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Lewis Carroll

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Message par bix_229 le Mer 28 Déc - 16:15

Lewis Carroll (1832-1898)

Lewis Carroll Carrol10

Lewis Carroll, de son vrai nom Charles Lutwidge Dodgson, naquit en 1832, à Daresbury, petite bourgade proche de Manchester. Son père était prêtre de l'église anglicane. Charles était le troisième enfant d'une très nombreuse famille. La majeure partie de son enfance s'écoula à Daresbury, puis à Croft, dans le Yorkshire, à partir de 1843.

On sait que Charles aimait inventer, pour ses frères et soeurs, des jeux divers, et qu'il monta notamment des spectacles de marionnettes. A douze ans, on le mit en pension à Richmond et, un an et demi plus tard, il entrait à la grande public-school de Rugby. Son séjour y fut, de son aveu, fort pénible, par suite du régime des punitions et surtout du poids de la vie collective, rendu plus lourd encore pour lui par son goût médiocre pour le sport. Il y fit de bonnes études et, après quatre ans passés à Rugby, fut admis à Oxford (Christ Church College), où il s'installa en janvier 1851 ; il devait y résider jusqu'à sa mort.

Sa mère mourut cette même année. Charles en fut très affecté,ce qui contribua peut-être à rendre plus difficile ses relations avec son père. Il travailla d'arrache-pied, sans se faire beaucoup d'amis, et obtint brillamment son diplôme de mathématiques en décembre 1854. Le collège lui accorda de ce fait, le titre de student, qui devait faire de lui ultérieurement un "membre du collège" et, d'emblée, l'équivalent d'un assistantde faculté d'aujourd'hui. En contrepartie, il s'engageait, au moins provisoirement, à devenir prêtre et à rester célibataire.

C'est à cette époque qu'il commença véritablement à écrire : d'abord des poèmes, mais aussi quelques nouvelles qui parurent dans un petit magazine, The Train, dont le directeur choisit, parmi les pseudonymesque Dodgson lui proposa, celui de Lewis Carroll (1856).Les enfants Liddell.En même temps, il se passionnait pour la photographie, encore balbutiante. C'est ainsi qu'il tira de nombreux portraits des enfants du doyen de son collège, Liddell, et s'attachaà la petite Alice. En 1862, l'année où celle-ci eut dix ans, Carroll au cours d'une promenade en barque, raconta pour la premièrefois ce qui devait devenir Alice au pays des merveilles. Quelque temps après, le texte, considérablement augmenté, fut proposé à l'éditeur MacMillan, qui l'accepta immédiatement. Illustré par John Tenniel, caricaturiste alors célèbre, le livre parut en juillet 1865. Ce fut tout de suite un grand succès et, dès 1867, Carroll envisagea une "suite" illustrée également par Tenniel : ce fut De l'autre côté du miroir (1871). En 1876 enfin, le succès de la Chasse au Snark fut presque aussi grand.

Parallèlement, Carroll poursuivait son travail de professeur et de mathématicien, mais son enseignement ne plaisait guère. Après avoir été ordonné diacre en 1861, il renonça à devenir prêtre, invoquant sa timidité et son bégaiement. Il parvint cependant à rester à Christ Church, où sa vie se déroulait calmement, malgré des conflits violents avec le doyen Liddell, inquiet d'abord de son attachement pour Alice, puis exaspéré par les pamphlets virulents - leur anonymat ne trompant personne - par lesquels Carroll le mettait en accusation avec plusieurs des autorités d'Oxford : Notes by an Oxford Chiel (1874). En 1880, il renonce à la photographie, et en 1881, à l'enseignement. Dés lors, c'est la logique qui va devenir l'objet de tous ses soucis. Certes, il publie encore une oeuvre d'imagination : Sylvie et Bruno (en deux parties, 1889 et 1893), mais l'essentiel de sa production, quoique publiée sous le nom de Lewis Carroll, marie plus ou moins heureusement logique, mathématiques et humour.

Bien que connu de tous ses collègues comme Dodgson-and-Carroll, il refusa constamment l'identification et, quelques mois à peine avant sa mort, décida de renvoyer tout courrier adressé à Lewis Carroll. Mais c'est sous ce nom qu'il se présentait aux petites filles, très nombreuses, avec lesquelles il entrait en conversation, dans le train ou sur la plage ; et c'est un exemplaire d'Alice qu'il leur laissait en cadeau - à moins que la sympathie ne grandît - prélude àdes relations plus profondes, dont une volumineuse correspondance nous en a laissé la trace. Ce fut là l'essentiel de ses amitiés, et, lorsqu'il mourut dans sa famille, le 14 janvier 1898, à l'âge de soixante-six ans, ses petites amies de toutes les régions furent, à coup sûr, les plus affectées.
source : www.lewiscarroll.net/biog1.htm

Oeuvres traduites en français :

