Shūsaku ENDO

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Shūsaku ENDO

Message par topocl le Lun 26 Déc - 15:17

Shūsaku Endō
(1923-1996)



Shūsaku Endō (遠藤 周作 Endō Shūsaku, né le 27 mars 1923 à Tokyo (Japon) et mort dans la même ville le 29 septembre 1996, est un écrivain japonais, connu pour avoir écrit avec le point de vue de sa foi catholique. Avec Junnosuke Yoshiyuki, Shōtarō Yasuoka, Junzō Shōno, Hiroyuki Agawa, Ayako Sono et Shumon Miura, Endō est catégorisé comme un « écrivain de la troisième génération », le troisième groupe d'écrivains majeur apparu après la Seconde Guerre mondiale.

Après une enfance passée à Dalian en Mandchourie, il reçoit le baptême à 11 ans, avec sa mère qui se convertit au catholicisme à son retour à Kōbe en 1934 et lui donne une éducation catholique. Il étudie la littérature française à l'université Keio de Tōkyō puis à l'université de Lyon de 1950 à 1953, où il se passionne pour la littérature catholique, avant de revenir au Japon et tenter sa chance comme écrivain. En 1955, il est lauréat du prix Akutagawa, le prix littéraire le plus prestigieux du Japon, pour son roman Shiroi Hito (L'Homme blanc). La plupart de ses livres sont traduits en français, et beaucoup ont été adaptés au cinéma.

wikipedia


Œuvre traduite en français

1955 : Kiiroi Hito (L'Homme jaune)
1955 : Shiroi Hito (L'Homme blanc), Prix Akutagawa
1958 : Umi to Dokuyaku (La Mer et le Poison).
1959 : Obakasan (Un admirable idiot).
1960 : Kazan (Volcano)
1963 : Watashi ga Suteta Onna (La Fille que j'ai abandonnée).
1965 : Ryūgaku (Études à l'étranger)
1966 : Chinmoku (Silence).
1967 : Le Pays de l'or
1973 : Iesu no Shōgai (Vie de Jésus)
1973 : Shikai no Hotori (Au bord de la mer Morte)
1973 : Menamu-gawa no Nihonjin (Le Japonais des bords du fleuve Menam)
1974 : Kuchibue wo Fukutoki (En sifflotant)
1980 : Samurai (L'Extraordinaire Voyage du samouraï Hasekura).
1986 : Scandale.
1993 : Fukai-kawa (Le Fleuve Sacré).

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Re: Shūsaku ENDO

Message par topocl le Lun 26 Déc - 15:20

Silence



C’est un roman qui nous raconte comment trois jeunes frères jésuites portugais, partirent au Japon en 1667 avec l’accord de leur congrégation, un Japon où se déchaînaient les exactions contre les catholiques. Dès le XVIème siècle, que certains missionnaires avaient réussi à implanter assez largement cette religion sur l’île du soleil levant, avec quelques 200 000 adeptes à la meilleure période. Mais face à ce succès qui menace la pensée dominante, les persécutions se sont déchaînées.
L’expédition a deux buts . Un but prosélyte bien sûr, réintroduire dans l’île des prêtres qui pourront transmettre la bonne parole, réunir les ouailles, donner les saints sacrements. Mais surtout, vérifier si l’incroyable rumeur qui dit que le frère Ferreira, père intègre et charismatique, qui prodigua un enseignement inoubliable aux jeunes jésuites, a effectivement renié sa foi sous la torture. Le père Sebastian Rodriguez, adorateur émerveillé du Christ et de sa souffrance offerte, dont nous suivons le parcours, ne peut l’imaginer. Mais avec lui nous découvrons l’ignoble pression , l’intelligence perverse que les Japonais exercent sur les chrétiens et comment ils arrivent ainsi à faire douter les meilleurs : d’eux même, de la foi, de la raison , et de Dieu lui-même.

