Muriel Spark

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Muriel Spark

Message par animal le Jeu 29 Déc - 7:20

Muriel Spark
(1918–2006)


Née Muriel Sarah Camberg à Édimbourg, Écosse, de père juif et de mère anglicane, elle fait ses études à la James Gillespie's High School for Girls. En 1938, elle épouse Sidney Oswald Spark et le suit en Rhodésie (aujourd'hui Zimbabwe). Ils ont un fils, nommé Robin, mais le mariage s’avère désastreux et Muriel Spark retourne en Grande-Bretagne en 1944.

Elle commence à écrire sérieusement après la guerre, sous son nom d’épouse, d’abord de la poésie et de la critique littéraire. En 1947, elle devient rédactrice de la Poetry Review. En 1954, elle décide de rejoindre l’Église catholique, événement qu’elle considère comme crucial dans son évolution vers l’écriture romanesque.

Son premier roman, The Comforters, est publié en 1957, mais c’est The Prime of Miss Jean Brodie (Les Belles Années de Mlle Brodie) qui la rend connue en 1961. Ce roman, qui se déroule principalement à Édimbourg dans les années trente, est centré sur une institutrice écossaise aux méthodes éducatives alternatives. Jean Brodie choisit dans sa classe un groupe d'écolières dont elle entend faire, selon son leitmotiv, "la crème de la crème". Faisant fi du programme, elle leur parle de ses voyages, de ses expériences artistiques et amoureuses, ainsi que de son admiration pour tous les régimes fascistes. Elle leur fait partager de plus en plus à sa vie privée, y compris sentimentale. Mais les filles grandissent et s'éloignent (l'une d'elle finissant même par trahir Jean Brodie), tout en gardant l'empreinte de la formation particulière de leur institutrice.

L’originalité de sujet et de ton de Muriel Spark sont évidents dès ses débuts, avec de fréquents recours aux sauts en avant (des flashforwards évoquant par exemple le destin des protagonistes), aux leitmotivs et au mélange de discussions réelle et imaginée. Sir Frank Kermode définit ainsi le thème central de ses romans : « pourquoi le mal existe dans un monde créé par un Dieu de bonté ? ».

Après avoir vécu pendant quelques années à New York, Muriel Spark s’installe en 1979 en Italie, dans le village toscan de Civitella della Chiana, dont elle a été faite citoyen d’honneur en 2005.

Elle a reçu aux États-Unis le prix « Ingersoll Foundation TS Eliot Award » in 1992 et le « British Literature Prize » en 1997. En 1993 elle a été anoblie avec le titre de Dame de l'Ordre de l'Empire britannique.

La Bibliothèque nationale d'Écosse lui consacre actuellement une place importante sur son site internet. On y trouve en particulier des extraits de ses nombreuses archives personnelles, fabuleux voyage dans l'histoire du vingtième siècle.

Un prix littéraire a été créé en son honneur en 2004 par le Scottish Arts Council, le Muriel Spark International Fellowship ; il a été attribué pour la première fois en mars 2005 à la romancière canadienne Margaret Atwood.

Elle est morte en avril 2006 en Toscane, laissant un roman inachevé.

source : wikipedia.org

Bibliographie (en français) :

Les Consolateurs - 1991 (The Comforters - 1957)
Robinson - 1994 (Robinson - 1958)
Memento Mori - 1993 (Memento Mori - 1959)
Les Célibataires - 1987 (The Bachelors - 1960)
L'Ingénieur culturel - 1990 (The Ballad of Peckham Rye - 1960)
Les Belles Années de Mlle Brodie - 1992 (The Prime of Miss Jean Brodie - 1961)
Les Demoiselles de petite fortune - 1986 (The Girls of Slender Means - 1963)
La Porte Mandelbaum - 1968 (The Mandelbaum Gate - 1965) (James Tait Black Memorial Prize)
L'Image publique - 1997 (The Public Image - 1968)
La Place du conducteur - 1985 (The Driver's Seat - 1970)
Ne pas déranger - 1986 (Not to Disturb - 1971)
Une serre sur l'East River - 1986 (The Hothouse by the East River - 1973)
L'Abbesse de Crewe - 1992 (The Abbess of Crewe - 1974)
L'Appropriation - 1988 (The Takeover - 1976)
Droits territoriaux - 1996 (Territorial Rights - 1979)
Intentions suspectes - 1983 (Loitering with Intent - 1981)
Pan ! Pan ! tu es morte (nouvelles) - 1987 (Bang-bang You're Dead - 1982)
Portobello Road (nouvelles) - 2003
L'Unique Problème - 1985 (The Only Problem - 1984)
Le Pisseur de copie (également paru sous le titre : À cent lieues de Kensington) - 1989 (A Far Cry From Kensington - 1988)
Le Banquet - 1991 (Symposium - 1990)
Curriculum vitæ, autobiographie - 1994 (Curriculum vitæ - 1992)
Rêves et Réalité - 1997 (Reality and Dreams - 1996)
Ouvert au public (nouvelles) - 1999 (Open to the public - 1997)
Complices et Comparses - 2002 (Aiding and Abetting - 2000)
À bonne école - 2005 (The Finishing School - 2004)
Mary Shelley, la mère de Frankenstein - 1989 (Mary Shelley)

