Georges Simenon

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Georges Simenon

Message par Tristram le Dim 25 Déc - 1:29

Georges Simenon (1903-1989)


Georges Joseph Christian Simenon est un écrivain belge francophone.

Sa vie commence par un mystère, il serait né un vendredi 13, mais déclaré le 12 par superstition.

Après des études chez les jésuites, et amené de bonne heure à gagner sa vie, Georges Simenon est contraint d'exercer divers métiers. Un temps reporter à La Gazette de Liège, il circule volontiers de par le monde, séjournant notamment à Paris.

"Le Roman d'une dactylo", publié sous un pseudonyme en 1924, est un véritable succès populaire. Dès lors, cet auteur prolifique rédige roman sur roman, à un rythme impressionnant, et donne naissance au fameux commissaire Maigret.

Simenon était un romancier d’une fécondité exceptionnelle : on lui doit 192 romans, 158 nouvelles, plusieurs œuvres autobiographiques et de nombreux articles et reportages publiés sous son propre nom et 176 romans, des dizaines de nouvelles, contes galants et articles parus sous 27 pseudonymes.

Les tirages cumulés de ses livres atteignent 550 millions d’exemplaires. Georges Simenon est, selon l'Annuaire Statistique de l'UNESCO de 1989, le dix-huitième auteur toutes nationalités confondues, le quatrième auteur de langue française, et l'auteur belge le plus traduit dans le monde.

Simenon gravit les marches de l'Académie royale de Belgique en 1952, rendant au genre policier toutes ses lettres de noblesse. Il a été choisi comme un des Cents Wallons du siècle, par l'Institut Jules Destrée, en 1995.
source : Babelio

Pour lire la biographie très complète rédigée par Trsitram, cliquer ici:
1903 : Naissance officielle de Georges Simenon à Liège le 13 février. En réalité, Henriette Simenon, sa maman, a accouché à minuit dix, le vendredi 13 février 1903. Superstitieuse, elle a demandé à son mari de faire une fausse déclaration pour ne pas nuire à son enfant. Son père Désiré est le fils d'un chapelier et travaille dans un bureau d'assurances de Liège. Henriette Brüll, sa maman, dernière d'une famille de treize enfants, a une ascendance néerlandaise et prussienne.
1906 : Naissance de Christian, son frère. Les Simenon s'installent rue Pasteur (cette rue est devenue la rue Georges Simenon en 1978).
1907 : La famille s'installe rue de la Loi à Liège, où la mère tiendra pension pour des étudiants étrangers.
1908-1914 - Simenon fait ses études à l'Institut Saint-André (Frères des Ecoles Chrétiennes) ; il est un bon élève.
1914-1915 - Il part étudier au Collège Saint-Louis (Jésuites) : grâce à une bourse, il reste un an dans cet établissement spécialisé dans les humanités. Son intérêt pour les études faiblit.
1915-1919 : Il poursuit ses études au Collège Saint-Servais, établissement plus scientifique. Il obtient des notes médiocres sauf en français : il a perdu tout intérêt pour les études.
1919, juin : Il quitte le collège sans avoir passé les examens. Prévenu de l'état de santé précaire de son père, commence à travailler comme apprenti pâtissier, puis commis de librairie.

1919, novembre : Simenon est engagé par Joseph Demarteau au journal conservateur la Gazette de Liège comme garçon de courses, puis journaliste (il a en charge les faits divers).
1920 : Il écrit une série d'articles dans la Gazette de Liège, et notamment ceux consacrés au "péril juif". Il rencontre de jeunes écrivains à la Caque, un lieu où ils ont l'habitude de se réunir et qu'il évoquera dans ses romans (Le Pendu de Saint-Pholien et Les trois crimes de mes amis). Il y fait notamment la connaissance de Robert Denoël, qui éditera Louis-Ferdinand Céline.
1921 : Il rencontre Régine Renchon, une peintre, qu'il surnommera Tigy. Simenon publie son premier roman, Au Pont des Arches. Son père meurt en novembre, à l'âge de 44 ans. Simenon est dégagé de ses obligations militaires au bout d’un mois de classes.

1922 : Il débarque Gare du Nord le 11 décembre, à la conquête de Paris. Il devient secrétaire de Binet-Valmer.
1923 : Le 24 mars, il épouse Régine Renchon. Il écrit des contes et nouvelles pour plusieurs journaux et revues, notamment Le Matin, dont la directrice littéraire, Colette, le conseillera. Il devient le secrétaire d’un riche aristocrate, le marquis de Tracy.
1924 : Il écrit son premier roman populaire, Le Roman d'une dactylo, premier de près de deux cents romans qu’il va publier sous dix-sept pseudonymes jusqu’en 1931 : des romans légers, plus ou moins licencieux, des romans sentimentaux et des romans d’aventures.
1925 : Il passe l'été à Etretat, l'hiver, place des Vosges. Il rencontre Joséphine Baker. Leur brûlante liaison durera jusqu'en 1927.
1926 : Il découvre Porquerolles durant ses vacances d’été. Il collabore à différents journaux (Paris-Soir, etc.)
1927 : Il passe l'été à l'île d'Aix, fréquente le Tout-Paris et rencontre plusieurs artistes : Vlaminck, Derain, Picasso...
1928 : Il achète la Ginette, un bateau de cinq mètres, à bord duquel il va faire un tour de France sur les canaux et les rivières.

