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On sait que l’un des aspects les plus séduisants de la littérature est sa possibilité d’être une sorte de miroir qui avance ; un miroir qui, comme certaines horloges peut avancer.

Enrique Vila-Matas, Perdre des théories

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    Frédéric Pajak

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    Frédéric Pajak

    Message par bix_229 le Ven 30 Déc - 18:07

    Frédéric Pajak
    Né en 1955



    Frédéric Pajak est né en 1955 dans les Hauts-de-Seine. Il a publié une quinzaine d’ouvrages, souvent écrits et dessinés : Le chagrin d’amour  ; Humour — une biographie de James Joyce —  ; Nietzsche et son père, Nervosité générale, Mélancolie, aux PUF ; La guerre sexuelle, J’entends des voix et Autoportrait, chez Gallimard. Il est l’éditeur des Cahiers dessinés.
       Après L’étrange beauté du monde et En souvenir du monde, réalisés avec Lea Lund, après la nouvelle édition de L’Immense Solitude et les deux premiers volumes du Manifeste incertain (Avec Walter Benjamin, rêveur abîmé dans le paysage et Avec Nadja, André Breton, Walter Benjamin sous le ciel de Paris), les Editions Noir sur Blanc poursuivent la publication des œuvres de Frédéric Pajak.
    source : éditions Noir sur Blanc

    Bibliographie :

    Le Bon Larron, roman, 1987
    Les Filles d'Ève Inc, poésie, illustré de 15 compositions de Francine Simonin, 1989
    Cahier de la rue Oudinot, dessins, 1996
    Martin Luther, l'inventeur de la solitude, 1997
    L'Immense Solitude avec Friedrich Nietzsche et Cesare Pavese, orphelins sous le ciel de Turin, récit écrit et dessiné, 1999
    Le Chagrin d'amour, récit écrit et dessiné, 2000
    Nervosité générale, chansons & poèmes, 2001
    Humour : une biographie de James Joyce écrite avec Yves Tenret, avec Yves Tenret, récit écrit et dessiné, 2001
    Nietzsche et son père, avec vingt et un dessins de l'auteur, 2001
    Première Partie : Les Poissons sont tragiques ; Fredi le Prophète ; Martin Luther, l'inventeur de la solitude, 2001
    Mélancolie, 2004
    La Guerre sexuelle, roman, 2006
    J'entends des voix, récit écrit et dessiné, 2006
    L'Étrange Beauté du monde, récit écrit et dessiné, dessins de Léa Lund, 2008
    Contre tous, portraits, 2007
    Schopenhauer dans tous ses états, une anthologie inédite, choix de textes établi par Didier Raymond, dessins originaux et postface de Frédéric Pajak, 2009
    En souvenir du monde, ill. de Lea Lund, Les Éditions Noir sur blanc, 2010 (ISBN 978-2-88250-236-0)
    Manifeste incertain. Tome 1, 2012
    Manifeste incertain. Tome 2, 2013
    Manifeste incertain. Tome 3, 2014
    Manifeste incertain. Tome 4, 2015
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    bix_229

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    Re: Frédéric Pajak

    Message par bix_229 le Ven 30 Déc - 18:10

    Nathalie Crom a écrit:

    Fréderic  PAJAK : J'entends des voix. - L 'Arbalète. - Gallimard

     
     A travers ses “héros”, Primo Levi, Joyce ou Nietzsche, l’écrivain-dessinateur livre un autoportrait saisissant.