Au delà des faits historiques que l’on découvre, il y a d’abord un extraordinaire roman d’aventure : un voyage qui contourne l’Afrique et l’Inde, brave les tempêtes, fait escale à Macao, déjoue la surveillance japonaise ; des prêtres qui se cachent pour ne sortir que la nuit, objets d’une révérence respectueuse de la part d’un peuple croyant, pauvre et cruellement opprimé ; un traître qui se méprise lui-même ; une répression odieuse et savante.
Il y a aussi et surtout une réflexion profonde et douloureuse (Endo est un catholique fervent) sur la foi, son absurdité et sa grandeur, et la question posée du SILENCE de Dieu face à la souffrance des hommes.

Un roman qui dérange, que, bien que très différent, je range un peu dans la même case que La conférence de Valladolid, qui pose des questions sans réponses.

(commentaire récupéré)


mots-clés : #religion

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Re: Shūsaku ENDO

Message par tom léo le Ven 3 Mar - 22:11

Dans une période dans laquelle j’ai voulu faire connaissance de la littérature japonaise, je suis alors tombé il y a une bonne vingtaine d’années sur Shusaku Endo, et cela m’a laissé une impression très forte. J’ai commencé avec « Le silence », roman en lien avec une partie importante de l’histoire du christianisme au Japon.

wikipedia a écrit:Livre le plus célèbre d'Endō, généralement considéré comme son chef-d'œuvre, il s'agit d'un roman historique racontant l'histoire d'un missionnaire portugais dans le Japon du début du XVIIe siècle, qui devient apostat, mais uniquement aux yeux des autres, le protagoniste gardant en fait en secret sa foi chrétienne.

Comme déjà mentionné, Endo se demanda quel visage la foi chrétienne devrait prendre pour vraiment prendre racines au Japon et ne pas purement rester une religion occidentale. Sur ce sujet j’ai trouvé des pages (=un chapitre) extraordinaires dans l’autobiographie d’un Père Jésuite irlandais, vivant au Japon depuis les années 50, William Johnston. Il a côtoyé Endo en vue de la traduction de « Silence » en anglais…

A la suite j’ai continué avec « La mer et le poison »
wikipedia a écrit: Ce roman se passe principalement à l'hôpital de Fukuoka durant la Seconde Guerre mondiale et traite des vivisections mortelles effectuées sur des pilotes américains écrasés et capturés. Il est écrit du point de vue personnel d'un des médecins, et du point de vue à la troisième personne d'un de ses collègues qui opèrent, réalisent des expériences sur, et tue les six membres d'équipage. Cette histoire est basée sur un fait authentique et est adaptée au cinéma en 1986 par Kei Kumai, les rôles principaux étant tenus par Eiji Okuda et Ken Watanabe. C’est un œuvre assez dure à lire de par son contenu et un certain regard distant et proche à la fois.

Néanmoins il faudra probablement salué la non-orthodoxie du point de vue d'Endo qui parle ouvertement de ces violences commises par des Japonais...

J’avais lu aussi «Volcano », mais je dois avouer que à ce moment précis le souvenir ne revient pas très bien…

Après une longue pause j’ai récidivé avec « Un admirable idiot » et j’avais noté ces choses :

L’histoire d’un idiot et rêveur qui change bien le cœur et la vie de ceux qu’ils rencontrent. Gaston Bonaparte, un correspondant de jeunesse, est attendu avec curiosité de Takamori et Tomoe, frère et sœur. Mais ils sont assez déçus de découvrir un géant lourdaud qui est bon pour tous les malhabiletés. C’est seulement peu à peu qu’ils découvrent dans le contact avec lui une générosité et un cœur ouvert, avec lesquels il rencontre et touche aussi bien les hommes que les animaux, oui, et jusqu’à un meurtrier.

