Gyula Krúdy

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Gyula Krúdy

Message par Hanta le Lun 26 Déc - 18:23

Gyula Krúdy
(1878-1933)


Nationalité : Hongrie
Né(e) à : Nyiregyhaza , le 21/10/1878
Mort(e) à : Budapest , le 12/05/1933

Né d'un père avocat issu de la petite noblesse, dont il tient le nom et le prénom, et d'une mère issue du monde rural, Julianna Csákányi, Gyula Krúdy est le premier-né parmi les 7 enfants que compte sa famille. Il étudie au lycée de Szatmárnémeti (auj. Satu Mare) (1887-1888), puis à Podolin (auj. Podolínec) (1888-1891), puis de nouveau à Nyíregyháza (1891-1895), où il passe son baccalauréat en juin 1895. Il devient ensuite journaliste, travaillant d'abord à Debrecen, puis à Nagyvárad (auj. Oradea). Krúdy publie sa première nouvelle à l’âge de quinze ans. En 1896, quand il s'installe à Budapest, il a déjà une centaine de publications à son actif. Il connaît rapidement le succès et devient très populaire grâce à Sindbad. Il gagne l’estime des milieux littéraires qui le saluent pour ses innovations littéraires. Il écrit dans la plupart des grands journaux et des revues de son époque comme le célèbre Nyugat (Occident) dont il est l’un des principaux rédacteurs dans les années 1920.

En 1899, il se marie avec une institutrice nommée Bella Spiegler (de son nom d'écrivain Satanella). Plus tard, il la quitte pour Zsuzsa Rózsa. Son apparence seule a suscité une foison de légendes : « Prince de la Nuit », joueur, coureur de jupons invétéré… Amateur de vin et fin gourmet, il aimait passer son temps dans les restaurants et les cafés, mais aussi dans les tavernes des quartiers populaires. Il a néanmoins écrit près de 90 romans, plus de 2500 nouvelles et plusieurs milliers d’articles de journaux. La situation politique trouble après la Première guerre mondiale et les conséquences du Traité de Trianon (1920) ont causé de graves problèmes existentiels à beaucoup de Hongrois. Krúdy a passé les dernières années de sa vie dans une pauvreté extrême, aggravée par des problèmes de santé, parce qu’il ne pouvait plus travailler suffisamment. Le prix Baumgarten (1930) et le prix Rothermere (1932), reçu grâce à Kosztolányi, alors Président du Pen club hongrois, l’ont un peu aidé, mais il était déjà trop endetté. Il s'est éteint seul dans sa maison du Vieux-Buda où l’électricité avait été coupée. Il avait 55 ans. Les journaux ont publié la nouvelle de sa mort sur leurs unes. À son enterrement où l'orchestre tzigane de sa ville natale a joué sa chanson préférée, une foule s’est rendue composée d’écrivains, d’éditeurs, de jockeys, d’anciennes maîtresses, de garçons de café, de filles de rue… La Hongrie officielle n’a pas souhaité de s'y faire représenter.

source babelio

Ouvrages traduits en français :

Nouvelles
Le Flûtiste de Pest, trad. Ibolya Virag, Le Monde, 1982
La Maison à la tête de dragon, trad. Ibolya Virag, Les Nouvelles Littéraires, 1986
La Balle du violoncelliste, trad. Ibolya Virag, La Main de Singe, 1988


Romans
N.N., (N.N.), trad. Ibolya Virag
Pirouette, (Bukfenc), trad. François Gachot
Le Compagnon de voyage, (Az útitárs), trad. François Gachot
Le Prix des dames, (Asszonyságok díja), trad. Ibolya Virag et Jean-Pierre Thibaudat
Courses d'automne, (Őszi versenyek), trad. Ibolya Virag et Jean-Pierre Thibaudat
Les Beaux Jours de la rue de la Main d'Or, (Aranykézutcai szép napok), trad. Natália et Charles Zaremba
Héliotrope, (Napraforgó), trad. Anne-Christine Folinais
L'Affaire Eszter Solymosi, (A tiszaeszlári Solymosi Eszter), trad. Catherine Fay
Le Coq de Madame Cléophas, trad. Guillaume Métayer et Paul-Victor Desarbres
La Diligence rouge, éditions Circé, (trad. Joelle Dufeuilly)
Les sept hiboux, trad. Gabrielle Watrin
Sindbad ou la nostalgie, (Szindbád-történetek), trad. J. Clancier, I. Virag, F. Gachot
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Re: Gyula Krúdy