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Re: Muriel Spark

Message par animal le Jeu 29 Déc - 7:24

Auteur recommandé par Bernard Hoepffner et ce genre de phrase : “It is impossible to persuade a man who does not disagree, but smiles.”



The Driver's Seat / La place du conducteur

Pas facile d'en parler sans trop balancer la fin... disons que plus qu'un whodunit cette nouvelle d'une petite centaine de pages est un who'll do it. Variation autour du thème d'autant plus étrange que certains codes sont respectés. Le personnage principale est Lise, la trentaine, boulot correct, appartement une pièce ultra fonctionnel, rien qui ne dépasse, seule. Et la voilà qui part, spécialement habillée, pour des vacances à Naples... on l'imagine facilement à la recherche d'une certaine respiration et de romantique et convenable compagnie... maladresse ? ou pire encore ?

Ces petites pages sont un drôle, à leur manière, de passage à travers la banalité, avec un accent mis sur le shopping et quelques observations abominables de convenance qui poussent toujours un peu plus vers le déséquilibre. C'est presque méchant, outrancier, drôle comme à regrets et plus tout craque plus on ne sait plus quoi penser. Un constat froid de tristesse abyssal, un grand moment de doute, après tout il y a un peu de morale façon paire de claque. Et surtout le vertige masqué de tous les gouffres des décalages, des ratages. C'est horrible mais on est incapable d'antipathie. Et ça ne marche pas du tout comme ça devrait.

Il y a comme le soulignait maline du métier, incontestable, mais je n'en ai pas moins été presque choqué tellement l'air de rien, même si on comprend assez vite ce qui se passe, ou à cause de ça de plus en plus, tout avance, et tout se fait trop facilement, naturellement.

C'est vraiment comme quelqu'un qui empoigne la feuille ou copie de son voisin/voisine, la chiffonne à plaisir, la remet à plat et lui dit avec un grand sourire qu'elle a beaucoup plus de gueule comme ça.

Très bizarre, flippante, entrée en matière. Comme c'était petit (je ne savais pas trop c'est de la commande à distance cette acquisition) je suis encore impatient d'y retourner. Je ne m'attendais pas tout à fait à ça en tout cas (pour la torsion maîtrisée de la forme un peu quand même mais pas le reste).


Récup de message pour ouvrir ce fil dont on a forcément besoin. On est encore dans la saison en plus pour ce genre de lectures !

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Re: Muriel Spark

Message par topocl le Jeu 29 Déc - 9:38

A bonne école




Pas sûre d'avoir choisi le bon. Pas sûre non plus d'avoir envie de lire un autre livre de cette auteure pour compléter mon point de vue.

A Sunrise, école très chic pour adolescents très riches, le directeur, Rowland, et l'un des élèves, Chris tentent chacun d'écrire un roman. Compétition certaine, jalousie envahissante ou sous-jacente, solidarité et petite vacheries, fascination morbide nourrissent les rapports au quotidien de ces deux personnages.

Il y a un côté volontairement léger, superficiel, une écriture d'une fluidité un peu inconsistante, des dialogues brefs tirés au couteau. Tout est plutôt « sympa » et « marrant » mais rien n’accroche vraiment et on regrette l'absence d’un vrai questionnement sur la création littéraire, la place de l'artiste, et le regard que la société porte sur lui.
Un livre si  rapide qu’on a à peine le temps de s’ennuyer, finalement assez insignifiant, qui sera vite oublié.