    Découvrir Frédéric Pajak à travers J’entends des voix, c’est un peu comme commencer un livre par la fin. Et pourquoi pas ? On ne voit guère de contre-indication, tant est homogène son univers incomparable – un monde de mots et d’images étroitement mêlés, empreint d’une mélancolie tragique et rêveuse. Un monde drapé d’ombre. Avant J’entends des voix, il y avait eu, depuis une dizaine d’années, plusieurs ouvrages, splendides romans graphiques, semblablement construits : L’Immense solitude, Le Chagrin d’amour, Humour, Mélancolie (1), que Pajak, avec ce dernier opus, invite à considérer ensemble comme les chapitres d’« un seul et même livre dédié à la solitude, à l’enfance, à l’amour... ». J’entends des voix viendrait donc clore un cycle, ponctuer une quête. Que dire de cette recherche, si ce n’est qu’elle s’est révélée, au fil des ans, de plus en plus ouvertement autobiographique – même si cette démarche intime n’a que rarement emprunté la forme de la confession directe, l’aveu ne surgissant que ponctuellement, elliptique et fulgurant, au fil de récits dans lesquels l’écrivain et dessinateur n’aborde le « sujet Pajak » que de biais, à travers des figures littéraires qui l’ont marqué : Nietzsche, Pavese, Apollinaire, Joyce, Primo Levi… « La solitude, l’enfance, l’amour... », égrène Pajak sur la quatrième de couverture de J’entends des voix. A cette liste de thèmes, qui trace les contours de sa méditation, il manque un mot : la mort. Celle de son père, Jacques Pajak, survenue en 1965, lors d’un accident de voiture, alors que lui, Frédéric, était enfant. L’image de la voiture broyée, on l’a croisée à plusieurs reprises dans les livres précédents. Celui-ci s’ouvre sur une photo : « Ce portrait de mon père, Jacques Pajak, que j’ai toujours vu […] posé sur la table de nuit de ma grand-mère. » Un cliché, plutôt qu’un dessin, car « aucun dessin ne saurait remplacer cette image douce – devenue parfaitement épouvantable ». D’autres photos de famille suivent, qui inscrivent Frédéric Pajak dans une généalogie d’artistes, depuis ce grand-père venu de Pologne s’installer en France au début du XXe siècle. L’autobiographie, soutenue par la photo, semble sur le point de s’installer, mais le récit tourne court : « J’écris une phrase, et je veux tout de suite la raturer […]. Les mots et les images s’embrouillent. Je me sens mal, plus mal que jamais, et démuni, vidé de tout… » Et Pajak, pour contourner cette impasse, de revenir au dessin, et de convoquer l’une de ses figures tutélaires : Nietzsche, tel un ami de longue date, qu’il retrouve dans son hôtel de Sils-Maria et avec lequel la conversation s’installe, d’emblée connivente et profonde. La liberté, la douleur, l’éventualité du bonheur : voilà ce dont parlent les deux hommes, Pajak s’autorisant des digressions par le dessin – toujours ce trait précis, chargé d’angoisse silencieuse –, par l’anecdote historique ou personnelle. Tout cela compose un ouvrage intensément méditatif et ténébreux, secret et fantasque. D’un bout à l’autre nimbé d’une étrange et prégnante tristesse – un chagrin d’enfant inconsolable à jamais.
    Nathalie Crom   (1) Ed. PUF, coll. Perspectives critiques.  
    Ed. L’Arbalète/Gallimard, 224 p.

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    bix_229

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    Re: Frédéric Pajak

    Message par bix_229 le Ven 30 Déc - 18:12

    L'Univers de Frédéric Pajak est non seulement très personnel, mais totalement autobiographique.
    Il définit la plupart de ses textes de récits écrits et dessinés.
    Qu'est-ce qui lui vient en premier, le texte ou l'image ? Je l' ignore. Mais l'ensemble forme un tout homogène et cohérent.

    Depuis des années, Pajak  traite presque obsessionnellement de certains thèmes qui le touchent de près et ce depuis près de trente ans.Parmi ceux-ci, des écrivains : Nietzsche, Pavese, Joyce, Primo Levi.
    Dans J'entends des voix, on y touve aussi des lieux : Sils Maria, en Engadine, et où séjourna Nietzsche, et Turin, la ville où vécut et mourut  Primo Levi.

    J'ai l'impression que Pajak, de livre en livre, se livre plus ou moins directement mais beaucoup plus directement dans J'entends des  voix.

    Pajak écrit :

    "C'est tout à fait par hasard que je me suis retrouvé, il y a trois ans, à randonner et à dessiner chaque jour dans la montagne, aux alentours de Sils-Maria, où vécut Nietzsche. Fatalement, j'ai repensé à lui, et fatalemnt je me suis replongé à nouveau dans ses écrits… avec l'envie de reparler de lui et - pourquoi pas ? -, avec lui. Un dialogue imginaire qui  m'a reconduit à Turin où j'ai écrit et dessiné L' Immense solitude - livre inachevé qui devait se conclure sur le suicide de Primo Levi.

    Déjà trente ans que je lis et relis Nietzche. J'aime toujours autant ses paradoxes, ses provocations, sa liberté. Mais à Sils Maria, j'ai pensé de façon obsessionnelle à sa douleur - sa douleur mentale certes ; sa douleur physique, plus encore. J'ai cherché à comprendre d' où venait ce mal, et en cherchant, j' ai rencontré parfois son
    contraire : le plaisir, surtout avec son amie Malwida von Meysenbug, qui l'aura rendu si heureux.

    J'ai entendu la voix de Nietzsche, et très vite s'y sont mêlées d'autres voix, celles d'amis et de parents disparus. Au chagrin que m'inspire leur absence se sont ajoutés d'autres états d'âme, et des souvenirs, des paysages, des anecdotes.
    Peu à peu ce livre écrit et dessiné, précédé de quelques photographies, s'est refermé, tournant la page d'un seul et même livre - depuis L' Immense solitude jusqu' à Mélancolie - dédié à la solitude, à l' enfance, à l' amour comme ce manifeste dont je rêvais à l'âge de dix neuf ans, lorsque je présentais mes premiers dessins à Gébé, le rédacteur en chef D'Hara-Kiri et auteur de l'An Zéro un, et qui avait pour titre : Manifeste incertain."


    De fait, ce qui m'a le plus touché dans ce livre, ce sont les souvenirs consacrés à son père, à un ami photographe suicidé, à Gébé.

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