Christian Garcin

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Christian Garcin

Message par topocl le Mer 28 Déc - 8:58

Christian Garcin
Né en  1959




Christian Garcin vit non loin de Marseille, où il est né en 1959. En 1992 il envoie son premier manuscrit, Vidas, un recueil de fictions biographiques, à J.-B. Pontalis chez Gallimard, qui le publie aussitôt dans sa collection « L'un et l'autre ».

Par la suite il publie des nouvelles, des poèmes, des essais, mais c'est avec son premier roman Le Vol du pigeon voyageur, paru en 2000, qu'il accède à un plus large public.

Son œuvre, ample et protéiforme, est constituée de romans (dont Selon Vincent, Des femmes disparaissent, ou La Piste mongole), de recueils de nouvelles (dont La neige gelée ne permettait que de tout petits pas), de poèmes (Les Cigarettes, Pierrier), d'essais sur la peinture et la littérature (Piero ou l'Equilibre, L'Autre Monde), de livres pour la jeunesse (dont Aux bords du lac Baïkal), de carnets de voyage (dont Du Baïkal au Gobi et Carnet japonais) et de quelques autres livres, inclassables (lexiques, fictions biographiques, évocations littéraires ou picturales). Il a aussi publié un livre de photos, Le Minimum visible, aux éditions Le Bec en l'air.

Offrant plusieurs niveaux de lecture, ses livres proposent des voyages intérieurs, sur fond parfois de déambulations géographiques, durant lesquels des êtres en rupture tentent de reconstruire leur personnalité. Au fil des années, certains de ses textes de fiction se nourrissent des voyages qu'il effectue, tout en développant parfois une veine à la lisière du fantastique, ainsi qu'en témoignent par exemple les romans La Jubilation des hasards (2005), ou La Piste mongole (2009). Dans le même temps se constitue une sorte de réseau cartographique et narratif dans lequel chacun de ses livres se trouve souterrainement relié aux autres, dessinant ainsi une structure en archipel.

Bibliographie

Romans
Le Vol du pigeon voyageur, 2000
Sortilège, 2001
Du bruit dans les arbres, 2002
L'Embarquement, 2003
La Jubilation des hasards, 2005
La Piste mongole, 2009
Des femmes disparaissent, 2011
Les Nuits de Vladivostok, 2013
Selon Vincent, 2014
Les vies multiples de Jeremiah Reynolds, 2016

Nouvelles et récits
Vidas, 1993
L'Encre et la Couleur, 1997
Vies volées, 1999
Rien, 2000
Une odeur de jasmin et de sexe mêlés, 2000
Une théorie d'écrivains, 2001
Fées, diables et salamandres, 2003
La neige gelée ne permettait que de tout petits pas, 2005
Le Scorpion de Benvenuto, 2007
La loi des bêtes, avec des illustrations de Philippe Favier, 2015
Entrer dans des maisons inconnues, 2015
Jeremiah & Jeremiah, 2016

Textes très brefs
A Budapest, 2007
L'art de la natation subaquatique, 2008
Quand j'étais écrivain (en collaboration avec Pierre Autin-Grenier), novembre 2011
Circé ou Une agonie d'insecte, 2010
L'étrange sérénité des fonds marins, 2014

Carnets de voyages
Itinéraire chinois (une énigme) 2002
Du Baïkal au Gobi, 2008
Carnet japonais, 2010
En descendant les fleuves / Carnets de l'Extrême-Orient russe, en collaboration avec Éric Faye, 2011
Ienisseï (suivi de Russie blanche), 2014
Le Lausanne-Moscou-Pékin, 2015

Littérature jeunesse
Aux bords du lac Baïkal, 2011
Les Papillons de la Lena, 2012
La perspective du condor, 2016

Poèmes
Les Cigarettes, 2000
Pierrier, 2003

Essais
Labyrinthes et Cie (sur Borges, Kafka, etc.), 2003
Piero ou l'Equilibre (sur la peinture de Piero della Francesca), 2004
J'ai grandi (évocation autobiographique), 2006
L'Autre Monde (à partir d'un tableau de Gustave Courbet), 2007
Borges, de loin, 2012

Photos
Le minimum visible (avec des textes de Stéphane Audeguy, Arno Bertina, Éric Faye, Thierry Girard, Gilles Ortlieb), 2011

Divers
Lexique, 2004
Pris aux mots (Lexique 2), 2006
Jibé (évocation de J.-B. Pontalis), 2014
Vétilles (notes), 2015

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Re: Christian Garcin

Message par topocl le Mer 28 Déc - 9:00

Selon Vincent



Le monde n'est pas peuplé de gens mais d'histoires.

