Jonathan Coe

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Jonathan Coe

Message par topocl le Mar 27 Déc - 9:54

Jonathan Coe
Né en  1961


 
Jonathan Coe, né le 19 août 1961 à Birmingham, est un écrivain britannique.

Jonathan Coe étudie à la King Edward's School à Birmingham et au Trinity College à Cambridge avant d'enseigner à l'Université de Warwick.

Il s'intéresse à la fois à la musique et à la littérature, car il fait partie du groupe de musique The Peer Group, puis des Wanda and the Willy Warmers, un orchestre de cabaret féministe pour lequel il écrit des chansons et joue du piano.

Il doit sa notoriété à la publication, en 1994, de son quatrième roman, Testament à l'anglaise (What a Carve Up! or The Winshaw Legacy). Cette virulente satire de la société britannique des années du thatchérisme connaît un important succès auprès du public et a obtenu le prix du Meilleur livre étranger en 1996.

Coe reçoit également le prix du Meilleur roman de la Writers' Guild of Great Britain en 1997 et prix Médicis étranger en 1998 pour La Maison du sommeil (The House of Sleep, 1997).

Il est l'un des membres du jury de la Mostra de Venise 1999.

En 2001 et 2004, le diptyque Bienvenue au Club (The Rotters' Club), suivi par Le Cercle fermé (The Closed Circle), traite des aventures d'un même groupe de personnes pendant leur dernière année de lycée dans le premier roman, puis vingt ans plus tard dans le second. Ces deux romans servent l'auteur dans sa fresque du Royaume-Uni des années 1970 et 1990, pour mieux observer les mutations profondes subies par la société entre ces deux dates, en raison des réformes thatchéristes et blairistes.

En 2015 sort sur les écrans La Vie très privée de Monsieur Sim, film français réalisé par Michel Leclerc, d'après le roman éponyme de Jonathan Coe publié en 2010 ( The Terrible Privacy of Maxwell Sim).

Œuvres traduites en français

Romans
1987 : La Femme de hasard
1989 : Une touche d'amour
1990 : Les Nains de la mort,
1994 : Testament à l'anglaise
1997 : La Maison du sommeil
2001 : Bienvenue au club
2004 : Le Cercle fermé
2007 : La Pluie avant qu'elle tombe
2010 : La Vie très privée de Mr Sim
2013 : Expo 58
2015 : Numéro 11. Quelques contes sur la folie des temps

Recueil de nouvelles
2005 : Désaccords imparfaits

Littérature d'enfance et de jeunesse
2012 : Le Miroir brisé

Biographies
1991 : Humphrey Bogart
1994 : James Stewart, une biographie de l'Amérique
2004 : B.S. Johnson, histoire d'un éléphant fougueux

Autre ouvrage
2013 : Notes marginales et bénéfices du doute

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Re: Jonathan Coe

Message par topocl le Mar 27 Déc - 9:58

De  Jonathan Coe, j'avais adoré la trilogie londonienne (Testament à l'anglaise, Bienvenue au Club et Le cercle fermé) et son humour acerbe.

La vie très privée de M Sim.



Ce livre est un jeu au cours de la lecture duquel on prend plaisir à imaginer la jubilation que Coe a eue à l’écrire ; on l’imagine assemblant patiemment ses pièces, semant ses indices, peaufinant ses éléments révélateurs. Quant au lecteur , attention : Le début parait simplement gentil et sympa, sans plus. On suit cela d'un oeil amusé et sans doute un peu distrait. Coe éparpille ses indices de façon apparemment anodine, mais il faut bien faire attention et ne rien louper car il n'est pas un détail qui ne trouvera son sens dans la suite. Et ce n’est donc que dans la deuxième partie que l’importance de chaque personnage, de chaque rencontre apporte une profondeur au récit, et contribue à sa cohérence.

Après la 150ème page, on s ‘amuse beaucoup, les pièces du puzzle s’imbriquent, on s’extasie du talent de Coe, on apprécie son humour, on passe un excellent moment en sa compagnie. Derrière le canular léger, on découvre des interrogations sur la solitude, la communication, la modernité, le hasard et le destin.

Il ne faut surtout pas s'arrêter à la présentation très réductrice qui a été faite du livre un peu partout, racontant que c'est l'histoire d'un homme amoureux de son GPS. Ceci n'est qu'un des nombreux éléments palpitants du roman, traité avec beaucoup de finesse : l'une des nombreuses pièces de ce puzzle, chacune potentialisant la valeur de l'autre.

Un petit régal. Un monument de finesse et d'humour, jusque dans les dernières pages.


mots-clés : #humour

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Re: Jonathan Coe

Message par topocl le Mar 27 Déc - 10:00

Expo 58



Le livre, comme l'Exposition part d’une drôlement bonne idée.
En 1958, la Belgique propose au monde une Exposition Universelle, l'idée étant d'aborder l'avenir sous le thème de la paix plutôt que sous l'emblème de la destruction. En gros : faites comme si la guerre froide n'existait pas et elle disparaîtra d'elle-même. Malheureusement, cela ne semble pas avoir été l'avis des différents Service Secrets … Et l'anglais falot Thomas, venu naïvement dans ce guêpier pour se distraire de son couple décevant et de sa petite vie routinière, va l'apprendre à ses dépens.

