est jamais revenue...
Son père est mort peu après, et elle se retrouve seule dans sa maison..

Elle prend conscience par hasard qu'une résistance passive s'organise. Une rumeur. Une autre rumeur laisse croire que certains auraient réussi à s'échapper.

Mais un jour, la narratrice accueille un homme qui, lui, se souvient de tout. Non seulement elle l'héberge, mais elle le cache avec l'aide d'un vieux conducteur de ferry au chômage.
Elle  le cache parce qu'elle l'aime et aussi parce qu'il essaie de la rééduquer. De lui faire retrouver sa mémoire vive et affective.

Pendant ce temps, les disparitions continuent. S'en suit une longue litanie des disparitions.
Les vivres commencent à manquer et les combustibles. Et l'île est plongée dans un hiver éternel.
Les gens se mettent à perdre leurs membres mais ils s'adaptent, résignés et sans mémoire.

Telle est cette histoire absurde. Yoko Ogawa ne hausse jamais le ton. Au diapason de ces disparitions.
Tout disparaît dans une ambiance grise et feutrée. Rendue plus triste encore à cause de la disparition des oiseaux et des fleurs. Et des livres aussi, puisque la police incendie la bibliothèque. El la narratrice se souvient alors avoir lu quelque part qu'"on commence par brûler les livres et les hommes suivent"..

Mais c'était avant. Avant que tout disparaisse, la vie et les souvenirs.
Une vie qui, en fin de compte n'a de prix que lorsque on en est privé peu à peu.

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Message par bix_229 le Mar 7 Fév - 15:32

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LES PAUPIERES

Les personnages de ces huit nouvelles sont en quête de sommeil. Et les rêves qu'ils ont, ne sont pas forcément endormis. La réalité produit des rêves et les rêves se prolongent aussi dans leur vie.
Et ces rêves-là ont toujours l'authenticité évidente qu'on ressent au réveil.

Yoko Ogawa est un peu fée. En tout cas, elle a le don de nous faire entrer de plein pied dans son petit royaume bien à elle.
Les tours de magie exigent beaucoup de travail et d'application. Mais quand le magicien réussit ses tours -et il les réussit toujours-, le spectateur est littéralement émerveillé et retrouve pendant un instant la grâce de ses yeux d'enfant.

Le style d'Ogawa est précis, descriptif, presque laconique, et pourtant elle réussit presque toujours à insinuer dans ses récits, le fantastique ou l'onirisme de façon très fluide, et quasiment logique.
Au point que citer des passages hors contexte me semble très difficile.

Chapeau, l'artiste ! Yoko OGAWA 1252659054

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