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    Emily Dickinson

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    bix_229

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    Emily Dickinson

    Message par bix_229 le Dim 25 Déc - 20:59

    Emily DICKINSON
    (1830-1886)


     Pour faire une prairie il faut un trèfle et une abeille,
    Un seul trèfle et une abeille,
    Et la rêverie.
    La rêverie seule fera l' affaire
    Si on manque d' abeilles.

    La gloire est une abeille

    On pourrait expliquer beaucoup d'Emily Dickinson par cette idée d'île entourée d'un désert.

    Considérée aujourd’hui comme l’un des plus grands poètes américains, Emily Dickinson n’eut pas droit à la reconnaissance littéraire de son vivant. Presque absente de la scène littéraire, elle fut également peu présente dans le théâtre de la vie. Son champ d’expérience fut limité, puisqu’elle ne s’éloigna d’Amherst que pour passer une année au collège de Mount Holyoke à South Hadley ou lors de rares séjours, à Washington ou à Boston. Il semble donc qu’elle n’ait guère quitté le cercle de cette petite communauté puritaine de Nouvelle-Angleterre, ni franchi le seuil de la maison familiale où elle disait tant se plaire – entre son père juriste et homme politique, admiré et craint, et sa mère plus effacée ; entre sa sœur Lavinia, qui ne partit jamais non plus et son frère Austin, installé dans la maison voisine avec sa femme Susan, amie de cœur de la poétesse.

    Le choix d’un certain retrait du monde livre un signe essentiel : la mise à distance, l’ironie. Mais, à certains égards, ce retrait fut peut-être moins absolu qu’il n’y paraît : tout en se dérobant au monde, au mariage, elle adressa des lettres passionnées à divers correspondants masculins. La fin de sa vie fut marquée par des deuils répétés (son père en 1874, sa mère en 1882, son neveu Gilbert, mort à l’âge de huit ans en 1883, Otis P. Lord en 1884). Secrète et expansive, grave et moqueuse, discrète mais audacieusement libre, sa personnalité est aussi complexe que l’espace réel de son expérience fut restreint.

    Selon Adrienne Rich «le génie se connaît toujours lui-même : Dickinson a choisi sa réclusion parce qu’elle savait ce qui lui convenait». Ce choix d’artiste lui a permis de vivre en lisant et en écrivant : en lisant la Bible, Shakespeare et Dickens, ou encore Emerson, Hawthorne et Melville, et en écrivant, de l’âge de vingt ans jusqu’à sa mort 1775 poèmes.
    (Christine Savinel, Le nouveau dictionnaire des auteurs.)

    Oeuvres traduites en français :

    Vingt poèmes
    Quarante-sept poème
    Vivre avant l'éveil
    Une âme en incandescence
    Autoportrait au roitelet
    Lettre au monde
    Escarmouches
    Lettres au maître, à l'ami, au précepteur, à l'amant
    Avec amour, Emily
    Y aura-t-il pour de vrai un matin
    Quatrains et autres poèmes brefs
    Car l'adieu, c'est la nuit
    Lieu-dit, l'éternité
    Poésies complètes
    Menus abîmes
    En Poussière honorée
    Nous ne jouons pas sur les tombes
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    Re: Emily Dickinson

    Message par bix_229 le Dim 25 Déc - 21:13



    Cette petite Ruche abritait
    De telles Promesses de Miel
    Que le Réel devenait Reve
    Et le Reve Réel -

    Quatrains et autres poèmes brefs. - Poésie/Gallimard
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    Re: Emily Dickinson

    Message par bix_229 le Dim 25 Déc - 21:15



    Comme rien n' est plus vrai que "raison et passion",
    notre vérité essentielle en tant
    qu' etre humain s' exprime dans notre imagination et non dans nos actes."