Tout l’aspect Exposition Universelle est assez intéressant, il traîne plein de photos et films sur internet qui permettent de suivre le roman de façon très vivante. Heureusement , car c'est plutôt long à démarrer, l'imbroglio d'espionnage est léger-léger (mais sans doute ma méconnaissance m'a t'elle fait louper quelques références), contrairement à l'humour, sans doute british mais plutôt souligné. Les personnages, à part le héros dont il est vite clair qu'il est assez ras-des-pâquerettes, totalement manipulé et impuissant face aux événements tant privés que publics,  sont d'une inconsistance absolue, jusqu'aux deux espions-chefs anglais qui jouent un petit jeu de Dupont-Dupond qui n'amuse qu'un moment. Le style est inexistant et le texte truffé de dialogues.
On suppose que Coe s'est bien amusé, en tout cas, une fois sa documentation rassemblée, on a  surtout l’impression qu'il ne s'est pas foulé pour ce livre qui se laisse lire sans passion, et avec un plaisir plutôt réduit malgré quelque scènes amusantes, et génère, de ce fait,  une certaine frustration.



(commentaire récupéré)

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Re: Jonathan Coe

Message par Tristram le Mar 27 Déc - 17:22

@Topocl a écrit:des interrogations sur la solitude, la communication

Effectivement, il y a des aperçus aussi pertinents que subtilement humoristiques sur l'in(communication) : La vie très privée de Mr Sim, Sidney-Watford :

« On va, on vient dans le grondement du quotidien, on passe à deux doigts les uns des autres, mais le vrai contact est très rare. Tous ces ratages de peu, tous ces possibles irréalisés, c’est effrayant, quand on y pense. Mieux vaut éviter soigneusement d’y penser. »
« L’humanité, vous l’aurez remarqué, multiplie désormais avec une grande ingéniosité les moyens d’éviter de se parler, et j’avais pleinement profité des plus récents. »
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Re: Jonathan Coe

Message par Avadoro le Jeu 2 Mar - 23:20



Numéro 11 : Quelques contes sur la folie des temps

Jonathan Coe compose une variation à partir de Testament à l'anglaise, même si le lien entre les deux romans (la famille Winshaw et la forme satirique) reste secondaire. Si les aventures d'abord étranges voire inquiétantes de deux amies d'enfance représentent un premier fil conducteur, les chapitres deviennent rapidement des récits presque autonomes qui esquissent une vision désabusée d'une Angleterre contemporaine, à travers des échos médiatiques et socio-politiques. La structure relativement chaotique du roman traduit la perte de repères d'une élite sociale désabusée, jusqu'à une conclusion marquée par une brève incursion dans le genre fantastique.

La virtuosité de l'écriture de Jonathan Coe est toujours remarquable, mais j'ai trouvé l'ouvrage trop souvent anecdotique. Les rebondissements multiples provoquent une lassitude même si la persistance d'une tonalité douce-amère apparait pertinente.
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Re: Jonathan Coe

Message par Tristram le Sam 20 Mai - 0:08



Une touche d’amour

Gallimard a écrit:Robin Grant est étudiant à Coventry, où il traîne sa thèse en littérature depuis quatre ans. Solitaire, égocentrique, amorphe, il mène une existence sans amour et sans amitié. Profondément dépressif, il exprime sa vision du monde et son sens de la fatalité en écrivant des récits à l'humour cotonneux. Le monde extérieur va pourtant le toucher de plein fouet lorsque, soupçonné de s'être exhibé devant un petit garçon, il est accusé d'outrage à la pudeur.
Une touche d'amour dépeint les brutalités de la société anglaise libérale avec un humour férocement polémique. Mais, comme toujours chez Jonathan Coe, il en reste une profonde tendresse pour les fragilités de ses personnages, les émotions sincères.

Un des premiers romans de l’auteur, qui avait déjà appris à ourdir les péripéties d’un scénario avec brio : ici l’histoire de quelqu’un qui « décroche » (ou est décroché), plein de nobles intentions mais assez déprimé, écrivain et universitaire en panne, voire ratés, accusé à tort et condamné d’avance par un concours de circonstances (toutes plus égoïstes, bien-pensantes, aberrantes et répugnantes les unes que les autres).
L’idée centrale est : notre existence n’est-elle conduite que par le hasard, ou pouvons-nous agir (politiquement) sur notre destinée ?
L’ensemble, assez noir, est relevé d’un bel humour (notamment dans le jubilatoire exercice de l’interview fantasmée), défini comme « cotonneux » par l’éditeur (mes dictionnaires restent muets à ce propos), et comme « britannique » par facilité (une grande amie à moi).
Aussi beaucoup d’aperçus bien vus sur la société :

« – Le racisme n’a pas besoin d’être flagrant. Il n’a pas besoin d’être brusque, non plus, et il peut s’insinuer partout. Elle en a eu assez d’être considérée comme une étrangère ; elle en a eu assez que ce soit toujours la première chose que les gens remarquent en elle. Elle était venue ici simplement pour travailler, pour obtenir son diplôme, et elle s’est aperçue que les gens la fréquentaient pour sortir de leur routine, pour mettre dans leur vie "une petite touche d’exotisme", comme elle dit. Elle a bataillé pour être prise au sérieux, mais ça n’a pas marché. »

« C’est à cause de ces pitoyables compromis que nous devons nous imposer, jour après jour. Nous ne parvenons jamais à dire la vérité, parce que nous sommes trop occupés à faire des concessions. On finit par ne jamais dire ce qu’on pense, mais par dire juste ce qu’on sait que l’autre veut entendre. On adapte la vérité à chaque contexte. On ne peut pas parler de socialisme avec des conservateurs, et on ne peut pas parler de conservatisme avec des socialistes. Si l’on veut parler de religion on se retrouve à dire des choses différentes selon qu’on s’adresse à un bouddhiste, un chrétien ou un athée. Si l’on demande une opinion, un universitaire répondra en universitaire, un médecin en médecin, un avocat en avocat. Dès que nous avons des rapports sociaux, nous sacrifions la sincérité, l’intégrité, l’impartialité, afin d’éviter toute confrontation. »


La seule consolation, c’est que cela se passe en Angleterre, pays sûrement bien pire que le nôtre…
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