1929 : Il fait construire un cotre de dix mètres à Fécamp : l'Ostrogoth. Il part pour la Belgique au printemps, puis gagne la Hollande. Il remonte les côtes de Norvège par le bateau régulier. Selon la légende, il esquisse le personnage de Maigret dans le port de Delfzijl (ce sera Pietr le Letton).
1930 : Il écrit les premiers Maigret à bord de l'Ostrogoth à quai à Morsang-sur-Seine. Il publie La maison de l'inquiétude, un roman dit populaire dont Maigret est le héros, qu’il signe sous le nom de Georges Sim. Il passe l'automne et l'hiver en Bretagne.
1931 : Il parvient à faire éditer chez Arthème Fayard deux Maigret : Monsieur Gallet, décédé, et Le Pendu de Saint Pholien. Le 20 février les deux livres sont lancés à la Boule Blanche, un des cabarets à la mode de la rue Vavin : c’est le Bal anthropométrique. Simenon effectue de petits déplacements sur l'Ostrogoth qu'il vend au mois de décembre. Il s'installe alors à Antibes et travaille sur le scénario de La Nuit du carrefour pour Jean Renoir.
1932 : Publication chez Arthème Fayard de six nouvelles aventures de Maigret. En avril Simenon s'installe à La Richardière, une gentilhommière de Marsilly, près de La Rochelle. Jean Renoir est le premier à adapter l'une des œuvres de Simenon : La nuit du Carrefour. L'été, il voyage en Afrique pour le magazine Voilà.
1933 : Il effectue un tour d'Europe et plusieurs reportages, dont un entretien avec Trotsky. Il enquête sur l'affaire Stavisky et signe en octobre un contrat avec l'éditeur Gaston Gallimard.
1934 : Il publie Le Locataire chez Gallimard et son dix-neuvième Maigret chez Fayard. Il fait une croisière en Méditerranée à bord de l’Araldo, puis il part pour un tour du monde en décembre.

1935 : Il réalise son tour du monde, ce qui lui inspirera plusieurs romans dits exotiques. Il rencontre André Gide. Et il s'installe à la Cour-Dieu, dans la forêt d'Orléans.
1936 : Il emménage à Paris, boulevard Richard-Wallace.
1937 : Il fréquente le Tout-Paris chez Maxim’s et au Fouquet's : il rencontre notamment Raimu, Pagnol, Fernandel...
1938 : Il publie chez Gallimard L'Homme qui regardait passer les trains, Monsieur La Souris, la Marie du Port, Le Suspect. Il s'installe l'été à Nieul-sur-Mer, près de La Rochelle.
1939 : Naissance le 19 avril de Marc, son premier enfant.

1940 : Lors de l'invasion allemande, il est nommé haut-commissaire aux réfugiés belges à la Rochelle. Malade, il consulte un médecin qui diagnostique une maladie grave qui ne lui laisserait que quelques années à vivre. Il commence alors à écrire Je me souviens, un récit destiné à son fils.
1941 : Il s'installe au château de Terre-Neuve à Fontenay-le-Comte. Il reçoit la visite de Gaston Gallimard, qui emporte le manuscrit de Je me souviens ; celui-ci deviendra Pedigree, après réécriture à la troisième personne sur les conseils de Gide.
1942 : Simenon déménage à Saint-Mesmin-le-Vieux, en Vendée. Simenon publie La Veuve Couderc, et Maigret revient. Il est accusé d'avoir des origines juives, mais sa mère lui fait parvenir les certificats nécessaires.
1943 : Une vente aux enchères de ses manuscrits est organisée au profit des réfugiés. Il rédige plusieurs romans à Saint-Mesmin-le-Vieux.
1944 : Atteint d'une pleurésie, il passe sa convalescence aux Sables d'Ozone.