Message par Hanta le Lun 26 Déc - 18:25

Sindbad ou la nostalgie


J'ai beaucoup aimé je tiens à le dire d'emblée. Les histoires, flashbacks et péripéties de ce séducteur m'ont beaucoup amusé. Il règne dans le récit une sorte de second degré exaltant, qui ressemble à l'humour que l'on peut retrouver dans la culture tchèque. Le style est agréable, épuré, il dégage un calme et une sérénité qui font apprécier davantage la lecture. le genre de livre qu'on peut lire au coin d'une cheminée dans une lumière tamisée bien enfoncé dans un fauteuil pendant qu'il pleut à torrent dehors. Du reste, le découpage en une sorte de somme de nouvelles traitant le même personnage permet de conserver une dynamique du récit et surtout de mieux situer les alternances temporelles. On prend également plaisir pour l'art de la description que maîtrise avec une évidence naturelle Krudy. Une belle réussite.
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Re: Gyula Krúdy

Message par shanidar le Mar 17 Jan - 11:16

C'est très étrange mais je vois que La Diligence rouge publié en 2015 par les éditions Circé (traduction Joelle Dufeuilly) n'est pas répertorié sur wikipedia... Je l'ajoute à notre bibliographie et je joins un commentaire :

La Diligence rouge




Il y a Buda et il y a Pest, l'aristocrate et la bohème, la noble et la populaire et aussi les lieux frontaliers qui invitent les deux villes à se mélanger : les tavernes, les parcs, les ponts, les salons, les maisons de rendez-vous ; cependant ce n'est pas à travers les lieux que G. Krúdy nous raconte sa ville mais à travers les personnages qui l'habitent, la visitent, l'aiment ou ne font qu'y passer. Il décrit en particulier  la vie de deux petites actrices arrivées de province qui font leur show sur le Corso avant d'être ramenées du côté de Pest et d'attendre l'amour. Car la grande affaire de ce roman (au-delà de la description érudite et délicieuse, pleine d'ironie et d'élégance de la vie-ville budapestoise) c'est l'amour, l'amour d'un jour, l'amour toujours, celui dont on rêve, qu'on attend, qui s'écrit en poème et se lit dans les livres. Et c'est avec une tendresse non dénuée de nostalgie que Krúdy, alternant les effets, glisse sous la langue du lecteur le goût anisé de l'absinthe, laisse dans ses mains le soyeux d'une robe et dans l'oreille la grosse voix provinciale d'une tante richissime. On y est. Tout devient sens, sensation, plaisir olfactif et goût suranné. Plaisir des yeux et de lecteur. On sent les parfums de la ville et tout comme le poète Rezeda, rentrant chez lui à la tombée de la nuit, nous saluons d'un geste ample les Rois imposants qui hantent la Citadelle. On s'éprend d'une jeunesse qui ne cesse d'espérer l'amour et d'y croire toujours et on se surprend à attendre le passage de la fameuse diligence rouge, laquelle transporte l'énigmatique comte Alvinczy.

J'ai donc beaucoup aimé ce livre composé de nouvelles qui se juxtaposent les unes aux autres pour nous offrir le panorama dense, un brin fantastique, sans doute fabuleux d'une ville au riche passé et à l'avenir incertain. Car c'est d'une époque qui meurt dont il est ici question ; celle que l'on peut retrouver dans l'essai de Pollak : Vienne, 1900, auquel il faudrait juste changer le nom de la ville, tant l'essai semble s'être calqué sur le roman de Krúdy pour y puiser l'ensemble de ses idées directrices. Tous deux soulignent l'importance de l'actrice dans la vie des artistes, l'actrice étant à la fois fantasme de l'esprit et fantasme de la chair, mais aussi aiguillon de l'inspiration ;  ils parlent également de la représentation de la population juive dans cette Europe qui vient à peine de leur offrir la liberté, ils racontent aussi le déclin des élites, s'affichant auprès d'une bourgeoisie devenant haute et renonçant lentement à la noblesse des duels d'amour. On y retrouve l'ambivalence des intellectuels désireux de s'émanciper de la gangue des grands auteurs (lire le parcours littéraire de Rezeda est une belle leçon de lettres) mais ne pouvant renoncer totalement au destin tragique des  bohèmes, poètes et pauvres, malades et romantiques. Un texte vraiment très agréable à lire dans l'enchâssement des images qui surgissent les unes derrière les autres en une sorte d'écriture automatique et pourtant poétique très maîtrisée. Tout y est. Et ce tout est vraiment délectable.


