Amitav GHOSH

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Amitav GHOSH

Message par Armor le Dim 25 Déc - 19:48

Amitav Ghosh
Né en 1956



Amitav Ghosh, né le 11 juillet 1956 à Calcutta, est un écrivain et critique littéraire indien d'expression anglaise.

Amitav Ghosh est né à Calcutta, au Bengale. Il étudia à La Doon School (où il fut condisciple de son aîné Vikram Seth), à l'Université de Delhi et à l'Université d'Oxford, où il obtint un Ph.D. en anthropologie sociale. Apparemment, Ghosh eut l'occasion de montrer certains de ses poèmes à Seth, qui lui suggéra de se cantonner à la prose.

Ghosh vit à New York avec son épouse Deborah Baker, biographe et éditrice chez Little, Brown and Company. Ils ont deux enfants, Lila and Nayan. En 1999, Ghosh a été nommé professeur de littérature comparée au Queens College (Université de la Ville de New York). Il a aussi été professeur invité du département d'anglais de l'université Harvard à partir de 2005. Il est récemment devenu propriétaire à Goa et retourne régulièrement en Inde.

Les romans de Ghosh sont caractérisés par des thèmes forts qui sont souvent liés au postcolonialisme, mais ils sont difficiles à catégoriser. Ses sujets sont personnels et uniques ; une partie de son charme tient à sa capacité à entrelacer une certaine "nostalgie indienne" avec des thèmes plus sérieux.
Ces romans sont traduits dans de nombreuses langues. The Circle of Reason (Les Feux du Bengale) a reçu le Prix Médicis étranger en 1990.

En octobre 2010, l'Université de Paris-Sorbonne lui a décerné le titre de docteur honoris causa.

Oeuvres traduites en français :

Romans
1986 : Les Feux du Bengale
1990 : Lignes d'ombre
1995 : Le Chromosome de Calcutta
2000 : Le Palais des miroirs
2004 : Le Pays des marées
2008 : Un océan de pavot
2011 : Un fleuve de fumée

Autres
Un infidèle en Egypte (récit de voyage)
Compte à rebours (essai)


Dernière édition par Armor le Sam 1 Juil - 20:37, édité 1 fois
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Re: Amitav GHOSH

Message par Armor le Dim 25 Déc - 20:48



Le pays des marées

Si près de Calcutta, et si loin des paillettes de Bollywood : le pays des marées, lieu de rencontre du fleuve et des bras de mer.
La nature y est omniprésente, imposant sa loi aux hommes ; parfois généreuse, et si souvent hostile.
Avec ses paysages changeants aux grée des marées, quand l'eau recouvre quasiment toute la terre et que le sel s'infiltre en elle, rendant le sol infertile.
Ses tempêtes qui hantent les souvenirs et imprègnent de leur marque les éphémères constructions humaines.
Et sa jungle impénétrable, dans laquelle rôde l'insaisissable tigre mangeur d'hommes, celui dont on ne prononce jamais le nom. Celui dont on dit que celui qui l'aperçoit est déjà mort. Celui qui, aidé par le redoutable crocodile du fleuve, fait tant de veuves dans le pays des marées.

Pourtant, ceux qui sont nés là n'imaginent pas vivre ailleurs qu'ici, entre jungle et mangrove, sous la protection de Bon Bibi.

Instamment convié par sa tante qui a retrouvé de mystérieux cahiers écrits par son oncle 20 ans plus tôt, Kanai est de retour sur l'île de Lusibari, qu'il n'a pas revue de puis son enfance ... Il n'imagine pas alors que la plume de cet oncle et celle de Rilke lui donnent rendez-vous avec son passé, avec l'histoire du pays des marées, et que ce voyage de quelques jours entrepris à contrecoeur va se révéler bien plus riche qu'il ne l'aurait cru...
Lusibari accueille aussi depuis peu Piya, une jeune scientifique américaine ; elle est là pour étudier les derniers dauphins du fleuve, les mystérieuses orcelles. Son destin va rencontrer celui de Kanai, celui des habitants de Lusibari et celui de Fokir, l'insaisissable pêcheur qui connaît les moindres méandres du fleuve comme s'il en était le fils.

Décrire l'intrigue ôterait une grande partie du plaisir, aussi je n'en dirai pas plus. Au fil du récit, passé et présent vont s'entremêler, éclairant d'un jour nouveau le destin de ces êtres réunis de façon improbable dans une nature indomptable.

Si j'ai été intéressée dès le départ, je n'ai réellement été happée qu'au bout de 150 pages d'un texte qui en compte près de 500. Le style d'Amitav Ghosh ne contient pas de fulgurances, mais si comme pour moi la magie opère, vous serez conquis par son indéniable talent de conteur.
Au fur et à mesure que le puzzle se construit et que les histoires s'entremêlent, le charme opère de plus en plus ; grâce à la plume évocatrice de l'auteur, vous visualisez vraiment cet envoûtant pays des marées. Et vous sortez de ce livre bien plus marqué(e) que les premières pages ne vous l'auraient laissé penser…

(Ancien commentaire remanié)


mots-clés : #nature


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Re: Amitav GHOSH

Message par Tristram le Dim 25 Déc - 21:18

@Armor a écrit:Pourtant, ceux qui sont nés là n'imaginent pas vivre ailleurs qu'ici