    Cité dans : Le Détour : Gerbrand Bakker. - Gallimard

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    Re: Emily Dickinson

    Message par Jack-Hubert Bukowski le Lun 26 Déc - 12:39

    Que retiens-tu des extraits poétiques d'Emily Dickinson que tu viens de citer, Bix? Il me semble que la thématique de ces expressions poétiques paraissent floues pour le moment. Pourrais-tu préciser davantage ce que tu retiens de la démarche d'Emily quand elle écrit à propos du motif du rêve et quel est l'intérêt de susciter notre attention à propos de la ruche et de ses abeilles? Nous attendons peut-être le signal d'une conversation plus étendue à propos de la poésie, non?
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    Re: Emily Dickinson

    Message par bix_229 le Mar 27 Déc - 18:17

    N'étant ni prof, ni universitaire, je lis un poème en dilettante. Et je n'analyse pas vraiment pendant ou après ma lecture. Je me laisse porter au gré de mes impressions et de mes émotions de la musicalité et de l'étrangeté du texte.
    Dans le cas d'Emily, j'ai souvent en tête l'image de cette sorte d'ermite recluse, en communion avec les oiseaux, la nature.
    Entourée de juristes et de puritains, étrangère à tout milieu littéraire. Sans autre ambition que de vivre sous le toit paternel apparemment.
    Un milieu pourtant dans lequel elle est parvenue à forger une oeuvre littéraire qui nous laisse sous le charme et la stupeur. Un peu comme Faulkner, qui parvint à inventer un univers et un style stupéfiant d'originalité et de sophistication, dans un comté aride du Sud des Etats Unis. Au milieu de nulle part, et dans les brumes de l'alcool.

    Mais l'image d'une poète délicate, amoureuse des fleurs et des oiseaux, dans laquelle on l'a vite enfermée, cette image ne tient pas la route. À la lire attentivement, on perçoit les affrontements intimes qu'elle vit.  
    L' âpreté de son questionnement, la négation d' un Dieu à qui elle s'adresse et dont elle désespère.

    Bref une femme au dessus des normes de son temps et de son sexe. Ce qui ne l'a pas empêchée de s'être naïvement éprise d'un homme du clergé, marié et à qui elle demandait humblement conseil, alors qu'il n'était qu'un homme médiocre et conformiste. Et qu'il faillit lui faire renier une part de son oeuvre.

    En tout cas, il n'y a pas de lecture rationnelle quand il s'agit de poèmes...


    Dernière édition par bix_229 le Mer 28 Déc - 16:09, édité 1 fois
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    Re: Emily Dickinson

    Message par Jack-Hubert Bukowski le Mar 27 Déc - 22:22

    Peut-être n'y a-t-il pas de lecture vraiment rationnelle lorsqu'il s'agit de poésie. Mais il y a tout de même une phase qui succède au choc. À la librairie, j'ai trouvé des choses concernant la poésie et l'humour présent dans la poésie québécoise. Parfois, nous avons tendance à prendre la poésie au sérieux. Elle est tout sauf sérieuse à l'occasion. Ce ne semble pas être le cas d'Emily Dickinson. Qu'importe... en réfléchissant par rapport au rêve et Emily Dickinson, je suis tombé sur la lecture de cet extrait poétique de mon côté :

    Denise Boucher, Boîte d'images, 2016, Montréal : L'Hexagone, p. 145. a écrit:Il voulait l'écrire
    mais le mot le rêve
    le souvenir avait fui
    il cherchait s'obstinait
    fouillait dans ses cheveux
    en se grattant la mémoire
    un jour en marchant
    d'une fenêtre une musique l'a capté
    il a levé les yeux aux cieux s'est mis à sourire
    l'espace d'une seconde une vapeur giroflée
    revenue en lui se mit à acquiescer
    il ne s'en souvenait pas tout à fait
    mais il reconnaissait un air au fond de lui
    dans sa boîte d'images
    celle où sa grand-mère bénissait
    ses tourtières avant de les glisser
    dans son grand four

    J'ai tissé un parallèle entre le miel, les ruches, le four et la perspective d'une tourtière selon un-e végétarien-ne... quoi qu'il en soit, Emily Dickinson avait l'air d'être vraiment quelqu'un, de la manière qu'elle était retirée et couvait tout de même en elle une oeuvre d'une très grande ampleur. Les femmes ont beaucoup de vécu qui peuvent les «prédisposer» au fil du temps à la poésie. Je reviendrai moi aussi avec des extraits de cette dernière, mais l'important est de voir ce qui peut se dégager d'impressions laissées autour d'extraits glanés ici et là...
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    Re: Emily Dickinson

    Message par Jack-Hubert Bukowski le Ven 30 Déc - 9:16

    J'ai fini par revenir à Emily Dickinson par un mouvement de pendule. Il allait de soi que l'invitation de l'ouverture de son fil allait laisser place à un dépouillement de sa poésie. Je commencerai d'abord par des extraits de Car l'adieu, c'est la nuit.

