Marie-Hélène Lafon

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Re: Marie-Hélène Lafon

Message par Arturo le Mar 25 Juil - 20:56

@Nadine a écrit: Et parle des choses et des gens.

des choses à lire ?
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Re: Marie-Hélène Lafon

Message par Nadine le Mar 25 Juil - 21:39

oui!!!
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Re: Marie-Hélène Lafon

Message par églantine le Mar 25 Juil - 21:53

@Nadine a écrit:  oui!!!

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Re: Marie-Hélène Lafon

Message par Nadine le Sam 29 Juil - 10:07



Les Pays

Quel beau titre.

L'Annonce m'avait plu, Les pays encore plus.

J'ai repensé à Annie Ernaux et son livre La place, qui avait su , par un biais, une façon très différente, me faire toucher du doigt ces mondes clos de notre passé, celui de nos grands parents, par exemple, ces mondes de choses et d'ambiances que l'on ne pensait jamais perdre et que le fil des arts de vivre effilochent peu à peu jusqu'à nous les rendre seulement rarement, devenu adulte, au détour d'une lieu, d'une personne, inconnus mais qui plus longtemps vivent encore à la façon des nôtres disparus.

Lafon , dans les Pays réussit ça, immortaliser par ce savant mystère des mots, du rythme,  replanter de manière fugace et prégnante tout à la fois un instant éternel.

Les pays de Marie-Hélène Lafon sont ceux de l'écriture, qu'elle nous transmet pour nous ­aider à rentrer chez nous.
Christine Ferniot pour Télérama

Le dernier volet du roman , qui parle de cette femme devenue parisienne, autonome, adulte , et qui reçoit son père, agé, et son neveu, est bouleversant. Me bouleverse sans crier gare, après une lecture volontaire et plaisante, me happe d'un coup, me sors de ce suivi presque distrait, confortable, me sors des images et souvenirs pour toucher à quelque chose de bien plus profond, non plus le rapport à la ville, à la ruralité, de jadis, mais à ce qui se construit et se file dans le métier de vivre, quant on  n'appartient qu'à ses propres choix.

Lire a bien des buts et des vertus, et cet effet de réel arraché au temps qui file me laisse toujours pantelante, entre effroi et recueillement face à la fugacité. Prendre de plein fouet le silence intact de notre conscience enfantine, quant nos oreilles, nos yeux et tous nos sens vivent, en suspens .



Dernière édition par Nadine le Sam 29 Juil - 11:08, édité 1 fois
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Re: Marie-Hélène Lafon

Message par topocl le Sam 29 Juil - 10:09

Moi aussi, j'avais commencé par l'annonce, Nadine. les autres c'est la même chose et et différent pourtant à chaque fois. Une œuvre.

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Re: Marie-Hélène Lafon

Message par Nadine le Sam 29 Juil - 10:12

Oui, je continuerai. Joseph notamment, me tente beaucoup. Et tu as raison, c'est bien différent tout de même, sans en avoir l'air. L'écriture de cette femme a une puissance qui se cache sous sa modestie.
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Re: Marie-Hélène Lafon

Message par Bédoulène le Sam 29 Juil - 10:16

merci Nadine, ton commentaire m'émeut.

la photo un bout personnel ?

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Re: Marie-Hélène Lafon

Message par Nadine le Sam 29 Juil - 11:08

Oui, c'était le salon de ma tante, de son vivant. Claire, le personnage du livre, m'a beaucoup fait penser à elle.
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Re: Marie-Hélène Lafon

Message par Bédoulène le Sam 29 Juil - 14:28

merci Nadine !

je mets cette auteure sur ma liste

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Re: Marie-Hélène Lafon

Message par bix_229 le Dim 30 Juil - 17:04



Joseph


Qui est Joseph ?
Un valet de ferme dans une région d'élevage.
A peine plus qu'un boeuf et tout aussi anachronique.
Un vestige d'un autre temps, déjà disparu.
Un élément du paysage mais beaucoup moins durable.

Il sait tout cela. Sa vie est derrière lui. Avec son bagage, pas très lourd
Quelques illusions de jeunese : un amour entrevu et idéalisé.
Pas pour lui.
Son amitié pour les bêtes qu'il sert et qui le lui rendent bien.
Il a joué son rôle, enfin celui qui lui a été imposé.
Il a beaucoup servi.
Parfois on le laissait manger avec les patrons.
Regarder la télé.