Gaston semble bien être celui qui donne aux autres sa confiance et soupçonne d’abord le « bien » en lui. Par ce trait il est une figure pas infantile, mais un enfant confiant, innocent et se donnant, à la suite d’un Idiot de Dostoïevski ou du protagoniste du roman de Walker Percy « Le dernier gentleman ». Cette forme d’innocence, oui même de sainteté, peut être à contre-courant et pourrait provoquer de l’ironie, mais elle donne à réfléchir ! Certains parle alors de « figure christique ».
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Re: Shūsaku ENDO

Message par Tristram le Ven 3 Mar - 23:45

J'ai lu La fille que j’ai abandonnée, mais il y a longtemps.
C'est l'histoire de Yoshioka, qui retrouve la jeune fille de leur initiation sexuelle commune, Mitsu, qu'il avait abandonnée à son triste sort, pressé de vivre sa propre vie.
M'en reste une impression de mélancolie amère, d'une simplicité lisse, toute "japonaise" (pour ce qu'on en perçoit de façon sans doute stéréotypée), avec en plus un arrière-plan (im)moral.

« Il est impossible d’avoir des relations avec autrui sans que cela ne laisse des traces. »
Shûsaku Endô, « La fille que j’ai abandonnée » , « Journal de Yoshioka (6) »
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Re: Shūsaku ENDO

Message par tom léo le Dim 19 Mar - 8:46

Apparaissent ici et là - aussi chez les Chosiens... - toujours des remarques sur la vue en rose de la vie par des croyants. Et comme si un certain noirceur, pessimisme, des doutes ne seraient pas envisageables parfois. Endo est l'exemple par excellence que cela ne se passe pas comme ça.

Quelques idées (pas de prétention d'être exhaustive) de mon vécu ou de mes reflexions personnelles: la remise en cause personnelle est, dans le meilleur sens du mot (!) pas reservée à des non-chrétiens ou, en soi, signe de manque de foi. Le doute, les questions font intégralement partie de la recherche d'un chrétien (et moi je dirais même : surtout d'un chrétien). On ne peut pas, contrairement à des apparences ou des idées recues, comme croyant s'installer dans un bien-être facile. A la suite de quelqu'un qui avait dit qu'il « n'avait pas où reposer sa tête », on ne peut pas faire autrement. Qu'en fait nous tous, on s'endort un peu en route me semble dans l'ordre des choses humaines.

La foi lucide n'empêche pas de voir l'homme en toute sa noirceur, même elle est capable de ne pas se contenter avec les images répandus et sucrés..., et dénonce des fois même trop violemment le coté fragile et obscur de l'homme. C'est même ce coté-là (poussé à l'extrême et quasimment maladif) qui a valu un rejet de certaines formes historiques du pessimisme chrétien sur l'homme...

Mais elle ne s'arrête pas là : Au même moment elle discerne en l'autre les étincelles de lumière. Et comprend que le doute (l'obscurité, les questionnements...), pour parler avec Dostoïevski, ne sont que l'autre coté néccessaire de la médaille.





La fille que j'ai abandonnée


Original : Watashi ga suteta onna (Japonais, 1964)

CONTENU :
Deux, trois ans après la fin de la deuxième guerre mondiale, deux étudiants sans moyens, célibataires, vivent dans un quartier de Tokyo, dans une miniscule chambre. Ce qui les animent ? La soif des femmes (éveil à la sexualité) et d' »expériences », mais aussi de moyens financiers, de l'argent. Comment faire?Yoshioka, un des deux protagonistes principaux, tombe sur une annonce timide d'une jeune femme : moyen d'une aventure simple etsans lendemain ? Mitsu semble simple, innocente et timide, mais aussi pleine de confiance envers l'homme : elle croit ce que Yoshioka lui raconte de sa fragilité physique, sa solitude. Sa manière d'attirer l'empathie, voir les services de la jeune femme.

Et après cette expérience ? Qu'est-ce que Mitsu va vivre ? Et cette tâche brune sur la peau? C'est quoi? Est-ce qu'elle laissera tomber son amour, son attachement à Yoshioka qui est passé plus loin?
Et, de l'autre coté, comment la vie va se dérouler pour ce jeune minable egoïste?