    Tout d'abord,

    Chaque instant extatique
    Se paie d'un tourment
    À vive et frémissante proportion
    De l'extase -

    Chaque heure qui fut chère,
    De maigres rations d'Années -
    De sous disputés âprement -
    Et de coffres remplis de larmes!

    Éthiquement,

    Inaccomplis pour l'Observation -
    Incomplets - pour l'Oeil -
    Mais pour la Foi - Révolution
    En matière de Lieu -

    Pour Nous - les Soleils s'éteignent -
    À nos Antipodes -
    Ils embellissent - des Horizons neufs -
    Tournant vers Nous - leur Nuit.

    Regard d'une cité,

    Le plus vaste Incendie
    A lieu chaque Soir -
    On le découvre sans surprise
    Il se poursuit sans souci -
    Consume à l'insu des humains
    Une Cité d'Occident,
    Rebâtie un autre matin
    Pour cendres redevenir

    Quelques dames en ont eu la grâce :

    Doux scepticisme du Coeur -
    Qui sait - et ne sait pas -
    Oscille comme une Flotte Balsamique -
    Assaillie par la neige -
    Invite et puis retarde la vérité
    De crainte que le Sûr ne s'use
    Comparé aux affres exquises
    D'une extase que la Peur aiguise -

    Comme tout se précède,

    La Pensée est calme comme un Flocon -
    Une Explosion silencieuse -
    Écho de la Vie qui a trouvé
    Son explication -

    Ommm,

    L'oeil commence son avarice
    Une méditation épure le discours
    Le Teinturier d'un arbre lointain
    Reprend sa criarde occupation

    Tout va vers une conclusion
    Presque pérenne,
    Puis échappant à la stabilité
    Rappelle à l'immortalité -

    Tout ça semble si solennel, dira-t-on. Gardez à l'esprit un humour pince-sans-rire. Emily Dickinson est forte dans ce qu'elle a accompli comme prouesse. Nous pouvons y trouver la sagacité. En même temps, son oeil malicieux a capté l'essence de la vie.


    Dernière édition par Jack-Hubert Bukowski le Sam 31 Déc - 0:21, édité 1 fois
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    Re: Emily Dickinson

    Message par bix_229 le Ven 30 Déc - 15:11

    Merci Jack Hubert !
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    Re: Emily Dickinson

    Message par Jack-Hubert Bukowski le Sam 31 Déc - 10:22

    J'ai fait le tour des deux recueils que j'ai d'Emily Dickinson. Les thèmes reviennent. Dans Quatrains et autres poèmes brefs, c'a le mérite d'être un brin moins formalisé. Bix, c'est moi qui te retourne le remerciement. Il y a tant à puiser dans l'oeuvre d'Emily Dickinson.

    Dans un premier temps, telle une ritournelle :

    31

    Ce n'est pas - la «Révélation» - qui attend,
    Mais nos yeux démunis -

    Je reconnais bien sûr certains traits, l'épure d'une quête bien aboutie :

    10

    À l'aventure avant tout en soi
    L'Âme est condamnée
    La suit une Meute unique
    Son identité -

    J'insiste ici sur la dualité entre le voyageur et l'adepte des flâneries urbaines :

    22

    Nul Voyageur n'est censé s'être enfui -
    Qui en mémoire a logé une Nuit -
    Cette rusée - Auberge souterraine
    Fait qu'on n'en ressorte jamais -

    Je ne saurais dire si je suis arrivé à ce point, mais je sais avoir aimé un jour au moins :

    64

    Par toi Éprouvée sans cesse et Condamnée
    Accorde-moi ce sursis
    Que mourant j'obtienne le regard
    Pour lequel je cesse de vivre -

    Cette dernière citation plaît au flâneur et adepte du stoïcisme que je suis :

    8

    Parfois avec le Coeur
    Peu souvent avec l'âme
    Plus rarement avec force
    Peu - aiment vraiment

    Là-dessus, je rappelle qu'il y a une critique de L'éducation du stoïcien de Fernando Pessoa sur Babelio d'une ancienne participante du forum Parfum de livres que j'estime bien. Elle a aussi souligné des citations essentielles à mon sens.
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    Re: Emily Dickinson

    Message par Jack-Hubert Bukowski le Lun 6 Mar - 7:44

    Il semble bien que j'étais mûr pour me recueillir dans l'œuvre d'Emily Dickinson. En empruntant Lieu-dit l'éternité à la bibliothèque, j'y ai encore fois extrait un nectar :

    La poussière est le seul Secret -
    La Mort, la Seule
    À rester partout introuvable
    Dans sa «ville natale».