Travaux littéraires
La revue du presbytère
Poésie instructive et utile
Le nouveau clocher
La canne du destin
La caverne du magicien
1850-1853 : Le parapluie du presbytère
1855-1862 : Misch-masch
1865 : Les aventures d'Alice au pays des merveilles
1867 : Voyage en Russie, avec le docteur Lindon
1869 : Phantasmagoria et poèmes divers
1872 : De l'autre côté du miroir
1876 : La chasse au Snark
1883 : Rime ou Raison
1885 : Une histoire embrouillée
1886 : Les aventures d'Alice sous terre
1888 : Isa visite Oxford
1889 : Alice racontée aux petits enfants
1889 : Sylvie et Bruno
posthume : La revanche de Bruno

Autres
Lettres inédites à Mabel Amy Burton et à ses parents
Logique sans peine : Premier et deuxième cycles





La bibliographie de Lewis Carroll est copieuse en français, notamment les éditions d'Alice au pays des merveilles et de De l'autre côté du miroir.
Les traduction en français sont tout aussi nombreuses, le style de Carroll étant particulièrement inventif et doté d'un humour propre au limericks, ces contes pour enfants que les enfants acceptent sans se demander s'ils sont absurdes. Et qu'on nomme en anglais nonsense.
Personnellement, le traducteur français que j'ai lu est Parisot. Le mieux étant de lire une édition bilingue.


mots-clés : #contemythe #fantastique #jeunesse


Dernière édition par bix_229 le Mer 28 Déc - 16:47, édité 1 fois
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Message par bix_229 le Mer 28 Déc - 16:21

A la lumière de la pychanlyse, l'oeuvre de Lewis Carroll a prêté à commentaires. L'oeuvre et l'auteur lui-même.

Tout ce qu'on sait sur l' homme Lewis Carroll importe peu, ou même pas du tout, surtout quand les psychanalystes y vont de leur analyse.
Quant aux artistes et chorégraphes qui se sont intéressés à l'oeuvre de Carroll, ils nous intéressent uniquement dans la mesure où ils apportent quelque chose de personnel et d'inventif à leur propre lecture.
Je veux dire que ce qui essentiel dans Lewis Carroll, c'est la lecture personnelle que chacun fait d'Alice à tous les âges de la vie. Et moins il en sait, plus son plaisir sera proche de de celui d'Alice Liddell et de ses copines écoutant Lewis Carroll leur racontant des histoires pour leur plaisir, tout en canotant sur la Tamise.

La magie d'un livre, de tous les livres, tient au fait qu'on découvre quelque chose qu'on est le seul à imaginer et à percevoir. Et ce rapport à la lecture n'est jamais aussi magique que celui de l'enfant hors de tout contexte, sinon celui que son imagination suscite.

Je crois bien que c'est après le miracle des toutes premières lectures que nous courrons tous. Celles qu'on nous a faites et celles que nous avons faites nous mêmes.
Non pas pour regretter une sorte de régression dans le temps, mais une époque où  l'imagination était merveilleusement jaillissante, nouvelle et spontanée.

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Message par Tristram le Mer 28 Déc - 16:56

Bix a écrit:Je crois bien que c' est après le miracle des toutes premières lectures que nous courrons tous.

...et c'est en ce sens aussi que l'on parle de lectures fondamentales : toutes les autres s'y réfèrent, et elles sont la base de toutes les créations. C'est comme ça tout du moins qu'il faut je crois considérer la Bible, L'Odyssée, Shakespeare, Rabelais, le Don Quichote : des bases d'envol.

Lewis a écrit:« Quels rébus que ces cartes, avec tous ces caps
Et ces îles ! Remercions le Capitaine
De nous avoir, à nous, acheté la meilleure ‒
Qui est parfaitement et absolument vierge ! »
Lewis Carroll, « La Chasse au Snark »

_________________
« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
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Message par Hanta le Mer 28 Déc - 17:06

Lewis Caroll qui fut un grand logicien et dont je recommande la lecture Logique sans peine. Alice ce n'est d'ailleurs que cela : des problèmes logiques.
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Message par Aventin le Mer 3 Oct - 19:10

La canne du destin

Lewis Carroll La-can11

Conte ou nouvelle (environ trente pages), d'extrême jeunesse, première trace de publication en 1849 dans la petite parution manuscrite de Lewis Carroll.

Il est assez intéressant de constater que la matière tire, déjà, énormément sur le cocasse doublé de merveilleux, d'imaginaire onirique fort bien trempé, très absurdisant.

Les tribulations de deux barons, d'un magicien et d'un certain Blowski, narrées via de courtes scènes déjà bien dans le style d'Alice.

Une dose certaine d'humour britannique, une charge de farfelu et de non-sense, l'exercice est si maîtrisé qu'on peine à croire que, si jeune, Carroll possédait à ce point les outils et ingrédients littéraires qui ont fait sa renommée mondiale:

Un bien brillant fin jeune homme, en somme, n'est-il pas ?