REMARQUES :
On trouvera bien deux manières de procèder, de raconter l'histoire, justement avec deux perspectives différentes : d'un coté une espèce de diaire de Yoshioka, dans lequel il parle ouvertement et sans se cacher, dans un  avenir et avec un recul (il semble d'avoir compris certaines choses...), sur ce passé lointain, où il avait été étudiant. Oui, il avait été en recherche d'amourettes, d'argent et, si possible, même d'une relation qui pourrait unir ces deux aspects.
Un moment donné il tombe sur une annonce de Mitsu et y discerne la possibilité, pour lui, de « l'utiliser à ses fins » pour ensuite la lâcher, lâchement. Qu'elle n'est pas un idéal de beauté convenue, et qu'éventuellement il pourrait susciter en elle des sentiments, un attachement, lui est bien égal. Car au même moment il est bien capable de faire naïtre une relation, apparemment si chaste et innocente, avec une héritière riche : ah, l'occasion semble venue pour attraper deux mouches d'un seul coup ! Le tout consiste à bien jouer la comédie, de ne pas se trahir et de garder l'étiquette.

Dans le deuxième fil de narration – qui par ailleurs alterne partiellement avec l'autre, et ne s'ensuit pas juste simplement dans une deuxième partie séparée – un narrateur non-nommé parle de Mitsu et comment elle vit dans son intime et dans le concret de la vie de travail. Au début elle est simple ouvrière dans une usine, elle travaille de plus en plus pour aider Yoshioka qui, si apparemment pour elle, vit « si pauvrement ». Elle va atterrir dans un espèce de bain..., travail pénible probablement pour cette fille simple, timide et sans prétention et fausseté. Elle dégringole dans la société... On le comprendra à travers quelques infos : elle avait déjà quitté sa famille pour ne pas déranger la reconstitution du couple de son père (sa belle-mère ne la supportait pas). Dans sa fragilité, mais aussi inattaquabilité elle ne semble pas faite pour ce monde. Comme si elle venait d'ailleurs, d'un ailleurs. Par l'auteur elle devien même, selon le postface de celui-ci, une figure préfigurant le Christ. Ce qui sembla être un sacrifice se transforme en un don dans la joie. Elle est mue par une compassion, une vraie empathie qui voient plus juste que le cynisme de notre Monsieur l'étudiant.

Un moment donné du roman, le noyau est resumé ainsi : « A quel point une rencontre, une action ont des conséquences et ne restent pas sans écho. »

Le deroulement de l'action, la langue, le style me paraissent plutôt simple (autant que je puisse en juger en français), linéaire et chronologique. Pas d'artifice supplémentaire. Le roman s'impose plutôt par ce pair antinomique, représenté par Mitsu et Yoshioka, donc entre egocentrisme absolu et oubli de soi. Est-ce que c'est « trop simpliste » ? Malgré, ou même avec, une présence divine très discrète, celle-ci ne s'impose pas, ni aux protagonistes de son histoire, ni aux lecteurs. Cette présence est une voix susurrante, proposant des voies possible, et laissent entière liberté.
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Re: Shūsaku ENDO

Message par Bédoulène le Dim 19 Mar - 19:08

Tom Léo, je pense que Chrétien ou Non  nous devons  lutter dans la vie qui n'épargne personne ;  la remise en cause, les interrogations sont le lot des Hommes mais chacun y répond selon ses moyens, tous respectables du moment qu'ils ne nuisent pas aux autres.

(il va falloir que je fasse un effort pour lire les auteurs Japonais)

merci Tom Léo !

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Re: Shūsaku ENDO

Message par Gnocchi le Dim 19 Mar - 23:24

@Bédoulène a écrit:(il va falloir que je fasse un effort pour lire les auteurs Japonais)

Mais il ne faudra pas te forcer Bédoulène. Si ça ne vient pas naturellement, ce n'est pas si grave. Même si le Japon n'attire pas vraiment ton attention, je ne t'en voudrai pas, moi. Razz
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