1945 :  Il est astreint à résidence fixe aux Sables-d'Olonne, puis gagne Paris. Il part pour l'Amérique avec Tigy et Marc. Il change de maison d'édition et signe un contrat avec les Presses de la Cité. Il rencontre Denyse Ouimet, une jeune canadienne, qui deviendra sa deuxième femme. Le couple s'installe à Sainte-Marguerite, au Canada.
1946 : Il voyage à travers les Etats-Unis avec Tigy et Denyse. Il écrit des reportages pour France-Soir. Julien Duvivier réalise Panique, un film tiré des Fiançailles de M. Hire.
1947 : Il traverse s'installe à Tucson (Arizona). Décès de son frère Christian, engagé dans la Légion, en Indochine.
1948 : Il s'installe à Tumacacori, près de la frontière mexicaine. Publication de Pedigree.
1949 : Denyse met au monde John, le second fils de Simenon. Il s'installe à Carmel, près de Salinas. Il est réhabilité et lavé de toute accusation d'intelligence avec les allemands durant la seconde guerre mondiale.

1950 : Il divorce de Régine Renchon (Tigy) et se marie avec Denyse. Le couple s'installe à Shadow Rock Farm, Lakeville, dans le Connecticut. Ils y demeureront jusqu'en 1955.
1951 : Période très créative : Simenon écrit 26 romans à Lakeville, dont Tante Jeanne, La Mort de Belle, L'horloger d'Everton, Maigret a peur, Le Revolver de Maigret. Sortie au cinéma de La Vérité sur Bébé Donge, une adaptation d'Henri Decoin.
1952 : Il voyage en en France et en Belgique, où il connaît un vif succès.
1953 : Naissance de Marie-Georges, dite Marie-Jo, sa fille.

1955 : Il rentre définitivement en Europe : à Paris, puis à Mougins (Alpes-Maritimes) et enfin à Cannes.
1957 : Il s'installe en Suisse, au château d'Echandens, dans le canton de Vaud.
1958 : Il voyage en Hollande, à Venise, puis à Florence. Claude Autant-Lara tourne En cas de Malheur, avec Jean Gabin, Brigitte Bardot et Edwige Feuillère.
1959 : Naissance de Pierre, troisième enfant avec Denyse. Publication de La Femme en France, l'un de ses rares essais.
Si
1960 : Il préside le jury du XIIIème Festival de Cannes.
1961 : Teresa entre au service de l'écrivain comme femme de chambre ; Simenon aura des relations amoureuses avec elle. Il devient grand-père. Jean-Pierre Melville adapte L'Aîné des Ferchaux avec Jean-Paul Belmondo et Charles Vanel.
1962 : Graves tensions dans le couple Simenon.
1963 : Denyse entre en cure de désintoxication dans un établissement hospitalier.
1964 : Il s'installe à Epalinges, grande demeure qu'il a fait construire d'après ses plans. Denyse le quitte définitivement.
1965 : Il effectue une croisière en Méditerranée et en Mer Noire.
1966 : Inauguration, à Delfzijl, en Hollande, de la statue de Maigret, en présence de Simenon et de nombreux interprètes du commissaire au cinéma ou à la télévision. Publication de Le Chat.  

1967 : Début de la publication des œuvres complètes aux Editions Rencontre de Lausanne.
1968 : Simenon est interviewé par cinq médecins pour la revue genevoise Médecine et Hygiène.
1969 : Il rend visite à sa mère, à Liège.
1970 : Mort de la mère de Simenon.
1971 : Il est élu membre de l’American Academy of Arts and Letters. Pierre Granier-Deferre adapte Le Chat, avec Jean Gabin et Simone Signoret.
1972 : Il publie le roman les Innocents, et Maigret et M. Charles. Il annonce sa décision de ne plus écrire de romans.
1973 : Début des Dictées.
1974 : Il publie sa Lettre à ma mère.
1976 : Il fait don de ses archives à l'Université de Liège.
1978 : Sa fille Marie-Jo se suicide le 19 mai.
1980 : Simenon compose les Mémoires intimes.
1981 : Parution des Mémoires intimes, sa dernière œuvre.
1984 : Il subit une opération d'une tumeur au cerveau.
1987 : Son état de santé se dégrade (paralysie).
1989 : Georges Simenon meurt à Lausanne le 4 septembre.

Biographie fortement inspirée du site de Le Centre d'études Georges Simenon et le Fonds Simenon de l'Université de Liège (Belgique) http://www2.libnet.ulg.ac.be/simenon/

Bibliographie : voir Tout Simenon

Bibliographie

Spoiler:

Le Relais d'Alsace (octobre 1931)
La neige était sale : Page 1
Le Passager du Polarlys (1932) : Page 1
L'Âne rouge (1932)
Les Fiançailles de M. Hire (mars 1933)
Le Coup de lune (avril 1933)
La Maison du canal (mai 1933)
Les Gens d'en face (septembre 1933)
Le Haut Mal (octobre 1933)
L'Homme de Londres (décembre 1933)
Le Locataire (1934)
Les Suicidés (1934)
Les Pitard (1935)
Les Clients d'Avrenos (1er août 1935)
Quartier nègre (10 novembre 1935)
45° à l’ombre (1936)
Les Demoiselles de Concarneau (1936)
Long Cours (1936)
L'Évadé (1936)
L'Assassin (1937)
Le Testament Donadieu (1937)
Le Blanc à lunettes (1937)
Monsieur La Souris (1937)
Faubourg (1937)
Ceux de la soif (1938)
Chemin sans issue (1938)
La Marie du port (1938)
Les Sœurs Lacroix (1938)
Les Trois Crimes de mes amis (avril 1938)
Les Rescapés du "Télémaque" (19 mars 1938)
Le Suspect (25 mai 1938)
Touriste de bananes (29 juillet 1938)
L'Homme qui regardait passer les trains (30 octobre 1938)
Le Cheval-Blanc (25 novembre 1938)
Le Bourgmestre de Furnes (1939)
Le Coup-de-Vague (7 février 1939)
Chez Krull (27 février 1939)
Malempin (30 avril 1940)
Les Inconnus dans la maison (octobre 1940)
Le Voyageur de la Toussaint (1941)
Cour d'assises (mars 1941)
Bergelon (avril 1941)
L'Outlaw (25 mai 1941)
Il pleut bergère... (octobre 1941)
La Maison des sept jeunes filles (1941)
La Vérité sur Bébé Donge (1942)
Oncle Charles s'est enfermé (1942)
La Veuve Couderc (30 avril 1942)
Le Fils Cardinaud (30 novembre 1942)
Le Rapport du gendarme (février 1944)
Les Noces de Poitiers (1945)
La Fenêtre des Rouet (15 mars 1945)
La Fuite de Monsieur Monde (10 avril 1945)
L'Aîné des Ferchaux (30 mai 1945)
Trois chambres à Manhattan (26 janvier 1946)
Le Cercle des Mahé (30 avril 1946)
Le Destin des Malou (1947)
Au bout du rouleau (mai 1947)
Le Passager clandestin (1947)
Lettre à mon juge (10 août 1947)
Le Clan des Ostendais (5 septembre 1947)
La Jument perdue (1948)
Le Bilan Malétras (12 février 1948)
La neige était sale (31 août 1948) : Page 1
Pedigree (15 octobre 1948)
Les Fantômes du chapelier (10 avril 1949)
Le Fond de la bouteille (1949)
Les Quatre Jours du pauvre homme (1949)
Un nouveau dans la ville (10 février 1950)
L'Enterrement de Monsieur Bouvet (15 juin 1950)
Les Volets verts (30 septembre 1950)
Le Temps d'Anaïs (1951)
Tante Jeanne (1951)
Une vie comme neuve (1951)
La Mort de Belle (mai 1952)
Les Frères Rico (décembre 1952)
Marie qui louche (1952)
Antoine et Julie (mars 1953)
Feux rouges (16 novembre 1953)
L'Escalier de fer (1953)
Crime impuni (1954)
L'Horloger d'Everton (25 juin 1954)
Le Grand Bob (8 octobre 1954)
Les Témoins (1955)
La Boule noire (1955)
Les Complices (1956)
En cas de malheur (25 février 1956)
Le Petit Homme d'Arkhangelsk (31 octobre 1956)
Le Fils (1957)
Le Nègre (1957)
Strip-tease (1958)
Le Président (1958)
Le Passage de la ligne (1958)
Dimanche (1959)
La Vieille (1959) : Page 1
Le Veuf (1959)
L'Ours en peluche (1960)
Betty (1961)
Le Train (1961)
Les Autres (1962)
La Porte (1962)
Les Anneaux de Bicêtre (18 mars 1963)
L'Homme au petit chien (1964)
La Chambre Bleue (25 janvier 1964)
Le Petit Saint (4 mars 1965)
Le Train de Venise (9 octobre 1965)
La Mort d'Auguste (30 juillet 1966)
Le Confessionnal (1966)
Le Chat (1967)
Le Déménagement (1967)
La Prison (1968)
La Main (1968)
Il y a encore des noisetiers (1969)
Novembre (30 septembre 1969)
Le Riche Homme (15 juin 1970)
La Cage de verre (2 juillet 1971)
La Disparition d'Odile (1971)
Les Innocents (4 février 1972)