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Re: Gyula Krúdy

Message par shanidar le Lun 23 Jan - 16:57

L'affaire Eszter Solymosi



J'avais envie d'un livre long, d'un livre lourd, d'un livre qui prenne le temps de me raconter des choses que je sais (un peu) et d'autres que je ne sais pas (du tout). Ce livre s'est incarné grâce à Gyula Krúdy. Je suis passée au large de certaines références historiques et littéraires (en me promettant d'y revenir) mais j'ai complètement cédé au charme incroyable d'un conteur déroutant et lucide, poétique et politique, dense et dansant. C'est en 1931 que Gyula Krúdy s'empare de L'affaire Eszter Solymosi (prononcer choyemochi) qui défraya la chronique hongroise des années 1880. Et le lecteur ne peut que se réjouir d'avoir entre les mains ce que Krúdy appelle des notes (qu'il fera publier en feuilleton dans un journal et ne seront éditées en livre que quarante ans après sa mort en 1970) et qui se compose de pas moins de 640 pages fort adroitement hypnotiques ! Une somme ! Un roman passionnant parce qu'il nous raconte le temps d'avant : avant la Shoah, quand être antisémite était l'apanage des riches propriétaires, nationalistes et érudits et d'avant la mondialisation, quand les nouvelles ne parvenaient que par l'intermédiaire des journaux, quand on voyageait encore à cheval, quand la Hongrie était plus vaste et parlait bien des langues : le hongrois, certes, mais aussi le yiddish, le ruthène, le slovaque, le souabe ou bien l'allemand…

Terre de métissage, aux élites effrayées par l'arrivée massive de juifs issus de la diaspora russe (les premiers pogroms ont alors lieu là-bas), la Hongrie est alors un pays qui se remet à peine de la Révolution de 1848. La Hongrie où les pauvres sont aussi pauvres que ceux de la Bible, où les flotteurs de bois descendent aux beaux jours sur leur radeau le bois qu'ils ont coupé l'hiver, une Hongrie à la fois pleine d'un charme désuet et dangereux que se plaît à nous décrire Krúdy. Car il faut bien reconnaitre que les deux cents premières pages de ce gros roman fabuleux mélangent pêle-mêle cette société hétéroclite, passant allègrement des juifs nécessiteux aux chrétiens qui ne le sont pas moins, d'un commissaire en suspension disciplinaire, à un dirigeant violemment antisémite (mais qui bien sûr adore ses amis juifs), d'un couple d'aristocrates où madame porte la culotte, jusqu'à ces Ruthènes taiseux qui font flotter le bois sur le fleuve Tisza. Fleuve qui est sans doute le personnage le plus inattendu de ce roman.

Mais quid d'Eszter Solymosi qui donne son nom au roman ? Eszter est une jeune fille de quatorze ans, chrétienne, servant dans la maison de la mère Huray (qui n'est pas commode). Un samedi matin, sa maitresse l'envoie acheter de la peinture. La gamine ne réapparaitra jamais. Au même moment, ce samedi-là, le bedeau a réuni dans la synagogue un groupe de juifs parmi lesquels il doit trouver un nouveau sacrificateur pour sa communauté (en effet pour que la viande soit kasher, l'animal doit être tué selon un rituel précis, il ne doit pas souffrir et doit être vidé de son sang). De l'un à l'autre de ces deux évènements, l'amalgame se fait tout naturellement entre voisins qui s'ignorent ou parfois se haïssent et voilà les juifs accusés (par un des leurs, ce qui est bien le comble), de crime rituel. Les juifs auraient attiré la jeune fille dans la synagogue, l'auraient maintenue au sol, lui auraient coupé la gorge, auraient récupéré son sang dans des bassines et ce sang aurait servi pour fabriquer le pain azyme de la Pâque. Vous n'y croyez pas ? Pourtant en 1882, à Tiszaeszlár tout le monde y croit, une furieuse vague antisémite gagne le village, puis la région et enfin la Hongrie toute entière ! Qui sont ces juifs qui viennent tuer nos enfants chrétiens ? Du plus pauvre au plus riche, on s'indigne, on fouille, on observe, on se méfie. Et les autorités appuient. Fort. Du juge d'instruction au commissaire en passant par les médecins tout le monde accepte la version de Moric (le fils du bedeau). Las ! Le seul moyen pour réhabiliter les juifs d'Eszlár est de retrouver le corps d'Eszter… Les grandes familles juives d'Europe (oui, l'affaire en est arrivé à mobiliser -un peu- l'ensemble des riches juifs d'Europe) promettent cinq mille florins (une somme formidable) à celui qui retrouvera le corps d'Eszter. Et on le retrouve ! Ce sont les flotteurs de bois qui la font surgir miraculeusement de l'eau ! Mais ! Non ! Ce n'est pas elle ! Ce n'est pas le corps de la petite Eszter ! Sa mère est formelle, sans même jeter un regard à la dépouille elle le sait ! Une mère sait cela ! Surtout le corps repêché dans les eaux boueuses de la Tisza n'a pas été égorgé. Ce n'est donc pas Eszter ! CQFD !