    Personne n'a connu «son Père» -
    N'a jamais été Enfant -
    N'a jamais eu de compagnes,
    Ni de «Vieilles histoires» -

    Laborieuse! Laconique!
    Ponctuelle! Posée!
    Hardie comme un Brigand!
    Plus silencieuse qu'une Flotte!

    J'oubliais : bâtit comme un Oiseau!
    Le Christ vole le Nid -
    Rouge-gorge après Rouge-gorge
    Passés en fraude au Repos!

    Emily a le chic de décrire les choses de façon très précise :

    Oses-tu voir une Âme Chauffée à Blanc?
    Alors accroupis-toi dans la porte -
    Rouge - est la teinte ordinaire du Feu -
    Mais quand le Minerai fondu
    A passé l'épreuve des Flammes,
    Il frémit dans la Forge
    Sans couleur, comme la lumière
    De la Fournaise profane.
    Le moindre Village est fier de son Forgeron
    Dont l'Enclume résonne en cadence
    Symbole d'une Forge plus fine
    Ces coups inaudibles - à l'intérieur -
    Affinant les Minerais impatients
    À coups de Marteau dans la Fournaise
    Jusqu'à l'instant où la Lumière Élue
    Répudie la Forge -

    Dans son humilité à l'ouvrage :

    Tout Rater - M'a empêchée
    De rater les petites Choses.
    S'il n'y a rien eu de plus à Noter
    Que quitter le monde sur un Gond
    Ou que l'extinction du Soleil
    Ce n'était pas à noter au point
    De lever le Front de mon ouvrage
    Par Curiosité

    Il y a un poème emblématique de l'œuvre très peaufinée d'Emily Dickinson :

    Il y a une solitude de l'espace
    Une solitude de la mer
    Une solitude de la mort, mais toutes
    Seront jeux de société en face
    De ce site plus profond
    De cette intimité polaire
    Où une âme se boucle avec elle-même -
    Infinité finie.

    Je lisais par ailleurs dans le recueil en notes d'accompagnement qu'Emily Dickinson était très habitée par l'idée et les réflexions à propos de la mort. À la lumière de ce que nous pouvons lire dans le recueil, nous y voyons un nouveau éclairage sur son œuvre.
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    Re: Emily Dickinson

    Message par bix_229 le Lun 6 Mar - 15:31

    Oui, Emily était une pessimiste, trop lucide pour ne pas penser que la mort rendait tout caduc et
    provisoire.
    Que l' injustice aveugle et les souffrances du monde ne pouvaient etre rachetées par une
    improbable transcendance.
    Meme si fut tentée de pactiser.
    Ce qui ne l' empecha jamais de vénérer la moindre beauté avec humilité et reconnaissance.
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    Re: Emily Dickinson

    Message par shanidar le Lun 6 Mar - 16:22

    Il y a une raison aux majuscules disséminées dans le texte, ça me donne une sensation bizarre, comme s'il fallait prendre ces mots-là, comme soulignés, avec des petites pincettes pour ne pas les abîmer... ?
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    bix_229

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    Re: Emily Dickinson

    Message par bix_229 le Lun 6 Mar - 17:57

    Je ne sais s' il existe une raison particulière pour la graphie et la ponctuation des poèmes.
    Emily écrivait pour elle -meme d' abord et elle a emporté avec elle ses mystères et ses questions.

    Ce qui reste stupéfiant chez elle (tout comme chez Faulkner), c' est qu' elle soit parvenue à créer
    une oeuvre poétique qui séduit et fascine encore, compte tenu des conditions acréatives dans
    lesquelles elle vivait.
    Sans références, sans garanties, sans encouragements ou émulation.
    Au contraire. Elle a été un moment sous la coupe d' un sinistre abruti qui la conseillait et la censurait.
    Mais, Emily l' aimait sans doute. Elle lui faisait confiance en tout cas.
    Ce qui explique sans doute son aveuglement temporaire.
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    tom léo

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    Re: Emily Dickinson

    Message par tom léo le Lun 6 Mar - 22:13

    @bix_229 a écrit:Oui, Emily était une pessimiste, trop lucide pour ne pas penser que la mort rendait tout caduc et
    provisoire.
    Que l' injustice aveugle et les souffrances  du monde ne pouvaient etre rachetées par une
    improbable transcendance.
    Meme si fut tentée de pactiser.
    Ce qui ne l' empecha jamais de vénérer la moindre beauté avec humilité et reconnaissance.