Recueils de nouvelles
Les 13 Mystères (1929)
Les 13 Énigmes (1929)
Les 13 Coupables (1930)
La Mauvaise Étoile (1936)
Les Sept Minutes (1938)
Les Dossiers de l'agence « O » (1943)
Le Petit Docteur (1943), 13 nouvelles policières ayant pour héros le docteur Jean Dollent, médecin de campagne à Marsilly (Charente-Maritime)
Le Bateau d'Émile (1954)
La Rue aux trois poussins (1963)
Nouvelles inattendues (1990), recueil posthume de nouvelles isolées
Nouvelles introuvables (1991), recueil posthume de nouvelles isolées
Les Exploits de l’inspecteur Sancette, nouvelles écrites sous pseudonymes entre 1929 et 1933 et recueillies en volume en 1999
Autres publications (nouvelles, essais, articles, conférences, mémoires)[modifier | modifier le code]
Simenon avant Simenon : Les Exploits de l'inspecteur Sancette (Le Château des Sables Rouges, L. 53, Le Document violet, Les Enquêtes de l'inspecteur Sancette (compilation), Matricule 12 , L'Homme qui tremble, Les Amants du malheur, Katia, acrobate [1931- 34]), 1999.
Œuvres de jeunesse (Jehan Pinaguet, Au pont des Arches, Les Ridicules [1920-21]), 1991.
Simenon avant Simenon : Yves Jarry détective aventurier [1928-29], 2004.
Maigret entre en scène (Train de nuit, La Jeune Fille aux perles , La Femme rousse, La Maison de l'inquiétude, L'Homme à la cigarette [1930-33]), 1999.
Mes apprentissages (À la découverte de la France, À la recherche de l'homme nu, À la rencontre des autres [1931-58]), 1976-89 - reportages.
Lettre à ma mère, 1974 - voir Archive vidéo.
Mémoires et Dictées :
Je me souviens… (1945)49.
Quand j’étais vieux (1970).
Des traces de pas (1975).
Un homme comme un autre (1975).
Les Petits Hommes (1976).
Vent du Nord, vent du Sud (1976).
À l'abri de notre arbre (1977).
De la cave au grenier (1977).
Un banc au soleil (1977).
Au-delà de ma porte-fenêtre (1978).
La Main dans la main (1978).
Tant que je suis vivant (1978).
Vacances obligatoires (1978).
Je suis resté un enfant de chœur (1979).
À quoi bon jurer ? (1979).
Point-virgule (1979).
Le Prix d'un homme (1980).
Les Libertés qu'il nous reste (1980).
On dit que j'ai soixante-quinze ans (1980).
Quand vient le froid (1980).
Destinées (1981).
Jour et Nuit (1981).
La Femme endormie (1981).
Le Roman de l'homme, édition de l'Aire, Lausanne, 1980, 128 pages.
Mémoires intimes suivis du Livre de Marie-Jo (1981).
Portrait-souvenir de Balzac (1991) - textes sur des auteurs qu'il admirait

màj le 3/11/2017

Simenon au cinéma :
Spoiler:
L’univers de Simenon est relativement statique, mais cela n’a jamais découragé les réalisateurs de cinéma, pourtant « art du mouvement », à porter son œuvre sur grand écran. Plus de cinquante films ont été tournés par le cinéma en France à partir d’une œuvre de Georges Simenon. Des dizaines d’autres ont été tournés par d'autres industries cinématographiques à travers le monde.

Il fut le premier romancier contemporain à être adapté dès le début du parlant avec La Nuit du carrefour et Le Chien jaune, parus en 1931 et portés à l’écran dès 1932.

Mais finalement, les réussites sont assez rares, car, entre la fidélité décevante et la trahison féconde, la ligne de partage est étroite, de nombreux réalisateurs (et des plus prestigieux : Jean Renoir, Maurice Tourneur, Marcel Carné, Henri Verneuil, Henry Hathaway, Claude Autant-Lara, Jean-Pierre Melville, Bertrand Tavernier, Claude Chabrol, etc.) s’y sont essayés avec plus ou moins de succès. Finalement, le choix de l’interprète s’est toujours avéré primordial, surtout pour le célèbre commissaire Maigret, car c’est autour de lui que va se structurer le film, sa personnalité, son humanité et sa présence devant être aussi fortes que l’intrigue.

Les acteurs qui ont interprété, au cinéma, le célèbre commissaire sont : Pierre Renoir, Abel Tarride, Harry Baur, Albert Préjean, Charles Laughton, Michel Simon, Maurice Manson, Jean Gabin, Gino Cervi, Bruno Cremer et Heinz Rühmann.

Jean Gabin et Simenon étaient très amis et l’acteur a tourné un total de dix films adaptés de Simenon, dans lesquels il a su presque faire oublier son passé cinématographique et ses très nombreux rôles de mauvais garçon.
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Tristram

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Re: Georges Simenon

Message par Tristram le Dim 25 Déc - 1:34

Quelques extraits…  

« C’était curieux. À tout moment maintenant elle était saisie de la sorte par un souvenir d’enfance et elle s’y complaisait. Il lui arrivait même, comme ce matin-là, de penser de la même façon que quand elle était petite fille. […]

Aussi ce matin-là, comme les autres, vivait-elle moitié dans la réalité présente, moitié avec des images d’autrefois. […]

Cela la rendait mélancolique, parce que les souvenirs qui lui revenaient de la sorte étaient des souvenirs très anciens, tous, sans exception, d’avant ses dix-sept ans, comme si les premières années seules eussent compté, comme si le reste n’avait plus été qu’une longue suite de jours sans saveur dont il ne restait rien. »