Alors commence en juin 1883, en pleine canicule, le procès le plus retentissant de l'époque et c'est à nouveau toute une cohorte de juifs s'arrachant les poils de la barbe, de bourgeois fondamentalement antisémites, de juges taciturnes, d'avocats belliqueux, de journalistes fiévreux qui viennent user leurs fonds de culotte sur les bancs du tribunal. La société décrite par Krúdy est formidablement bien rendue, l'enquête et le jugement (même s'ils sont racontés 50 ans plus tard) valent largement le récit de Capote et son Sang froid de légende, le procès est également à peu près aussi fou, fort, formidable que celui de Kafka. On nage en pleine fournaise, dans le halètement des hommes qui comme des bêtes appellent le sang. Vous l'avez compris, j'ai adoré ce livre. Il m'a totalement emporté. A la fois pour ce qu'il dit de la condition juive à l'époque (mais sans tomber non plus dans une démagogie débilitante, les juifs d'Eszlár sont sales, bêtes et méchants et ceux de Hongrie ne connaissent déjà plus la solidarité), les bourgeois sont pour la plupart antisémites par tradition comme ils sont nationalistes à un moment de l'histoire où la Hongrie est sous le joug autrichien… Le récit de Krúdy est incroyablement riche, coloré, parfois farfelu dans sa chronologie et ses choix narratifs, tendu vers la vérité, rendant hommage à l'intelligence et au courage de ceux qui ne crurent pas à l'histoire racontée, voulue, martelée par les autorités d'un crime rituel dont tout le monde s'accorde à accuser les Juifs.

Mais au final… qu'en est-il du corps d'Eszter Solymosi ? Et bien trouvez ce livre, lisez-le, dévorez-le et vous saurez peut-être un bout de la vérité, en tout cas vous apprendrez que :

Ce monde est la maison des êtres sans nom, où chacun doit travailler, jour après jour, pour conserver sa place dans l'existence.

N.B. : j'ai bien conscience que ce roman de Krúdy est très particulier au sein de sa production littéraire, écrit tardivement alors qu'il avait besoin d'argent, il n'est sans doute pas très représentatif de son Art, il n'en reste pas moins un roman dans lequel on retrouve les préoccupations et la construction/circonvolutions de l'auteur, un roman qui me donne furieusement envie de découvrir toute l'œuvre de Krúdy !


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Re: Gyula Krúdy

Message par Armor le Mar 24 Jan - 18:26

Je me sens obligée d'intervenir. Il y a trop de louanges sur ce fil !
J'ai retrouvé ce que je disais après avoir refermé La diligence rouge :



La diligence rouge :

Quelques impressions sur ce livre déroutant qui me laisse mitigée. La première chose qui frappe est langue de Krudy, belle et classique, qui s'accorde à merveille avec le talent de l'auteur pour décrire les petits rien qui font toute l'animation d'une rue, d'une soirée, d'un être. Les travers et petits arrangements avec la morale des personnages nous sont contés avec une ironie sous-jacente non dénuée de tendresse. Mais, malgré ces évidentes qualités, j'ai eu du mal à entrer dans le roman. Au début, j'aimais… un chapitre sur deux ! Puis, gros coup de mou au milieu, j'ai même failli abandonner. J'ai toutefois bien fait de persévérer, car les cinquante dernière pages m'ont totalement accrochée. (malgré le nombre invraisemblable de coquilles ; à croire que, comme moi, le correcteur a peiné à un moment, jusqu'au point de s'endormir…)