Oui, Le pays des marées (le fleuve), c'est tout un monde :

« En vérité, ici, je le compris, la roue du temps tournait trop vite pour qu’on la vît. Dans d’autres lieux, il fallait des décennies, peut-être des siècles, pour qu’un fleuve change de cours, toute une ère pour qu’une île apparaisse. Mais ici, dans le pays des marées, la transformation est une règle de vie : fleuves et rivières s’écartent de semaine en semaine, et les îles se font et se défont en quelques jours. Ailleurs, les forêts prennent des centaines, voire des milliers d’années à se renouveler, tandis que les palétuviers recolonisent une île déserte en dix ou quinze ans. Se pourrait-il que les rythmes mêmes de la terre soient accélérés ici au point de se développer à une allure redoublée ? »
« Les mots sont comme le vent qui ride la surface de l’eau. Le fleuve coule au-dessous, invisible et inaudible. »

Les feux du Bengale :

« Ma machine [à tisser], comme l’homme, est prisonnière du langage. »
« Un métier [à tisser], c’est un dictionnairecueillettedeconnaissancencyclopédiques. Pourquoi ? Les mots ne servent à rien, rien de mécanique. Non, c’est parce que le tisserand, en fabriquant de l’étoffe, fabrique des mots aussi et, empiétant sur le territoire des poètes, donne des noms à des choses que l’œil ne peut pas voir. C’est pourquoi le métier a donné au langage plus de mots, plus de métaphores, plus d’expressions que toutes les armées d’écrivaillons du monde. »
« Satwa : Raison »
« Ils avaient vécu tout ce que Zindi racontait et l’avaient entendu en parler cent fois ; pourtant ce n’était que par son récit que ces événements prenaient forme, qu’ils cessaient d’être de simples incidents pour devenir une matière palpable, un bloc de temps qui n’était pas des heures, des minutes ou des jours mais quelque chose de corporel avec ses propres intentions maléfiques. C’était le pouvoir de Zindi : elle pouvait prendre de l’air et lui donner un corps simplement en en parlant. Ils ne se lassaient jamais de l’entendre conter dans son ramassis de langages, bien qu’ils connussent chaque mot, tout comme ils connaissaient des paroles de chansons. Et quand, parfois, elle choisissait un mot différent, ou une nouvelle phrase, elle imitait le potier lorsqu’il appuie son pouce sur l’argile – elle changeait la chose elle-même et la connaissance qu’ils en avaient. »
« Tel est le plan qu’à l’aube concocta Abu Fahl, l’organisateur, en se plaignant mais secrètement ravi car, de nature, Abu Fahl était un conteur et les plans sont les fantasmes de la vie pratique. »
« Rajas : Passion »
« L’espoir, c’est le commencement. » [derniers mots du livre]
« Tamas : Mort »

Lignes d’ombre :

« …] je sus qu’une partie de ma vie en tant qu’être humain avait cessé, que je n’existais plus qu’en qualité de chroniqueur. » [ derniers mots de la première partie (sur deux), Partir (avant Revenir)]
« Chaque mot que j’écris à propos de ces événements est le fruit d’une bataille contre le silence. C’est une bataille que je suis destiné à perdre, que j’ai déjà perdue, car même après toutes ces années je ne sais pas où, en moi, dans quel coin de mon univers, gît ce silence. […]
L’ennemi du silence, c’est le discours mais il ne peut pas y avoir de discours sans mots et il ne peut y avoir de mots sans signification – et par conséquent, avec l’inexorabilité d’un syllogisme, lorsque nous essayons de parler d’événements dont nous ignorons la signification, nous sommes condamnés à nous perdre dans le silence qui gît entre les mots et l’univers. »

Vitram Seth, son aîné, dans Le lac du ciel :

« J’ai parfois l’impression de vagabonder autour du monde dans le seul but d’accumuler le matériau de futures nostalgies. »
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Re: Amitav GHOSH

Message par Armor le Dim 25 Déc - 22:46

C'est un auteur que tu as beaucoup lu, Tristram ?
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Re: Amitav GHOSH

Message par Tristram le Dim 25 Déc - 23:20

Seulement ces trois titres-là (pour le moment). Mais j'ai apprécié (surtout le Pays des marées), et je recommande donc... Et toi, Armor ?
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Re: Amitav GHOSH

Message par Armor le Dim 25 Déc - 23:28

J'en ai encore plusieurs sur ma PAL. Pour l'instant je n'ai lu que Le pays des marées, que j'ai beaucoup aimé, ainsi que Le palais des miroirs. Ce dernier est plus du genre "saga familiale", avec à deux ou trois reprises des facilités, des "grosses ficelles" qui m'ont un peu fait tiquer, tout de même, venant de Ghosh !
Mais le plaisir était là, c'est une grande fresque historique et familiale qui se lit d'une traite. Avec aussi une réflexion intéressante vers la fin sur la difficile condition des soldats "indigènes" de l'Empire. A la fois serviteurs zélés de la couronne, et, du fait de ce statut, jouissant de certains privilèges, à la fois hommes méprisés et "soumis" dans leur propre pays…
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Re: Amitav GHOSH

Message par topocl le Lun 26 Déc - 9:33

J'avais beaucoup aimé Le palais des miroirs. Il y a forcément des facilités dans ces sagas familiales, en effet, Armor, c’est presque un ingrédient du genre.

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