Georges Simenon, La fenêtre des Rouet

« Un alcoolique qui s’arrête de boire n’est-il pas un homme fini ? »

Georges Simenon, Le passager clandestin

Une curieuse phrase, qui évoque le papillon de Tchouang-Tseu, ou un écran de cinéma (muet) :

« Contrairement à ce qu’il se serait figuré autrefois, ce sont les passants qui sont dans l’aquarium et c’est lui qui, à travers les vitres de la librairie, les observe avec une curiosité légèrement apitoyée. »

Georges Simenon, « Pedigree », III, 9

Tiré des Mémoires de Maigret :

« Il [Simenon !] m’a expliqué par la suite − ce qui ne signifie pas que je l’aie cru − que les réactions de quelqu’un à une affirmation sont plus révélatrices que ses réponses à une question précise. »

Et tiré des Mémoires intimes :

« Les gros mangent les petits, c'est vrai pour les poissons, pour toutes les espèces animales. C'est vrai aussi pour les hommes et, afin de s'assurer qu'il restera toujours assez de petits, certains pays donnent des primes aux parents qui font beaucoup d'enfants.»

«Plus tard, j'ai bu du bordeaux, sur le conseil de mon vieil ami le professeur Pautrier. " Deux bouteilles de bordeaux par jour, pas plus, ni trop jeune, ni trop vieux. " »

« Quand j'évoque le passé, je m'étonne toujours que l'être humain puisse accomplir tant de choses en si peu de temps. Il est vrai que la vie des plantes, par exemple, est aussi, sinon plus exubérante. »

« Cela m'est arrivé plusieurs fois dans ma vie de me sentir tout à coup étranger au décor qui m'entoure. »
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Re: Georges Simenon

Message par animal le Dim 25 Déc - 9:26

merci pour les citations !

en attendant de trouver une occasion d'y retourner je rapatrie :

Le Passager du Polarlys


C'est une maladie qui s'attaque aux bateaux, dans toutes les mers du globe, et dont les causes appartiennent au grand domaine inconnu qu'on appelle le Hasard. Si ses débuts sont parfois bénins, ils ne peuvent échapper à 1'œil d'un marin. Tout à coup, sans raison, un hauban éclate comme une corde de violon et arrache le bras d'un gabier. Ou bien le mousse s'ouvre le pouce en épluchant les pommes de terre et, le lendemain, le " mal blanc " le fait hurler. A moins qu'il ne s'agisse d'une manœuvre loupée, d'un canot qui vienne se jeter étourdiment sur l'étrave. Ce n'est pas encore le mauvais œil. Le mauvais œil exige la série. Mais il est rare qu'elle ne suive pas, que la nuit, ou le lendemain, on ne constate pas un nouvel avatar. Dès lors, tout va de mal en pis et les hommes, mâchoires serrées, n'ont qu'à compter les coups. C'est le moment que la machine, après avoir tourné trente ans sans une panne, choisira pour s'enrayer comme un vieux moulin à café.

Un voyage mouvementé pour le Polarlys qui remonte la côte de Norvège depuis Hambourg. Le bateau transporte des marchandises et quelques voyageurs. Un nouvel officier qui fait ses débuts, un passager de dernière minute, un passager qui se fait assassiner, une femme troublante.... tous les éléments pour un huis-clos d'atmosphère. Une histoire qui suit tranquillement son cours. Une lecture agréable à défaut d'être prenante ou imparable, la fin pourtant est vraiment bien fichue et relève le plus intéressant du contenu, l'autre partie de la recette du huis-clos : les apparences, les doutes, les attractions et les erreurs de jugement.

Pas mal mais un peu plat pour émerveiller ce petit retour à Simenon après deux lointaines lectures : Le Bourgmestre de Furnes et  Pietr le Letton. J'ai le souvenir (collège ?) de m'être endormi dessus à force de vouloir absolument lire l'un de ces deux-là (et c'est une sorte de très bon souvenir ?).


mots-clés : #polar


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Re: Georges Simenon

Message par animal le Dim 25 Déc - 9:28

L'ombre chinoise

Un meurtre place des Vosges, un homme qui a fait fortune, trois femmes... Je me suis trouvé rapidement emballé par cette petite lecture d'un Maigret. ça pourrait être les portraits brossés rapidement et précisément, mais pas encore tant que ça. Le suspens tranquille et implacable de l'enquête pas non plus. Il y a le personnage du commissaire, ses temps de réflexion, ça bonhomie lucide et son sens de l'observation. Plus que tout ça été pour moi le double du personnage dans l'écriture, le partage imposé entre un monde normal et lisse et celui du crime, du dérapage, de la fêlure, de l'échec, de la frustration. Le commissaire est un trait d'union entre les mondes et il y a sa cohabitation, ses sympathies, ses fatigues et ses dégoûts, à demi-mots. Une résignation... et pourtant le portrait d'ensemble à quelque chose d'assez beau. La teneur sociale humaine et violente est très forte autour de ce faussement placide fumeur de pipe. Il y a une tristesse de fond et des espoirs qui marchent plein pot dans cette petite histoire. Ce fut une très bonne surprise car je n'en attendais pas tant et pas aussi simplement.