Il a mis de l'argent de côté pour son cercueil.
Et son enterrement.
Demain son nom figurera sur une pierre tombale.
Mais lui sera oublié.

Merci à Marie Hélène Lafon de lui avoir accordé une attention amicale.
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Re: Marie-Hélène Lafon

Message par églantine le Mar 12 Sep - 1:33

Nos vies



Eh bien , elle s'en sort plutôt pas mal Marie-Hélène Lafon quand elle s'immerge dans le monde citadin .

"J'ai l'oeil , je n'oublie à peu près rien , ce que j'ai oublié , je l'invente ."
Et selon ce principe de vie , plutôt fort judicieux pour une romancière , avec son regard toujours pointu et qui ne laisse rien dans quelque flou artistique ou pas , munie de sa plume aussi précise qu'un scalpel , mais toujours dans la bienveillance , l'altérité naturelle , sans artifices , austère par nature , religieuse laique , Marie-hélène raconte . Raconte des bouts de vie ,entremêlés ...la vie de son héroine probablement son alter-ego à quelques entournures , la vie de Gordana caissière aux cheveux jaunes à l'accent qui ne chante pas la douleur des pays de l'Est , la vie d'Horacio , l'homme du vendredi à la caisse de Gordana ....
Et puis de souvenirs en rêveries , Jeanne la récente retraité , entretient une vie sociale intériorisée , nourrie des grands ferments de solitude . Une solitude qui en appelle d'autres et qui se croisent , se devinent , s'effleurent délicatement . Du passé , du futur , du présent , du conditionnel , Jeanne en fait une danse , une audace , une gourmandise de dame silencieuse , porteuse du poids des âmes , mais soufflant sur la grisaille du monde pour faire naître l'espoir , accepter les traces du temps , s'unir à l'autre , dans la vérité ou les chemins de  traverse de l'imagination .
C'est juste terriblement humain . Sans fioriture . Honnête . Solitaire et embrassé . C'est Marie-hélène Lafon sans surprise , intègre , exigeante et sans détours .

Pas mal , mais ce petit interlude n'a qu'un goût de diversion , bien entendu que nous lui saurons gré de retourner vers sa terre et son cri des entrailles où on la sent plus à l'aise .


mots-clés : #social #solitude #vieillesse


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Re: Marie-Hélène Lafon

Message par églantine le Mar 12 Sep - 1:39

Extraits de Nos vies

       Gordana a arrêté de fumer. Gordana a fumé , beaucoup, longtemps, violemment, à la goulue , fumé profond. Pas distingué, pas évanescent. Pas en volutes fluides . Ses mains ne furent pas languides.Elle a fumé féroce , à l arrache. Ses joues se sont creusées. Elle a tout avalé, tout gardé, en dedans, pour se crépir le corps de l intérieur, pour n en rien perdre et se tenir au chaud et n être plus au monde.    

"Le supermarché me rend sentimentale .ça m est venu sur le tard, après quarante ans, et j'ai aime ce vague prurit suscité par les chansons, toujours les mêmes, dont les paroles tournent en boucle fatiguée dans les allées tapissées de produits en couleurs . les mots coulent et font sirop avec les odeurs de fruits, de pain industriel, de de produits ménagers , de comptoirs réfrigérés. "

    La ville serait une forêt peuplée de femmes peupliers, frênes, tilleuls, d hommes bouleaux, eucalyptus, hêtres ; on n oublie les noisetiers , led érables, les lilas , les pins , les cyprès, les cèdres, les sorbiers, les cerisiers ; on n oublie pas on n oublie rien.    

          Il y a de la douceur dans les routines qui font passer le temps, les douleurs, et la vie ; les gestes du matin, par exemple,les premiers au sortir du lit, la radio en sourdine la ceinture du peignoir le rond bleu du gaz sous la casserole le capiton usé ses pantoufles les cheveux que l on démêle avec les doigts, les gestes du matin font entrer dans les jours, ils ordonnent le monde, ils manquent si quelque chose les empêche, on est dérangé , et ils sont plus que tous les autres difficiles à partager.  

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Re: Marie-Hélène Lafon

Message par Bédoulène le Mar 12 Sep - 6:43

merci églantine ! c'est ouaté ?

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Re: Marie-Hélène Lafon

Message par tom léo le Dim 22 Oct - 8:10



Nos vies


Peut-être plus citadin par le cadre de Paris. Néanmoins les racines de la narratrice sont ailleurs, dans la province : ici le Pas-de-Calais.