Cela fait 20 ans que son oncle Vincent a disparu, larguant les amarres sans rien dire à personne, et tout à coup , il se met à semer des messages qui constituent comme une espèce de jeu de piste tentateur. Aussi Rosario part-il à sa rencontre jusqu'à l'Isla Larga, tout au bout de la Patagonie.
En chemin , il croise des hommes, des manuscrits, des histoires d'autres siècles, qui tous à leur façon parlent de la fuite , du bout du monde, d'un chemin à suivre et d'un retour possible ou impossible. C’est un joyeux fatras de destins croisés, de textes entremêlés avec leurs typographies différentes, qu'on lit avec une délectation amusée, égale sans doute à la malice que l'auteur a mise à semer ses indices.

Au bout de cette réjouissante aventure moderne, où s'entremêlent l'introspection, la magie et la science, on comprend tout dans un final prenant d'émotion, les signes ont un sens, car « les passerelles invisibles entre les êtres et les choses abondent » . On a partagé la beauté de ces paysages de nulle part, notamment dans un Carnet Rouge abandonné par l'oncle, qui en quelques pages, sublimes et minimalistes, traduit 20 ans d'exil et de vagabondage, de solitude effroyable et délectable au pays des baleines.

Il y avait des tonnes de savoirs, des myriades de documents sur absolument tout, du mouvement aléatoire des photons à la structure des trous noirs rien n'échappait au recensement, au catalogage généralisé du monde, le moindre objet de connaissance devenait instantanément répertorié, disséqué, éparpillé, disponible, et moi, je ne savais rien, minuscule et vulnérable au milieu de ce rien, baigné d'immensité froide et lumineuse, en route vers un lieu dont je ne savais guère plus, juste qu'il était isolé de tout, point minuscule dans un entrelacs de fjords et de péninsules glacées, et qu'il avait sans doute été le dernier

(commentaire récupéré)

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Re: Christian Garcin

Message par shanidar le Mer 19 Avr - 17:56



Le vol du pigeon voyageur

Le sujet de ce court roman est à peu près semblable à celui de Nocturne Indien de Tabucchi : un homme part dans un pays inconnu à la recherche d'une personne disparue. Il s'agit ici d'une jeune femme, la fille de l'employeur d'Eugenio, qui a disparu en Chine du côté de Pékin. Mais là où le livre de Tabucchi flottait dans les brumes enivrantes des mystères indiens, Garcin ne cherche pas à perdre son lecteur et se donne pour double objectif celui de raconter l'état d'esprit de son personnage principal et de montrer la confrontation entre orient et occident.

Eugenio est un homme de 41 ans, qui a décidé de renoncer à l'écriture, aux voyages et à investir sa vie au moment même où son employeur l'envoie en Chine, retrouver sa fille et accessoirement écrire quelques articles. L'apathie du personnage fera qu'il renoncera à renoncer et partira sur les traces, bien légères, d'Anne-Laure. L'enquêteur est de ceux qui sont à la recherche d'une forme de détachement (que l'on pourrait rapprocher du bouddhisme), d'un renoncement à avoir une quelconque emprise sur les choses, sur le monde, sur sa propre vie, une sorte de volonté de devenir "poreux" qui rendent plus ou moins caduques ses entreprises et ses démarches. Mais comme le souligne monsieur Li :

Soyez sûr que si l'on enseignait la géographie au pigeon voyageur, il n'atteindrait jamais sa destination.

Somme toute il faut se laisser guider par l'instinct et quelques pressentiments (lesquels donnent lieu à une rafraîchissante réflexion sur le temps) et surtout ne pas tenter, ici, en Chine de raisonner en occidental… car cette confrontation ne peut aller que vers l'incompréhension et la défiance. Eugénio apprendra donc à ne plus chercher des causes à des effets et finira par regarder, simplement, le fleuve couler. De la même manière, lorsque Eugénio évoquera le problème de la défense des droits de l'homme, une jeune occidentale lui donnera la même réponse que celle de Mo Yan (prix nobel de littérature) : est-il vraiment raisonnable de penser qu'un pays comme les Etats-Unis puisse donner des leçons de morale alors que ce même pays autorise la peine de mort, alors qu'il continue de bafouer les droits de sa minorité noire et que seul l'argent permet d'y gagner ses procès ?

Le très court roman (trop ?) de Christian Garcin s'attache avec raffinement et intelligence à nous parler de cet écart entre les hommes, de cette incompréhension des uns envers les autres et de ce désir d'apathie, de porosité, de laisser aller qui touche presque à la notion de non-savoir bataillienne, laquelle ouvre sur l'angoisse puis sur la libération. Agrémenté de petites sentences chinoises qui irritent puis fascinent Eugenio, ce livre est, à mon avis, une très bonne entrée en matière dans l'univers, la mentalité, l'Histoire d'une Chine située entre Pékin et Xian.


Une petite douceur piquante qui donne envie de poursuivre avec cet étonnant (et attachant) auteur.


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