Et Maigret, la porte refermée, marcha vers la fenêtre que, malgré le froid, il ouvrit toute grande. Il était las, comme après un dur interrogatoire de quelque criminel. Il y avait surtout en lui ce malaise imprécis que l'on ressent quand on est obligé de regarder de la vie des aspects que d'habitude on préfère ignorer.

Ce n'était pas dramatique. Ce n'était pas révoltant.

Elle n'avait rien dit d'extraordinaire. Elle n'avait ouvert au commissaire aucun horizon nouveau.

N'empêche qu'il se dégageait de cette entrevue comme une sensation d'écœurement


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Re: Georges Simenon

Message par animal le Dim 25 Déc - 9:33

l'autre attrait de l'auteur, et on retrouve d'une manière ce qui se disait sur un autre fil (Vargas ?), c'est que s'il n'y en a que quelques-uns (il y en a eu plus), il y en a dans la bibliothèque des parents (il y en avait aussi dans celle des grands parents). ça fait partie dans l'ensemble.

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Re: Georges Simenon

Message par Tristram le Dim 25 Déc - 13:12

@Animal a écrit:ça fait partie dans l'ensemble.

Oui, on a tous lu de ces romans de gare, de hasard, qui tissent sans qu'on y attache d'importance une simenosphère, une zone particulière dans le souvenir.
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Re: Georges Simenon

Message par bix_229 le Dim 25 Déc - 15:14

Simenon, combien de vies ? Combien de femmes et de livres et de voyages et d' enquetes ?
Il a connu la gloire, les prix littéraires. Il séduisait les femmes.
Mais la seule femme qu' il aimait et dont il voulait etre aimé était sa mère et il n' a pas réussi.
Et puis, il y a eu sa fille, Marie-Jo, qui s' est suicidée...
Et l' on a senti l' homme bléssé et qui s' est remis en cause...
Alors qu' il semblait blasé, cynique, satisfait de lui-meme, de sa fortune et de ses biens, il a eu conscience
de la souffrance et de la mort.
De la vulnérabilité humaine.
Se fuyait-il lui-meme à travers ses livres ?


Dernière édition par bix_229 le Dim 25 Déc - 17:21, édité 1 fois
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Re: Georges Simenon

Message par Tristram le Dim 25 Déc - 15:52

A établir sa bio pour ce fil, j'ai découvert que Simenon n'était peut-être pas toujours un gentilhomme dans la vie. Je pense notamment au bal anthropométrique, joli coup de marketing ; mais, quand on veut vivre de sa plume, et même faire de l'argent...
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Re: Georges Simenon

Message par Tristram le Dim 15 Jan - 0:06

Suis tombé sur une évocation inattendue de cet auteur dans l'excellente présentation de Max Jacob sur Wikipedia (écrite par un chosien ?!) :

Max Jacob appelle cet écart entre le mot et la chose la situation de l'œuvre. C'est ce qui crée l'atmosphère de l'œuvre et, plus que le style, propre à l'auteur qui séduit, lui donne sa puissance intrinsèque, emporte le lecteur ou le spectateur. C'est ce qu'il signale à l'exemplaire Georges Simenon commençant d'inventer ses romans policiers sans intrigues. C'est ce qu'il admire dans le précurseur du Nouveau roman qu'est Tropismes de Sarraute puis dans le premier roman existentialiste qu'est L'Étrangerde Camus, auteur qu'il a soutenu depuis de 1932 et qui lui a beaucoup pris.


Oui, peu d'intrigue pour le genre, et le réel comme point de départ de l'écrivain pour s'en distancier, ce qui nous ramène à Mallarmé...
Qui saurait nous faire un fil sur ce cher Max Jacob, un peu trop dans l'ombre d'Apollinaire tiens, pas de fil non plus) ? @Jack-Hubert Bukowski peut-être ?
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Re: Georges Simenon

Message par Chamaco le Mar 15 Aoû - 11:57

j'ai obtenu : "Maigret et son mort", prochaine lecture.
4° de couverture :
"-Pardon, madame...
Après des minutes de patients efforts, Maigret parvenait enfin à interrompre sa visiteuse...
-Vous me dites à présent que votre fille vous empoisonne lentement...
-C'est la vérité...
-Tout à l'heure, vous m'avez affirmé avec non moins de force que c'était votre beau-fils qui s'arrangeait pour croiser la femme de chambre dans les couloirs et pour verser du poison soit dans votre café, soit dans une de vos nombreuses tisanes..."
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Re: Georges Simenon

Message par Aventin le Mar 15 Aoû - 17:59

La neige était sale
(1948)

En temps de guerre (l'occupation, seconde guerre mondiale), une petite frappe oisive vit chez sa mère qui tient un bordel bas de gamme.
Personnage principal sans référent ni bornes. Falot et excessivement détestable. Ses compagnons, ceux dont il recherche l'estime, ne valent guère mieux.