(commentaire récupéré)

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Re: Muriel Spark

Message par animal le Jeu 29 Déc - 13:18

arf. j'étais bien tombé aussi avec ma deuxième lecture !




The Prime of Miss Jean Brodie / Les Belles Années de Mlle Brodie

Résumer l'histoire serait dire qu'une prof formate et suis de jeunes élèves à travers leur adolescence pour en faire la "crème de la crème", délaissant un contenu classique pour leur parler de la vie et de culture, de sa vie beaucoup en fait.

Une poignée d'élues, la très observatrice Sandy en tête. Ce n'est pas si simple de parler de cet excellent petit livre qui ne laisse aucun doute quant à son issue. C'est dans le cheminement que ça se passe et, à l'arrivée, peut-on dire avec certitude où nous devrions être arrivés ? Au-delà des assez subtiles jeux temporels sur le moment de la narration, l'écriture joue de formules qui résonnent comme des mantras pour conjurer la réalité.

On peut aussi y lire un roman d'apprentissage sans maitre(sse) voire un roman de désapprentissage. C'est un peu là le piquant de cette écriture qui se joue des tendances. Humoristique, légèrement sarcastique, pointue mais douce, réservée. En tout cas elle sait se faire froide et dure mais toujours sans méchanceté ou mépris (contempt ?).

A coté des portraits de jeunes filles et pas seulement à travers la vie amoureuse de cette Miss Jean Brodie qui s'use en quête d'excellence et contre la direction de son établissement, il y a un portrait plus complexe. Les années 30 ne pourraient être qu'un demi hasard pour cette relation brutalement utilitaire et pourtant réconfortante de Miss Brodie avec ses élèves.

Surtout derrière ces portraits se dessine ou s'esquisse une fragilité poignante aux issues inéluctables. Loin de tout misérabilisme ou de toute renaissance facile, un entre deux prend forme et s'entretient. Il y aurait beaucoup à dire et à penser sur toutes les relations inachevées du roman et autant sur le stop prononcé. Tout ça n'épuiserait pas la fine et persistante impression, juste, d'irrésolu, et de nostalgie difficile. Sans oublier des tensions sociales sous-jacentes si ce n'est omniprésentes.

Le discret sentiment d'ouverture également.

Une drôle de lecture que j'ai dégustée avec grand plaisir et grand intérêt. Possible discret petit chef d'œuvre.

A noter que la préface (Penguin Classics) a l'air de pas mal balancer sur le contenu du livre, extraits à l'appui, en fait le livre se situant ailleurs ou différemment de ces simples faits... oui, ce n'est pas ça. Construction, croyance, conformisme, déception, affirmation... ce ne serait pas encore ça.

Coup de cœur.

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Re: Muriel Spark

Message par shanidar le Jeu 29 Déc - 15:33

Je ne sais pas pourquoi je croyais qu'elle était allemande cette Miss Spark !?? J'ai acheté Le Banquet, il y a une paire d'années maintenant ! Il faudrait... parce que j'aimerais un troisième avis sur cette auteure !
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Re: Muriel Spark

Message par topocl le Jeu 29 Déc - 15:36

Mon avis ne porte pas sur l'auteure, mais sur ce livre précis.

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Re: Muriel Spark

Message par shanidar le Jeu 29 Déc - 15:43

Oui, un livre un peu insignifiant mais pas forcément son auteure ! Noté !
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Re: Muriel Spark

Message par Hanta le Sam 23 Sep - 22:54

A bonne école



Un livre avec lequel je vais avoir du mal à rester pondéré. Je préviens d'avance je ne critique pas l'auteure juste le livre.
Un livre qui commençait bien, on sentait une intrigue, des relations ambigües, c'était pas mal.
Et puis... Rien.
C'est désuet mais comme une modernité qui voudrait faire du vintage en discount. Du coup cela semble factice, futile.
Le style est propret et les personnages sont finalement précieux un peu snobs. Cela manque de saleté, d'accroches, de gens abimés. Les pseudo tourments existentiels ressemblent à des caprices et l'auteure semble avoir du mal à se dépêtrer d'une histoire dont elle ne semble plus vouloir.
C'est fade. mais je pense que c'est un accident de parcours de l'auteure et que cet ouvrage n'est pas représentatif.
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Re: Muriel Spark

Message par topocl le Dim 24 Sep - 10:09

On a complètement le même ressenti, Hanta.

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