Sa façon d’inventer toute une vie pour les deux personnâges de Gordana, la caissière, et le jeune homme, passant chaque Vendredi par la caisse de celle-ci, pourrait à première vue indifférenciée paraître de l’affabulation malsaine, une forme de curiosité pas bonne. Mais tout ce qui concerne le « que dira-t-on », ou le commérage est justement strictement hors de question : de plus en plus cette capacité d’inventer (si on veut dire) un passé, un présent, un futur pour ceux qu’on a croisé, devient une expression de mettre une histoire, voit : une face, une identité au anonymes qui nous entourent. Pour Jeanne, la narratrice, depuis peu en retraite, ayant vécu des séparations, mais connaissant un tas d’autres gens, c’est une forme d’ouverture. Peut-être même d’empathie, dans le bon sens du mot ? Dans ce sens-là je ne vois pas juste un roman de « solitudes citadins »...

Eglantine cite un beau texte sur la place des gestes. Ces références a des rythmes, des « habitudes », des répétitions sont légions dans le livre et dans la vie de la narratrice. Mais tout cela n’a pas la lourdeur, ou l’ennui qu’on lie souvent avec des habitudes, des formes de dépendances éventuellement, d’un accrochage aux rythmes parce qu’une vie manquerait. Non, il me semble que Lafon décrit une atmosphère pour Jeanne, où la présence de ces rythmes et quotidiennetés, des gestes précis répétés, ne sont pas signe de paresse, d’usure, de fuite, mais rev^tent quelque chose pas seulement de rassurant, mais d’une douceur, voir d’une tendresse. C’est beau !

Moi, j’ai vraiment aimé ce roman. Et je ne serais pas contre ce changement leger de décor. Les références apparemment à la biographie même de Lafon montre aussi que finalement elle aussi est une fille de la province, atterie à Paris. Donc...
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Re: Marie-Hélène Lafon

Message par topocl le Dim 22 Oct - 9:07

Merci Tom leo, je ne vais pas tarder Very Happy !

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Re: Marie-Hélène Lafon

Message par Nadine le Ven 27 Oct - 12:25



Nos vies

Après le retour de mes camarades ci -dessus, j'ai envie d'ajouter que tout le livre semble enroulé autour de la sidération que la narratrice suggère avoir ressenti lors du départ brutal et silencieux de son compagnon, des années avant le présent narré.
Il en ressort, par la maitrise narrative de Lafon, une grande acceptation
mais aussi une grande impuissance, abandonnée à son évidence.

La mise en scène du quotidien, la mise en avant de quelques-uns des acteurs de sa vie,
qu'elle brosse en y incluant l'imaginaire qui s'y amarre,
la fragilité de cet imaginaire,
qu'elle met en scène dans sa fiction
produisent un tableau très aigu, mais doux, de solitude moderne, asexuée et sensible.
C'est assez déprimant, c'est beau de vérité, c'est un livre sur la personne qui est restée sur le quai. morte vive. Mais vue par Lafon, donc vive de reception.


mots-clés : #solitude #viequotidienne
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Re: Marie-Hélène Lafon

Message par topocl le Sam 28 Oct - 10:43

Nos vies



Le livre est dédié à Jacques Truphémus.

il y  a de la douceur dans les routines qui font passer le temps, les douleurs, et la vie.

Depuis la défection  de Karim, son cher amant algérien, il y a plus de 20 ans, la vie s'est comme arrêtée pour Jeanne, comptable retraitée, née en lointaine province, qui a fait son trou dans ce Paris des petits quartiers et de petites gens. Cette vie déshabitée, elle la remplit de souvenirs, et d' histoires : celles qu'elle entend (sa voisine, son amie emprisonnée) et celles qu'elle construit dans son imaginaire (utilisant un conditionnel narratif comme les enfants dans leurs jeux).

Souvenirs de son enfance sage à l'épicerie de ses parents, les tournées avec le père, la grand-mère aveugle mais mutine, enfance fondatrice, puis la fuite à Paris, l'amour, et ce vide, enfin. Et histoires qu'elle se raconte , observant autour d'elle, dans ce supermarché, centre de nos vies à tous, qui constitue un pâle succédané de l'ancienne épicerie familiale (celle où devaient ragoter les femmes du village, mais où ses parents avaient superbement affiché : "le cancan tue le commerce et les gens").