(Piètrement ravaudé d'un message sur Parfum du 8 mai 2014)"


mots-clés : #absurde #nouvelle
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Message par Aventin le Mer 3 Oct - 19:11

Le frelon à perruque

Lewis Carroll Frelon10
Fragment (?) exactement chapitre non retenu de Through the Looking-Glass, and What Alice Found There (de l'autre côté du miroir, et ce qu'Alice y trouva - tome II des Aventures d'Alice au pays des merveilles - Alice's Adventures in Wonderland).
éditions Fata Morgana, 1979 pour la version française, une trentaine de pages en version bilingue, donc à diviser par deux.

1974: la célèbre maison spécialisée de vente aux enchères Sotheby ajoute à son catalogue des "épreuves supprimées d'un passage de Through the Looking-Glass", un treizième chapitre à insérer dans un livre qui en compte douze.

Il semble que ce fut l'illustrateur (Tenniel) de Carroll qui influa sur ce dernier pour que ce chapitre n'y figure point, n'arrivant pas à l'illustrer d'une part, et -supposition en note de l'ouvrage- parce que Tenniel avait perdu un œil à vingt ans, or à la page 33 le frelon dit à Alice:
Et puis vos yeux - ils sont trop en avant, aucun doute. quitte à les avoir aussi rapprochés, un seul ferait l'affaire-.

C'est du Carroll de premier jet, on sait qu'il développait beaucoup ses trouvailles, un intérêt est d'avoir un chapitre en chantier, une esquisse un peu brute. Carroll, pour ce que j'en comprends, procédait par arborescence, développait à partir d'un squelette basique, qu'il fructifiait.

Un point et non des moindres est qu'Alice, en général, chute ou bien saute un ruisseau pour atteindre la case suivante de l'échiquier.

Là, si l'on pose correctement l'insertion de ce chapitre non publié dans le livre rendu tel quel, on en est au point où Alice, de pion, d'une case, s'apprête à devenir reine, et donc diffère ce royal coup par empathie pour le frelon.  
Crucial est le qualificatif qui me vient en tête.

Un extrait avec la traduction, cette dernière, ne rendant pas assez compte du parler populaire du frelon, me donne envie de ne pas en rester là, je ne trouve pas ce rendu en français digne, pour tout vous dire:

Alice le regarda avec pitié. "S'envelopper la figure est très bon pour la rage de dents", dit-elle.
"Et c'est très bon pour la vanité, ajoute le frelon.
Alice ne saisit pas bien le mot. "Est-ce une sorte de rage de dents ?" demanda-t-elle.

Le Frelon réfléchit un instant. "Et bien non", dit-il, "c'est quand vous tenez la tête droite, comme ça, sans pencher le cou".
"Oh, vous voulez dire du torticolis" dit Alice.
"C'est le nom à la mode', dit le Frelon: "attendez de l'avoir et vous verrez. Et quand vous l'aurez attrapée, essayez donc de vous nouer un mouchoir jaune autour de la figure. Ça vous guérira en un rien de temps !"

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


Alice looked pityingly at him . " Tying up the face is very good for the toothache, she said.
"And very good for the conceit", added the Wasp.
Alice didn't catch the word exactly. "Is that a kind of toothache ?" she asked.
The Wasp considered a little. "Well, no", he said: it's when you hold up your head -so-wothout bending your neck".
"Oh, you mean stiff-neck", said Alice.
The Wasp said "That's a new-frangled name. They called it conceit in my time".
"Conceit isn't a disease at all," Alice remarked.
It is, though", said the Wasp: "wait till you have it, and then you'll know. And when you catches it, just try trying a yellow hadkerchief round your face. I'll cure you in no time !"    


Il reste un gros risque à ouvrir ces quelques pages, et je suis tombé dedans: elles vous donnent une immense envie, urticante, de relire les deux livres d'Alice, si toutefois je parviens à mettre la main sur de bonnes versions bilingues, par exemple et valables (voir le passage ci-dessus en français et en anglais), la déperdition est beaucoup trop grande à la traduction, n'est-ce pas, toute la finesse de jeu de mots (et de notions), est sacrifiée, l'écart de vocabulaire entre intervenants aussi.
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Message par colimasson le Jeu 4 Oct - 16:07

Je ne connais qu'Alice qui m'avait énormément plu et que j'avais lu et relu. Et la Chasse au Snark, si réjouissant que j'en avais appris des passages par coeur (mais j'ai tout oublié depuis bien sûr). Merci pour ces autres perspectives Aventin.
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Message par bix_229 le Jeu 4 Oct - 16:25

Carroll est un génie à part, une sorte d' extra terrestre, un inventeur de langage
et aussi in grand photographe.
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Message par bix_229 le Mar 11 Juin - 19:42

A propos de Lewis Carroll, un article qui pourrait mettre les  interprétations, les condamnations
et les fantasmes à leur juste place.

https://www.marianne.net/culture/lewis-carroll-au-pays-des-fantasmes-1
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Message par Tristram le Mar 11 Juin - 22:52

Merci Bix, c'est intéressant (et prouverait qu'il faut moins tenir compte des biographies, surtout "douteuses" ?!)

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