J'aime quand l'auteur s'attarde sur ses personnages principaux, et, à travers eux, sur les villes de Buda et Pest, prises dans une époque décadente, à mi-chemin entre un monde qui s'enfuit et un avenir incertain. Krudy fait revivre sous nos yeux le microcosme des actrices, poètes et cocottes, tout un petit monde qui s'étourdit dans les soirées mondaines, et côtoie bourgeois et aristocrates venus s'encanailler sur l'autre rive du Danube… Krudy nous avait concocté là de complexes et originales personnalités, dont les rêves, illusions perdues et caprices de stars suffisaient à combler le lecteur. Il y avait tant à faire qu'il aurait pu creuser encore sans pour autant leur ôter leur mystère. Mais son amour des longues digressions m'a parfois perdue. J'avais l'impression que les multiples chemins de traverses empruntés ne me menaient nulle part. Un peu frustrée, voire agacée par les (trop) nombreux portraits comme tronqués de personnages qu'on ne reverra plus, les énumérations au style récurrent, et une fantaisie qui m'a parfois parue factice, comme forcée. C'est là pour moi le gros bémol d'une lecture qui, autrement, sans être un coup de coeur, aurait pu être très plaisante.

(Ancien commentaire récupéré)
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Re: Gyula Krúdy

Message par shanidar le Mar 24 Jan - 20:23

Je trouve que c'est plutôt plaisant des avis divergents (je crois d'ailleurs, qu'églantine a très peu goûté L'affaire Eszter Solymosi ) ; cela permet à chacun de se faire une idée...

Et puis je n'ai pas été complètement emballée par Le compagnon de voyage ; ce qui ne m'empêchera pas de revenir à Krúdy !



Le compagnon de voyage

Même si je ne suis pas aussi séduite par ce très court roman (140 pages) que par mes précédentes lectures, je suis toujours heureuse de retrouver le style de Krúdy. J'aime ses phrases infinies qui commencent par de petits faits quotidiens et s'achèvent sur des réflexions presque métaphysiques , j'aime l'originalité puissante de ses métaphores, sa manière inimitable de raconter la province hongroise, les petites femmes qui la composent et les hommes nobles qui se transforment à l'occasion en chasseurs. En revanche, je n'ai pas réussi à succomber complètement à l'histoire racontée par ce narrateur élégant et lubrique, cultivé et fornicateur, aisé et séducteur. Malgré certaines pages somptueuses sur les petites dames de la ville de X, leurs infidélités, la maison de Mme Rienzi et les jeunes filles à déflorées, j'ai eu du mal à m'attacher aux pas à la fois neurasthéniques et légèrement misogynes de notre héros. La fin totalement échevelée m'a semblé bizarre et quelque peu surjouée. Bref, un demi-plaisir pour un livre très court qui reprend les thèmes aimés de Krúdy mais avec une certaine brutalité, une certaine frivolité violente mais ce n'était peut-être tout simplement pas le bon moment pour cette rencontre...
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Re: Gyula Krúdy

Message par églantine le Mar 24 Jan - 20:39

@shanidar a écrit:Je trouve que c'est plutôt plaisant des avis divergents (je crois d'ailleurs, qu'églantine a très peu goûté L'affaire Eszter Solymosi ) ;

Quelle mémoire ! Tu peux pas m'en donner un peu ! Rolling Eyes

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Re: Gyula Krúdy

Message par shanidar le Mar 24 Jan - 20:45

Bah ! C'est comme pour la marche en montagne ! ça se travaille !!
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Re: Gyula Krúdy

Message par églantine le Mar 24 Jan - 20:50

@shanidar a écrit:Bah ! C'est comme pour la marche en montagne ! ça se travaille !!
Bah je crois quand même j'ai un gros handicap .Mais je fais avec et je compense autrement .
Ceci étant ....A relire ton commentaire sur L'affaire Eszter Solymosi , j'en serais presque à me dire qu'il faudrait que je le relise !

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Re: Gyula Krúdy

Message par shanidar le Mar 24 Jan - 21:02

Ou peut-être un autre ? Parce que, comme je le disais, j'avais envie d'un livre qui m'occupe longtemps et me nourrisse beaucoup, ce que j'ai trouvé avec L'affaire Eszter Solymosi , mais qui peut être un peu pesant ou trop lourd, trop long pour d'autres lecteurs !

J'espère lire soit N.N. ou Sindbad ou la nostalgie cette année...
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