Une caissière mutique et revêche, mais fascinante avec sa chevelure jaune et ses seins protubérants, un homme doux et sombre qui passe toujours à la même caisse? Chacun son histoire, ses racines, qu'importe qu'elle soient vraies, les histoires sont sa vérité. Et chaque vie est singulière, enchevêtrée, chaque individu  enfermé dans sa solitude. Et pourquoi la narratrice, attentive, bienveillante, forte du pouvoir des mots, n'y trouverait-elle pas remède? Parce que la vie est plus forte, sans doute, que les mots et les rêves, dans cette histoire aussi.

Nos vies est construit sur le terreau d'une nouvelle, Gordana, parue en 2012, qui était parvenue jusqu'à moi par une voix amicale.

@topocl a écrit: C'est vrai que ce qui t'est apparu un tour de force, animal, faire vivre trois personnes en si peu de pages, moi, m'a paru plutôt frustrant, comme un éparpillement inabouti.
Marie Hélène Lafon m'a  certainement lue. elle explique qu'elle reconnaît que " Gordana était un départ de pistes et donc, peut-être, un début de roman. Nos vies est ce roman."

J'ai donc trouvé là ce qui me manquait dans Gordana : une meilleure étoffe, un lien sous-jacent qui fluidifie le texte, lui donne son ampleur. J'ai retrouvé de mes autres lectures le quotidien, l'attention au détail, la bienveillance pour les humbles, l'enchevêtrement des racines , l'importance simultanément de ce qui est maintenant et de ce qui a été.   Le regard singulier de Marie-Hélène Lafon, en un mot sa sympathie jamais larmoyante aux personnages, ses pieds ancrés dans les réalités d'aujourd'hui, mais sa main accueillant les héritages du passé . Et son style unique,  comme un tracteur magnifique, tout à la fois rutilant et cabossé,  qui trace et retrace son sillon, y revient, creuse, et se satisfait enfin de cette empreinte amoureusement travaillée.

Ce détour par la ville, moi la citadine, n'est pas pour me déplaire : regarder un rayon de supermarché comme on regarde un champ, oui, c'est possible : chacun a en lui sa permanence  et son désespoir confondus.

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Re: Marie-Hélène Lafon

Message par animal le Sam 28 Oct - 11:39

Il va falloir que je le lise !

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Re: Marie-Hélène Lafon

Message par topocl le Sam 28 Oct - 11:59

Ben...oui!

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Re: Marie-Hélène Lafon

Message par tom léo le Sam 4 Nov - 8:00

@églantine a écrit:
          Il y a de la douceur dans les routines qui font passer le temps, les douleurs, et la vie ; les gestes du matin, par exemple,les premiers au sortir du lit, la radio en sourdine la ceinture du peignoir le rond bleu du gaz sous la casserole le capiton usé ses pantoufles les cheveux que l on démêle avec les doigts, les gestes du matin font entrer dans les jours, ils ordonnent le monde, ils manquent si quelque chose les empêche, on est dérangé , et ils sont plus que tous les autres difficiles à partager.  

@tom léo a écrit:Eglantine cite un beau texte sur la place des gestes. Ces références a des rythmes, des « habitudes », des répétitions sont légions dans le livre et dans la vie de la narratrice. Mais tout cela n’a pas la lourdeur, ou l’ennui qu’on lie souvent avec des habitudes, des formes de dépendances éventuellement, d’un accrochage aux rythmes parce qu’une vie manquerait. Non, il me semble que Lafon décrit une atmosphère pour Jeanne, où la présence de ces rythmes et quotidiennetés, des gestes précis répétés, ne sont pas signe de paresse, d’usure, de fuite, mais revêtent quelque chose pas seulement de rassurant, mais d’une douceur, voir d’une tendresse. C’est beau !

C'est peut-être chercher un peu loin, mais cela est plaisant, - à partir de récentes lectures - de retrouver des sujets ailleurs. Ainsi je cite sans commentaires un passage du livre de Pierre Adrian "La piste Pasolini":

… la magnifique habitude de notre vie. Celle de se lever avec le jour, prêt à tout. Le son des loches à heures fixes, les jeunes enfants qui courent autour de la maison, la mère qui déjà s’affaire au ménage. J’aime à croire qu’un poète, lorsqu’il se lève, est joyeux. Il connaît la béatitude. Il reconnaît que la vie est forlidable, et que chaque jous est une nouvelle vie qu’on projette .

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