Le Liégeois propose un voyage au froid urbain, ravagé, glauque, somme toute peu recommandable dans une dés-humanité croquée à l'épure; le "décor" Simenonien est, une fois de plus, du grand art.
Pour le scénario, Simenon se complaît dans un fouillis compliqué (ou plus exactement complexifié): On ne suit pas toutes ses pistes ou traces de pas (nous égare-t'il dans la neige sale ?).

Le faux-rythme de pesanteur glaciale est très réussi.
Peut-être un ouvrage majeur du prolifique auteur liégeois à la pipe.


(Ce fut mon premier message sur Parfum, 25 mars 2013)


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Re: Georges Simenon

Message par églantine le Mar 15 Aoû - 18:18

Il faudrait que j'essaie Simenon ...Peut-être que ça me correspondrait plus à mes attentes que ce que j'ai lu jusqu'à présent dans le genre "Polar" .

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Re: Georges Simenon

Message par Chamaco le Mar 15 Aoû - 22:44

Maigret était un personnage vraisemblable à l'époque de Simenon, un personnage proche des notables, de nos jours cette profession a beaucoup rétrogradé...
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Re: Georges Simenon

Message par Tristram le Sam 7 Oct - 21:54

La vieille

(Ouvrage sauvé du pilon de la thèque locale)

« Sous la voûte, aussi froide et humide qu'une cave, le commissaire de police s'arrêta un instant, regarda l'heure à son bracelet-montre et, secouant son pardessus, envoya des gouttes de neige fondue sur le carrelage où elles s'agrandirent comme sur du buvard. »
Incipit qui pose le ton, avec d’entrée cet évident rapprochement entre une voûte et une cave, cependant bizarre quand on y réfléchit : comment comparer une voûte à une cave (qui peut avoir sa voûte) ?
Le commissaire Charon vient solliciter l'aide de Sophie Emel : sa grand-mère se refuse à quitter son appartement dans un immeuble vétuste qui va être démoli, et menace, si on l'y contraint, de se jeter par la fenêtre. Sa petite-fille, vedette sportive connue, qui mène une vie indépendante et bohème, recueille Juliette Viou, qui habitait avec elle et ses parents avant de disparaître voilà quinze ans. Sophie héberge les « chiens malades » l’un après l’autre : actuellement Lélia, une jeune artiste un peu paumée (« ‒ C’est un oiseau pour le chat. ») ‒ et sa grand-mère, la vieille.
Malgré les apparences, ce n’est pas un roman policier, et il n’y a guère d’énigme (mais une recherche de la vérité), et presque pas de meurtre(s).
Une atmosphère de danger, de menace entoure les deux principaux personnages, notamment caractérisés par leur dureté. Un mélange de haine impitoyable et de faiblesse humaine, de méchanceté et de malheur, qui d’abord sourd à peine, sous-tend un climat dramatique.
L’histoire que Simenon raconte passe entre les mots, insaisissable comme une ambiance cependant située dans le lieu (centre de Paris) et l’époque (contemporaine), et pourtant n’existerait pas sans les mots, qui toutefois ne semblent rien en dire. Quand on tente de décortiquer ce bref roman, on se retrouve avec des mots banals, insignifiants rouages d’engrenage démonté, sans jamais comprendre comment ils étaient arrangés pour constituer ce bloc dense, ce sociotope, ce psychotope particulier : « l’univers de la vieille ».
La psychologie des personnages est esquissée avec une savante économie ; l’action a la perfection inéluctable d’une tragédie grecque (on est à l’opposé de l’outre-Atlantique surenchère trash).
À lire Simenon, il semble que l’humanité est une monstruosité misérable qui se transmet de génération en génération...

« ‒ Cela ne me gêne pas. Seulement, en le racontant, ce sera peut-être différent de la réalité. Cela risque aussi de prendre un sens, alors que ça n’a pas eu de sens du tout. »

« Juliette avait le génie de mettre le doigt sur les points faibles des gens, sur des blessures qu’on croyait cicatrisées. Elle touchait doucement, sans insister, comme pour une caresse, et cela faisait mal, d’une douleur qui ne se dissipait pas mais allait au contraire en s’irradiant. »

« Il allait falloir tout recommencer, se raccrocher à autre chose. »
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Re: Georges Simenon

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