    Pas entièrement d'accord avec la première partie de ce post. L'attention extrême à la fragilité de l'être, l'expérience même de la mort, est certainement pas chez Emily Dickinson une négation d'une "improbable transcendance". C'est une lecture un peu personnelle, mue par tes "démons", Bix, si j'ose l'exprimer ainsi. Emily était à sa façon très croyante. La foi - et c'est là le grand malentendu très répandu - n'est pas négation de souffrance, voir pure illusion d'une meilleure vie après, mais nous permet justement de voir certaines choses en face. Il me semble souvent que ce sont justement ceux qui nient la foi, qui se font et vivent (avec) des illusions "néccessaires". Mais dans les deux approches, ce n'est pas juste de vouloir nier ceci ou cela. Mais essayons de laisser l'autre avec ses convictions...
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    bix_229

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    Re: Emily Dickinson

    Message par bix_229 le Mar 7 Mar - 1:40

    Je n' enlève rien à qui que ce soit.
    Simplement ma façon de lire diffère de la tienne.Que mon agnosticisme puisse infléchir mes lectures dans certains cas,
    je ne le nie pas.
    C' est le cas pour mon interprétation d' Emily. Je  la connais bien aussi. Mais je n' ai pas de certitudes.
    Dans le doute, il ne faut pas faire parler les morts.
    J' admets ton point de vue, mais c' est ma liberté de ne pas forcément le partager.
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    Jack-Hubert Bukowski

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    Re: Emily Dickinson

    Message par Jack-Hubert Bukowski le Mer 15 Mar - 8:50

    Il y a une raison aux majuscules disséminées dans le texte, ça me donne une sensation bizarre, comme s'il fallait prendre ces mots-là, comme soulignés, avec des petites pincettes pour ne pas les abîmer... ?

    Shanidar, je ne saurais dire dans l'absolu. Il me semble que les majuscules viennent de l'anglais. Il faut aussi dire que le style d'Emily Dickinson y concourt. J'imagine que les traducteurs préfèrent laisser les expressions telles quelles dans leur graphie originale dans la mesure où cette transcendance et recherche de grandeur poétique se couple avec un profonde remise en question face aux grandes vérités de la vie.

    Bix parlait de lucidité et de pessimisme. Je partage son analyse. En cela, je ne pense pas que la transcendance qu'Emily Dickinson recherche soit d'abord motivée par des raisons religieuses. Elle voulait avant tout être en accord avec elle-même, avec sa conscience face aux choses tangibles de la vie.
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    tom léo

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    Re: Emily Dickinson

    Message par tom léo le Mer 3 Mai - 16:15

    Intéressant de voir au ciné prochainement alors:

    Emily Dickinson de Terence Davies
    avec Cynthia Nixon, Jennifer Ehle

    Frédéric Théobald-La Vie a écrit:On ne l’imagine pas forcément en héroïne de cinéma : une femme qui a vécu recluse dans la maison familiale du Massachusetts, une poétesse attelée à sa table et hantée par la maladie et la mort… Terence Davies, qui nourrit une passion pour son œuvre, dépeint pourtant une Emily Dickinson sous un jour souvent léger, drôle. Une jeune femme, d’abord, qui, dans sa société protestante et puritaine, se rebelle, ose affirmer son doute, séduit par ses goûts littéraires et la vivacité de son esprit. Certes, le film ne quitte jamais ou presque les intérieurs et le jardin, mais quel feu d’artifice de bons mots, de saillies, de répliques cinglantes ! C’est à la fois la force de ce portrait et sa limite : les mots l’emportent sur le ressenti, on écoute, amusé ou ému, les dialogues brillants, mais sans toujours éprouver les émotions en jeu par ailleurs renfermées dans les poèmes. Terence Davies nous en fait toutefois entendre des fragments. Et c’est là la meilleure introduction à l’œuvre d’Emily Dickinson.


    voir aussi: http://www.allocine.fr/film/fichefilm-237788/critiques/presse/

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    Re: Emily Dickinson

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